Agrafil du 6 mai 2026

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Engrais : Bruxelles envisage des aides directes mais pas de suspension du MACF

Selon une première ébauche, révélée par Politico le 4 mai, du plan d’action sur les engrais de la Commission européenne attendu le 19 mai, Bruxelles envisage «un soutien exceptionnel et ciblé apporté aux agriculteurs les plus touchés par le biais des instruments de crise» de la Pac sans que le montant soit spécifié. Il est également proposé de permettre aux Etats membres de modifier leurs plans stratégiques d'ici le 3e trimestre, «afin d'apporter un soutien à court terme (notamment la possibilité de transferts de fonds entre piliers, des paiements anticipés, un nouveau programme d'écorégime pour améliorer l'efficacité de la fertilisation, des mesures d'investissement pour soutenir une utilisation efficace des engrais, etc.)». Et comme prévu afin de compenser l’impact négatif du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF), la Commission européenne envisage de mettre en place d’ici début 2027 un mécanisme permettant d'allouer une partie des recettes liées au système d'échange de quotas d'émission (SEQE) aux agriculteurs afin de soutenir leur transition vers une utilisation accrue d'engrais biosourcés (et à faible teneur en carbone). Mais les organisations et coopératives agricoles de l’UE continuent de demander, dans un communiqué du 5 mai, la suspension du MACF et des mesures à long terme pour en compenser les coûts estimés selon elles à «39 milliards d'euros sur sept ans soit 10 % du budget actuel de la Pac».

Biogaz : le gouvernement présente sa trajectoire post-2028 d’incorporation

Après plusieurs mois d'attente, le gouvernement a publié, le 5 mai, sa proposition de nouvelle trajectoire d'incorporation du biométhane, qui établit notamment des objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB) après 2028, très attendus par la filière et dans le viseur de Bruxelles. Le gouvernement prévoit que les volumes incorporés dans le cadre des CPB passent de 0,8 TWh en 2026 à 28,2 TWh en 2035, en faisant le « principal dispositif de soutien à la filière » devant le dispositif historique des obligations d'achat, qui restent relativement stables, à 16,2 TWh en 2035 (contre 13,6 TWh en 2026). Quasiment inexistants aujourd'hui, les contrats d’achat de biométhane de gré à gré (Biomethane Purchase Agreements, BPA) doivent également décoller, à 17,8 TWh (dont 3,8 en mobilité). Au total, l'objectif d'incorporation de biométhane atteindrait 62,1 TWh, soit un niveau dans la fourchette basse au regard de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui fixe un objectif de 47 à 82 TWh de biométhane injecté en 2035. Le gouvernement mentionne d’autres dispositifs qui doivent contribuer au développement du biométhane. Le futur dispositif d’incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC), qui devrait succéder à la Tiruert en 2027, « pourrait intégrer un objectif sectoriel d’incorporation de gaz méthane utilisé dans les transports ». Ce dispositif visera « en particulier le bioGNV non subventionné, mais aussi les biocombustibles maritimes incluant le bioGNL».

UE/Etats-Unis : face aux menaces de surtaxes de Donald Trump, l'UE hausse le ton

Alors que Donald Trump a menacé l’UE d’une surtaxe de 25% les importations de véhicules en provenance du Vieux Continent, la présidente de la Commission européenne a indiqué, le 4 mai, être «prête à tous les scénarios». Au cœur du litige: la concrétisation de l’accord commercial de juillet qui tarde à se matérialiser du côté de l'UE. Les colégislateurs européens doivent, en effet, se réunir le 6 mai pour leur deuxième session de discussions interinstitutionnelles concernant la mise en musique l’accord de Turnbury. Ces textes visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles des Etats-Unis. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic s’est entretenu le 4 mai à Paris avec son homologue américain, Jamieson Greer, l’exhortant à «retourner rapidement aux conditions négociées», selon les propos d’un porte-parole de Bruxelles repris par l’AFP. Si les menaces américaines venaient à se concrétiser, le président Emmanuel Macron a lui appelé au déclenchement de l’instrument anti-coercition, sorte de «bazooka commercial» permettant de limiter les importations dans l’UE provenant d’un autre pays.

