Agrafil du 13 mars 2026

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Loi d'urgence agricole: comment le gouvernement veut muscler les OP et les indicateurs

Dans une version très récente du projet de loi d'urgence agricole (PLUA) que nous publions (rééditée et expurgée du nom de son destinataire - télécharger), le gouvernement précise comment il envisage de renforcer les indicateurs de coûts de production, et les organisations de producteurs en évitant leur contournement. Pour protéger les organisations de producteurs de contournements, le gouvernement ajoute une batterie de comportements susceptibles d'amendes administratives pour les industriels. Par exemple : «le fait, pour un acheteur, de refuser de négocier de bonne foi avec une organisation de producteurs ou une association d’organisations de producteurs», ou encore «le fait, pour un acheteur, d’inciter une organisation de producteurs à quitter l’association d’organisations de producteurs dont elle est membre». Quand les interprofessions ne publient pas les indicateurs de référence et qu'il revient aux instituts techniques agricoles de les élaborer, obligation sera faite de s'y référer dans les contrats et contrats-cadre, «sauf mention explicite (...) de leur choix de se référer à d’autres indicateurs relatifs aux coûts pertinents de production en agriculture et à l'évolution de ces coûts ainsi que des raisons de ce choix». Pour sortir de l'impasse de la mise à jour de l'indicateur beurre-poudre, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) proposait de s'en remettre aux instituts techniques, comme c'est le cas pour l'indicateur de coût de production des éleveurs. 

Coopératives : le gouvernement veut rendre les parts sociales d'épargne plus attractives

Dans une version récente du projet de loi d'urgence agricole (PLUA), le gouvernement inclut une disposition visant à renforcer les fonds propres des coopératives agricoles. Le texte modifie le régime des coopératives agricoles en «permettant une rémunération supérieure des parts d'épargne (jusqu'à deux points au-dessus des parts d'activité)», pour inciter les agriculteurs à y souscrire. Cette demande émane de la Coopération agricole (LCA) qui souhaite «mieux rémunérer les agriculteurs et les associés coopérateurs par un renforcement des fonds propres des coopératives en simplifiant la rémunération relative aux parts sociales d’épargne», indique l'association à Agra. Les PSE ont été créées par la loi d’orientation agricole de 2006, rappelles les coopératives. Ces parts «constituent une rémunération complémentaire réservée aux associés coopérateurs affectée en cas de résultat positif de la coopérative». Or «dans la mesure où les entreprises coopératives envisagent de recourir à l’émission de PSE afin de conforter leurs fonds propres, nécessaires à l’accompagnement des transitions, il serait pertinent de rendre ce dispositif plus attractif pour les associés coopérateurs et de simplifier leur rémunération en les alignant sur les autres catégories de parts sociales», expliquent les coopératives.

Energie : le gouvernement veut rassurer sur le prix des engrais et carburants

Les ministres de l'Agriculture et de l'Energie ont réuni le 12 mars à Bercy les représentants agricoles et du secteur des carburants et des engrais, au moment où la guerre au Moyen-Orient fait exploser les prix. « Aucun abus » ne sera toléré, a assuré l’exécutif. Pour Annie Genevard, « la France ne souffre pas de problème de disponibilité de GNR ». La FNSEA a dénoncé « une spéculation à la hausse » des distributeurs. « On a demandé qu’il y ait un peu de contrôles » des prix du GNR, a indiqué à la presse le président de la commission Economie Yannick Fialip. Une suspension du MACF est réclamée pour les engrais. Même revendication côté JA. Les Jeunes agriculteurs ont appelé à « lever toutes les taxes ». « Les distributeurs nous ont assuré que des baisses allaient s'opérer, qu'on est revenu sur un marché plus calme, avec potentiellement des baisses, c'est ce qu'on attend le plus rapidement possible », a dit le secrétaire général Quentin Le Guillous. Pour la CR, cette crise énergétique met en lumière le « peu de compétitivité » de l’agriculture, pas en mesure d’encaisser le choc. « Les prix agricoles ne sont pas suffisamment hauts », d’après le secrétaire général François Walraet. Selon la Conf’, la France doit oeuvrer à « un cessez-le-feu rapide » pour « mettre fin à cette situation catastrophique » pour les paysans, selon son porte-parole Thomas Gibert.

