Agrafil du 11 avril 2025

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Taxes américaines : Bruxelles suspend ses contremesures pour 90 jours

Au lendemain de la suspension par Donald Trump des droits de douane réciproques pour 90 jours, la Commission européenne a annoncé, le 10 avril, avoir mis en pause les contremesures adoptées le 9 avril en réponse aux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium et qui devait entrer en application le 15 avril. « Nous avons pris note de l'annonce du président Trump et nous souhaitons donner une chance aux négociations », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Et d’ajouter que « toutes les options restent envisageables ». Bruxelles veut prendre le temps de consulter son industrie et les Etats membres. Toutefois, l’exécutif européen se réserve la possibilité d’instaurer ses mesures de rétorsion « si les négociations ne sont pas satisfaisantes ». Mais pour l'heure, aucune date de réunion formelle de négociation n'a encore été fixée. Dans le détail, les exportations européennes vers les États-Unis seront soumises au tarif douanier de base de 10 % (et non plus 20%) à l’exception de l’acier, de l’aluminium et des automobiles qui resteront soumis à un droit de douane distinct de 25 %. La proposition de droits de douane nuls d'Ursula von der Leyen pour les voitures et les produits industriels est encore sur la table et pourrait, éventuellement, être étendue à d'autres secteurs.

UE/Emirats Arabes Unis : lancement de négociations en vue d'un accord de libre-échange

A l’issue d’un entretien téléphonique, le 10 avril, entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et son homologue des Émirats Arabes Unis, le Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyan, les partis ont convenu d'entamer des négociations en vue de conclure un accord de libre-échange. Cette annonce fait partie intégrante de la stratégie de diversification en matière de commerce international voulu par Bruxelles depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Selon l’exécutif européen, les discussions devraient se focaliser notamment sur la libéralisation du commerce des biens, des services et des investissements. En 2023, les exportations agroalimentaires de l’UE vers les Emirats Arabes Unis représentaient 3,34 Md€ (15e destination de l’UE). Parmi les produits exportés, 15% étaient des produits laitiers (487 M€) et 10% des préparations de céréales (341 M€). Au niveau des importations, les Emirats arabes unis étaient la 76e source agroalimentaire de l’UE en 2023 pour un montant de 118 M€. Le commissaire européen au Commerce international, Maros Sefcovic devrait se rendre « prochainement » aux Émirats arabes unis pour entamer les pourparlers.

UE/Mercosur: la Commission veut présenter l’accord aux colégislateurs avant la fin de l’été

Bruxelles entend présenter aux colégislateurs sa proposition concernant l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur « avant la fin de l’été ». C’est ce qu’a indiqué, le 10 avril en conférence de presse, Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international. Après l’obtention d’un compromis à Montevideo (Uruguay) en décembre 2024, l’exécutif européen a entamé le toilettage juridique du texte mais doit le présenter aux Etats membres pour obtenir l’autorisation de le signer et poursuivre le processus de conclusion. Dans le contexte actuel de tensions commerciales mondiales, l’accord avec les pays du Mercosur est un enjeu crucial pour la stratégie de diversification engagée par Bruxelles. La Commission européenne poursuit donc ses discussions avec les Etats membres pour tenter de les convaincre des bienfaits de ce traité et de les rassurer sur leurs sensibilités, notamment en matière agricole. « Dans un monde instable, les partenariats avec des alliés de confiance sont plus précieux que jamais », précise Olof Gill. Et d’ajouter que « les Etats membres seront réceptifs à cet argument ».

