Agrafil du 7 mai 2026

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Ministère de l'Agriculture : les syndicats de fonctionnaires boycottent les instances de dialogue

L'ensemble des syndicats de fonctionnaires du ministère de l'Agriculture annoncent, dans un communiqué commun le 6 mai, qu'ils vont boycotter le Comité social d'administration ministériel (CSAM), ainsi que les « instances nationales de dialogue social à venir ». Les organisations dénoncent un « dialogue social de façade » : « Depuis trop longtemps, nous dénonçons une dégradation alarmante de la qualité de nos échanges avec l'administration. Ce qui devait être un véritable espace de construction et de respect est devenu une sorte de " chambre d'enregistrement " vidée de sa substance ». Dans les détails, les syndicats pointent plusieurs « dysfonctionnements » : « mépris du calendrier », avec des « reports de dernière minute » ; « opacité documentaire » (« documents préparatoires transmis au mieux quelques heures avant les réunions ») ; « silence administratif » (alertes « trop souvent sans réponse ») ; « déni de réalité » (réponse de l'administration « déconnectée du terrain »). Sur le fond, ils dénoncent une « surcharge de travail devenue structurelle », face à un « empilement des priorités comme des missions », où « l'urgence du lendemain chasse celle de la veille pas encore réglée ». Pour lever le boycott, ils demandent la levée des « dysfonctionnements », et la « tenue des engagements pris sur les dossiers majeurs ». Et de citer l'action sociale, la rémunération, et l'accompagnement du handicap.

Foncier: le Sénat adopte et renforce la PPL de lutte contre la cabanisation

Examinée en première lecture le 6 mai, la proposition de loi visant à lutter contre la cabanisation a été adoptée par le Sénat par 242 voix pour et 34 voix contre. Pour rappel, le texte propose quatre dispositions : une procédure spéciale d'évacuation et de démolition des installations irrégulières, décidée par le préfet ; la possibilité donnée au maire de confier aux services préfectoraux le soin de dresser le procès-verbal ; l'interdiction des raccordements aux réseaux lorsque l’utilisation d’un terrain n’est pas conforme ; l'assouplissement du délai à compter duquel il n’est plus possible à l’autorité administrative de refuser une autorisation d’urbanisme au motif de l’irrégularité de la construction initiale. Dans un communiqué, le Sénat indique avoir apporté plusieurs modifications pour « permettre au maire de mettre en œuvre la nouvelle procédure prévue à l'article 1er ; faciliter l'intervention en urgence en créant une procédure " super-accélérée " ; élargir les dispositions préventives relatives aux raccordements aux réseaux d'implantations illégales ; et allonger le délai de prescription pénale pour les infractions aux règles d'urbanisme. »

ZNT : en commission, les députés valident leur transfert sur les nouvelles zones d’habitation

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole (LUA) le 6 mai en commission des Affaires économiques, les députés ont créé une « servitude » visant à instaurer des zones de non-traitement aux pesticides (ZNT) dans les nouvelles zones d’habitation, pour qu’elles ne s’imposent plus aux terres agricoles mitoyennes. Ils ont adopté, avec l’avis favorable du gouvernement « sous réserve » d’ajustements, un amendement de « réécriture » du rapporteur Jean-René Cazeneuve (EPR) qui sécurise le texte initial. L’intérêt est de pallier des « insuffisances pratiques et juridiques » du dispositif prévu à l’article 11 : limitation aux seules communes munies d’un plan local d’urbanisme, opposabilité incertaine des orientations d’aménagement du territoire, impossibilité d’y réglementer les traitements phytos, et atteinte disproportionnée au droit de propriété faute de précisions suffisantes, selon l’exposé. L’amendement instaure une « servitude » protégeant la production agricole autant que la santé des personnes et pesant sur les terrains contigus à l’exploitation. Limitée à l’implantation de bâtiments destinés à des publics vulnérables ou à l’extension d’habitations, elle ne s’imposerait qu’aux futurs projets d’aménagement, pour qu’ils ne puissent plus faire reculer la surface agricole utile.

