Restauration de la nature: volte-face de l'Autriche avant le Conseil de l'UE ce lundi
L'Autriche a annoncé le 16 juin qu'elle comptait approuver la législation européenne imposant la restauration des écosystèmes abîmés, lui donnant une chance d'être votée par le Conseil de l'UE ce lundi 17 juin. «Je soutiens cette loi de conservation«, a déclaré la ministre écologiste de la protection du climat Leonore Gewessler, dans un communiqué envoyé à l'AFP. Jusqu'à présent, elle était contrainte de s'abstenir en raison de divisions au sein de l'Etat fédéral sur ce texte-clé du Pacte vert. Or deux régions autrichiennes se sont récemment ralliées au projet, permettant à la ministre, selon elle, de passer juridiquement outre les réserves de ses partenaires conservateurs de coalition. La semaine dernière, onze Etats de l'Union européenne (UE), dont l'Espagne, l'Allemagne et la France, avaient appelé leurs homologues des Vingt-sept à donner leur feu vert à cette législation aujourd'hui bloquée. Après d'âpres pourparlers, les négociateurs du Parlement européen et des Etats membres s'étaient entendus fin 2023 sur une version édulcorée de cette loi de «restauration de la nature», un accord ensuite entériné tel quel fin février par les eurodéputés en séance plénière. Mais faute de majorité requise (15 pays représentant 65% de la population de l'UE), l'ultime accord du Conseil se fait toujours attendre.
Ukraine: «accord de principe» de l'UE pour lancer des négociations d'adhésion le 25 juin
Les ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne ont donné leur «accord de principe» le 14 juin à l'ouverture de négociations formelles d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, qui débuteront le 25 juin, a annoncé la présidence belge du Conseil de l'UE. «Les ambassadeurs ont donné leur accord de principe sur les cadres pour les négociations d'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie. La présidence belge convoquera les premières conférences intergouvernementales le 25 juin», a indiqué cette source. Cette décision doit être validée formellement lors d'une réunion des ministres européens le 21 juin. Et aux Pays-Bas, une approbation par le Parlement est nécessaire. Le président du Conseil européen Charles Michel a salué cette étape. «Nous tenons nos promesses et nous vous soutiendrons le long du chemin vers l'adhésion», a-t-il dit à l'adresse de ces deux pays, sur le réseau social X. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne avaient ouvert la voie à de telles négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie à la mi-décembre 2023.
UE/Algérie : Bruxelles lance une procédure de règlement de différends commerciaux
La Commission européenne a annoncé, le 14 juin, entamer des consultations avec l’Algérie afin de remédier à plusieurs restrictions imposées aux exportations et aux investissements de l'UE. L’exécutif européen espère ainsi trouver une solution mutuellement satisfaisante pour les parties lors de cette étape mais n’exclut pas, comme le prévoit l’accord d’association signé en 2002, de passer à la vitesse supérieure si aucune solution n’est trouvée, à savoir demander la création d’un panel d’arbitrage. Concrètement, Bruxelles considère qu’Alger ne respecte pas ses engagements de libéralisation du commerce dans le cadre de l’accord d’association. Elle avance que des restrictions sont imposées sur un certain nombre de secteurs, dont l’agriculture. Les mesures concernées prendraient la forme d’un système de licences d’importation ayant les effets d’une interdiction d’importation, de subventions subordonnées à l’utilisation d’intrants locaux pour les constructeurs automobiles et d’un plafonnement de la propriété étrangère pour les entreprises qui importent des biens en Algérie. Du côté français, les éleveurs attendent la réouverture du marché algérien pour les bovins vifs, fermé à l'automne 2023 à cause de la MHE.
Parlement européen: le socialiste Clergeau cède sa place en Comagri à Sargiacomo
L’eurodéputé Christophe Clergeau qui avait repris en cours de mandat les dossiers d’Eric Andrieu et à ce titre représentait le PS au sein de la commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) va finalement se concentrer lors de la prochaine mandature sur la commission de l’Environnement (et siègera aussi aux commissions de l’Industrie et du Développement). Au sein de cette Comenvi, il a déjà travaillé sur le dossier des semences (dont il a été rapporteur pour avis) et des NBT. A la Comagri c’est le nouvel eurodéputé Eric Sargiacomo (11e de la liste emmenée par Raphaël Glucksmann) qui va prendre le relais. Landais, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, il promet de «porter une voix forte en faveur d’une agriculture qui concilie l'homme et son environnement» et de travailler «pour un développement plus équilibré des territoires».