Allemagne: ministère de l'agriculture pour la CSU, défiscalisations et souplesses en vue

Le futur chancelier allemand, le conservateur Friedrich Merz, a dévoilé, le 9 avril, l’accord de gouvernement conclu le jour même avec les sociaux-démocrates (SPD). Pressé de prendre ses fonctions dans un contexte de tension avec les États-Unis, Friedrich Merz espère maintenant être élu chancelier par le Parlement allemand «au début de mai». Selon la répartition des portefeuilles convenue entre les deux partis, le ministère de l’Agriculture reviendra bien à la CSU. Mais pas à Günther Felssner, chef de file des agriculteurs de Bavière, qui a renoncé, le 25 mars, à briguer le poste après l’intrusion de militants pro-animaux dans sa ferme. Selon la presse locale, celui-ci devrait être confié à Michaela Kaniber qui est actuellement ministre bavaroise de l’Alimentation, de l’Agriculture, des Forêts et du Tourisme. Dans son accord, la nouvelle coalition s’engage à réintroduire intégralement le remboursement du gazole agricole et à exempter de la taxe sur l’énergie l’utilisation de carburants alternatifs dans l’agriculture et la sylviculture. Ce sujet avait été l’une des principales raisons des manifestations agricoles de début 2024. Sur la Pac, Berlin défend dans le prochain cadre financier de l’UE un «budget approprié, […] autonome, dont le développement rural fait partie intégrante». Parmi les autres engagements: la suppression des obstacles réglementaires pour la construction de bâtiments d’élevage, la révision de la législation sur les recours environnementaux, l’augmentation des seuils pour les projets nécessitant un permis environnemental et la rétrogradation le statut de protection du loup.

Sols: accord entre les institutions européennes, beaucoup de marges de manœuvre

Les négociateurs du Parlement et de la présidence polonaise du Conseil de l’UE sont parvenus, dans la nuit du 9 au 10 avril, à un accord politique provisoire sur la proposition de directive de la Commission européenne sur la surveillance et la santé des sols. Au centre de cette ultime session de pourparlers: la question des pratiques de gestion durable des sols pour les agriculteurs. C’est le Parlement qui a eu le dernier mot obtenant de ne pas imposer aux agriculteurs de nouvelles obligations. Au lieu de cela, la directive va obliger les États membres à aider les agriculteurs à améliorer la qualité et la résilience des sols (conseils indépendants, formation, recherche...). Les États membres devront également évaluer régulièrement les besoins financiers des agriculteurs et des sylviculteurs pour améliorer la qualité et la résilience de leurs sols. Globalement, cette directive doit permettre de fixer un objectif de bonne santé des sols d’ici à 2050, mais sans objectifs intermédiaires contraignants. Pour y parvenir, elle prévoit un cadre de surveillance harmonisé. Mais compte tenu de la complexité des sols, la directive laisse aux États membres une grande marge de manœuvre pour adapter leur approche aux conditions locales. Le Parlement européen et le Conseil de l’UE doivent désormais valider, chacun de leur côté, ce compromis avant qu’il puisse être définitivement adopté. Comme il s’agit d’une directive, les États membres devront ensuite en transposer les principes dans leur législation nationale dans un délai de trois ans.

PPL Entraves/pesticides: le rapporteur Dive esquisse sa proposition de compromis

A plus d'un mois de l'examen de la proposition de loi sur les Entraves à l'Assemblée, le rapporteur du texte, le député Les Républicains (LR) Julien Dive esquisse les grandes lignes du compromis qu'il souhaite faire adopter. Sur la question épineuse de l'Anses, le député de l'Aisne propose de remiser le projet de créer un Conseil d'orientation, pour «valoriser» et «institutionnaliser» le Comité des solutions comme un «lieu d'échanges» permettant d'identifier en amont les impasses. Il souhaite aussi «alléger les procédures pour ne pas entraver l'Anses et par ricochet l'agriculture». Concernant l'acétamipride, Julien Dive tient à rouvrir la possibilité de dérogations de 120 jours, mais proposera une réécriture du texte, après avoir notamment fait expertiser sa constitutionnalité. Le rapporteur souhaite par ailleurs ajouter d'autres «entraves» au texte, pour lui donner une «autre image» ; elles concerneraient notamment les apiculteurs, et les bâtiments agricoles, dans l'esprit de la disposition de la LOA sur l'artificialisation censurée par le conseil constitutionnel. Il souhaite aussi proposer une expérimentation de l'épandage de pesticides par drone en agriculture conventionnelle, «pour créer de la bibliographie scientifique sur le sujet» - ce dont ne disposerait pas les agences actuellement. Concernant la séparation vente-conseil, il se dit ouvert aux propositions que pourraient lui faire ses homologues plus au centre de l'échiquier politique.

