Egalim 4: Julien Dive veut présenter une PPL transpartisane «à horizon février»
À l'occasion d'un débat à l'Assemblée sur la «crise agricole» le 15 janvier, le député Les Républicains (LR) Julien Dive a annoncé qu'il présentera très prochainement une proposition de loi sur les relations commerciales. «Je porterai une initiative parlementaire au printemps prochain, pour renforcer le partage de la valeur au sein de la chaîne», a-t-il déclaré en séance. Et de préciser à Agra Presse que cette proposition de loi devrait être présentée «à horizon février, puisque nous devons de toute façon trancher la question du SRP+10» (relèvement du seuil de revente à perte de 10 points), dont l'expérimentation s'achève au 15 avril. Le texte aura vocation à être «transpartisan», intégrant potentiellement les oppositions. Le député indique avoir présenté son projet à la ministre déléguée au Commerce, Véronique Louwagie, qui s'est montrée «plutôt ouverte». Dans un entretien accordé le 2 janvier au Journal du dimanche, la ministre de l'Agriculture avait indiqué que les lois Egalim seraient «complétées au printemps». Fin octobre, Annie Genevard avait annoncé que le texte contiendrait notamment le «maintien du SRP+10». La ministre avait reçu le 10 octobre le rapport des anciens députés Anne-Laure Babault et Alexis Izard, qui contient 27 propositions. Les auteurs y suggéraient notamment de simplifier la transparence sur la matière première agricole (MPA), et y avançaient deux options pour modifier le calendrier des négociations commerciales.
Contrôles: la FNSEA demande une suspension après un dérapage d’un agent de l’OFB
La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont demandé, le 15 janvier, une suspension «jusqu’à nouvel ordre» des contrôles de l’OFB après qu’un de ses agents a comparé les agriculteurs à des dealers sur France Inter. Interrogé sur la radio publique, Benoît Pradal, représentant Force ouvrière (Snape-FO) au Comité social d’administration de l’OFB, a déclaré: «Aujourd’hui, on a le sentiment que ce que veulent les agriculteurs, c’est [ne] plus nous voir dans leurs exploitations. C’est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de [ne] plus venir dans les cités», d'après une vidéo visible sur X. Sur le même réseau social, le directeur général de l‘OFB s’est désolidarisé de ces propos, tandis que la ministre de l‘Agriculture les a condamnés. Dénonçant en conférence de presse une «provocation», le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a dit vouloir «faire redescendre la température» en suspendant les contrôles. M. Pradal réagissait au discours de politique générale de François Bayrou, dans lequel il qualifiait d’«humiliation» le port d’une arme par les agents de l’OFB lors des contrôles en exploitation. «J’ai l’impression qu’il y a une minorité d’agriculteurs qui montent en épingle le fait qu’il puisse y avoir des problèmes avec les agents de l‘OFB», a aussi déploré Benoît Pradal sur France Inter, indiquant à titre personnel n’avoir «jamais eu de problème avec les agriculteurs».
«Simplification»: la FNSEA et les JA veulent un «Varenne des normes» avant le Salon
Réagissant à la proposition de François Bayrou de «remettre en question les pyramides de normes», la FNSEA et les Jeunes agriculteurs l’ont appelé le 15 janvier à lancer un «Varenne des normes et des contrôles» avant le Salon de l’agriculture. Pour Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, ce chantier consisterait à «réunir l’ensemble des services de l’État [intervenant] autour de la question agricole», pour déterminer «où sont les problématiques et de quelle nature elles sont», avant de prendre des «décision réglementaires». «Je m'engage à ce que, pour les entreprises agricoles, comme pour les entreprises et les familles, nous remettions en question les pyramides de normes, en redonnant l'initiative à l'usager», avait déclaré le nouveau Premier ministre dans son discours de politique générale la veille. «C’est une perche tendue par François Bayrou, nous la saisissons», a résumé M. Rousseau en conférence de presse. La simplification des procédures administratives et des contrôles est une revendication récurrente des récents mouvements de colère agricole. Fin octobre, la ministre de l’Agriculture avait lancé le «contrôle administratif unique», mais la FNSEA veut «aller plus loin». Plus largement, un projet de loi de simplification est aussi attendu, visant l’ensemble des secteurs économiques.
