Agrafil du 16 juin 2025

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Vin : une feuille de route pour devenir « le leader européen de l’oenotourisme »

La ministre déléguée au Tourisme Nathalie Delattre a dévoilé officiellement le 13 juin une feuille de route de l’oenotourisme. Objectif : devenir « le leader européen de l’oenotourisme d’ici 2030 », selon un communiqué. Plusieurs axes de travail sont définis, comme « encourager les programmes de formation et de labellisation, libérer les énergies par des possibilités plus élargies d’ouverture des domaines viticoles labellisés, simplifier les normes relatives aux emplois familiaux et à l’urbanisme ». « L’aide de l’État sera aussi financière avec l’intégration de l’œnotourisme dans la Pac », déclare Nathalie Delattre. Ces propositions avaient été remises début avril à la ministre par le Conseil supérieur de l’oenotourisme, qui fédère les acteurs de la viticulture et du tourisme. Au chapitre du financement, l’instance présidée par Hervé Novelli propose de créer des guichets dédiés à l’oenotourisme au sein de Bpifrance et de la Banque des territoires pour l’accompagnement des investissements (prêt, prise de participation, ligne de trésorerie) et le financement des transmissions. Un autre axe vise à « développer des synergies avec le tourisme brassicole et le spiritourisme ». Ainsi, des routes des bières et des spiritueux pourraient être développées et mises en réseau avec celles des vins.

Pac : les eurodéputés demandent à Bruxelles de retarder la présentation de la réforme

La présidente de la commission de l'Agriculture du Parlement européen (Comagri), Veronika Vrecionová, a adressé – comme prévu - le 12 juin une lettre à la Commission européenne pour lui faire part de l’inquiétude des eurodéputés quant à la présentation simultanée, le 16 juillet, des propositions législatives sur la future Pac et sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034. Soutenue par une large majorité des groupes politiques, ce courrier précise que « les propositions législatives sur la future Pac devraient suivre, et non coïncider, avec la présentation du prochain CFP » afin d’assurer leur « qualité juridique » et leur « cohérence » ainsi que faire l'objet d'un processus de consultation inclusif avec les États membres, les agriculteurs et les parties prenantes. La Comagri prépare un rapport d'initiative sur l'avenir de l'agriculture européenne qui ne sera adopté que le 15 juillet, veille de la présentation des propositions de Bruxelles. « Il est important que cette réflexion soit menée à bien et dûment examinée avant le lancement officiel de nouvelles propositions législatives », prévient Veronika Vrecionová. Elle rappelle également que de nombreux travaux sont déjà en cours (réforme de l’OCM, paquet de simplification, paquet vin…) et qu’une « réforme complète de la Pac à ce stade mettrait à rude épreuve les capacités institutionnelles ».

Semences forestières : les Etats membres adoptent leur position

Les représentants des États membres ont adopté, le 13 juin, leur position sur  la proposition de règlement de la Commission européenne concernant les matériels forestiers de reproduction (MFR). Ce texte doit permettre de moderniser la réglementation européenne en la matière, notamment en introduisant une évaluation des caractéristiques de durabilité des arbres (tolérance aux ravageurs , adaptation aux conditions climatiques locales…) dans le cadre de la certification des MFR avant leur mise sur le marché. Les Etats membres s’opposent toutefois à ce que ces MFR relève intégralement du champ d'application du règlement sur les contrôles officiels. Ils préfèrent intégrer uniquement les éléments pertinents afin d’éviter toute surcharge administrative. De même les Vingt-sept estiment que la mise en place de plans d'urgence nationaux afin de garantir un approvisionnement suffisant en MRF devrait se faire sur une base volontaire. Des négociations interinstitutionnelles en trilogue vont maintenant pouvoir s’ouvrir, le Parlement européen ayant de son côté adopté sa position sur ce texte en avril 2024. Par contre pour ce qui est du matériel de reproduction des végétaux (semences), les Vingt-sept ne sont pour le moment pas parvenus à un terrain d’entente. Un nouveau compromis a été mis sur la table par la présidence polonaise du Conseil qui fera un dernier point sur ce dossier lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE les 23 et 24 juillet à Luxembourg avant de passer la main au Danemark qui prendra les rênes du Conseil à partir du 1er juillet.