Législatives: les principales mesures agricoles et alimentaires du Nouveau front populaire
Rassemblant les anciens partis de la Nupes, Place publique et le Parti communiste, le Nouveau front populaire (NFP) a présenté, ce 14 juin, son programme pour les législatives. En matière d'alimentation, la mesure phare consiste à «bloquer les prix des biens de première nécessité dans l’alimentation» – et ce dès son éventuelle arrivée au pouvoir, a précisé le député LFI Manuel Bompard en conférence de presse. Concernant l'eau, le NFP propose un «moratoire sur les méga-bassines» et des «règles précise de partage de l'eau sur l'ensemble des activités». En matière de pesticides, le mouvement propose d'«interdire tous les polluants éternels (PFAS) pour toutes les utilisations», de «rétablir le plan Ecophyto», d'«interdire le glyphosate et les néonicotinoïdes avec accompagnement financier des paysans concernés», et de soutenir les agriculteurs bio en «reprenant leur dette dans une caisse nationale» et en «garanti[ssant] un débouché aux produits bio dans la restauration collective». En matière de commerce international, le NFP promet la généralisation des clauses miroir – sans préciser comment –, l'abrogation du Ceta et le renoncement à l'accord avec le Mercosur. Enfin, dans le domaine du foncier, un «moratoire sur les grands projets d'infrastructures autoroutières» est annoncé, ainsi qu'une volonté de «défendre les zones agricoles, naturelles et les zones humides» et de «lutter contre l’accaparement des terres», sans précision. En matière de bien-être animal, l'ambition est de «sortir des fermes-usines» – sans précision – et d'«interdire l’élevage en cages d’ici la fin de mandature».
Législatives: les deux propositions du RN pour l'agriculture
Dans un court tract diffusé sur son site internet, le Rassemblement national met avant huit thématiques en vue des législatives, parmi lesquelles l'agriculture que le parti propose simplement de «soutenir». Pour ce faire, il ne propose que deux mesures : «développer les circuits courts et lutter contre la concurrence déloyale», sans plus de détails. Le programme sera-t-il plus fourni ? Selon les informations du quotidien Le Monde, l'ancien député de Gironde et référent du RN sur les questions agricoles, Grégoire de Fournas «ajourne, faute d’accession au Conseil européen, où siège le président, plusieurs engagements formulés à l’adresse des exploitants, dont la sortie de l’agriculture des accords de libre-échange conclus par l’UE ou la réforme du marché unique» De même, «il ne compte pas plus instaurer rapidement de prix planchers sur les produits agricoles, proposition historique du RN pour protéger le revenu des agriculteurs», considérant que la législation actuelle est «suffisante». Toujours selon les informations du Monde, la suppression de la TVA sur 100 produits de première nécessité ne figureraient pas au premier budget d’un gouvernement RN. Pour la présidentielle de 2022, le document thématique comportait 20 pages de propositions, notamment des prix minimums fixés par l'Etat.
Législatives: Pannier-Runacher candidate face à un éleveur écologiste
Dans un communiqué diffusé à la presse le 14 juin, la ministre déléguée à l'Agriculture Agnès Pannier-Runacher annonce qu'elle sera candidate aux élections législatives dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais. L'ancienne inspectrice des finances, qui n'a jamais élue à l'Assemblée, avait prévenu il y a quelques jours, lors d'un entretien sur BFM, qu'elle était «disponible» pour le scrutin. La circonscription d'Arras avait été remportée par une candidate LREM en 2022, qui l'avait emporté au second tour sur un candidat du Rassemblement national. Selon La Voix du Nord, le candidat du Nouveau Front populaire sera Alexandre Cousin, «éleveur et berger», élu écologiste au conseil régional et au conseil municipal d'Arras. Le match devrait être intéressant, tout comme celui qui pourrait opposer Frédéric Descrozaille à Sylvain Berrios, selon les informations du Monde. Le premier est le député sortant Renaissance, spécialiste des question agricoles, cheville ouvrière de la réforme de l'assurance récolte, ancien directeur général d'Interfel (fruits et légumes) et des Jeunes agriculteurs. Le second, maire de Saint-Maur-des-Fossés, aura le soutien du parti d’Édouard Philippe et de celui de François-Xavier Bellamy (LR).