Crise agricole : la chambre de la Vienne annonce une remise sur ses conseils en 2026

Face à la « crise agricole », la chambre d’agriculture de la Vienne met en place « une remise de 35 % sur les prestations de conseil individuel réalisées en 2026 », annonce-t-elle dans un communiqué le 12 mars. Peu courante au sein du réseau des chambres, cette mesure a été adoptée en bureau le 3 mars, puis présentée en session ordinaire le 12 mars. Avec cette remise, la chambre, présidée par la Coordination rurale depuis 2019, veut « soutenir l’accès au conseil, accélérer les projets et renforcer la solidité et la performance des exploitations ». Sont concernées « les prestations de conseil individuel impliquant la présence d’un conseiller chambre » (Pac, réglementation, installation-transmission, élevage et environnement, agroforesterie et haies, aides, productions végétales et maraîchage). Certaines prestations sont exclues de cette remise : conseil collectif, MesParcelles et « celles fortement subventionnées ». Dans son communiqué, la chambre précise se trouver « dans une situation financière saine », ce qui lui permet de « transformer un excédent budgétaire en levier direct de soutien aux agriculteurs ». Département de zone intermédiaire, la Vienne est le territoire qui s’est le plus « céréalisé » après la Pac de 1992 (lire notre enquête).

Maïs : les surfaces françaises pourraient reculer de 6 à 8%, selon Bayer-Dekalb

« Au sein de la filière, nous sommes unanimes : il y aura bien un recul des surfaces de maïs pour les prochains semis, confirme Pauline Boussin-Fort, chef marché semences de maïs chez Bayer Dekalb (18 % de parts de marché), interrogée par Agra Business. Nos prévisions tablent sur une baisse de 1 à 2 % pour le maïs fourrage et de 8 à 15 % pour le maïs grain. Au total, les surfaces de maïs à l’échelle nationale devraient reculer de 6 à 8 %, avec de grandes disparités régionales : le grand Sud-Ouest (Poitou-Charentes, Nouvelle Aquitaine et Midi-Pyrénées) étant le plus impacté. » Des chiffres qui ne tiennent pas compte du conflit actuel au Moyen-Orient. L’impact de la hausse du prix des engrais et du carburant reste, à ce jour, difficile à prévoir mais il pourrait, reconnaît-elle, « avoir des conséquences sur la sole maïs, dans un contexte d’incertitude et d’inquiétude pour les semaines à venir ». Les raisons du recul de cette culture s’expliquent notamment par les mauvais résultats de la récolte 2025 – avec une rentabilité mise à mal – et des perspectives de prix peu encourageantes. Sans oublier que les conditions de semis à l’automne 2025 ont été favorables aux céréales d’hiver et au colza et que les bons résultats du tournesol en 2025 ont incité bon ombre d’agriculteurs à lui laisser plus de place au sein de leur assolement. (Anne Gilet)

Riz : les producteurs européens appellent d’urgence l’UE à prendre des mesures correctives

Dans un communiqué conjoint, publié le 12 mars, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), la fédération européenne des riziculteurs (FERM) et l’autorité nationale italienne du riz (Ente Nazionale Risi) appellent l’UE à prendre rapidement des mesures correctives. Ces organisations mettent en avant à la fois la hausse des importations qui atteint 1,7 million de tonnes lors de la dernière campagne de commercialisation mais également l’augmentation des coûts de production et des exigences environnementales plus élevées pour les cultivateurs européens. Concrètement, elles souhaitent un ajustement du mécanisme de sauvegarde pour réagir rapidement en cas des pics d’importations perturbant le marché du riz, une révision des droits du tarif douanier commun, une augmentation du budget de la promotion pour le riz et sa reconnaissance comme produit sensible. Elles plaident également pour la réciprocité dans les échanges commerciaux et un renforcement des contrôles aux frontières. « L’Europe doit faire un choix clair », avancent les associations, « préserver sa souveraineté alimentaire et soutenir des secteurs agricoles stratégiques comme le riz, ou risquer d’accroître sa dépendance envers les marchés internationaux ».