Engrais russes : le Conseil de l’UE valide formellement les droits de douane

Après l’aval du Parlement européen, le Conseil de l’UE a formellement entériné, le 12 juin, le règlement imposant de nouveaux droits de douane sur les produits agricoles restants et certains engrais en provenance de Russie et de Biélorussie. A présent, le texte va être publié au Journal officiel de l’UE et entrera en vigueur le 1er juillet. Bruxelles va donc imposer un droit ad valorem de 50 % pour les importations de produits agricoles non concernés par les mesures de 2024 à l’encontre des céréales, soit environ 15 % des importations agroalimentaires russes de 2023. Mais surtout, une augmentation progressive des droits de douane sur les engrais sera mise en place. Cette hausse débutera à 40 euros ou 45 euros par tonne (€/t), selon le type d’engrais, jusqu’à un droit additionnel prohibitif pouvant aller jusqu’à 315 € ou 430 €/t trois ans après le début de l’application des mesures. L'objectif de l’UE est de réduire sa dépendance à ces importations ainsi que les recettes d'exportation russes afin de limiter ses capacités à financer sa guerre d'agression contre l'Ukraine.

Blé tendre : la récolte française 2025 attendue, pour le moment, à 31-33 Mt

Les prévisions de production de blé tendre en 2025 (campagne commerciale 2025-2026) oscillent entre 31 et 33 millions de tonnes, selon les différentes maisons de courtage nationales interrogées par l’AFP. Si ce chiffre se vérifiait dans les faits, il s’agirait d’une moisson dans la moyenne des dernières années après celle, catastrophique, de 2024 et ses 25,8 millions de tonnes. Pour le moment, les conditions de cultures s’avèrent bien meilleures que l’an dernier. D’après le dernier rapport de Céré’Obs (FranceAgriMer) paru le 13 juin, les cultures de blé tendre se développent dans des conditions bonnes à très bonnes dans 70 % des cas au 9 juin, contre 62 % l’an dernier à pareille époque, et 69 % la semaine antérieure. Néanmoins, les prix restent bas pour les agriculteurs hexagonaux, « largement sous les coûts de production », déclare au média Gautier Le Molgat, dirigeant du cabinet d’analyse Argus Media France. Il ajoute que les céréaliers « ne sont pas pressés de vendre (…) On a un vrai problème de rentabilité des cultures ». La concurrence internationale (Russie, Ukraine) pèse sur les valeurs, sachant que les agriculteurs redoutent une nouvelle flambée du cours des engrais avec les promesses européennes de sanction des fertilisants azotés russes.

Moissons 2025 : top départ en Charente-Maritime avec les orges d’hiver

Avec une dizaine de jours d’avance, la récolte 2025 a débuté dans les parcelles d’orges les plus précoces de Charente-Maritime. « Les premières moissonneuses sont entrées en action mardi 10 juin, confirme Christian Cordonnier, directeur général de la coopérative Terre Atlantique (150 M€ de chiffre d’affaires, collecte de 365 000 t). Cela devrait s’accélérer dans les jours à venir, à la faveur d’une météo qui s’annonce clémente. Même s’il est encore un peu tôt pour dresser un premier bilan, la qualité ne pose, pour l’heure aucun soucis. Les PS sont bons. » Après les orges d’hiver, la récolte des colzas, du lin et des blés tendres devrait débuter dans les jours à venir avec là encore, un timing plus précoce que la campagne passée. Bien évidemment, toutes les parcelles ne sont pas logées à la même enseigne : celles qui ont connu des difficultés d’implantation à l’automne sont moins avancées et affichent un potentiel moindre. La pluviométrie reçue diffère également beaucoup selon les secteurs. Difficile donc pour les OS d’estimer le niveau moyen de récolte à venir. Cette année encore, les écarts devraient être grands d’une parcelle à l’autre. (Anne Gilet)