Pesticides : la PPL sur l'épandage par drone adoptée par le Parlement

Le Parlement a adopté le 9 avril la proposition de loi (PPL) sur la réautorisation de l'épandage de pesticides par drone. Le Sénat a adopté à une large majorité la version identique du texte voté le 27 janvier par l’Assemblée nationale. Dans le détail, 237 sénateurs ont voté pour, 97 contre, pour 334 suffrages exprimés. La gauche, représentée par les socialistes, les communistes et les écologistes, a intégralement affiché son opposition, contrairement aux partis du centre et de la droite. Pour rappel, le texte prévoit d’autoriser l’épandage par drone de produits de biocontrôle, autorisés en agriculture biologique, ou « à faible risque » au sens du droit européen dans : les bananeraies, sur les parcelles de vignes mères de porte-greffes conduites au sol et sur les parcelles avec des pentes supérieures ou égales à 20%. Le texte prévoit aussi d’autoriser des essais d’épandage par drone pour d’autres types de parcelles ou de cultures. Ces essais et leurs évaluations seront encadrés par l’Anses et la décision d’une potentielle pérennisation de ces nouveaux usages reviendra au gouvernement. 

Chlordécone: au Sénat, des débats sur l'indemnisation des victimes terminent dans l'indignation

Imbroglio rarissime, le sénateur de Guadeloupe, Dominique Théophile, membre du groupe RDPI composé de sénateurs ultramarins alliés aux élus macronistes, a décidé, le 9 avril, de retirer des débats la proposition de loi qu’il portait après l’adoption d’un amendement soutenu par le gouvernement. M. Théophile espérait en effet faire inscrire dans la loi la responsabilité de l’Etat dans «les préjudices moraux et sanitaires» subis par les populations antillaises et leur octroyer une indemnisation. Mais la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et l’Union centriste, a nettement réduit la portée de son initiative en limitant la reconnaissance de la France aux seuls «dommages sanitaires». Or le préjudice «d’anxiété» a été reconnu par la cour administrative d’appel de Paris dans une décision datant du mois de mars, ouvrant la voie à une indemnisation des victimes pouvant le démontrer. M. Théophile a été soutenu dans sa démarche par plusieurs sénateurs d’outre-mer de différents groupes, par l’ensemble de la gauche et par son groupe du RDPI, pourtant composé largement d’élus macronistes qui soutiennent le gouvernement. Plusieurs sénateurs ultramarins, dont le socialiste Victorin Lurel, ont indiqué qu'il vaudrait mieux reprendre dans les prochains mois une proposition de loi "mieux-disante", déjà adoptée à l’Assemblée à l’initiative du socialiste Elie Califer sur le même sujet.

Biocontrôle: nouvelles demandes à Bruxelles d'accélérer les procédures d'autorisation

Dans une lettre conjointe adressée le 9 avril aux directions générales de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé de la Commission européenne, le Copa-Cogeca, l'Organisation européenne des propriétaires fonciers, la Coalition Biocontrôle, CropLife Europe et l'IBMA appellent à «une action politique immédiate pour améliorer l'accès des agriculteurs aux produits de biocontrôle et aux produits phytosanitaires à faible risque». Actuellement, le processus d’approbation des produits de biocontrôle en Europe prend entre 7 et 9 ans, contre 2 à 3 ans dans des pays comme les États-Unis et le Brésil, déplorent les signataires. Ils demandent des procédures d'approbation plus rapides, la simplification des autorisations provisoires, la mise en œuvre de la reconnaissance mutuelle entre les États membres et un soutien accru à la formation des agriculteurs. La Commission européenne s’est déjà engagée prendre ces mesures dans le cadre d’une stratégie qui devrait être présentée à la fin de l’année.