Anses: la publication de son programme de travail annuel différée faute de budget
L’Anses reporte à plus tard la publication de son programme de travail pour 2025 faute de connaître le budget qui lui sera alloué, annonce l’agence sur son site web le 6 janvier. «En l’absence de vote d’une loi de finances, l’année 2025 débute sans certitude sur l’adéquation entre les moyens de l’Agence et le programme envisagé. Comme annoncé lors du conseil d’administration de décembre, une priorisation devra être arbitrée en fonction de la probable réduction des moyens», explique-t-elle. Cette «éventuelle priorisation des travaux» sera menée «en concertation avec le conseil scientifique international de l’Agence». Habituellement, le programme de travail de l’Anses est finalisé en décembre et publié peu après. Ce programme annuel structure l’action de l’agence de sécurité sanitaire dans cinq grands domaines: alimentation, santé et bien-être animal, santé et environnement, santé des végétaux, santé et travail. Le 14 janvier, l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a demandé que l'agence puisse prioriser l'examen d'un désherbant contenant du triallate, jugé indispensable pour traiter les parcelles hexagonales de blé.
Eau: l’«équilibre» des comités de bassin menacé par la PPL Entraves (Agence Loire-Bretagne)
La nouvelle représentativité dans les comités de bassin préconisée par la PPL Entraves «peut poser plusieurs questions en matière d’équilibre entre les différents acteurs de l’eau», estime l’agence de l’eau Loire-Bretagne interrogée par Agra Presse le 15 janvier. L’article 5 de la PPL propose de réduire le poids du collège des usagers non économiques de l’eau (associations, chasseurs, consommateurs…) en lui attribuant 10% des sièges, contre 20% actuellement. À l’inverse, le collège des usagers économiques de l’eau (agriculteurs, pêche professionnelle, tourisme…) obtiendrait 30% des sièges, contre 20% actuellement. Si l’on prend l’exemple du comité de bassin Loire-Bretagne, qui compte un total de 190 membres, le nombre de sièges des usagers non économiques passerait de 38 à 19, tandis que le nombre de siège des usagers économique passerait de 38 à 57. «Il est à noter que le passage de 38 à 19 du nombre de représentants des acteurs non économiques au sein du comité de bassin Loire-Bretagne rendrait de facto difficile la représentation de toutes les typologies d’usagers», telle qu’attendue dans une instance «qui a vocation à être "le Parlement de l’eau"».
Gestion de l'eau: un gigantesque dispositif anti-crue en amont de Paris voit le jour
Ce 15 janvier a commencé le remplissage d'un ouvrage hydraulique en Seine-et-Marne, qui vise à protéger des inondations les villes aux abords de la Seine. Et en premier lieu Paris, vulnérable aux crues d'ampleur aggravées par le réchauffement climatique. Après deux ans et demi de travaux mais plus d'une dizaine d'années de réflexion, «la mission est accomplie» et le «casier» de la Seine Bassée, «qui était impossible à réaliser, est là aujourd'hui», s'est félicité lors d'une visite Patrick Ollier, président de Seine Grands Lacs, le gestionnaire de cet ouvrage hydraulique, et de la Métropole du Grand Paris. L'ouvrage, qui a coûté 114 millions d'euros, est en fait une gigantesque zone de 360 hectares entourée d'une digue de 7,6 kilomètres. En cas de crue, des pompes sont mises en marche pour injecter dans cette zone 10 millions de mètres cube d'eau, soit l'équivalent de 4.000 piscines olympiques d'une profondeur de 2 mètres. Cette opération doit permettre de baisser le niveau de la Seine en aval «jusqu'à 15 centimètres», selon un communiqué de presse. Aujourd'hui, l'accent est ainsi mis sur les «zones d'expansion de crues», c'est-à-dire des terrains privés dont les propriétaires, bien souvent des agriculteurs, acceptent qu'ils soient utilisés pour recevoir un surplus d'eau en cas de crue, moyennant une certaine somme d'argent.