Céréales : la récolte de l’UE revue à la hausse par le Coceral

Dans ses nouvelles prévisions, publiées le 11 juin, le Coceral (commerce européen des grains) revoit à la hausse ses estimations de récolte céréalière pour 2025, dans l'UE à 27 plus le Royaume-Uni, à 300,7 millions de tonnes contre 296,1 Mt prévues en mars (et 279,6 Mt récoltées en 2024). La production de blé tendre devrait s'établir à 143,1 Mt (137,2 Mt en mars et 126,3 Mt et l'an dernier) à la faveur de conditions météorologiques favorables pour l'Europe du Sud-Est, l'Espagne et la France. La récolte de maïs est par contre revue à la baisse à 60,6 Mt contre 63,3 Mt en mars (mais 59,7 Mt en 2024). Un recul dû à la baisse des superficies ensemencées (au profit du tournesol). La récolte de colza devrait aussi se redresser, passant de 17,9 Mt l'an dernier à 20 Mt (inchangé par rapport à mars), « principalement grâce au retour à un rythme de semis normal en Roumanie et en Bulgarie et à une amélioration des rendements en France et en Allemagne ».

Blé : les stocks états-uniens et mondiaux révisés à la baisse (rapport Wasde)

Exportations en hausse aux États-Unis et effet de changes: le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu à la baisse jeudi ses prévisions de stocks de blé outre-Atlantique de fin de campagne 2025-2026 entre les mois de mai et de juin, mais aussi à l'échelle mondiale, dans son rapport du 12 juin. Aux États-Unis, l'USDA n'a pas changé les perspectives de rendement pour le blé, mais a un petit peu revu à la hausse les perspectives d'export américaines. En cause, notamment : les taux de change sont « vraiment au centre du jeu », estime Damien Vercambre, courtier du cabinet Inter-Courtage. Le billet vert a en effet touché un plus bas depuis plus de trois ans jeudi face à l'euro, à 1,1631 dollar, et a perdu plus de 9% depuis l'investiture de Donald Trump, le 20 janvier dernier. Cela permet aux marchandises états-uniennes de regagner en compétitivité sur la scène internationale, et donc de s’exporter davantage. Les stocks de blé de fin de campagne à l'échelle mondiale ont également subi un coup de rabot (-1,12%) entre mai et juin, même si « ce n'est pas non plus vraiment énorme », selon Damien Vercambre. La principale raison : la révision à la baisse des projections de stocks du pays de 2 Mt sur la période.

Céréales : Soufflet veut étendre son modèle GreenLeaf en France et à l’international

Dans un communiqué du 13 juin, Soufflet Agriculture, filiale du groupe InVivo, a annoncé sa volonté d’étendre son modèle GreenLeaf en France et à l’international dans les prochains mois. Pour rappel, le modèle GreenLeaf propose un résultat garanti plutôt que la vente d’un produit phytosanitaire : un champ sain à 80 % de feuilles vertes et d’épis sains. « L’agriculteur sécurise ses revenus, sa prise de décision et optimise le recours aux intrants », précise Soufflet Agriculture. Le producteur est indemnisé à hauteur de 180 €/ha pour un taux de feuilles vertes compris entre 60 et 80 %, et jusqu’à 300 €/ha pour un taux en dessous de 60 %, à condition qu’il suive les recommandations de Soufflet Agriculture. Le modèle a été expérimenté sur une série de champs pilotes,pour un total de 3 000 ha, avec succès, d’après le négociant. Par exemple, lors d’un essai dans la Marne, il rapporte « un taux de premier traitement fongicide blé (T1) réduit à 4,1 %, avec un résultat de 95 % de feuilles vertes observées au stade grain laiteux, contre un taux de T1 de plus de 50 % avec une approche classique ».

Blé : au Turkménistan, des variétés « d'élite » baptisées en l'honneur des dirigeants

Le Turkménistan, où le changement climatique menace la sécurité alimentaire, a inauguré le 12 juin la période des moissons en bénissant des nouvelles sortes de blé d'élite nommées en l'honneur de ses dirigeants. Ce pays, l'un des plus fermés au monde, est dirigé sans discontinuer depuis 2006 par la famille Berdymoukhamedov, dont le père Gourbangouly et le fils Serdar font l'objet d'un culte de la personnalité, le premier portant le titre de « Héros Arkadag » (héros protecteur). « Pour la récolte de cette année, les nouvelles variétés de blé à haut rendement Arkadag, Serdar et Pyragy (en l'honneur d'un poète, NDLR) ont été semées », ont annoncé les médias officiels. « Elles se distinguent par une productivité élevée, des grains de grande taille et ont un faible besoin en eau, ce qui témoigne de leur meilleure efficacité », ont-ils vanté. Le Turkménistan exerce un contrôle quasi-total sur l'information et les rares données communiquées par les autorités sont généralement invérifiables. Parmi les 15 ex-républiques soviétiques, le Turkménistan est le pays où la prévalence de l'insécurité alimentaire grave est la plus haute, touchant 12,10 % de la population en 2024, d'après des données de la Banque mondiale.