Engrais: les organisations agricoles de l'UE attendent toujours les dérogations annoncées

L’autorisation des engrais Renure (azote récupéré à partir des effluents d’élevage) et des dérogations à la directive Nitrates prend trop de temps, déplorent dans une lettre commune adressée aux commissaires européens Hansen (Agriculture) et Roswall (Environnement), le Copa-Cogeca, l'EBA (biogaz) et la Cema (machinisme). Bruxelles a proposé en avril 2024 d’autoriser l’utilisation de ces engrais au-delà de la quantité de 170 kg d’azote par hectare et par an prévue par la directive Nitrates jusqu’à une limite supplémentaire distincte de 100 kg d’azote par hectare. Mais les signataires estiment que depuis rien n’a bougé. Ils critiquent la liste «limitative des méthodes de production approuvées» pour les engrais Renure qui «freine totalement l'innovation». Et la validation du nouveau plafond de 100 kg d’azote par hectare est toujours en suspens au sein du comité Nitrates qui n’a pas réussi «à faire avancer cet amendement lors de ses quatre dernières réunions». Cet appel intervient dans le contexte des sanctions européennes à venir sur les engrais russes et biélorusses qui font craindre aux agriculteurs de l’UE une hausse des prix.

Eau/pomme de terre : l'UNPT s'inquiète de l'extension des zones de captage sensibles

Dans une lettre adressée à la ministre de la transition Écologique Agnès Pannier-Runacher du 9 avril, le syndicat des producteurs de pommes de terre (UNPT, membre de la FNSEA) a fait part de ses inquiétudes au sujet du projet d’étendre le nombre de zones de captage d’eau potable qualifiées de sensibles, dont l’arrêté est prévu pour le 25 octobre prochain. Le représentant des producteurs rappelle que le projet en créerait « plus de 1 500 », ce qui menacerait selon lui la viabilité économique « de 25 000 hectares dédiés à la culture de pommes de terre actuellement situées dans des zones de captage ». Le syndicat réclame la « redéfinition des captages dits sensibles », basée sur un diagnostic « rigoureux et multidimensionnel ». Plus en détail, le diagnostic en question doit inclure « toutes les sources potentielles de contamination, agricoles et non-agricoles, en tenant compte des caractéristiques pédologiques, hydrologiques et des pratiques culturales actuelles ». L’UNPT renouvelle par ailleurs sa volonté de participer aux réflexions du Groupe National Captage (GNC) et du Comité de rénovation des normes en agriculture (Corena).

Maïs: les exportations américaines revues à la hausse (rapport Wasde)

Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu à la hausse ses estimations d’exportations de maïs des Etats-Unis pour la campagne 2024-25 dans un rapport mensuel qui confirme le manque d’appétit chinois pour les céréales. «L’USDA a enfin révisé à la hausse les prévisions d’exportations américaines de maïs de 2,5 millions de tonnes (à 64,8 Mt)», a déclaré à l’AFP Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. Ce rapport sur l’état des productions, exportations et stocks agricoles mondiaux, dit Wasde, «intègre la bonne dynamique des exportations américaines des derniers mois», a-t-il expliqué. En Europe, malgré une légère révision à la hausse de la production, on constate une petite augmentation des importations, parallèlement à une hausse de la consommation de l’alimentation pour bétail. Le rapport table sur une baisse des importations chinoises de blé de 3 Mt par rapport à ses estimations du mois précédent, portant les prévisions d’importation de Pékin à 3,5 millions de tonnes en 2024-25 (contre 13,6 Mt la campagne précédente). Plutôt que d’importer, la Chine «puise dans ses réserves», avec des stocks de fin de campagne en repli sur le blé comme sur le maïs (-10 Mt de stocks de grain jaune entre le début et la fin de campagne).

