Agrafil du 14 avril 2022

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Sécurité alimentaire: appel d'institutions internationales à une action urgente

Les responsables de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies et de l'Organisation mondiale du commerce ont appelé le 13 avril, dans un communiqué commun, à «une action urgente en matière de sécurité alimentaire». «Nous appelons la communauté internationale à soutenir d'urgence les pays vulnérables par des actions coordonnées comme la fourniture urgente de nourriture, un soutien financier, une production agricole accrue et un commerce ouvert», ont déclaré ces quatre responsables. Ils exhortent également la communauté internationale «à aider à répondre aux besoins de financement urgents, notamment par le biais de subventions», évoquant «le financement des approvisionnements alimentaires immédiats, des filets de sécurité pour répondre aux besoins des pauvres et des petits agriculteurs confrontés à des prix plus élevés pour l'approvisionnement». Le président de la Banque mondiale David Malpass, qui se trouvait la veille en Pologne, avait averti que la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine avait déclenché une réaction en chaîne dans l'économie mondiale avec une hausse des prix de l'énergie et des denrées alimentaires, ce qui va aggraver la pauvreté et la faim.

Céréales : la crainte d’« un effet de ciseaux » si les prix chutent (FranceAgriMer)

FranceAgriMer a relayé le 13 avril l’«inquiétude» des céréaliers face au risque de retournement de marché qui s’accompagnerait d’«un effet de ciseaux». A l’issue de la guerre en Ukraine, «on peut se retrouver très rapidement avec des quantités de matières agricoles qui reviennent sur les marchés», provoquant «un effet de ciseaux immédiat : des prix qui s’effondrent – dans deux, six mois, un an, personne n’a la réponse – et en même temps, des prix des intrants qui restent très élevés», a alerté en conférence de presse Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé Grandes cultures. Les céréaliers bénéficient d’une «envolée» de leurs prix de vente, le blé sur Euronext ayant dépassé 370 €/t sur l’échéance de septembre. Mais les intrants, notamment les engrais, coûtent aussi très cher. Résultat, le prix de revient est passé de moins de 160 € la tonne de blé à «probablement plus de 250 €/t aujourd’hui», selon Benoît Piètrement qui cite les données d’Arvalis (institut technique). C’est même plus de 300 €/t pour certains de ceux qui ont acheté tard leur engrais, a-t-il indiqué. Et d’alerter sur le besoin de «lisser au maximum les choses pour éviter cet effet de ciseaux qui aurait des conséquences dramatiques».

Machinisme: la filière redoute une «désorganisation de la production agricole»

Dans une lettre ouverte commune adressée le 13 avril au gouvernement, les présidents du Sedima (distributeurs de machines agricoles) et d'Axema (constructeurs) souhaitent «alerter les responsables politiques français et européens» sur les effets combinés de l'inflation des matières premières (acier, énergie), de difficultés d'approvisionnement en certains composants et de la fermeture de débouchés liés à la guerre en Ukraine. Les fédérations craignent pour leurs entreprises, à cause d'une demande qui pourrait être réduite par l'inflation et la fermeture de marchés à l'export, mais aussi de difficultés de trésorerie chez les distributeurs qui ne réussiraient pas à répercuter ces hausses. Elles craignent aussi une «désorganisation de la production agricole», en raison de l'allongement des délais de livraison de machines agricoles. Selon une enquête d'Axema, ces délais se sont allongés en moyenne de 11 semaines «par rapport à une situation normale». Selon la filière du machinisme agricole, cela «peut mettre en péril la bonne exécution du travail de la saison et hypothéquer les récoltes à venir». En dernier lieu, les deux fédérations craignent une détérioration des relations entre distributeurs et agriculteurs, aussi bien pour la vente de matériel neuf que la reprise de matériel d'occasion.