Assises du sanitaire : les députés votent une mise en œuvre accélérée et concertée

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en commission des Affaires économiques, le 6 mai, les députés ont adopté six amendements visant à raccourcir le temps de mise en œuvre des Assises du sanitaire animal. Le gouvernement aura désormais six mois après la publication de la loi (au lieu de douze mois dans le texte initial) pour publier les ordonnances traduisant les résultats des Assises, qui sont toujours en cours. Une accélération demandée par la FNSEA et les JA, à l’origine des amendements. Lancé début 2025 et censé aboutir au premier semestre 2026, cet exercice vise à réformer le système sanitaire (financement, gouvernance) ; il comprend notamment plusieurs chantiers techniques (identification des animaux, rôle des vétérinaires, etc.). Interrompus en 2025 en raison de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), ces travaux ont récemment été relancés. Par ailleurs, les députés ont adopté un amendement de Géraldine Grangier (RN, Doubs) qui impose une « concertation avec les organisations professionnelles et interprofessionnelles représentatives » avant la publication des ordonnances. « Les acteurs seront largement consultés, les ordonnances seront ratifiées par le Parlement, et je m’engage à ce que leur contenu soit partagé en toute transparence », a promis la ministre de l’Agriculture Annie Genevard aux députés.

Identification animale : les députés bordent le rôle des chambres et interprofessions

À l’occasion de l’examen en commission des Affaires économiques du projet de loi d’urgence agricole, le 6 mai, les députés ont adopté un amendement du rapporteur Julien Dive (DR, Aisne) qui sécurise juridiquement le rôle des chambres d’agriculture et des interprofessions en matière d’identification animale. Pour rappel, le texte habilite le gouvernement à réformer par ordonnance les « outils et systèmes d’information en matière de collecte et de gestion des données d’identification et de mouvement des animaux ». Un chantier qui doit déboucher sur « la création d’une plateforme unique de collecte de données », selon l’article 15 du projet de loi. Les chambres d’agriculture, qui ont récemment intégré en leur sein les établissements départementaux d’élevage (EDE), constituent la porte d’entrée dans le système d’identification. Quant aux interprofessions, elles sont à l’origine de bases de données comprenant aussi les autres maillons des filières. « Or, en l’état du droit, ces organismes ne disposent pas toujours d’une base juridique suffisamment solide » pour traiter les données animales. L’amendement adopté propose donc que l’ordonnance à venir leur garantisse « les droits et accès aux données nécessaires à l’exercice de leurs missions » (y compris traitement et mise à disposition).

Nutrition-santé animale : le groupe allemand EW Group en passe de racheter Olmix

Le groupe allemand EW Group (Lohman, Novogen…) est entré en négociation exclusive pour acheter Olmix, entreprise française experte des ingrédients de santé animale et végétale à base d’algues et biosourcés, rapporte la presse bretonne, dont Bretagne Economique l’écho le 5 mai. Le Journal des Entreprises présente ce rapprochement comme l’union entre la puissance industrielle d’EW Groupe et de l’expertise de l’ETI bretonne Olmix. EW Group prendrait les participations détenues par Amadéite et Motion Equity Partners, actionnaires d’Olmix, informe-ce média. EW Group, sur son site internet, se présente en « holding familial présent dans le monde entier avec plus de 300 filiales dans le secteur des sciences de la vie ». Le groupe intervient particulièrement dans la génétique animale (poulet, poule pondeuse ; dinde, poissons). Olmix, dont le siège est dans le Morbihan, compte 36 implantations réparties dans une centaine de pays. Dirigé par Robert Clapham, le groupe emploie plus de 900 salariés, dont une large partie au siège. Il annonçait en 2025 un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2025, selon Bretagne Economique.