Elections chambres: Windsor «potentiellement» candidat à sa reconduction
A l'occasion de la cérémonie des voeux à la presse le 15 janvier, l'actuel président de Chambres d'agriculture France, Sébastien Windsor, a indiqué, avec toutes les précautions d'usage, qu'il était «potentiellement» candidat à sa reconduction à la présidence de l'instance nationale du réseau consulaire. Il avait été élu en 2020 suite au décès accidentel de l’ancien président Claude Cochoneau. Âgé de 54 ans, il est à la tête d’une exploitation de polyculture et d’un atelier d’engraissement porcin en Seine-Maritime. Tenu à un devoir de réserve durant la campagne, le normand s'est borné à commenter le contexte économique et politique, et rappeler l'organisation du scrutin, qui s'achève le 31 janvier, et dont le résultats seront présentés entre le 6 et le 8 mars. Possible accroc : le calendrier d'adoption de la PPL Démocratie agricole, qui doit permettre aux membres de conseils d'administration de coopératives commercialisant des pesticides de rester dans les bureaux des chambres d'agriculture, ce qui n'est plus possible depuis la loi Egalim ; Sébastien Windsor a indiqué son souhait de voir le texte adopté avant le Salon de l'agriculture (22 février - 2 mars). «Il n'y a pas de problème pour les élire, au sein du collège coopérateurs, mais cela poserait problème pour désigner le bureau, ce qui doit être fait entre le 8 février et le 8 mars.» Son examen débute à l'Assemblée dès le 21 janvier. Au Sénat, il devrait se tenir après celui de la LOA, qui est prévu du 4 au 18 février. Une conférence des présidents du Sénat se réunira le 29 janvier pour statuer sur ce calendrier. Présente lors des voeux, la ministre de l'Agriculture a fait part, en souriant, de son «impatience» de voir se clore cette campagne.
MSA : les élections des délégués du 5 au 16 mai, résultats le 22 mai
A l’occasion des vœux 2025 le 14 janvier, Jean-François Fruttero, président de la CCMSA, a présenté les deux grands chantiers de l'année, rapporte la Sécu agricole dans un post sur LinkedIn. Le premier est l’élection des délégués MSA qui se tiendra du 5 au 16 mai, volontairement après celle des chambres d’agriculture. Le dépouillement et l'annonce des résultats auront lieu le 22 mai. 13 760 délégués seront élus dans toute la France, potentiellement 2,5 millions d'électeurs exploitants, salariés ou employeurs. En 2020, le taux de participation global s’élevait à 26,08%, avec 650 000 votants. Ces délégués éliront eux-mêmes 1071 administrateurs départmentaux, qui désigneront 476 administrateurs nationaux, présents lors de l'assemblée générale de la CCMSA. Pour élire in fine 27 administrateurs centraux. Le second chantier concerne le démarrage des négociations de la prochaine COG (convention d'objectifs et de gestion) cette année. «Avec le plan stratégique MSA 2030 adopté en juin dernier, nous disposons d’une feuille de route claire», déclare Jean-François Fruterro, cité dans le communiqué. il assure que la MSA est «au rendez-vous des réformes législatives, notamment sur le sujet du calcul des retraites des non-salariés sur les 25 meilleures années».
Fruits et légumes : l'Espagne sort du top 10 mondial des pays producteurs
Selon les dernières données annuelles de la FAO, l’Espagne sortirait du peloton de tête des producteurs mondiaux de fruits et légumes rapporte la Fepex (exportateurs espagnols). Classée en 2020 à la huitième place, elle pointe à la onzième place en 2024. La production du pays est en effet passée de 32 millions de tonnes de fruits et légumes à 28 millions sur la période 2020-2023, alors les autres grands producteurs internationaux (Chine, Inde, Etats-Unis, Turquie…) enregistraient une légère croissance sur la même période. Sur les quatre dernières années, l’Espagne a été dépassée par l’Indonésie (34 millions de tonnes en 2024), l’Égypte (33 millions de tonnes) et l’Ukraine (30 millions de tonnes). D’une manière générale, la FAO indique que la production mondiale de fruits et légumes s’est élevée à 1,967 milliard de tonnes en 2024, ce qui souligne une légère croissance de 1,5% par rapport à l'année précédente. La Chine est toujours à la première place avec plus de 781 millions de tonnes produites, suivie par l’Inde (221 millions) et plus loin derrière les Etats-Unis (68 millions). L’Ukraine est passée de 31 à 30 millions de tonnes, tandis que la production russe s'est stabilisée à 35 millions de tonnes.