Directive-cadre eau : Bruxelles épingle la France pour transposition incomplète

La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction contre la France en lui envoyant une lettre de mise en demeure pour transposition incomplète de la directive cadre sur l’eau, a-t-elle annoncé dans un communiqué du 12 mars. Ce texte européen établit un cadre commun pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique et fixe des objectifs ambitieux pour la préservation et la restauration de l’état des eaux superficielles et souterraines. La directive exige notamment des États membres qu’ils définissent la qualité écologique de ces cours d’eau et, par conséquent, qu’ils déterminent les mesures, le cas échéant, à prendre pour en améliorer l’état dans les délais impartis. « Ces évaluations sont cruciales pour garantir la résilience de l'UE en matière d'eau », prévient la Commission européenne. Or, selon l’organe exécutif européen, le droit français ne transpose pas l’ensemble des critères de qualité énoncés dans la directive, tels l’état des populations de poissons ou la continuité écologique des cours d’eau. « Par conséquent, [la France Ndlr] ne garantit pas une évaluation correcte de la qualité de ces cours d'eau ». Elle dispose désormais de deux mois pour répondre et remédier aux lacunes relevées, sans quoi la Commission pourra émettre un avis motivé.

Parlement européen : Canfin en Cominta, Decerle en commission Santé publique

Remaniement parlementaire pour les eurodéputés français du groupe Renew (centristes) : Pascal Canfin a annoncé, le 11 mars, être devenu membre à part entière de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta) où il sera le nouveau rapporteur permanent sur les relations avec la Chine et Taïwan. « La relation commerciale UE-Chine est l’une des plus importantes et complexes de notre époque. Des déséquilibres systémiques du marché et des politiques industrielles aux contrôles à l’exportation des matières premières critiques et aux dépendances dans la chaîne d’approvisionnement — les défis sont nombreux et urgents », précise-t-il. Pascal Canfin remplace numériquement son collègue Jérémy Decerle qui obtient, lui, une place en commission parlementaire de la Santé publique (en plus de celle de l’Agriculture).

Vin : 28 000 hectares à arracher dans le cadre du nouveau plan d'aide

L'Etat a reçu quelque 5 800 demandes pour arracher environ 28 000 ha de vignes, dans le cadre du nouveau plan d’aide, a indiqué le président du conseil Vin de FranceAgriMer le 11 mars, date limite de dépôt. Une « grande majorité » des 5 824 dossiers sont venus du Sud-Ouest et d'Occitanie (Gironde, Aude, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales, Gers) et concernent des cépages de vin rouge, a indiqué Jérôme Despey à l'AFP. Quelque 37 % de ces 27 929 ha portent sur un arrachage total, avec cessation d'activité des viticulteurs, et 63 % un arrachage partiel (sur des vignes d'au moins dix ans) pour permettre de réorienter l'activité viticole, selon des chiffres provisoires. Une enveloppe de 130 M€ avait été annoncée fin 2025 par le gouvernement pour soutenir ce nouveau plan, à raison de 4 000 €/ha. Le budget ne devrait donc pas être dépassé, souligne M. Despey, relevant que les réponses correspondent à peu près à ce qui avait été anticipé. « Il y a une partie des vignerons qui, sur un plan économique, n'en pouvait plus. Ce sont ceux qui arrachent la totalité de leur exploitation et abandonnent l'activité, ce qui est un crève-cœur, c'est un accompagnement pour sortir du métier », souligne-t-il. « Et puis le point positif, c'est qu'il y en a près de 63 % qui arrachent des vignes qui ne sont pas adaptées à un marché, pour permettre de continuer l'activité. »

Champagne : bénéfice en net repli pour Lanson, qui veut relancer l'entrée de gamme