Argentine : un paquet d’exemptions fiscales pour l’équipement agricole

Le gouvernement de Javier Milei a créé une double ristourne fiscale au bénéfice des agriculteurs investissant dans des biens d’équipement. Le décret publié au Journal officiel le 13 avril prévoit un abaissement de l’impôt sur le revenu et une exemption de TVA sur des investissements de 150 000 dollars minimum et plafonnés à 9 millions de dollars. Sont concernés les « biens d’équipement d’irrigation, de protection contre la grêle », mais aussi les « travaux d’infrastructure » - clôtures, salle de tri, feed-lot, robotique laitière… NDLR -, ainsi que des « générateurs d’électricité biosourcés ». « Toute mesure qui consiste à payer moins d’impôts, nous y sommes favorables », a réagi le président des Confédérations rurales argentines, le principal syndicat d’agriculteurs du pays, Carlos Castagnani, auprès d’Agra Presse. « Nous avons réclamé au ministre en charge du dossier une modification du décret pour que celui-ci tienne compte non pas d’un seul et unique investissement, mais du montant cumulé de deux ou trois investissements réalisés dans l’année par un agriculteur. Car miser 150 000 dollars sur un seul bien dans un laps de temps de 2 ans –durée de validité de cette mesure fiscale exceptionnelle, NDLR -, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Mais si l’on englobe plusieurs petits projets, cela concerne bien plus de monde », a-t-il expliqué. (Marc Henry-André)

Saisonniers: en Allemagne, bisbille entre ministères sur le salaire minimum

En Allemagne, le ministère fédéral du Travail (BMAS) a confirmé rejeter toute dérogation au salaire minium légal pour les différents secteurs de l’économie, y compris les saisonniers agricoles, rapporte le site Fruchhandel le 5 mai. Une réunion – infructueuse -  s’est récemment tenue entre la ministre du Travail, Bärbel Bas, et son homologue de l’Agriculture, Alois Rainer. Ce dernier planchait l’année dernière sur des exceptions à la hausse du Smic pour le secteur agricole. Récemment, une étude juridique, commandée par huit organisations agricoles, avait apporté de l’eau à son moulin : elle indiquait que déroger à la revalorisation du salaire minimum instauré en Allemagne pour les saisonniers est conforme à la Constitution allemande et au droit de l’Union européenne. Au contraire, une réduction du salaire minimum pour les travailleurs saisonniers constituerait, selon le BMAS, une discrimination inconstitutionnelle et non conforme au droit de l'UE à l'encontre de cette catégorie de salariés. « Le fait qu'une activité particulière ne soit pas soumise aux cotisations de sécurité sociale et que, par conséquent, les personnes concernées perçoivent une rémunération nette plus élevée ne saurait justifier un traitement inégal », affirme-t-il, soulignant que le Tribunal fédéral du travail avait statué en ce sens.

Saisonniers : polémique en Saône-et-Loire autour de l'hébergement sous tente (presse)

En mars, le quotidien Les Echos rapportait une polémique en Saône-et-Loire dans laquelle l’autorisation donnée par la préfecture de l’autoriser avait été révoquée par l’État (article payant). L'article R716-16 du Code rural permet, par dérogation, d'héberger les saisonniers sous des tentes dans 15 départements où l'habitat n’est pas suffisant, du 1er juin au 15 septembre. La Saône-et-Loire n’en fait pas partie. Dans un communiqué de presse du 5 mai, la FGTA-FO s’oppose à la généralisation de l’hébergement sous tente pour les travailleurs saisonniers. Le syndicat considère que ce type de logement ne garantit pas des conditions dignes et conformes aux exigences en matière de santé, de sécurité et de respect des travailleurs. La FGTA-FO s’oppose fermement à toute modification réglementaire généralisant le dispositif. Elle rappelle la signature de l’accord sur les conditions de travail et d’hébergement au Salon de l’agriculture, en février : « Supprimer le recours aux dérogations de l’inspection du travail reviendrait à banaliser des pratiques que nous jugeons inacceptables. Cela constituerait également une remise en cause directe de l’équilibre trouvé dans l’accord de février, et un signal négatif envoyé aux salariés concernés », explique le syndicat.