PPL SRP+10 : adoption définitive, l’Ania propose une charte de bonne conduite

Après l’adoption définitive par l’Assemblée nationale de la proposition de loi (PPL) sur le SRP+10 (seuil de revente à perte +10 points) le 9 avril, l’Ania (industrie agroalimentaire) estime que « la reconduction du dispositif du seuil de revente à perte (SRP+10) jusqu’en 2028, le démarrage de l’expérimentation de son extension aux marques distributeurs (MDD) et la prolongation de l’encadrement des promotions alimentaires sont des bonnes nouvelles », selon un communiqué diffusé le 10 avril. L’association juge ces « dispositifs étaient indispensables au déroulement des futures négociations commerciales ». Elle souhaite toutefois aller plus loin en proposant un dialogue sous l’égide du gouvernement autour d’une « charte de bonne conduite » pour apaiser les échanges entre distributeurs et industriels. Elle pourrait être élaborée conjointement par les organisations représentatives des fournisseurs et distributeurs. En revanche, la Feef (PME et ETI) estime que cette PPL « ne permettra pas de sauver les industriels PME-ETI », craignant que la situation économique de ces industriels continue à « se dégrader à bas bruit » si rien n’est fait avant les prochaines négociations commerciales. La Feef demande de « différencier les règles de négociation selon la taille des fournisseurs » et de « sanctuariser le tarif des industriels PME-ETI ».

Bio/distribution : FNH regrette un manque de «stratégie» et fait des propositions

Dans une étude dévoilée le 10 avril, la Fondation pour la nature et pour l’homme (FNH) constate « la part de responsabilité de la grande distribution » dans la baisse des ventes de produits bio de 12%, entre 2020 et 2023. FNH épingle notamment l’absence de « stratégie » et d’« objectifs » bio chez les huit principaux distributeurs français. Pour y remédier, et atteindre l’objectif de 21% de SAU bio d’ici 2030 - inscrit récemment dans la LOA, FNH estime qu’il « va falloir multiplier par deux la part de bio dans la consommation à domicile, en passant de 6 à 12% ». Pour cela elle appelle les distributeurs à « s’engager » sur un objectif de 12% au moins de chiffres d’affaires bio d’ici 2030 ; à « systématiser la contractualisation et les engagements tripartites » avec l’amont agricole ; et à « travailler à la double implantation » en magasin (en rayon bio dédié et rayons classiques). En outre, FNH appelle l’Etat à « ancrer l’objectif de 12% de chiffre d’affaires biologique dans la loi » ; à « exiger plus de transparence sur la construction des prix bio » ; et à « poser les bases d’une réflexion autour de la structuration d’une démarche de type interprofessionnelle ».

Alimentation: en séance, les députés rejettent la suppression d'Oquali

A l'occasion de l'examen en séance publique de la proposition de loi Simplification le 10 avril, les députés ont rejeté la proposition de supprimer l'Observation de l'alimentation (Oqali) qu'avait faite la commission des affaires économiques (Coméco) le 24 mars, sur la proposition de députés Les Républicains (LR). Les auteurs de l'amendement adopté en Coméco estimaient qu'Oquali était un « doublon administratif en matière de recherche sur l’alimentation », dont la suppression permettrait d'« ajouter de la clarté au fonctionnement de ces institutions ». En séance, ce sont plusieurs amendements venant de la gauche jusqu'à Renaissance qui ont été adoptés pour rétablir Oquali. Interrogés par Agra presse, l'Anses et l'Inrae avaient expliqué que sa suppression n'apporterait «aucun gain sur le plan financier ou humain», car l'observatoire «n’est en aucun cas une structure nouvelle». Et les deux institutions de mettre en avant quelques unes des dernières missions réalisées dans le cadre de l'observatoire : «suivi du déploiement du Nutri-Score en France métropolitaine» ; «production de données d’intérêt pour les saisines de l’Anses», par exemple pour «la prévention des anomalies de fermeture du tube neural par les folates» ;  «bilan de l’utilisation des sucres et édulcorants dans les aliments transformés», «évaluation de l’atteinte des engagements de l’accord collectif» sur les teneurs en sel dans le pain.