Prix de l'alimentation: en France, l'inflation s'accélère sur le mois de mars (étude)

En mars, 81% des catégories de produits alimentaires étaient inflationnistes selon le panéliste NielsenIQ, contre 68% en février. Le taux d’inflation est de 1,26% par rapport à mars 2021 sur l’ensemble des produits alimentaires, note la société qui fait référence sur les ventes de produits en grande surface. «Alors que le mois de mars vient tout juste de se terminer, l'inflation des produits de grande consommation a connu une nette accélération par rapport au mois de février (il s’établissait alors à 0,52%, ndlr), décrypte Emmanuel Fournet de NielsenIQ France. La clôture des négociations commerciales, dans un contexte de guerre en Ukraine, est la raison majeure de cette accélération de l’inflation des produits de grande consommation». Le taux d’inflation dépasse les 4% pour trois catégories de produits : les pâtes alimentaires sont en tête avec une hausse de 12,34%. Viennent ensuite les légumes secs (+5,35%), et la viande et les volailles surgelées (+4,24%). Cinq autres produits sont au-dessus des 3%: l’huile (+3,92%), les fruits au sirop (+3,56%), le café torréfié (+3,52%), le riz (+3,44%) et les légumes en conserves (+3,39%). La tendance inflationniste observée en février et confirmée au mois de mars pourrait encore s’accentuer sous l’effet des renégociations de tarifs entre industriels et distributeurs.

Présidentielle: passe d'arme sur l'inflation, entre Macron et Le Pen

Interrogé ce mercredi 13 avril dans la matinale de France 2 sur les mesures à prendre face à l'inflation, Emmanuel Macron a expliqué que «ce que nous avons décidé avec le gouvernement sur l'électricité, le gaz et l'essence est plus efficace qu'une baisse de TVA», comme proposé par Marine Le Pen sur certains produits de première nécessité. Il répondait aux déclarations de la candidate RN , en visite mercredi dans une entreprise de construction à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen avait dévoilé une nouvelle mesure, consistant à supprimer temporairement la TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité, dont alimentaires. Une mesure qui durerait «tant que l’inflation sera supérieure de un point à la croissance». Concernant les produits alimentaires, le président-candidat souhaite «baisser les coûts pour les agriculteurs» afin de «prévenir les hausses de prix» pour les consommateurs. Et pour «accompagner les ménages qui en ont le besoin», il veut mettre en place «un chèque alimentaire sous condition de ressources».

Plan de relance: ouverture du guichet dédié aux équipements innovants

Dans le cadre du Plan de relance, le ministère de l'Agriculture annonce, dans un communiqué paru le 12 avril, l'ouverture du guichet dédié au soutien à l'acquisition de «matériels innovants» permettant de réduire les intrants, doté d'une enveloppe de 20 millions d'euros. Le soutien vise les appareils suivants, selon la note explicative de FranceAgrimer : «drones de télédétection, capteurs connectés, matériels connectés et innovants, robots désherbeurs autonomes, innovations techniques de filière.» Le dispositif est ouvert depuis le 8 avril jusqu'au 31 décembre 2023. Le taux d'aide varie entre 20 et 40% (porté à 75% dans les Dom), et majoré de 10 points chez les jeunes et nouveaux installés. Le montant minimal des dépenses est fixé à 2000 euros hors taxe (HT) et le plafond de dépenses à 40000 euros HT par demande (150 000€ HT pour les Cuma).

Risques climatiques: le Cese appelle à développer l’assurance paramétrique

Dans un avis sur les risques systémiques adopté en séance plénière le 13 avril, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) recommande de «compléter» le nouveau dispositif de gestion des risques climatiques en agriculture «par l’introduction d’une part d’assurance paramétrique». La commission de l’économie et des finances du Cese, auteure de l'avis, estime en effet que l’assurance paramétrique (ou ‘indicielle’) est «une voie possible pour accélérer le versement des indemnités», conformément à l’attente des agriculteurs. De plus, ce type d’assurance a un fonctionnement relativement simple puisqu’il repose sur «un système forfaitaire en première intention [et] déclenchement à partir de critères objectifs», a étayé le rapporteur François-Xavier Brunet en séance. Le Cese appelle la toute nouvelle commission d’orientation et de développement des assurances en agriculture (Codar) à s’emparer de ce sujet. Il préconise aussi de «rendre l’assurance paramétrique éligible aux subventions publiques dans le cadre de l’assurance multirisque climatique». L'exemple le plus connu d'assurance indicielle est la couverture multirisques climatique des prairies, lancée en 2016 et éligible aux aides de la Pac.