Riz : le Japon tente d’enrayer la flambée des prix

En avril, le riz vendu dans les commerces nippons était deux fois plus cher qu'un an auparavant, envolée que le gouvernement d'enrayer en débloquant les réserves stratégiques du pays. Ce renchérissement depuis près d'un an a des origines multiples. La récolte 2023 avait été pénalisée par des chaleurs records, réduisant drastiquement l'offre. La demande de riz était gonflée par le renchérissement des aliments importés, ainsi que par une vague d'achats paniques déclenchés en août 2024 par un avertissement au « méga-séisme » et par l'afflux record de touristes. Surtout, des négociants stockaient du riz pour muscler leurs profits à terme, selon les experts. Mais des explications structurelles sont également avancées. La production nationale n'a cessé de décroître ces dernières décennies : l'an dernier, la surface consacrée à la riziculture est tombée sous 1,4 Mha, contre 3,3 Mha en 1960. Un déclin dû au vieillissement démographique des cultivateurs et à la difficulté de trouver des repreneurs. Par ailleurs, une politique gouvernementale en vigueur depuis 1971 oblige les agriculteurs à réduire la sole consacrée au riz, au profit notamment d'autres céréales. La mesure, censée maintenir stables les prix du riz, a contribué à réduire les marges de manœuvre en cas de tensions sur l'offre.

Fruits et légumes: la marque internationale San Lucar s’implante en France

Basée en Espagne, l’entreprise internationale des fruits et légumes San Lucar a annoncé le 13 juin étendre sa présence en France en rentrant au capital de la société française Buonanno, importateur et exportateur du Marché Saint-Charles International à Perpignan, spécialiste des produits ratatouille (aubergines, poivrons, courgettes) et d’autres légumes frais (salades, brocoli, chou-fleur-tomates). « Cette nouvelle alliance stratégique nous permet d’établir une présence physique en France, plus précisément à Perpignan. L’ensemble de la gamme internationale de San Lucar sera disponible pour le marché Français. Par ailleurs, nous utiliserons la plateforme de cross-docking de Buonanno pour valoriser la production française et pour nos flux vers le sud de l’Europe » indique Armin Rehberg, directeur général de San Lucar, précisant qu’elle permettra d’être « à moins d’une journée de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie, à deux jours du Maroc, et de livrer partout en France à moins de 24h ». Le projet sera dirigé localement par Fabien Lefebvre en tant que directeur du développement en France et directeur général de Buonanno. Philippe Arroyo restera président de la société française pendant une phase de transition « jusqu’au moins la fin de l’année ». (Florence Rabut)

Kiwi/deltaméthrine : une LMR à 0,15 mg/kg en France, soulagement de la filière

Comme demandé par la filière kiwi, un arrêté paru le 13 juin au Journal officiel (JO) fixe une limite maximale de résidus (LMR) de deltaméthrine (insecticide pyréthrinoïde) à 0,15 mg/kg sur ces fruits. « Sans cet arrêté, nous aurions pu perdre 30 à 60% de la production de kiwis jaunes français cette saison », explique à Agra Presse Adeline Gachein, directrice du BIK (Bureau interprofessionnel du kiwi). Le texte, demandé et attendu par les producteurs, rend possible la mise sur le marché, en France uniquement, de kiwis traités avec cette substance s’ils respectent la LMR précitée, et donc même s’ils dépassent la limite fixée par l’UE. Pour rappel, la limite européenne a été abaissée l’an dernier à la LOQ ou limite de quantification, 0,01 mg/kg, en raison des lacunes sur les données qui auraient dû être communiquées à l’UE, non transmises par le fabricant. « C’était vraiment un problème administratif », résume la directrice. Bayer est censé avoir transmis les données « en mars », indique A. Gachein, mais cela prendra plusieurs mois, peut-être « dix-huit », pour un changement européen. Ainsi, l’arrêté paru le 13 juin prévoit qu’il cessera de s’appliquer lorsque la LMR sera modifiée au niveau de l’UE, sans donner de date. Par ailleurs, une « dérogation 120 jours » est attendue « ces jours-ci ».