Fruits et légumes: consommation à nouveau en berne en 2024, petits fruits rouges dynamiques
À l'occasion du Sival, salon des techniques du végétal spécialisé qui se tient du 14 au 16 janvier à Angers, le CTIFL a présenté son bilan économique de la filière fruits et légumes à travers notamment la consommation des ménages. Depuis 2021, une baisse de la consommation de fruits et légumes frais se ressent, en raison du contexte inflationniste ayant démarré à cette époque. «Pour les onze premiers mois de l’année, nous observons encore une légère baisse des quantités achetées malgré un niveau d’inflation revenu à une tendance normale», souligne Anne Laure Levet, directrice prospective et études économiques au CTIFL. Et de rappeler qu’aujourd’hui, seul un tiers des adultes et 10% des enfants atteignent les recommandations formulées par les pouvoirs publiques en matière de consommation de fruits et légumes par jour. En matière d’achats, les espèces de fruits les plus achetées restent la pomme, la banane puis l’orange. Toutefois, «ce sont des marchés relativement matures puisqu’ils ont des taux de croissance annuels moyens proches de 0», commente Mme Levet. En revanche, les petits fruits rouges sont particulièrement dynamiques avec un taux de croissance de plus de 20 % par an. Côté légumes, la tomate, la carotte restent en tête des achats, et les choux enregistrent des taux plus dynamiques, autour de 5 %.
Châtaigneraies: une députée socialiste propose leur exclusion du droit de préférence
Dans une question écrite publiée au Journal officiel (JO) le 14 janvier, la députée Sophie Pantel (Lozère, socialistes et apparentés) interroge la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur la nécessité d’exclure la châtaigneraie du droit de préférence prévu par le Code forestier (article L331-19). L’objectif étant de permettre aux producteurs de châtaignes et aux Safer d’exercer leur droit de préemption. Destiné à lutter contre le morcellement de la forêt privée, l’article mentionné par Mme Pantel impose en effet un droit de préférence au profit des propriétaires forestiers voisins d’une parcelle boisée de moins de 4 ha mise en vente. En matière de châtaigneraies, celles entretenues sont considérées comme des «vergers», celles abandonnées sont comptées comme des surfaces cadastrées «bois». Résultat: les propriétaires forestiers voisins jouiront de l’acquisition de la parcelle de châtaigneraies cadastrées «bois» si elles sont mises en vente, et non les agriculteurs propriétaires d’une parcelle de châtaigniers cadastrée «verger». Aussi, le Syndicat national des producteurs de châtaignes alerte sur les conséquences «préjudiciables» d’un tel droit, qui constitue «un obstacle au développement de la châtaigneraie», essentiellement dans les montagnes où «ce développement n'est envisageable que par la remise en valeur de la châtaigneraie existante à l'abandon».