Climat : la Suède réfléchit à se fixer des objectifs d'émissions importées

Dans un rapport remis le 7 avril au gouvernement, le comité suédois pour l’environnement, équivalent du Haut Conseil pour le climat en France, recommande de définir des objectifs de réduction pour les émissions liées aux produits importés. «Aucun pays jusque-là n’a osé se pencher sur cet enjeu», a rappelé Emma Nohrén, présidente du comité, lors d’une conférence de presse rapportée par nos confrères du site suédois The Local. Les principes internationaux en matière de calcul d’émissions, encadrés par les Nations Unies et le Giec, imposent actuellement d’évaluer uniquement les émissions liées aux activités ayant lieu sur le sol national, sans prendre en compte par exemple les émissions liées à des matières premières issues de zones de déforestation. Selon The Local, ajouter les émissions importées du pays représenterait une hausse de 60% dans le bilan suédois. «Si la Suède fixait un nouveau cadre sur les émissions liées à la consommation, cela pourrait encourager les autres pays européens à suivre son exemple», estime le chercheur suédois Zeke Hausfather, chercheur spécialiste du climat et membre du Giec, auprès de nos confrères du site Climate Home News.

Vin : le renouvellement des générations et la RSE, axes forts des caves coopératives

Joël Boueilh, le nouveau président des Vignerons coopérateurs de France (VCF), élu en octobre, a présenté le 13 avril à la presse sa feuille de route pour son mandat de trois ans. Sur les sept enjeux qu’il a exposés, le renouvellement des générations et la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) sont les axes forts des caves coopératives. «Nous devons trouver des outils pour faciliter la transmission des exploitations viticoles, et également trouver des vignerons qui s’engagent comme administrateurs de caves coopératives». Les solutions sont le portage foncier par des coopératives, chercher des investisseurs qui sont prêts à mettre à bail pour des jeunes viticulteurs et aller dans les écoles informer sur le métier. Ce dernier volet relève du groupe des jeunes vignerons coopérateurs, que VCF, la section viticole de La coopération agricole, est en train de réactiver. L’autre axe principal, celui de la RSE, comprend le développement de la HVE et du bio, et la «promotion responsable» du vin en lien avec Vin & Société, l’association de la filière viticole sur les questions de santé publique.

Framboise: Franck Figuet élu président de l’AVFF

Franck Figuet a été élu président de l’association pour la valorisation de la framboise française (AVFF) durant l’assemblée générale du 29 mars. Producteur de fraises, pommes et légumes en Isère, il est aussi membre de l’OP Alpes coccinelle qui commercialise «120 tonnes» de framboises fraîches par an. M. Figuet est par ailleurs vice-président de l’AOPn Fraise de France. Il prend la relève d’Eric Pauchon, premier président de l’AVFF depuis la création de l’association en 2011. M. Pauchon reste toutefois dans le bureau de l’AVFF où il suivra notamment le dossier rénovation des vergers.  

Presse agricole: les prix de l'Afja 2021, deux journalistes d'Agra distingués

L'Association des journalistes agricoles (Afja) a dévoilé les lauréats du Grand prix de l'Afja du Journalisme agricole et agroalimentaire pour l'année 2021, qui distingue notamment deux journalistes de la rédaction d'Agra presse. Le Grand prix de la catégorie presse écrite est attribué à Pauline Moullot, pour son enquête Agrivoltaïsme : attention à ne pas tomber dans le panneau parue dans Libération le 6 décembre 2021. Le Grand prix de la catégorie audiovisuelle revient à Alice Froussard, pour son reportage A Gaza, après la guerre, l’enfer pour les agriculteurs qui constatent encore les dégâts. Le prix Graine d’innovation est décerné à Jean-Christophe Detaille, pour son article ABC, ces agriculteurs en quête d’une bio sans labour paru dans Agra Presse du 19 avril 2021. Enfin le jury attribue «une mention coup de cœur» à Laurène Mainguy pour son article Travailleurs latinos : essentiels mais esseulés paru dans Agra Presse du 24 mai 2021.