Légumes : plus de volumes exportés en 2024, valeur en légère baisse

Selon le rapport de FranceAgriMer sur la performance française à l’export paru le 3 juin, les exportations de légumes frais (hors pomme de terre) ont été en hausse concernant les volumes (+7%) mais elles baissent légèrement en valeur (-2%). La tendance est confirmée avec le premier client de la France : l’Allemagne (382 M€) affiche des volumes en hausse, notamment grâce à la tomate. En revanche, la valeur baisse de 6 %, en raison d’une dévalorisation du prix de celle-ci. L’Espagne (+10 %) et les Pays-Bas (+ 8 %) reçoivent également des volumes de légumes français en hausse, liée à une augmentation des exportations de tomates et haricots. Concernant la Belgique, première destination en volume de la France, la très forte hausse des exports françaises de carottes et de navets (+218% !) entraine une augmentation de 5% des volumes (218 000 tonnes). En revanche, la France recule sur le marché britannique : les volumes sont en baisse de 16% principalement à cause d’un fort recul du principal légume exporte, le chou-fleur (-35%). La tomate est le premier légume frais français exporté (662 000 tonnes). Elle est également les premier produit importé en France, confirmant le rôle de plateforme de ré-export vers l’Europe du pays comme l’avait souligné un rapport du CGAEER en janvier dernier.

Herbes aromatiques: le leader du surgelé Daregal cherche à réduire les engrais

Daregal, entreprise française leader des herbes aromatiques surgelées (140 M€ de CA), s’est lancée depuis le début d’année dans un programme de réduction de son empreinte carbone. « La production d’herbes aromatiques représente 45 % du bilan carbone de notre entreprise, explique Margaux Lenain, responsable R&D du groupe. En 2024, nous avons commencé à faire des essais pour réduire la fertilisation, qui constitue un poste important d’émissions de CO2. Mais pour pouvoir améliorer notre performance, il nous faut des données. » Depuis 2025, le groupe a demandé aux 50 agriculteurs de son site principal de Milly-la-Forêt (1000 ha) de réduire de 10 % les apports d’azote, sur la moitié de leurs parcelles. L’objectif du groupe est d’estimer l’impact de cette réduction sur les différentes variétés. « Nous nous rendons compte que pour le persil, cette réduction des apports nous permet tout de même de faire quatre ou cinq coups, mais l’estragon est beaucoup plus sensible » détaille Margaux Lenain. Pour motiver les agriculteurs, Daregal leur a offert une coupe gratuite, cette prestation, systématiquement réalisée par l’entreprise, leur étant généralement facturée. Daregal compte évaluer ultérieurement l’impact éventuel de cette baisse d’azote sur les qualités nutritives des herbes. (Elena Blum)

Etats-Unis/immigration : Trump promet un traitement particulier aux agriculteurs

Alors que la presse américaine (notamment le Los Angeles Times) rapporte de nombreuses descentes récentes des autorités fédérales de l'immigration dans les fermes ou des usines de conditionnement de Californie, du Nouveau Mexique ou du Nebraska pour y arrêter des ouvriers agricoles immigrés, le président Donald Trump a voulu rassurer le secteur agricole promettant « des changements à venir ». Le locataire de la Maison blanche a admis que ces immigrants « travaillent pour eux depuis 20 ans, ne sont pas citoyens, mais se sont révélés… excellents », et a promis qu’il allait «  devoir faire quelque chose à ce sujet », ajoutant  qu'un décret serait publié « très prochainement ». Une déclaration saluée par Zippy Duvall, le président de l'American Farm Bureau Federation, principal syndicat agricole, à tendance républicaine. « Nous sommes impatients de collaborer avec le président sur des solutions garantissant la continuité de l'approvisionnement alimentaire à court terme, et nous appelons le Congrès à suivre l'exemple du président pour élaborer une solution permanente qui corrige les programmes obsolètes et défaillants pour les travailleurs agricoles », a-t-il souligné. L’immigration est un sujet très important pour le secteur agricole américain en manque de main-d’œuvre. Le plafond des visas temporaires de travail dont profite le secteur agroalimentaire étant régulièrement atteint empêchant de nombreux employeurs d’embaucher le personnel nécessaire.