Porc : Quideos lance sa couverture de prix indexée sur le MPF

Quideos a « structuré avec des éleveurs bretons les premiers contrats de couverture indexés sur le Marché du porc français (MPF), leur permettant de sécuriser un prix de vente minimum sur leurs volumes », annonce sur LinkedIn Mikaël Delmas, qui a cofondé en 2023 cette société spécialisée dans les solutions d’assurance contre la volatilité des prix agricoles. C’est aujourd’hui « la seule solution permettant aux acteurs de la filière de se couvrir structurellement, via des produits indexés sur le MPF ou sur la marge Ifip (Institut du porc, NDLR), sans appel de marge », précise-t-il dans son message. Le mécanisme de Quideos « peut appliquer quasiment à l’ensemble du champ agricole, sur la base de sources de données fiables et disponibles, aussi bien publiques que privés, ce qui représente entre 500 et 600 produits agricoles qui peuvent faire l’objet d’une protection de prix », expliquait Mikaël Delmas dans un article d’Agra Innovation de novembre. Cet article soulignait que Quineos, société d’investissement, était agréée depuis septembre 2025 par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), sur la supervision de l’AMF (Autorités des marchés financiers).

Porc : Evel’Up avait préparé l’arrêt de l’élevage signalé par L214

La coopérative Evel'Up, visé pour « complicité » de mauvais traitements dans la plainte déposée le 4 mai par L214 contre un élevage porcin du Finistère, a assuré dans un communiqué le 5 mai qu’elle avait mis en œuvre, « en accord avec les autorités », un « plan d’actions » visant l’arrêt d’activité de l’élevage, qui « était prévu pour les prochains jours ». Evel’Up avait décidé de ne pas communiquer sur la situation de cet élevage (pouvant accueillir plus de 1 600 porcs selon l’AFP) afin de « protéger la famille et ne pas accentuer les difficultés », explique-t-elle. Aussi travaillait-elle depuis plusieurs mois avec les autorités, et son groupe d’accompagnement des éleveurs en difficulté s’était réuni cinq fois autour de ce cas, peut-on lire dans le communiqué. L’activité de cet élevage porcin a été suspendue « en urgence » par le préfet du Finistère et une enquête pénale a été ouverte sur des maltraitances animales, ont annoncé la préfecture et le parquet le 5 mai. Des vidéos de L214 filmées avant le signalement montrent notamment des cadavres, des animaux blessés et des cases d’engraissement surpeuplées.

Lait : Biolait reprend la collecte des éleveurs de la laiterie d’Entrammes

Les 21 éleveurs de la coopérative Lait Bio du Maine qui livraient la laiterie d’Entrammes (Mayenne) vont être désormais collectés par Biolait, a annoncé l’organisation de producteurs bio le 6 mai. « Cette décision intervient à la suite de la liquidation judiciaire, prononcée le 27 avril dernier, de leur outil de transformation, la laiterie d’Entrammes », indique Biolait. « Pour assurer la continuité de leur activité et sécuriser leurs débouchés, un contrat d’une durée de cinq ans a été conclu entre Biolait et chaque producteur concerné ». Un volume annuel de 4 millions de litres de lait biologique sera collecté, ce qui représente un volume de 2,5 millions de litres d’ici la fin de l’année 2026. Cette opération permet à Biolait de renforcer son maillage territorial en Mayenne, en densifiant son réseau de collecte et d’optimiser ainsi ses coûts logistiques. C’est justement ce que recherche Biolait actuellement et pour les prochaines années, étant confronté à une très forte hausse de ses coûts de collecte. Les producteurs étaient obligés de détruire leur lait quotidiennement depuis la fin avril, leur outil industriel ne fonctionnant plus. La laiterie avait tenté de lancer une « raclette solidaire » avec C’est qui le patron ? ces derniers mois, une initiative n’ayant pas permis de sauver la coopérative.

Lait : Syndilait dévoile son plaidoyer pour la présidentielle

À moins d’un an de l’élection présidentielle, la filière du lait de consommation, représentée par Syndilait, a dévoilé le 6 mai les dix mesures de son plan Ambition 2030. Parmi les attentes, Syndilait souhaite « supprimer la surtransposition réglementaire européenne en particulier sur la question des emballages ». La filière est particulièrement remontée contre la loi Agec prévoyant la suppression des emballages plastiques à usage unique en 2040, jugeant qu’aucune solution sans plastique n’existe pour le lait UHT. Elle souhaite aussi « introduire un dispositif de suramortissement ciblé pour faciliter l’investissement d’un milliard d’euros » qu’elle estime nécessaire pour se moderniser et se décarboner d’ici 2030, comme cela existe déjà dans d’autres filières. Alors que la consommation de lait baisse structurellement (encore -5,4 % en 2025 par rapport à 2024), Syndilait souhaite faire reconnaître au niveau français et européen le lait comme un aliment, et non comme une boisson, à l’instar des produits laitiers, afin d’obtenir une meilleure note selon le Nutri-Score. Il est aussi demandé un soutien dans la restauration hors domicile, une amélioration de l’éducation à l’alimentation et une valorisation de l’origine France.