Législatives: Benoît Biteau affrontera Anne-Laure Babault en Charente-Maritime
Dans un message posté le 14 juin sur le réseau X, l'ancien eurodéputé écologiste Benoît Biteau annonce qu'il sera candidat pour le Nouveau Front populaire (NFP) dans la deuxième circonscription de Charente-Maritime. Sixième de la liste des écologistes aux élections européennes, l'agriculteur n'a pas été réélu le 9 juin. Il affrontera cette fois la députée Modem Anne-Laure Babault, récemment missionnée par le gouvernement sur la question des relations commerciales, en vue d'une loi Egalim 4. Dans le Doubs, c'est l'ancienne ministre de l'Environnement Dominique Voynet qui se présente, rapporte la presse locale. Elle se présentera dans la deuxième circonscription, où la majorité présidentielle s'était imposée de justesse en 2022. Non loin de là, dans la 2e circonscription de Charente, tenue par la majorité présidentielle, c'est une porte-parole départementale de la Confédération paysanne Carole Ballu, qui portera les couleurs du NFP. En Bretagne, le député des Côtes-d'Armor Marc Le Fur, spécialiste des questions agricoles, a annoncé qu'il ne se représentera pas, en raison d'une maladie. C'est son fils, Corentin Le Fur, âgé de 34 ans, qui devrait se présenter, qui «travaille à l'Assemblée nationale depuis sept ans».
Législatives: ces autres candidats agricoles de la majorité qui retentent leur chance
Ils ne sont pas aussi connus que Jean-Baptiste Moreau: trois agriculteurs se représentent aux législatives pour la majorité présidentielle après avoir échoué en 2022, selon la presse locale. Ancien député, Michel Delpon va retenter sa chance après avoir échoué à se reconduire en 2022, dans la deuxième circonscription de Dordogne, rapporte France Bleu. Il avait été battu en 2022 par un candidat du Rassemblement national. Dans la première circonscription de l'Ain, Vincent Guillermin (Renaissance) repart, après avoir échoué au premier tour il y a deux ans, avec 19% des voix, rapporte Le Progrès. Selon l'Est éclair, la viticultrice Salomé Fontaine-Garcia a été investie comme candidate Modem de la majorité présidentielle dans la deuxième circonscription de l'Aube, où elle avait également échoué au premier tour en 2022, avec 16% des scrutins.
Aides Pac: paiement «complémentaire» de 140 M€ «d'ici juin», a priori sur les aides découplées
Dans un communiqué paru le 16 juin, le ministère de l'Agriculture annonce qu'en raison d’une «souplesse nouvelle de la réglementation européenne», applicable pour cette nouvelle programmation 2023-2027», un paiement de «reliquat de paiements directs» sera versé aux agriculteurs français pour un montant de 140 millions d'euros «d'ici juin». La Rue de Varenne ne donne pas de détail sur les raisons précises de l'existence reliquat. Quant à la ventilation de cette aide, le ministère indique simplement qu'il lui est «possible» d'augmenter «le montant unitaire de certaines aides, notamment pour l’écorégime, le paiement redistributif et pour l’aide complémentaire pour les jeunes agriculteurs, afin d'optimiser la mobilisation des enveloppes disponibles». Ce montant sera distribué «indépendamment des paiements des aides Bio et Maec qui se poursuivent». L'annonce intervient alors que la FNSEA a annoncé des mobilisations à partir du 17 juin, en raison des retards de versement des aides bio et des Maec.