Salariés : la FNSEA reste la seule organisation représentative des employeurs agricoles

Dans un communiqué de presse du 13 juin, la FNSEA annonce avoir été une nouvelle fois reconnue comme unique organisation représentative des employeurs de la branche de la production agricole, des CUMA et des parcs zoologiques privés ouverts au public. Le syndicat assure qu’un arrêté devrait paraître prochainement le confirmant. La FNSEA représentera les employeurs dans les instances de l’emploi, animera le dialogue social à l’échelle nationale et territoriale, et « portera la voix des entreprises agricoles pour défendre leur compétitivité et favoriser le recrutement ainsi que la fidélisation des salariés ». Pour mémoire, pour accéder à la représentativité patronale, un syndicat doit déjà se porter candidat et doit respecter une certain nombre de critères inclus dans le Code du travail (audience, indépendance, transparence financière, implantation géographique…). Ces critères sont vérifiés par le ministère du Travail suite à l’avis du Haut conseil du dialogue social. La FNSEA a déjà été reconnue en 2017 et en 2021 (la disposition est renouvelée tous les quatre ans) 

Poudre de lait infantile : discussion entre Paris et Pékin autour des inspections sanitaires

Le Cniel (interprofession laitière) a reçu à son siège parisien le 12 juin une délégation chinoise de l'administration générale de la surveillance des marchés (SAMR) conduite par le vice-ministre Liu Jun. L’occasion de « présenter aux Chinois la structuration, les missions de l'interprofession ainsi que l'organisation sanitaire de la filière laitière », selon le Cniel. L’enjeu de cette visite était aussi de sécuriser l’avenir des exportations de poudre de lait infantile vers la Chine en pérennisant le mode spécifique d’inspection des sites de production français. « Pour exporter de la poudre de lait infantile vers la Chine, chaque site français doit obtenir un agrément spécifique des autorités chinoises, qui doit être complété par une inspection des mêmes autorités sur place. La pandémie du Covid-19 rendant impossible les déplacements des auditeurs chinois, une organisation avait été mise en place pour que ces audits soient délégués au ministère de l’Agriculture français », explique Sandra Leperche, directrice de la sécurité alimentaire du Cniel. « Cette organisation est le fruit d’un protocole de coopération d’inspection sur site que le Cniel souhaite voir renouveler d'ici le début de l'année 2026 », poursuit-elle. La balle est désormais dans le camp du ministère de l’Agriculture qui va échanger avec l’administration chinoise.

Nutrition/climat : les propositions de la grande distribution, qui s'en remet à l'Etat

« Plusieurs difficultés [nous] empêchent de réaliser la nécessaire transition alimentaire et écologique aussi rapidement qu’il le faudrait », écrivent Auchan, Carrefour, Casino, Groupement Mousquetaires et Coopérative U, dans une tribune au gouvernement (révélée par Contexte), le 12 juin, dans le cadre de la finalisation de la Snanc (soumise aux instances consultatives). « Déconsommation », « forte concurrence entre distributeurs », efforts « rarement payants »… D’après eux, « seul l’Etat » peut « fixer un cap et un cadre clairs ». Ils jugent par exemple « indispensable » d’ « [instaurer] l’affichage environnemental » (en cours d’élaboration). Ils demandent des campagnes de « sensibilisation à l’alimentation durable » ; la publicité (télé, Internet) destinée aux enfants pour la malbouffe « doit être restreinte », citant pour cela seulement l’autorégulation publicitaire (charte alimentaire de l’Arcom, etc.). Pour faciliter les promotions sur les produits sains et écologiques (insuffisantes selon des associations) ou leur mise en avant, ils demandent, face à la « guerre des prix », « des règles du jeu communes » dans une logique de « concertation ». Si la tribune affiche une bonne volonté, les distributeurs n’y avancent pas d’engagements concrets ou chiffrés. 