Lait : la demande mondiale de lactosérum en forte hausse

Sous l’effet de l’appétence de plus en plus prononcée des consommateurs pour les produits riches en protéines, la demande pour le lactosérum, ou petit lait, est en forte hausse. « Les données du cabinet de conseil StoneX montrent que le prix du concentré de protéines de lactosérum à 80 % (WPC 80) a bondi de près de 90 % sur un an pour atteindre 20 000 euros (23 410 dollars) la tonne, dépassant de loin les hausses enregistrées dans d'autres segments laitiers comme le lait en poudre ou le fromage », écrit l’agence Reuters dans une dépêche diffusée le 5 mai. Cet engouement est lié à la vogue des traitements anti-obésité aux Etats-Unis qui poussent les consommateurs à rechercher des aliments riches en protéines pour compenser les effets des traitements de type GLP-1, qui se manifestent par une fonte musculaire. Cette forte demande est aussi un accélérateur pour des start-up cherchant à produire de la protéine alternative. C’est le cas des sociétés françaises Verley « qui fermente des champignons pour produire une protéine dédiée à la récupération musculaire » ou de Standing Ovation, qui ayant levé des fonds auprès de Danone et du groupe Bel, produit des caséines et prévoit de débuter sa commercialisation cette année.

Lait : fort recul de la consommation en France en 2025

La consommation de lait conditionné a reculé en France de 5,4% en 2025 à 2,6 milliards de litres, selon les données dévoilées le 6 mai par Syndilait qui représente la majorité des fabricants de lait de consommation liquides. Parmi ces 2,6 milliards de litres, les ventes en grandes surfaces ont représenté 2,2 milliards de litres, en recul de 2,6%, et un chiffre d’affaires en retrait de 1,3%, traduisant une valorisation accrue du lait. Le lait biologique est en baisse de 3,4% en volume en 2025, « mais les premiers chiffres 2026 annoncent cependant une reprise de leur croissance », selon Syndilait. Certains produits progressent toutefois comme le lait entier (+3%), les laits délactosés (+4,9%) et les laits vitaminés (+3,2%). Pour expliquer ce recul au global, qualifié de structurel par Syndialit qui constate cette baisse depuis une dizaine d’années, l’organisation professionnelle avance le recul du petit-déjeuner, la baisse du nombre d’enfants ou encore le développement des petits foyers ou du célibat. Pourtant, selon une enquête réalisée fin 2025 pour Syndiait, le lait jouit d’une image très favorable dans l’opinion publique qui apprécie ses qualités nutritionnelles et son prix abordable.

Viande bovine : les droits de douane chinois devraient peser sur l’export brésilien (presse)

Après avoir tablé dans un premier temps sur une stabilité, les exportateurs brésiliens de l’ABIEC ont indiqué, le 5 mai, s’attendre à un recul de 10 % de leurs expéditions totales de viande bovine en 2026, en raison des récents droits de douane chinois. Afin de protéger sa protection domestique, Pékin impose depuis le 1er janvier un droit de douane supplémentaire de 55 % sur les importations de viande bovine dépassant les quotas alloués à ses fournisseurs. Selon le président de l’ABIEC Roberto Perosa, cité par Reuters, le quota brésilien pour l’année (1,1 Mt) est déjà consommé, les exportateurs ayant précipité leurs envois pour ne pas être pénalisés. M. Perosa prévoit un arrêt des exportations vers la Chine « autour du mois de juin », et compte sur un développement de la consommation domestique pour absorber la viande disponible. Avec 1,7 Mt en 2025, l’empire du Milieu est le premier débouché de la viande bovine brésilienne (plus de la moitié des exportations). « Il n’y a aucun marché qui peut remplacer la Chine », souligne Roberto Perosa, qui espère toutefois l’ouverture prochaine du marché japonais. L’article de Reuters ne cite pas l’Europe, malgré l’entrée en vigueur provisoire, le 1er mai, de l’accord commercial UE-Mercosur, qui prévoit un quota de 99 000 téc de viande bovine.