Saisonniers et faux papiers: un trafic international démantelé dans le sud-ouest
Un réseau qui fournissait des faux papiers à de la main-d'œuvre agricole recrutée en Amérique du Sud pour venir travailler dans le sud-ouest de la France a été démantelé cette semaine, a appris l'AFP de source policière. L'enquête a permis d'interpeller 12 personnes lundi 10 juin, neuf en France et trois en Espagne. À l'origine de l'affaire, la Mutualité sociale agricole (MSA) avait demandé à l'Oltim (Office de lutte contre le trafic illicite de migrants) de vérifier l'authenticité des pièces d'identité espagnoles fournies par des salariés d'exploitations dans le nord des Landes, employés pour récolter des asperges ou cueillir des tomates entre autres activités. Ces documents se sont avérés être des faux, cinq de ces travailleurs ont été arrêtés et les enquêteurs ont ensuite remonté la piste des faussaires. «On a mis au jour un important réseau qui était actif dans un secteur où il y a un gros besoin de main-d'œuvre », souligne-t-on à l'Oltim. Il aurait fourni des faux papiers à 180 personnes au moins, en l'état des investigations du service, qui se poursuivent désormais dans le cadre d'une information judiciaire. Les policiers ne disposent pas d'éléments mettant en cause les employeurs.
Viticulture: baisse du taux de contrôle sur deux aides, suppression des certaines sanctions
À l'occasion d'un Conseil supérieur d'orientation (CSO) agricole, le 14 juin, dédié aux mesures de simplification promises après les manifestations de cet hiver, le ministère de l'Agriculture a annoncé des allègements de contrôles et de sanctions dans le secteur viticole. D'après le document fourni aux participants, qu'Agra Presse a pu consulter, le ministère de l'Agriculture prévoit d'abord une «baisse du taux de contrôle sur place» (CSP) pour les dispositifs d'aide à la restructuration du vignoble et à l'investissement vitivinicole, gérés par FranceAgriMer. La mesure reviendrait à la «suppression de 7000 contrôles». Le ministère souligne que c'est la déclinaison française de la nouvelle Pac qui «permet pour la première fois à chaque État membre de fixer ses taux de CSP sur la base d'une analyse de risques complétée par une sélection aléatoire pour mesurer l'efficacité de la sélection». Par ailleurs, le ministère a annoncé la suppression des sanctions pour sous-réalisation et pour différences d'écartement entre les rangs de vignes pour la mesure «restructuration du vignoble»; ainsi qu'une suppression de la sanction pour démarrage avant l'autorisation de commencer les travaux, pour l'aide à l'investissement viticole.
Crise viticole : en congrès, la confédération des vin IGP montre des pistes pour rebondir
Appelant à «ne pas être défaitiste» face à la crise viticole, la Confédération des vins IGP a montré le 13 juin des «pistes d’évolution». Il faut «s’adapter au goût des clients, ne pas rester sur nos acquis», a déclaré en congrès le président Gérard Bancillon. Les vins «IGP sont plus aptes à ça», n’ayant «pas la lourdeur de certains cahiers des charges» ou des «préjugés» en matière de packaging. Un créneau à développer, selon lui, est le Bib (aussi appelé fontaine à vin). Ses ventes augmentent à l’export, a indiqué le courtier Florian Ceschi (Ciatti Europe), citant l’exemple de la Suède où ce format pèse quelque 60% du marché et n’est pas réservé à l’entrée de gamme. Les effervescents constituent une autre piste, très peu exploitée par les IGP faute d’autorisation dans les cahiers des charges. Gérard Bancillon a souligné «la réussite du prosecco, du cava». Reste à obtenir «des arbitrages gouvernementaux» pour se rentrer sur ce marché. Plus généralement, le constat est sévère sur le positionnement des vins IGP en grande distribution: «On est globalement très mauvais», a-t-il admis. Et d’inviter à réfléchir sur «des marques très lisibles», «facilement abordables» pour le consommateur, avec des packagings innovants. «Ne restons pas sur une offre monolithique.»
Champagne: les ventes s'émoussent aussi pour le groupe de Nicolas Feuillate
La maison mère des champagnes Nicolas Feuillatte a vu ses ventes de bouteilles reculer en 2023, comme les autres grands groupes du secteur, mais est parvenue à limiter la casse en montant ses prix et grâce à ses activités de distribution, selon un communiqué le 16 juin. Le chiffre d'affaires consolidé de Terroirs & Vignerons de Champagne (TEVC), une union de coopératives agricoles, a reculé de 1,3% l'an dernier à 290 millions d'euros. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 8,8 millions d'euros. Après une année 2022 record, les volumes sur l'ensemble du marché de la prestigieuse boisson à bulles ont reculé de 8% en 2023, selon l'interprofession Comité Champagne. Le chiffre d'affaires de Nicolas Feuillatte, qui représente de loin les plus gros volumes de TEVC, a reculé de 12%. La marque est engagée dans une stratégie de montée en gamme et a notamment arrêté en 2023 d'élaborer la ligne "Sélection Brut", au profit d'une nouvelle version de "Grande Réserve", souligne le groupe dans son rapport annuel. Avec des ventes plus confidentielles, Champagne Castelnau a vu ses ventes bondir de 47%.