Commerce équitable: des ventes en progression mais des tensions, selon Max Havelaar

Les ventes de produits en commerce équitable labellisés Fairtrade/Max Havelaar ont crû de 9% en 2025 en France, dépassant pour la première fois le seuil de 1,5 milliard d’euros, une croissance portée par le lait français et le cacao, selon un bilan publié le 5 mai. Quelque 6.063 produits sont labellisés, à 64% bios, avec en produits phares cacao, café et banane (82% des ventes), vendus pour près des deux tiers en grandes surfaces. Les ventes de lait français, que l’ONG labellise depuis quatre ans, ont crû sur un an de 144% en volume, à 6,6 millions de litres, et 151% en valeur (14,8 millions d’euros). Max Havelaar souligne «l’intérêt croissant notamment des marchés publics destinés aux cantines». Mais d’autres produits ont souffert, comme la banane, victime d’une guerre des prix entre distributeurs: -6% en volume, tandis que le marché global en France progressait de 5%.

Relations commerciales/loi d’urgence : les tunnels de prix adoptés en Coméco

Les discussions en commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale le 4 mai sur le projet de loi d’urgence agricole ont permis d’adopter l’article 20 prévoyant une durée minimale d’engagement de cinq ans d’un producteur laitier à une organisation de producteurs (OP). Une séparation est toutefois possible selon certains critères, en cas de manquement grave de l’OP dans l’exercice des missions qui lui sont confiées, en cas d’un commun accord entre le membre et l’OP, ou encore en cas de changement de mode de production, par exemple lors d’un passage en agriculture biologique. L’article 21 sur les tunnels de prix a été adopté sans amendements. Il prévoit d’étendre l’expérimentation de tunnels de prix à toutes les filières sur demande des interprofessions. La filière bovine qui a mis en place cette expérimentation est autorisée à la poursuivre. Dans ce cadre, le prix plancher serait défini par l’indicateur de coût de production (prioritairement et, par défaut, par celui de l’interprofession pertinente), et le plafond sera défini librement entre les parties. Le prix au sein du tunnel varierait selon les formules classiques de prix qui dépendent des prix de marché, de la qualité du produit, etc.

«Projets d'avenir» : en commission, les députés les érigent au rang d'intérêt public majeur

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole (LUA) le 5 mai en commission des Affaires économiques, les députés ont érigé les projets d'avenir au rang d'intérêt public majeur. Ils ont adopté, malgré les avis défavorables du gouvernement et du rapporteur, un amendement Horizons qui s’inspire de la loi Duplomb du 11 août 2025 dont une même disposition concerne les retenues de stockage d’eau à vocation agricole. Selon le texte, « les projets d’avenir agricole (…) sont présumés répondre à une raison impérative d’intérêt public majeur ». « Ils peuvent, à la demande de leur porteur, faire l’objet d’une déclaration d’utilité publique dans les conditions prévues au code de l’expropriation pour cause d’utilité publique. » « Vous allez vous heurter à un risque de contentieux au regard du droit européen, notamment la directive (sur la conservation des) habitats » naturels, a critiqué le rapporteur Julien Dive (Les Républicains). Egalement opposée à l’amendement, la député Manon Meunier (LFI) a souligné que « le dispositif de raison impérative d’intérêt public majeur est censé être un dispositif d’exception, parce que c’est revoir à la baisse certaines exigences environnementales et certaines exigences démocratiques ».