Oléo-protéagineux : Euralis crée une OP consacrée au soja, tournesol et colza

Après avoir mis en place une Organisation de producteurs (OP) dédiée aux légumes et trois autres consacrées aux filières animales, le pôle agricole d’Euralis continue d’innover en créant une nouvelle OP oléo-protéagineuse dédiée au soja (alimentation animale et humaine), tournesol et colza. L’enjeu : encourager les agriculteurs à s’engager sur des productions durables et vertueuses. En rejoignant cette nouvelle OP, les adhérents perçoivent une aide directe de 7 à 10 €/t selon la culture et bénéficient d’outils d’aide à la décision (OAD) pour piloter au mieux les apports d’azote dans les parcelles de colza, et ajuster la conduite des couverts végétaux dans les champs de tournesol et de soja. « L’agriculteur a aussi l’opportunité de participer à des réunions techniques de suivi de performances collectives pour optimiser ses pratiques et, si besoin, corriger le tir en cours de campagne » précise Thomas Blanquet, animateur de l’OP. En adhérant à l’OP, l’agriculteur s’engage pour 5 ans avec une cotisation de 1€/ha. À terme, Euralis vise 1000 producteurs pour 20 000 ha au total : 3000 de colza, 9500 de tournesol et 7500 ha de soja. À ce jour, 500 adhérents ont déjà franchi le pas. La coopérative se dit « satisfaite » de ces premiers résultats. (Anne Gilet)

Engrais décarbonés : PepsiCo et Fertiberia visent 162 000 ha en Europe d’ici 2030

Dans un communiqué du 6 mai, le groupe PepsiCo et le spécialiste espagnol des engrais Fertiberia ont annoncé la signature d’un partenariat visant à couvrir 162 000 ha de grandes cultures en Europe d’ici 2030, via l’usage d’engrais décarbonés. Parmi ces grandes cultures, citons la pomme de terre, la betterave sucrière, le colza, le maïs et le tournesol, matières premières servant à la production des aliments produits par PepsiCo, sous les marques Lay’s, Doritos, Ruffles et Cheetos. Plus en détail, « Fertiberia fournira progressivement à PepsiCo jusqu’à 150 000 t/an de ses solutions de nutrition végétale « Impact Zero » d’ici 2030 ». Les engrais en question sont produits à partir d’hydrogène vert. Le programme issu du partenariat sera dans un premier temps déployé en France, en Roumanie, en Serbie, en Grèce et en Turquie, « puis s’étendra à l’Espagne et au Portugal, avec l’intention de déployer l’initiative dans d’autres pays européens dans un avenir proche ». Un projet pilote avait été entrepris en Espagne et au Portugal, et a permis de réduire jusqu’à 15 % les émissions liées à la culture de la pomme de terre, et jusqu’à 20 % concernant celle de maïs, relate le communiqué.

Alcools : déjà un effet Coupe du monde pour le propriétaire de Guinness et Smirnoff

Le géant britannique des boissons alcoolisées Diageo a publié le 6 mai des ventes en hausse pour son troisième trimestre décalé, grâce notamment aux achats des distributeurs qui se préparent à la Coupe du monde de football. Le groupe, connu pour ses marques Johnnie Walker, Guinness ou Smirnoff, a fait état d'une croissance du chiffre d'affaires de 2,3 % sur un an à 4,5 Md$ (3,8 Md€) pour les trois mois achevés fin mars. Les ventes ont progressé fortement en Europe, dans la zone Amérique latine et Caraïbes ainsi qu'en Afrique, « bénéficiant en partie de l'effet calendaire de Pâques », tombé cette année début avril et dopant donc les ventes fin mars, « et des ventes anticipées avant la prochaine Coupe du Monde de la Fifa », selon un communiqué. En Amérique aussi, les achats des distributeurs de boissons en amont de la Coupe du Monde ont aidé les ventes. Cela n'a pourtant pas suffi à faire progresser le chiffre d'affaires dans cette zone qui pèse pour plus du tiers du chiffre d'affaires de Diageo mais qui continue d'être son talon d'Achille, avec des ventes en baisse de 10 % sur le trimestre. Aux Etats-Unis en particulier, le groupe avait déjà dit en début d'année souffrir de la concurrence de marques moins chères, notamment de tequila, choisies en priorité par les Américains face aux pressions sur le coût de la vie.