Spiritueux : rendement et budget en baisse à l’interprofession du cognac
Face à «un contexte géopolitique qui menace ses expéditions à court terme», l’interprofession du cognac (BNIC) a décidé le 13 juin de réduire de 14% son budget et de 16 % les rendements. «Pour 2024-2025, un rendement annuel cognac de 8,64 hl/ha a été adopté», selon le communiqué. Le budget 2024-2025 du BNIC est abaissé de 14%. En parallèle, la filière veut «dès que possible» activer les leviers permettant l’adaptation du vignoble, comme «la possibilité de réaffecter des surfaces destinées à la production de cognac vers d’autres débouchés rémunérateurs ou de prolonger le délai d’utilisation de ses droits de plantations nouvelles». Deux menaces pèsent sur la filière: des droits anti-dumping instaurés par la Chine, en représailles aux sanctions européennes sur ses véhicules électriques, de nouvelles taxes aux Etats-Unis, en cas d’alternance politique. Après avoir atteint un niveau record en 2020-2021 et 2021-2022, les expéditions de cognac ont diminué à partir du milieu de 2022, souligne le communiqué. Leur baisse est «l’effet conjugué d’un surstockage par les distributeurs américains au lendemain de la pandémie, et d’un redémarrage moins rapide que prévu de l’économie chinoise après sa longue période de confinement». Elle s’est stabilisée à la fin de l’année 2023, d’après le BNIC.
Porc: début 2024, la production montre des premiers signes de stabilisation (Inaporc)
Après deux années de forte décapitalisation, la production française de porcs a montré des premiers signes de stabilisation sur les premiers mois de 2024, selon des chiffres communiqués par Inaporc lors d’une conférence de presse le 11 juin. Sur les cinq premiers mois de 2024, les abattages augmentent de 0,4% en nombre de têtes par rapport à la même période de 2023. La production de viande porcine affiche, elle, +1% en téc sur la même période, en raison d’animaux plus lourds. «En 2023, les éleveurs français ont produit 22 millions de porcs», rappelle l’interprofession porcine dans un dossier de presse. Soit une baisse de 4,8% en un an, moins lourde que celle de la moyenne européenne (-7,9%). Du côté de la demande, sur les deux premiers mois de 2024, «la consommation apparente de porc se redresse à +1,6% [en France], portée par la restauration hors domicile», note Inaporc. Une reprise qui profite aux importations, mieux placées dans ce débouché privilégiant les bas prix (+3,4% en un an sur les deux premiers mois de 2024). L’année dernière, la consommation de viande porcine avait chuté de 3,7% par rapport à 2022, sous l’effet du retour massif des viandes de volailles après l’épizootie d’influenza aviaire. Le porc reste la première viande consommée en 2023, avec 30,6 kgéc/habitant/an, contre 29,5 kg pour la volaille.
Influenza aviaire: trois cas sauvages en Bretagne, les premiers depuis mars (presse)
Trois goélands ont été retrouvés morts de l’influenza aviaire les 5 et 10 juin à Hillion (Côtes-d’Armor), dans la baie de Saint-Brieuc, indique Ouest-France le 13 juin (article payant). «Nous avons reçu les résultats des analyses ce jeudi matin (13 juin, NDLR). Les deux cas sont positifs», confirme Cédric Jamet, garde technicien de la réserve naturelle, cité par le quotidien régional. Et d’estimer que, «après trois cas, il faut être méfiant». Comme le rappelle la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale, le dernier cas détecté en faune sauvage dans l’Hexagone remonte au 4 mars. Actuellement, «c’est l’époque de l’année où le virus revient, note Pascal Provost, conservateur de la réserve naturelle des Sept-Îles. Nous ne voudrions pas revivre l’épisode d’influenza aviaire qui avait décimé la colonie [de fous de Bassan] à l’été 2022.» En février 2023, plusieurs élevages de poules pondeuses avaient déploré des foyers dans les Côtes-d’Armor, où sont produits un cinquième des œufs français. Cette année, seuls dix foyers d’influenza aviaire en élevages et 23 en faune sauvage ont été dénombrés, notamment grâce à la vaccination obligatoire des canards.