Coopératives : en AG, LCA Nouvelle-Aquitaine planche sur les fusions et le climat

Le 12 juin s’est tenue l’assemblée générale de La Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine (12 Mds€ de chiffre d’affaires pour 250 coopératives, unions et Sica). « Parmi les sujets d’actualité figurent les fusions et rapprochements annoncés dans notre région, confie Philippe Sommer, le directeur, interrogé par Agra Business : Euralis et Maïsadour, Vivadour et Terres du Sud mais aussi le mariage à trois prévu pour la fin de l’année entre les coopératives de St Aignan, Beurlay et Oléron. Ces dernières sont lourdement impactées par le marché du Cognac, en retrait, notamment pour leur activité appro (vente de piquets, de fils de fer, d’intrants...). Toutes cherchent à consolider leur présence à l’échelle du territoire. La fusion est l’une des solutions. » LCA Nouvelle-Aquitaine va plancher sur les adaptations au changement climatique, dans un contexte où les rendements en grandes cultures stagnent depuis 10 ans dans la région. « Les volumes collectés en baisse pèsent sur la rentabilité des outils des OS, concède-t-il. Nous devons, collectivement, trouver des solutions. Cela peut passer par la diversification des cultures mais aussi par un lobbying auprès des politiques pour les sensibiliser à nos contraintes, en termes de gestion de l’eau ou d’utilisation des intrants notamment ». (Anne Gilet)

Corse: deux hommes mis en examen pour l'incendie criminel d'un hangar

Deux hommes d’une vingtaine d’années ont été mis en examen et placés en détention provisoire jeudi soir dans l’enquête sur l’incendie criminel d’un hangar agricole à Prunelli-di-Fiumorbo (Haute-Corse), a indiqué à l’AFP le procureur de Bastia. Les deux hommes, "originaires de Bastia", ont été mis en examen jeudi soir dans le cadre d’une "information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs et destruction par l’effet d’un moyen dangereux en bande organisée", a précisé à l’AFP Jean-Philippe Navarre, procureur de la République de Bastia. Ils avaient été interpellés mardi par les gendarmes dans le cadre de l’enquête sur l’incendie criminel d’un hangar agricole à Prunelli-di-Fiumorbo, dans la nuit du 16 au 17 mai, dans lequel 2.000 ballots de foin avaient brûlé et un engin à céréales, un tracteur ainsi que la toiture photovoltaïque avaient été endommagés. Un rassemblement de soutien à Charles Sisti, l’agriculteur touché, avait réuni 500 personnes trois jours plus tard dans le village.

Ministère de l'Agriculture : Valérie Baduel-Thiébaut nommée à la tête du CGAAER

Ancienne directrice générale de l'enseignement et de la recherche (DGER) du ministère de l'Agriculture, de 2020 à 2022, Valérie Baduel-Thiébaut a été nommée vice-présidente du CGAAER (service d'inspection du ministère de l'Agriculture), nous apprend le compte-rendu du Conseil des ministres le 12 juin. Elle remplace Alain Moulinier, dont Annie Genevard avait mis aux missions, à sa demande. Inspectrice générale de la santé publique vétérinaire, Valérie Baduel a débuté sa carrière dans les services vétérinaires déconcentrés du ministère, puis à la DGAL, et à l'Anses dont elle fut directrice générale adjointe à partir de 2005. Depuis 2011, elle a travaillait à la direction l’enseignement et de la recherche du ministère de l’Agriculture, en tant que directrice générale adjointe, puis directrice générale de 2020 à 2022. Elle avait ensuite rejoint le CGAAER.

Presse agricole: deux journalistes ex-aequo pour le Grand prix Afja 2025

Le Grand Prix de l'Afja (presse agricole) a été décerné cette année à deux journalistes ex aequo : Johanne Mâlin (France Agricole) pour un dossier sur les victimes des pesticides (« les étapes de la reconnaissance de la maladie professionnelle ») ; et Denis Peiron (La Croix) pour son article Les tracteurs de la récolte. Le Grand Prix de la catégorie audiovisuelle revient à Mariam El Kurdi (France Inter) pour son reportage Vendanges en Champagne. Le Prix « Graine d’innovation » revient à Lise Verbeke (France Culture) pour son reportage à Amiens sur une consultation «pesticides et pathologies pédiatriques».

Addendum à l'agenda de la semaine du 16 juin

Mardi 17 juin
Les sénateurs auditionnent Emmanuel Besnier, président-directeur général de Lactalis, sur les aides publiques
Assemblée générale de l'Anicap (interprofession caprine)

Jeudi 19 juin
Point presse de Générations futures sur les PFAS dans l'alimentation