Légumes : la balance commerciale de l’Espagne résiste, malgré le recul des volumes

Entre septembre 2025 et février 2026, les exportations espagnoles de légumes ont atteint 5,56 milliards (Md€), contre 1,20 Md€ d'importations, soit un excédent de 4,357 Md€, rapporte la banque agricole Cajamar. La comparaison avec la moyenne des cinq saisons précédentes pour la même période révèle une hausse de 17 %. Cette croissance est entièrement due à la hausse des prix, les volumes exportés étant légèrement inférieurs à la moyenne historique (-3,7 %). L'Espagne a exporté 3,45 millions de tonnes, le concombre étant en tête (512 242 t), suivi des poivrons (449 116 t), des tomates (348 821 t) et des courgettes (216 046 t), ces dernières atteignant un pic en octobre et diminuant jusqu'en janvier. Dans le même temps, les importations de légumes s'accélèrent fortement, accentuant la pression concurrentielle. Sur la période analysée, elles ont atteint 1,206 Md€, (+18,6 % par rapport à la moyenne quinquennale), pour un volume de 1,657 Mt (+14,9 % par rapport à la moyenne). La forte hausse des importations de tomates (+74,7 % en volume) et de concombres (+62 %) est particulièrement frappante. 97 % des exportations espagnoles restent en Europe, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas et l'Italie représentant à eux seuls plus de 70 %.

Horticulture : la consommation des fêtes calendaires en recomposition (étude)

En 2025, près de trois foyers français sur dix (29 %) ont effectué au moins un achat de végétaux pour eux-mêmes, pour offrir ou pour le cimetière à l’occasion d’une ou de plusieurs fêtes calendaires, selon le panel consommateurs Kantar pour FranceAgriMer et Valhor (interprofession). Les données montrent une tendance à la baisse de la proportion de foyers acheteurs : ils étaient 30 % en 2024, contre 40 % en 2021. Sur l’ensemble des achats de végétaux offerts, les fêtes calendaires représentent 22 % des sommes dépensées et 22 % des quantités achetées par les Français en végétaux pour offrir. Ce poids a augmenté ces deux dernières années, sans pour autant retrouver son niveau de 2018-2021, après avoir connu un creux notable en 2023 (17 % en valeur et 18 % en volume). Cependant, la destination des achats évolue. Ainsi, 53 % correspondaient à des achats de végétaux pour l’intérieur. Leur part a tendance à croître ces deux dernières années, aussi bien en valeur qu’en volume : elle était de 45 % en 2023. En revanche, les ventes pour le cimetière sont en baisse tendancielle depuis 2023, passant de 42 % à 38 % en 2025. La situation est similaire pour les végétaux d’extérieur, passant de 13 % à 10 % sur la même période.

Agenda de la semaine agricole du 11 mai 2026

Lundi 11 mai
Conférence de presse de la chambre d'agriculture de Bretagne (bilan agri/agro 2025)

Mardi 12 mai
Journée interprofessionnelle de Semae Sud-Est, à Eyragues (Bouches-du-Rhône)

Mercredi 13 mai
Conférence d’Agridées sur les semences et les stratégies internationales
Conférence de presse de la Coopération agricole - Pôle animal
Conférence de presse de la sénatrice Noël et du député Brosse, au Sénat, sur leur rapport concernant l’agritourisme
Conférence de presse de l'Omsa sur son rapport 2026 sur la santé animale dans le monde