Nappes phréatiques: situation globalement «très favorable», sauf dans les PO et en Corse
La situation des nappes phréatiques françaises a continué de s'améliorer en mai sous l'effet des pluies et présente un état globalement «très satisfaisant», à l'exception de quelques régions, laissant «entrevoir une période estivale moins difficile que l'an dernier», a annoncé le 14 mai le BRGM. Au 1er juin, 70% des nappes de l'Hexagone présentent des niveaux au-dessus des normales, contre 65% un mois auparavant. Seuls 19% (contre 22%) restent à des niveaux peu satisfaisants. «La situation est plus favorable que celle observée l'année dernière, en avril 2023, où 66% des niveaux se trouvaient sous les normales mensuelles», note le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans un bulletin. Seules les nappes des Pyrénées-Orientales et de Corse conservent des niveaux plus bas qu'en mai 2023, précise l'institut. Selon Météo-France, le printemps météorologique (mars-avril-mai) a été «le plus pluvieux depuis 2008», «avec une anomalie de +45%» de précipitations; mai 2024 a été le mois de mai le plus pluvieux depuis 2013.
Noix de Grenoble: Nagearaffe prend la tête de l'interprofession et promet la «continuité»
À la suite de l’assemblée générale du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING) le 7 juin, le producteur Christian Nagearaffe a été élu président. Il succède à Arnaud Rivière, négociant en noix, selon le principe de l'alternance triennale des collèges à la présidence. Christian Nagearaffe était déjà administrateur du CING «depuis de nombreuses années». Dans son communiqué, le CING indique que le nouveau président souhaite «une continuité de la stratégie mise en place par son prédécesseur». Et de citer les objectifs suivants: «renforcer la communication et la promotion de l’AOP, œuvrer pour que toute la filière soit gagnante: les producteurs et les metteurs en marché». Et d'annoncer de nouveau chantiers: «la révision du cahier des charges, la structuration nationale, la visibilité de l’AOP.»
Huiles végétales: Christophe Beaunoir (Lesieur), nouveau président de la Fediol
Le Français Christophe Beaunoir a été élu à la présidence de l’association européenne des industries d’huiles végétales et de farines protéiques (Fediol) le 13 juin lors de l’assemblée générale de l'organisation. L’actuel p.-d.g. de Lesieur (Groupe Avril) est élu pour un mandat de deux ans (2024-2026) et succède à l’Espagnol Jordi Costa, qui devient lui vice-président pour un an. Avant de rejoindre Lesieur en avril 2024, Christophe Beaunoir était p.-d.g. de Saipol depuis 2018. La Fediol regroupe dix associations nationales de l’industrie des huiles végétales et farines protéiques de l’UE, ainsi que 9 membres associés.
Ruminants/recherche: l’éleveur laitier bio Samuel Bulot élu président de l’Idele
Réuni le 13 juin, le conseil d’administration de l’Institut de l’élevage (Idele) a élu à sa tête l’éleveur laitier bio Samuel Bulot, selon un communiqué. M. Bulot est aussi secrétaire général de la FDSEA de Côte-d’Or et vice-président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), qu’il représente au sein de l’institut technique. Âgé de 50 ans, il s’est installé en 1998 à Prâlon, près de Dijon. Avec deux salariés à temps partiel, il élève une soixantaine de vaches laitières (simmental, montbéliardes et croisées), sur 220 ha. Parmi les priorités de son mandat de trois ans, Samuel Bulot entend notamment «développer les activités de transfert» de l‘institut: «Le travail de l’Idele doit descendre dans toutes les cours de ferme», estime-t-il. Il succède à un autre éleveur laitier de Bourgogne-Franche-Comté, Martial Marguet.