Le groupe de champagne Lanson-BCC a enregistré en 2025 un bénéfice en chute de près d'un tiers sous l'effet d'une baisse des volumes vendus, et d'une hausse des coûts du raisin et de financement des stocks. Le bénéfice net atteint 16,2 M€ (-32 %), d'après un communiqué le 12 mars. Le groupe veut renforcer son entrée de gamme, via une relance de la cuvée Chanoine Héritage et une plus forte présence en grande distribution. « Les Champenois ont perdu la clientèle populaire et je pense que c'est une grave erreur, et nous avons l'intention de revenir en France sur ce marché, même si ça doit nous coûter cher par rapport au coût des stocks en cave », a annoncé son p.-d.g. Bruno Paillard. L'an dernier, le groupe a vu son chiffre d'affaires à 233 M€ (- 8,7 %), dans un « environnement de marché difficile » affectant aussi le reste du secteur. « Le champagne est un marché en panne de croissance depuis une dizaine d'années et la flambée furieuse du prix du raisin y est pour quelque chose », a souligné M. Paillard. Derrière cette flambée, il voit notamment l'impact du géant LVMH. « Aujourd'hui les caves de tous les opérateurs sont pleines de vins trop chers par rapport à l'acceptation du marché. » Lanson pour sa part va « opérer cette année une baisse entre 5 et 10 % du prix du raisin ».

Pomme : dérogation accordée pour l’usage du Movento (presse)

Comme l'an passé, le gouvernement a accordé une dérogation permettant aux producteurs de pommes d’utiliser le Movento (spirotétramate), un insecticide du groupe Bayer, a révélé France 3 Nouvelle-Aquitaine le 11 mars. La filière a demandé cette autorisation après que les producteurs de betteraves sucrières ont obtenu, en décembre dernier, une autorisation similaire pour lutter contre les pucerons, vecteurs de jaunisse. Avec cette dérogation, ils seront autorisés à traiter leurs vergers au Movento à deux reprises cours de la campagne 2026. Si la décision est saluée par les pomiculteurs de la FDSEA de Corrèze, elle ne fait pas l’unanimité. Les associations environnementales dénoncent un recul. « Les pouvoirs publics jouent un rôle dangereux en accordant régulièrement des dérogations à un produit dont l’effet sur la santé humaine n’a pas été réévalué », déplore Pierre-Michel Périnaud, président de l’association « Alerte des médecins sur les pesticides », sur France 3. Et de rappeler que dans l’Europe, « le Movento est strictement reconnu comme reprotoxique, donc avec un risque de trouble sur la fertilité et sur le développement des fœtus ». Avec la nouvelle proposition de loi déposée début février par le sénateur Laurent Duplomb, les producteurs de pommes espèrent le retour de l’acétamipride, un néonicotinoïde utilisé ailleurs dans l’Union européenne. 

Fruits et légumes frais: l'interprofession peu intéressée par les tunnels de prix

Interrogé par Agra Presse le 13 mars, Daniel Sauvaitre, président d’Interfel (interprofession des fruits et légumes frais) se montre méfiant à l'égard de la notion de « tunnel de prix » expérimentée en bovin, et que le gouvernement souhaite élargir à de nouvelles filières dans le cadre de la loi d’urgence agricole. « Interfel avait obtenu que les fruits et légumes frais soient exclus du périmètre de la contractualisation obligatoire dans Egalim », rappelle Daniel Sauvaitre, « celle-ci doit relever uniquement de la relation libre entre fournisseur et client ». En son temps, Interfel avait édité un guide de la relation contractuelle, où cette notion de prix était évoquée. Le président d’Interfel précise que le « tunnel de prix » est très peu utilisé dans la filière où les cotations sont beaucoup plus fines et incluent nombre de paramètres (saisonnalité, marché européen…). « J’espère que le législateur, dans sa recherche légitime d'efficience, évitera de compliquer la situation en déconnectant la cotation de l'offre et de la demande, précise Daniel Sauvaitre, « Défendre la création et le développement d'AOP et OP face à la concentration de la distribution, permettre une meilleure connaissance de la production, du suivi des stocks... est bien plus important que le tunnel des prix ».