Lait : Sodiaal pourrait faire des acquisitions aux Etats-Unis

Le groupe coopératif Sodiaal « pourrait faire des acquisitions aux Etats-Unis », a indiqué son directeur général Antoine Colette, à l’occasion des Journées laitières de la Coopération agricole le 10 avril à Paris. Alors que les Etats-Unis affirment leur volonté de renforcer les barrières douanières pour accéder à leur marché, Antoine Collette n’a pas fait mystère de son vif intérêt pour y investir. « Il faut être aux Etats-Unis qui ont une économie stable et une monnaie stable » a-t-il poursuivi, ne croyant pas à un décrochage de dollar. Sodiaal exporte seulement quelques M€ vers les Etats-Unis. « On va développer d’abord le Canada, avant de regarder les Etats-Unis », a-t-il indiqué. Sodiaal s’est en effet renforcé au Canada en septembre 2024 en faisant l’acquisition auprès de General Mills des activités de Yoplait et Liberté dans le pays, correspondant à un chiffre d’affaires annuel d’environ 500 M$ canadiens (soit 340 M€). La transaction comprend un site de production situé à Saint-Hyacinthe au Québec. Sodiaal détient la marque Yoplait à l’échelle mondiale ; en fonction des pays, elle est exploitée soit en direct, soit via des licences.

Lait : les coopératives planchent sur leurs stratégies pour se maintenir à l'export

Alors que le renforcement des barrières douanières risque d’amoindrir la capacité à exporter des opérateurs économiques, les coopératives laitières entendent mobiliser plusieurs leviers pour maintenir leur compétitivité. Loin de tourner le dos à l’export, il faut « diversifier et sécuriser les marchés » pour ne pas être dépendant de quelques grands pays, « valoriser la souveraineté et le savoir-faire », mais aussi « prospecter et innover », selon un communiqué diffusé à l’occasion des Journées laitières de la Coopération agricole le 10 avril à Paris. L’innovation pourrait être un « bouclier stratégique », sachant que « les produits plus techniques ou différenciés sont souvent moins substituables et plus difficiles à copier ou à concurrencer », comme l’a suggéré Jean-Marc Chauvet, économiste au Cniel (interprofession). Autre piste pour mieux commercialiser : tirer parti des accords de libre-échange déjà signés par l’UE et prospecter les marchés dont la demande est en hausse comme le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine. « Notre capacité à produire et à exporter implique un allègement des contraintes administratives, un soutien adapté aux investissements de transition et un accompagnement fort à l’innovation », a souligné de son côté Pascal Le Brun, président de la Coopération laitière.

Porc : L214 amène des cadavres de porcelets devant un Leclerc parisien

Alors que les opérations consistaient jusqu’alors à distribuer des tracts ou poser des autocollants après des magasins de France, une vingtaine de défenseurs des animaux de L214 se sont postés ce 10 avril devant un Leclerc de Paris avec des cadavres de porcelets, pour dénoncer les « pratiques cruelles » d’élevages fournissant la filiale Kermené du distributeur. A la mi-mars l’association a porté plainte pour maltraitance dans huit élevages des Côtes d’Armor, suite à quoi deux enquêtes ont été ouvertes. Selon des vidéos et photos prises par ses enquêteurs en octobre et novembre 2024 pour dénoncer ces élevages, des cadavres de porcelets en état de décomposition avancée étaient abandonnés au milieu des animaux vivants. Ambre Bernard, chargée de campagne contre l'élevage intensif, dénonce aussi la coupe systématique des queues des porcelets sans anesthésie, le meulage systématique de leurs dents mais aussi le "claquage" au sol ou au mur utilisé pour tuer les porcelets jugés « non économiquement viables » ; des procédés autorisés seulement en dernier recours et s'ils ne sont pas systématiques. L214 fait pression sur le réseau E.Leclerc pour qu’il adopte les critères du Pig Minimum Standards (PMS).