Fleurs : désormais gérée par l'Inao, l’IGP Absolue Pays de Grasse s'inquiète (députée)
Dans une question écrite le 14 janvier, la députée Alexandra Martin (Droite républicaine) a attiré l'attention de la ministre de l’Agriculture sur les conséquences de la modification du règlement européen sur les indications géographiques (IG) de 2024 pour les acteurs du parfum en Pays de Grasse. En effet, la modification de la nomenclature douanière fait que l’absolue (fragrance issue d'une matière végétale ayant la plus forte concentration de parfum) est désormais classé 33.01 au même titre que les huiles essentielles et relève ainsi du ressort de l'Inao. L'association Les Fleurs d'exception du Pays de Grasse s'inquiète des conséquences de cette évolution et craint notamment de perdre cette indication géographique «Absolue Pays de Grasse», obtenue en 2020, rapporte la députée. «L'association souhaite en effet connaître les intentions de l'INPI, de l'INAO (qui ne répondent pas aux sollicitations selon elle) et du ministère en la matière, s'enquérir de la procédure de transmission des dossiers, disposer d'un échéancier pour répondre aux exigences, mais surtout s'assurer que l'IG demeurera et que la certification restera de la compétence des industriels sans être imputée aux agriculteurs-producteurs», explique la députée.
Vin : au Sival, la Conf’ dénonce l’arrachage en souillant le stand FranceAgriMer
Le stand de FranceAgriMer couvert de traces de mains rouges remplies de lie : au Sival d’Angers, la Confédération paysanne a vertement manifesté le 14 janvier contre le plan national d’arrachage de vignes. Le syndicat dénonce un dispositif «qui pousse à la liquidation des fermes, plutôt que d'utiliser cet outil pour une restructuration cohérente du vignoble», selon un communiqué. Et d’appeler à ce que l’arrachage soit «mieux réparti sur l'ensemble du vignoble» et que «les petites structures ne soient pas les seules à participer à l'effort de régulation». Dans son manifeste, l’organisation réclame une aide à l’arrachage comme «outil de régulation et d’orientation de la filière» : 10 000 €/ha pour les 5 premiers hectares, puis 4 000 €/ha en priorisant le départ anticipé à la retraite, les terres à caractère gélif, celles infestées par la flavescence dorée et celles où il est possible de faire d’autres cultures. FranceAgriMer a condamné, dans un communiqué, les dégradations sur son stand. «C’est après plusieurs mois d’étroite concertation entre les pouvoirs publics et la filière vitivinicole, et après une enquête auprès des bénéficiaires potentiels, que le dispositif de réduction définitive du potentiel de production viticole a été déployé», rappelle l’établissement national.
Orges : les stocks français au plus haut depuis 16 ans (FranceAgriMer)
Entre décembre et janvier, FranceAgriMer (FAM) a nettement relevé ses projections de stocks français d’orge en fin de campagne commerciale 2024-2025, « à un plus haut depuis 2008-2009 », a indiqué Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur les céréales, lors d’une conférence de presse le 15 janvier. Dans le détail, ces stocks passent de 1,375 Mt à 1,614 Mt, soit une progression mensuelle d’environ 240 000 t, en raison de l’effritement de la consommation des fabricants d’aliments pour animaux (FAB) de 50 000 t d’un mois sur l’autre (à 1,1 Mt) et du décrochage des exports vers les pays hors UE de 200 000 t (à 1,9 Mt). L’intérêt chinois se montre toujours aussi discret, justifiant l’abaissement des prévisions d’exportation. Notons également une sensible progression des prévisions de stocks nationaux 2024-2025 de maïs, de 120 000 t mensuellement (à 2,799 Mt). La demande des FAB s’effrite également de 50 000 t sur la période (à 3,15 Mt). Les expéditions vers l’UE régressent dans les mêmes proportions, à 4,022 Mt. Très peu de modifications ont été apportés aux bilans de blé tendre. Les stocks progressent eux aussi entre décembre 2024 et janvier 2025, mais de manière succincte, passant de 2,869 Mt à 2,896 Mt. La principale explication est à chercher du côté de l’abaissement des prévisions d’expéditions vers les clients de l’UE, passant de 6,16 Mt à 6,135 Mt.