Fruits et légumes : nouvelle hausse du budget espagnol pour les programmes opérationnels

Le ministère de l'Agriculture a indiqué à la Commission européenne qu'elle souhaitait attribuer 413 millions d'euros (dont 85% d'aide européenne) aux programmes opérationnels des OP de fruits et légumes pour l'exercice 2026, soit une hausse de 5,8% par rapport à l'an passé, rapporte Copexhal (association des AOP espagnoles) le 11 mars. Le budget alloué par l'Espagne à ces dispositif est sur une tendance haussière depuis l’institution du dispositif en 1997. L’aide concernera 407 organisations de producteurs de fruits et légumes. Les principales communautés autonomes bénéficiaires sont l'Andalousie, Murcie, la Communauté valencienne, la Catalogne, l'Aragon, l'Estrémadure et la Navarre. Le Ministère espagnol de l’agriculture justifie cette demande : les organisations de producteurs «  génèrent de l'activité économique et de la valeur ajoutée, intègrent les producteurs pour consolider leur position et contribuent à la planification nationale de la production : tous ces avantages expliquent l'engagement ferme du ministère » . L'Espagne est le principal bénéficiaire de cette aide européenne, recevant 33 % du total, suivie de l'Italie (29 %) et de la France (15 %). 

Fruits et légumes : en Italie, les exportations en hausse sur 2025, portées par les fruits

Les exportations italiennes de fruits et légumes ont totalisé 3,9 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, rapporte le site ItaliaNews le 13 mars. La croissance en valeur est encore plus marquée, avec une augmentation de 11 %, portant le total à 6,7 milliards d’euros. La performance est portée par la catégorie fruits avec une augmentation de 13 % des volumes exportés et de 15 % de la valeur. Les légumes progressent de façon moins marqué, volumes et valeur restant stable par rapport à 2024 (+2%, +1% respectivement). La pomme demeure le fleuron du secteur avec des quantités dépassant le million de tonnes, tandis que la valeur avoisine 1,2 milliard d'euros (+16%). Elle est suivie par le raisin de table et la pastèque avec une augmentation tant en volume qu'en valeur. Les kiwis affichent la meilleure performance en termes de tendance : +20 % en volume et +26 % en valeur. Seules, les pêches et les nectarines affichent une baisse de volume (-7 %). En légumes, seuls les brassicacées présentent des tendances positives, avec des volumes en hausse de 11 % et une valeur en baisse de 7 %. Les carottes, les laitues et les pommes de terre, affichent des performances en berne, ces dernières enregistrant la plus forte baisse en valeur (-36 %).

Fleurs : les Français peinent à voir l'utilité des labels dans l’acte d’achat (etude)

Lors d’un visioconférence le 4 mars, l'interprofession Valhor a présenté les résultats d’une enquête Kantar sur la perception des consommateurs concernant les labels et certifications végétaux. Selon Kantar,  la présence d’un label « n’est que très secondaire dans les critères d’achats, par rapport au prix ou la résistance du végétal », et citée que par 3% des répondants. Cela vient certainement d’une méconnaissance : 50% n’ont jamais entendu parler des labels végétaux ou vaguement (43%). En assisté, Fleurs de France est le label purement végétal le plus connu à 33% (Label Rouge, AB et IGP occupent le podium) et générant la confiance (93%). A noter que les labels régionaux ont un même niveau de confiance. Les Français les considèrent  généralement comme sérieux (73%) dignes de confiance (72%) et garantissant la qualité et la traçabilité (71%). Cependant, ils peinent à voir leur utilité dans le choix d’un produit (64%) et à comprendre les labels (56%). En termes de prix, une toute petite minorité (entre 5 et 7%) serait disposée à payer 10% plus cher un végétal labellisé , la moyenne se situant plutôt à un peu moins de 5% (un tiers des répondants). Et cela quelque soit le types de garanties (rémunération du producteur, qualité supérieure, environnement, origine).