Spiritueux : en Guadeloupe, lancement d’un laboratoire national du spiritourisme

Un Laboratoire national du spiritourisme a été inauguré en Guadeloupe, indique le 10 avril l’Office de tourisme de l’archipel. Son ambition est de structurer et promouvoir l’activité, qui allie découverte culturelle, patrimoine et savoir-faire autour de la production de spiritueux, « sur l’ensemble du territoire français, dans les Outre-mer et l’Hexagone », d’après le communiqué. Porté par l’Office de tourisme avec la participation du conseil départemental, le projet inclut l’objectif de créer le premier label national du spiritourisme, afin de « donner une reconnaissance officielle et garantir l’authenticité et la qualité des offres » existantes. 321 000 hl d’alcool pur (hlap) de rhum sont produits dans les Outre-mer, principalement à La Réunion (120 000 hlap), en Martinique (100 000 hlap) et en Guadeloupe (80 000 hlap), d’après le communiqué. La France compte 44 catégories de spiritueux bénéficiant de 51 indications géographiques. En 2024, ses exportations ont représenté 1,6 million hlap soit 4,5 milliards d’euros, d’après les chiffres de la FEVS.

Forêts: en séance, les députés renoncent à supprimer le Conseil national de la forêt

A l'occasion de l'examen en séance publique du projet de loi Simplification le 10 avril, les députés ont rejeté la proposition qu'avait faite la commission des affaires économiques, le 24 mars, de supprimer le Conseil national de la forêt et du bois (CNFB). En commission, le rapporteur Christophe Naegelen (Liot) avait souligné une trop faible activité, que trahissent « son absence de coût de fonctionnement et le nombre limité » de réunions. En séance, plusieurs amendements émanant de la gauche et du centre ont été adoptés, qui reviennent sur cette proposition. «Cette suppression serait pourtant une erreur stratégique majeure pour la gouvernance forestière nationale, peut-on lire dans l'exposé des motifs de l'amendement Modem adopté. Le CSFB est en effet la seule instance nationale de concertation transversale dédiée aux enjeux forestiers, réunissant l’ensemble des acteurs de la filière forêt-bois». Pour rappel, le Conseil national de la forêt et du bois concourt à l'élaboration et à l'évaluation des politiques publiques forestières. Il comprend une soixantaine de membres, dont des membres de l'administration, des organisations professionnelles ou d'associations environnementales.

Erratum sur les précédents dirigeants de Vivescia

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans l'Agrafil du 10 avril, le nouveau directeur général du groupe Vivescia ne succède pas à Véronique Fontaine Heim, qui était directrice des seules activités agricoles, et avait été remplacée à ce poste par Cédric Cogniez en 2024. L'arrivée de Guillaume Mothe correspond en fait à une évolution de la gouvernance opérationnelle, puisqu'il pilotera à la fois la coopérative et Vivescia Industrie, poste qui n'existait plus depuis 2019.

Agenda de la semaine agricole du 14 avril 2025

Lundi 14 avril
Conférence de presse Terrena, à Ancenis (44)

Mardi 15 avril
Lancement de la concertation française sur la Pac post-2027
Congrès de la Confédération paysanne, à Langres (52)
Conférence de presse de l'OIV

Mercredi 16 avril
Conférence de presse Avril
Assemblée générale de Solarenn (légumes), à Saint-Armel (35)
Voyage de presse Intervignes sur la méthanisation

Jeudi 17 avril
Congrès de la Cnaoc (vin), à Royan (17)

Vendredi 18 avril
Visioconférence Sfer sur la vigne et le changement climatique