Fièvre aphteuse: la France et la Pologne annoncent le renforcement des contrôles
Après la déclaration de trois cas de fièvre aphteuse en Allemagne, «nous renforçons drastiquement les contrôles et enquêtes auprès des filières animales concernées», a indiqué le ministère français de l’Agriculture dans un message à la presse le 15 janvier. La fièvre aphteuse, dont c’est le premier cas dans l’UE depuis 2011, touche une grande majorité des animaux d’élevage: bovins, ovins, caprins et porcins. «En France, on a vérifié les flux d’animaux arrivés potentiellement d’Allemagne», précise David Ngwa Mbot, vétérinaire conseil à GDS France, à Agra Presse. «On a cherché si des animaux venaient de la zone concernée: il n’en y a pas.» De son côté, le ministère polonais de l’Agriculture a aussi instauré des «contrôles stricts (…) sur les transports d'animaux sensibles à la maladie entrant en Pologne». Les foyers déclarés en Allemagne l’ont été à Hoppegarten, près de Berlin et à «environ 70 km de la frontière polonaise», rappelle le ministère dans un communiqué. Au sens de la réglementation européenne, la fièvre aphteuse est classée comme «à éradication immédiate» (catégorie A+D+E). Tout nouveau foyer entraîne la mise en place d’un zonage d’où les animaux sensibles ne peuvent pas sortir. Mais, en raison du marché unique, «un État membre ne peut pas interdire les introductions d’animaux en provenance d’un autre État membre», explique David Ngwa Mbot.
Insémination animale : les coopératives Cecna et Elva Novia fusionnent
Les conseils d’administration de la Coopérative d'élevage du centre nord et de l'Aube (Cecna) et d’Elva Novia, coopérative située dans le Charolais, ont décidé le 10 janvier de fusionner, pour créer une nouvelle entité : Connexyon. Les deux coopératives, spécialisées dans l’insémination et la génétique, avaient déjà mutualisé un certain nombre d’outils depuis 2019. Le choix de ne former plus qu’une seule structure est motivé par «un contexte économique compliqué» et la volonté «d’accompagner au mieux les éleveurs avec des savoir-faire connectés», ont indiqué les présidents des deux structures. La nouvelle coopérative dispose de trois sites : dans le Puy-de-Dôme, en Saône-et-Loire et dans l’Yonne. Son savoir-faire repose principalement sur la reproduction bovine, des petits ruminants et des porcs, sur les conseils génétiques, l’approvisionnement des éleveurs, mais elle dispose également de filiales plus spécifiques, telles que la reproduction canine, la lutte contre les nuisibles ou encore la livraison d’azote liquide. Connexyon compte 135 salariés. (Elena Blum)
Bovins/ovins: dans le Limousin, deux coopératives fusionnent pour «peser face à l'aval»
Le 1er janvier 2025, la coopérative Creuse Corrèze Berry Elevage (CCBE) et la coopérative des éleveurs de la marche (Celmar) ont annoncé leur fusion, sous le nom «Les producteurs de la Marche». L’objectif avancé dans le projet de fusion: «avoir la dimension pour peser face à la concentration des acteurs de l’aval» dans le cadre des négociations commerciales prévues par Egalim. Dès 2022, les deux coopératives, spécialisées dans l’élevage bovin et ovin, ont créé une association d’organisation de producteurs, afin de mutualiser «les moyens humains et logistiques». Satisfaits de ce rapprochement, les conseils d’administration ont acté la création d’une nouvelle entité, absorbant les deux structures, afin de «conserver le positif des deux coopératives et faire table rase du passé». Chaque coopérative traite environ 40 000 bovins. Disposer de 80 000 têtes de bétail permettra aux «Producteurs de la marche» de renforcer la filière viande bovine dans le Limousin, dans un contexte de décapitalisation du cheptel. La nouvelle coopérative limousine dispose d’un millier d’adhérents éleveurs, et est dirigée par Jean-François Aucouturier, président de la CCBE. Jean-Christophe Dufour, président de la Celmar, devient vice-président des «Producteurs de la Marche». (Elena Blum)
Consommation : léger ralentissement de la hausse du nombre d'habitants en France
La France comptait 68,6 millions d'habitants au 1er janvier 2025, soit une hausse de 0,25% sur un an, limitée par une nouvelle baisse des naissances et une progression des décès l'an dernier, a indiqué l'Insee le 14 janvier. En 2024, 663 000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,2% de moins que l'année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre de naissances sur un an depuis 1946. La natalité était déjà au plus bas depuis cette période l'année précédente. Ce nouveau repli s'explique «principalement par le recul de la fécondité». Dans ce contexte, l'indice conjoncturel de fécondité (ICF) continue lui aussi de diminuer: il s'est établi à 1,59 enfant par femme en métropole en 2024, soit son plus bas niveau depuis plus d'un siècle. En 2024, on comptabilise également 646 000 décès, un nombre en progression de 1,1%, en raison de «l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité». Conséquence de ces évolutions: le solde naturel de la population française, soit la différence entre le nombre de naissances et de décès, est à peine positif (+17 000 personnes). La croissance de la population française a surtout été tirée par le solde migratoire (estimé à +152 000 personnes), soit la différence entre le nombre personnes entrées et celles sorties du territoire. Quant à l'espérance de vie à la naissance, elle s'est stabilisée.