Loi d'urgence agricole : la FNSEA critique la tenue des débats en commission

Alors que la commission des affaires économiques a débuté depuis la veille l'examen du projet de loi d'urgence, adoptant certaines dispositions surprenantes (prix plancher, révision du calcul des tirs de loups), la FNSEA a critiqué, dans un communiqué paru le 5 mai, la tenue des discussions, appelant à «un débat parlementaire à la hauteur des enjeux». Outre le classement irrecevable d'amendements relatifs aux pesticides, et le rejets d'autre dispositions, le syndicat regrette de voir certains députés « ne pas siéger afin d’éviter d’avoir à se prononcer», ou organiser « à la demande des écologistes, la suppression du temps législatif programmé pour livrer ce texte à l’obstruction ». Pour la FNSEA, « tout est désormais réuni pour empêcher ce texte d’aboutir. » Le syndicat majoriaire appelle « les députés qui disent soutenir l’agriculture à être présents et à prendre part au débat » car «on ne peut pas défendre une cause et être absent quand il faut décider». La FNSEA demande aussi «un engagement plein et entier du gouvernement en faveur d’un texte ambitieux, fidèle aux attentes exprimées lors des mobilisations.»

Agroalimentaire : le CGAAER étrille le soutien public, mal piloté (rapport)

Dans un rapport sur les aides publiques aux industries agroalimentaires publié le 28 avril, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) relève que « les aides publiques n’ont pas permis de maintenir la compétitivité » d’un secteur qui a un fort besoin d’investissement pour se moderniser. Plus problématique, le Conseil souligne que « l’évaluation de l’efficacité des aides est aujourd’hui difficile, soit par absence d’indicateurs autres que budgétaires, soit par défaut de suivi des indicateurs concernant les paramètres économiques. » Or, les montants distribués sont conséquents : 2,3 milliards d’euros par an d’exonérations de cotisations sociales, 150 millions d’euros par an de crédit d’impôt recherche ou encore 58 millions d’euros par an grâce à quatre programmes d’investissement d’avenir. Le rapport préconise de « mieux piloter les indicateurs macroéconomiques des entreprises aidées », créer « un fonds d’aide pour soutenir la robotisation des entreprises », « mieux identifier les filières stratégiques à soutenir », « finaliser avant la fin du 1er semestre 2026 le contrat de stratégie de filière en cours de discussion » et « vérifier le côté réaliste des perspectives annoncées par le porteur de projet ».

Restauration collective : les fournisseurs de la filière veulent des mesures face à l’inflation

Dans un communiqué commun du 4 mai, Geco Food Service (fournisseurs de la restauration) et Les Grossistes alimentaires de France demandent aux pouvoirs publics la possibilité de répercuter les hausses de coûts engendrées par la guerre au Moyen-Orient et d’inclure le transport en compte propre dans le dispositif de soutien à l’achat de gazole. Les deux organisations souhaitent ainsi que les hausses « en cascades » des matières premières, énergies, transport et emballages puissent être répercutés auprès de leurs clients, y compris à travers les marchés publics de la restauration collective. Ceci au motif de « ne pas fragiliser certains maillons essentiels à l’approvisionnement ». Comme les grossistes livrent fréquemment avec leurs propres camions, ils demandent à pouvoir bénéficier de l’aide aujourd’hui réservée aux transporteurs pour compte d’autrui. Enfin, s’agissant des emballages professionnels, qui seront soumis à cotisations à compter du 1er juillet au titre de la nouvelle REP (responsabilité élargie du producteur), Geco et Les Grossistes de France demandent que toutes les règles soient connues et clarifiées « sans délai » afin que les fournisseurs puissent anticiper et intégrer les coûts associés. 

Bovins viande : le marché « se réajuste », « pas de raison » que la baisse s’accentue (Idele)