Terreau : Evadéa acquiert un site industriel de la Florentaise

Evadéa, PME nantaise spécialisée dans la production de supports de culture, a annoncé la reprise d’un outil de production appartenant à la Florentaise. Le site de 7,5 hectares situé à Lavilledieu, en Ardèche, est spécialisé dans la fabrication de substrats de culture et permettra à Evadéa de produire 120 000 m3 supplémentaires par an, soit plus de 50 000 palettes. Cette acquisition complète une stratégie d’investissement et de croissance amorcée par la société nantaise, qui a investi 1,2 M€ pour créer une nouvelle ligne de production et moderniser son site historique de Saint-Mars-du-Désert (Loire-Atlantique). Disposant d’un chiffre d’affaires de 18 M€ aujourd’hui, Evadéa vise 25 M€ en 2030. Sa récente acquisition devrait lui permettre d’augmenter sa production pour répondre à la demande croissante de professionnels, de s’étendre sur le territoire français, et de pouvoir répondre plus facilement aux appels d’offres nationaux. La Florentaise, longtemps numéro un français du terreau, est en redressement judiciaire depuis mars 2025, en raison de dettes s’élevant à 16,5 M€. L’entreprise, voisine d’Evadéa, a licencié 53 personnes sur ses 186 salariées. (Elena Blum)

Poulet ECC : la France en avance, malgré des densités restant élevées

À l’occasion de la publication, le 12 mars, du rapport ChickenTrack 2025 de Compassion in World Farming sur le bien-être des poulets en Europe, la branche hexagonale CIWF France constate que la filière française est « prête » pour le Better Chicken Commitment (BCC) au niveau des bâtiments d’élevage, mais qu’elle tarde à sortir du poulet à croissance rapide. L’ONG relève ainsi que la France présente le « taux de transition le plus élevé » sur les critères liés à l’amélioration de l’environnement (enrichissement du milieu, lumière naturelle). Elle salue aussi les investissements des principaux abattoirs dans l’étourdissement par atmosphère contrôlée. Cependant, CIWF France déplore le maintien d’une forte densité moyennes(40 kg/m2), contre les 30 kg/m2 du BCC, et l’usage de souches à croissance rapide, en particulier Ross 308. Le communiqué de l’association donne l’estimation de 5 % de la production française conforme aux normes BCC. Il mentionne aussi les 14 % de la production provenant de « systèmes d'élevage garantissant un potentiel de bien-être animal bien supérieur (biologique et Label rouge) ». La France est le pays le plus représenté dans le rapport ChickenTrack avec 42 entreprises évaluées (dont 35 opérant uniquement dans l’Hexagone) sur 107 entreprises européennes.

Alimentation animale : le tourteau de colza convient aux truies sur le long terme (étude)

Le tourteau de colza remplace correctement le tourteau de soja dans l’alimentation des truies à l’échelle de plusieurs cycles de reproduction, selon une étude canadienne publiée en février dans Animal* et en libre accès. Les scientifiques ont obtenu dès le deuxième cycle de reproduction des performances comparables de gestation et d’allaitement (digestibilité, poids des truies, portée, lait, prise de poids des porcelets…). En particulier, si le sérum du lait était différent lors du premier cycle, il ne l’était plus au second, signe d’une adaptation au régime alternatif, selon l’étude. En détail, l’aliment des truies gestantes contenait 14,50 % de tourteau de « canola » [le colza de printemps canadien] et celui des truies allaitantes 24,50 %. Dans son résumé, l’étude est ainsi justifiée : « Le coût de l'alimentation animale et la demande mondiale de tourteau de soja augmentent, ce qui réduit la rentabilité de l'élevage porcin. Le tourteau de canola est la deuxième source de protéines la plus utilisée dans l'alimentation des porcs, mais les données concernant ses effets à long terme sur les truies ayant mis bas plusieurs fois sont limitées. » *Le journal scientifique Animal est publié par la British & Irish society of animal sciences, l’Inrae et l’European Federation for Animal Science.