Santé/alimentation: les produits les moins chers sont souvent plus sucrés, selon Foodwatch
Dans une enquête publiée le 15 janvier, l’association de défense des consommateurs Foodwatch a analysé la teneur en sucre de douze catégories de produits vendus par la grande distribution selon leur gamme de prix. Résultat: les produits les moins chers sont souvent beaucoup plus sucrés que les produits les plus chers, et les produits de marques distributeurs sont les premiers concernés. D’où le lancement d’une pétition par l’association pour demander «aux cinq distributeurs» français (Auchan, Carrefour, Coopérative U, E. Leclerc et Intermarché) de revoir la recette des produits de leurs propres marques. En tout, l’association a analysé plus de 400 produits (mayonnaise, pain de mie, pesto, cordon bleu etc.), avec des résultats similaires peu importe la catégorie. À titre d’exemple, les cinq conserves de petits pois les moins chères retenues par Foodwatch contiennent en moyenne 3,88 g de sucres pour 100 g de produit, contre 2,72 g pour les 5 g de conserves de petits pois les plus chères. «Non seulement l’offre alimentaire est globalement trop sucrée, mais les prix orientent les consommatrices et consommateurs vers des produits plus sucrés», s’alarme Foodwatch dans un communiqué. À l’AFP, l’association a indiqué rencontrer prochainement la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, sur proposition de cette dernière, pour «avancer sur ce dossier».
Vin: le conseil de bassin viticole Sud-Ouest élit Christophe Bou à la vice-présidence
Le conseil de bassin viticole Sud-Ouest a désigné, le 12 décembre, comme vice-président Christophe Bou, par ailleurs à la tête de l’IVSO (interprofession), a-t-on appris auprès de cette dernière. «Instance majeure de notre filière», comme le rappelle l’élu, le conseil de bassin organise la concertation entre les professionnels et les pouvoirs publics, selon un communiqué. Lors de sa réunion le 12 décembre, un point d’étape a été fait sur le plan d’adaptation du bassin viticole Sud-Ouest, qui reste à finaliser. Christophe Bou compte «présenter nos axes stratégiques au troisième trimestre», d’après le communiqué, citant diverses pistes: repositionnement des AOP, affirmation d’une IGP à l’échelle de la région, développement de nouveaux produits (no-low, effervescents, etc.), régulation des volumes, valorisation des sous-produits de la vigne, évolution de la gouvernance.
Vin : l’interprofession du Beaujolais nomme Olivier Badoureaux délégué général
Inter Beaujolais a annoncé le 15 janvier la prise de fonctions d’Olivier Badoureaux comme délégué général de l’interprofession. Il succède à Cécile Bossan-Redon, aujourd’hui directrice du syndicat de la pêche en eau douce Conapped. Olivier Badoureaux était précédemment directeur du Comité interprofessionnel des vins du Jura. Dans le cadre de sa nouvelle mission, il «continuera de travailler sur la montée en gamme des vins du Beaujolais, visant à affirmer leur valorisation sur les différents marchés et notamment à l’international», selon le communiqué. Un autre chantier vise «l’adaptation au changement climatique pour une diminution de l’empreinte carbone», ainsi que la responsabilité environnementale des acteurs du vignoble.