La récente baisse des prix des bovins viande s’explique par « un réajustement du marché européen », et les cours devraient globalement « rester élevés » dans les prochains mois, indique Caroline Monniot, responsable du service Économie des filières à l’Idele, interrogée par Agra Presse le 5 mai. « Le marché est en train de s’équilibrer après une phase de forte hausse des cours » ces dernières années, provoquée par la pénurie d’animaux généralisée sur le Vieux continent. En l’absence de surplus structurel d’offre, « il n’y a aucune raison que les prix baissent sur la durée », affirme l’experte de l’Institut de l’élevage. « Les acteurs craignaient un afflux de vaches laitières en raison du retournement de la conjoncture laitière, mais il n’a pas eu lieu. Même si les réformes se sont un peu accélérées, on n’observe pas d’afflux massif, car les cheptels laitiers européens se sont déjà fortement réduits ces deux dernières années. » Plus largement, « on ne retrouvera pas les prix d’avant 2024, car on a franchi des clapets qu’on ne refranchira pas dans l’autre sens : dans toute l’Europe, les coûts de production sont enfin couverts, alors que ce n’était pas le cas avant ». Selon elle, « les filières ont pris conscience que la décapitalisation est aussi liée à une rémunération insuffisante des éleveurs ».

Lait/loi d’urgence : la FNPL satisfaite du résultat de l'examen en Coméco

La FNPL (éleveurs, FNSEA) s’est montrée satisfaite de l’adoption le 4 mai en commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale des articles 19, 20 et 21 de la loi d’urgence agricole consacrées aux relations commerciales et à la rémunération des agriculteurs. La FNPL salue « une réelle prise en compte des réalités de terrain et des attentes exprimées de longue date par les producteurs et leurs organisations de producteurs (OP). » La durée de six mois pour la négociation, médiation comprise, est appréciée, tout comme la saisine du Comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA), qui « pourrait conduire à la fixation du prix sur la base des indicateurs Egalim, renforçant son caractère dissuasif et incitant les parties à conclure. » Autre point de satisfaction : l’interdiction faite aux acheteurs de contourner les OP ou de recourir à des indicateurs de coûts de productions autres que ceux de l’interprofession. « Un amendement, travaillé en lien avec la FNPL, viendrait également préciser que les exigences et engagements environnementaux doivent faire l’objet d’une rémunération spécifique, distincte du prix de base », précise la FNPL. Les éleveurs appellent les députés réunis en plénière et la ministre Annie Genevard à conforter les « avancées » obtenues en Coméco.

Porcs : l'activité d'un élevage «suspendue» après un signalement de L214

L’activité d’un élevage porcin a été suspendue «en urgence» par le préfet du Finistère et une enquête pénale a été ouverte après un signalement de l’association L214 sur des maltraitances animales, ont annoncé la préfecture et le parquet le 5 mai. L’association de défense des animaux a diffusé une série de photos et vidéos sur cet élevage pouvant accueillir plus de 1.600 porcs sur la commune de Lannilis. On peut notamment y observer des cadavres de cochons en décomposition, des viscères et des ossements dans les mangeoires, des animaux blessés, le tout dans l’obscurité et dans des cases d’engraissement surpeuplées. Prévenue lundi par L214, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Finistère, en charge notamment des contrôles vétérinaires, «a immédiatement diligenté un contrôle officiel inopiné au sein de l’exploitation», a annoncé la préfecture à l’AFP. «Au regard des constats effectués, une mesure de suspension d’activité est prise en urgence par le préfet du Finistère», a ajouté la même source. A la suite de ce contrôle, le procureur de Brest Stéphane Kellenberger a annoncé l’ouverture d’une enquête pour «mauvais traitements» et «toutes autres infractions connexes».

Insectes : un bilan du soutien public qui «interroge», mais un savoir-faire à «conserver» (rapport)

Le CGAAER a publié le 28 avril un rapport sur les aides publiques aux industries agroalimentaires soulignant la fragilité persistante du secteur de l’élevage-transformation d’insectes en France en dépit d’un fort soutien financier de l’Etat. Le rapport estime toutefois qu’« il convient de conserver les savoir-faire qui ont été acquis par les start-up françaises dans ce secteur car elles sont aujourd’hui en pointe en Europe. » Les auteurs se sont penchés sur les principaux acteurs du secteur. « Avec les PIA 1 et 2, elle (Ynsect, NDLR) a bénéficié de 6 types de dispositifs pour un montant total d’engagement de 90 718 224 € (5 269 142 € réellement décaissés) », constatent les auteurs. La société a été liquidée en 2025. « Le bilan de l’investissement public interroge », écrivent-ils. Innovafeed, toujours en quête de rentabilité, a bénéficié de plusieurs aides dont les « PIA 2 et 3 : 6 projets (total des engagements 7 209 742 €, financements décaissés 6 661 056 €) » et « France 2030 : 2 projets (engagements : 5 166 252 €, décaissements : 2 143 483 €). » Quant à EAP Group, maison mère d’Agronutris, « les montants d’aide prévus sont de l’ordre de 18 115 993 € d’engagements (10 869 596 € de subventions et 7 246 397 € d’avance remboursable) pour un projet évalué à 90 579 964 €. » En 2025, EAP Group a été liquidé.