Distribution : le chiffre d'affaires des Mousquetaires en hausse de 4,2 % en 2025 vs 2024

Le groupement Les Mousquetaires a annoncé le 12 mars une nouvelle hausse de ses ventes (hors carburant) à 48,66 milliards d'euros (Md€), soit +4,2 % en 2025 par rapport à 2024. En France, les enseignes Intermarché et Netto ont connu une hausse de leurs ventes (hors carburants) de 5,4 %, à 34,35 Md€, profitant surtout « du succès de la relance des 240 points de vente Casino (+3,6 %) » rachetés en 2023, selon le communiqué. Intermarché et Netto ont gagné 0,5 point de part de marché en France 2025 pour atteindre 17,5 % fin décembre, fait valoir le troisième distributeur français derrière le leader E. Leclerc (24,3 %) et le numéro deux Carrefour (21,6 %). Le groupement vise 20 % de part de marché en 2028, dont deux points de croissance attendus grâce aux rachats des magasins Casino, aux 81 supermarchés Colruyt et au partenariat avec Auchan (91 supermarchés vendus et 160 passés en franchise à horizon 2027). La filiale industrielle Agromousquetaires poursuit son « recentrage » et réalise en 2025 un chiffre d'affaires de 4,2 Md€, incluant le chiffre d’affaires généré par la vente aux enseignes du groupement. Il est prévu d’investir 150 M€ par an jusqu’en 2029 dans les usines en se concentrant sur le lait, le porc, le bœuf ou le végétal.

Vrac : les consommateurs renouent avec le vrac et diversifient leurs achats (étude)

Selon l’enquête de NielsenIQ présentée à un point presse du Réseau Vrac et Réemploi le 12 mars, les achats en vrac des ménages (hors fruits et légumes) se stabilisent après plusieurs années de recul, tout en se diversifiant. En effet, la proportion de foyers acheteurs de produits alimentaires sans emballage au cours des douze derniers mois est passée de 25 % en décembre 2024 à 26 % en décembre 2025 (+1 point). Quant aux types de produits, les achats d’épices, de biscuits et de café ont le plus progressé, ce qui montre que « le spectre s’élargit » au-delà des classiques graines, riz et légumineuses, selon l’institut de sondage. Ainsi, les proportions de foyers acheteurs en vrac d’épices (18 %), de biscuits (14 %) et de café (13 %) sont en progressions respectives sur un an de 3,5 points, 3,3 points et 2,3 points. Le réseau des entreprises engagées escompte une nouvelle progression en mars, dont il a fait le « Mois du vrac et du réemploi », grâce à la mise en avant des progrès réalisés en termes d’hygiène, de prix ou de facilitation des usages. Le Réseau Vrac et Réemploi rappelle l’objectif français de 20 % de distribution sans emballage en 2030.

Agenda de la semaine agricole du 16 mars 2026

Vendredi 13 mars
Congrès du SNPR (propriétaires, FNSEA), à Rouen

Lundi 16 mars
Conférence de presse du Cerafel/Prince de Bretagne (fruits et légumes)
Rencontre technique « Fraîche découpe » du CTIFL, à Cavaillon
Assemblée générale de l’Areflh (fruit légumes), à Almeria (Espagne), jusqu’au 17

Mardi 17 mars
Assises nationales du commerce équitable à Paris
Visioconférence Vegepolys sur les « innovations pour le stockage des fruits & légumes »

Mercredi 18 mars
Congrès de la SNFM (fermiers, FNSEA), à Brest
Assemblée générale d'Eliance (conseil en élevage), à Lyon 
Journées de la Recherche avicole et palmipèdes à foie gras, à Tours, jusqu'au 19
Conférence de presse de Charles & Alice

Jeudi 19 mars
Assemblée générale de l’Aneefel (expéditeurs de fruits et légumes), à Tain-l'Hermitage, jusqu’au 20
Conférence de presse sur les résultats 2025 de Savencia (Viroflay)

Vendredi 20 mars
Lancement de la campagne Cuisines solidaires en restauration (du 23 mars au 3 avril)
Semaine pour les alternatives aux pesticides (Générations futures), jusqu’au 30 mars
Présentation à la presse des tendances du snacking (Snack Show/Strateg’eat)