La récente baisse des prix des bovins viande s’explique par « un réajustement du marché européen », et les cours devraient globalement « rester élevés » dans les prochains mois, indique Caroline Monniot, responsable du service Économie des filières à l’Idele, interrogée par Agra Presse le 5 mai. « Le marché est en train de s’équilibrer après une phase de forte hausse des cours » ces dernières années, provoquée par la pénurie d’animaux généralisée sur le Vieux continent. « En février (dernière donnée disponible), le prix du bœuf et du veau progressait de 11 % sur un an », constate l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances du 23 avril. À la flambée des prix des animaux se sont récemment ajoutés les effets de la guerre au Moyen-Orient. Le retour de l’inflation a ralenti la consommation et engendré des stocks, selon les abatteurs.
Toutefois, en l’absence de surplus structurel d’offre, « il n’y a aucune raison que les prix baissent sur la durée », affirme Caroline Monniot. « Les acteurs craignaient un afflux de vaches laitières en raison du retournement de la conjoncture laitière, mais il n’a pas eu lieu. Même si les réformes se sont un peu accélérées, on n’observe pas d’afflux massif, car les cheptels laitiers européens se sont déjà fortement réduits ces deux dernières années. »
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Plus largement, « on ne retrouvera pas les prix d’avant 2024, car on a franchi des clapets qu’on ne refranchira pas dans l’autre sens : dans toute l’Europe, les coûts de production sont enfin couverts, alors que ce n’était pas le cas avant ». Selon elle, « les filières ont pris conscience que la décapitalisation est aussi liée à une rémunération insuffisante des éleveurs ». Le 29 avril, la FNB dénonçait une chute des prix « injustifiée » et appelait les éleveurs à refuser les baisses.
YG