Vin : en Gironde, appel à candidature de la foncière pour restructurer le vignoble

Le dispositif d’intervention foncière pour restructurer le vignoble en Gironde, associant banques et pouvoirs publics à hauteur de 20 M€, lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour identifier des terres disponibles issues de l’arrachage de vignes, ont annoncé le 5 mai la préfecture et la région. Sont invités à y répondre, « du 6 mai au 7 juin 2026 », les propriétaires, exploitants ou non-exploitants, de terres viticoles situées dans le département, selon un communiqué. L’AMI a pour but d’identifier les parcelles qu’ils souhaitent vendre ou échanger. « Les propositions seront ensuite analysées au regard de plusieurs critères croisés, notamment : la qualité agronomique des sols et les potentialités de diversification, la cohérence parcellaire, les enjeux environnementaux, la compatibilité avec les documents d’urbanisme, l’inscription dans des dynamiques territoriales, la contribution au redressement économique des exploitations, etc. », indiquent la préfecture de Gironde et la région Nouvelle-Aquitaine. La Foncière d’avenir en Gironde vise à « favoriser l’émergence de projets de diversification, individuels ou collectifs, en reconstituant des îlots fonciers bien structurés dans des secteurs adaptés ».

Truffe : volumes en baisse et qualité incertaine pour la saison 2025-2026

La campagne 2025‑2026 de la truffe française a été marquée par une offre globalement déficitaire et une forte hétérogénéité qualitative, selon une note du Réseau national des marchés (FranceAgriMer). Les volumes sont inférieurs aux standards saisonniers, avec un recul marqué en janvier (-65 % par rapport à la moyenne quinquennale). La douceur automnale a retardé la maturité. Puis des épisodes de gel en janvier et des précipitations soutenues en février ont perturbé la récolte. Des écarts significatifs de valorisation sont observés entre lots aboutis et truffes insuffisamment mûres, particulièrement en début de campagne. Les cours ont suivi une évolution saisonnière classique avec une hausse marquée à l’approche des fêtes de fin d’année, période de forte demande. Après ce pic, les prix se replient en janvier sous l’effet d’une offre plus présente, avant de se stabiliser en fin de campagne sur des niveaux globalement proches. « La segmentation du marché, la pression concurrentielle ibérique, plus abondante et souvent plus compétitive, et une demande constamment prudente pèsent durablement sur les échanges, conduisant à une fin de campagne atone et à l’impossibilité d’établir des cotations lors des dernières séances », note le RNM.

Agroalimentaire : Léonard Prunier réélu président de la Feef

Le nouveau conseil d’administration de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (Feef) a renouvelé à l’unanimité le 4 mai le mandat de Léonard Prunier comme président et celui de Jeanne Lemoine en tant que vice-présidente. Les 14 administrateurs (11 réélus et 3 nouveaux) sont élus pour un mandat de trois ans. « Pour la poursuite de son action en tant que président de la Feef, Léonard Prunier souhaite renforcer le dialogue et la co-construction avec les enseignes de la distribution en faveur d’un commerce créateur de valeur et d’une consommation plus responsable via le Label RSE PME+ », indique un communiqué. La Feef représente les PME et ETI fabriquant les produits de consommation du quotidien. Cela correspond à 22 000 entreprises indépendantes, 250 000 emplois directs et 33 000 sites de production répartis dans les territoires.