Suicides: tendance «à la hausse» chez les agriculteurs entre 2017 et 2020 (MSA)
Dans son rapport «Charges et produits» pour 2024, la MSA a publié les résultats d'une récente étude sur la mortalité par suicide et les tentatives de suicide des assurés agricoles, des données qui n'avaient pas été mises à jour depuis 2017. Chez les exploitants agricoles (non-salariés agricoles) de 15 à 64 ans, le risque de mortalité par suicide observé en 2020 «se détache à la hausse de la tendance des années antérieures et révèle un sur-risque de suicide significatif contrairement aux années 2015 et 2017», constate la MSA. Il est plus élevé de 77,3% par rapport au risque constaté chez les assurés de tous régimes (+82,1% chez les plus de 65 ans). Chez les salariés agricoles, de tous âges, la fréquence des suicides n’est pas significativement supérieure – sur ce point, la MSA estime que les chiffres sont à analyser avec «prudence» et plaide pour un «approfondissement des travaux». Les chiffres des tentatives de suicide montrent, quant à eux, «une relative stabilité» chez l'ensemble des assurés agricoles sur la période 2017-2021. Le taux brut de tentatives de suicide suivies d’hospitalisation est de 9,2 pour 10 000 consommants de soins dans le régime agricole en 2021, un taux inférieur à celui de la population tous régimes (12 pour 10 000). Pour rappel, toutes populations confondues, le taux brut de tentatives de suicide est plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
Santé mentale: alcool et cannabis surreprésentés chez les salariés agricoles, alerte la CGT
Chez les salariés agricoles, il existe une surreprésentation des patients atteints de troubles addictifs, par rapport à la population tous régimes confondus (+27,7% pour l’alcool et +7,2% pour le cannabis), alerte la Fnaf-CGT dans un communiqué le 15 décembre. Le syndicat se fonde sur le rapport «Charges et produits» de la MSA pour 2024. Et d'ajouter que les dépressions et troubles de l’humeur sont également beaucoup plus fréquents chez ces salariés. «Comment ne pas lier ces données avec l'accroissement continu du nombre de travailleurs agricoles déclarés inaptes, présentant des inaptitudes principalement dans les domaines ostéoarticulaire (56,3%) et psychiatrique (26,3%)?» interroge le syndicat, rappelant que les troubles musculosquelettiques sont indissociables des facteurs psychiques et organisationnels. La généralisation des contrats à durée déterminée (CDD saisonniers), les salaires proches du Smic et «l'exposition d'environ 10% des travailleurs à des produits chimiques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques» seraient à l’origine de l’accroissement des comportements addictifs, selon la Fnaf-CGT. «Par la réforme de Pôle emploi ainsi que celle du RSA qui y est associée, gouvernement et patronat favorisent ces modalités d'emploi instable et la misère», tonne le syndicat.
Négociations commerciales: Eurocommerce intente un recours contre la loi Descrozaille
Dans un communiqué du 14 décembre, Eurocommerce, la principale organisation de distributeurs et grossistes européens, annonce qu’elle intente un recours auprès de la Commission européenne contre la loi Descrozaille, adoptée en mars 2023. Eurocommerce considère que la loi française «empêche les distributeurs et les grossistes de chercher de meilleures conditions d’achat dans le marché unique européen», explique sa directrice générale Christel Delberghe. Selon elle, cette législation a pour conséquence de les empêcher de «fournir un meilleur choix et des prix plus abordables pour les consommateurs européens». L’organisation, dont fait partie la FCD (distribution française), craint que l’initiative ne crée un «dangereux précédent». Elle demande à la Commission de «prendre en urgence des mesures contre cette violation claire des règles de l’Union européenne sur la libre circulation et le libre choix de la loi applicable dans les contrats». Pour rappel, la loi Descrozaille prévoit que les dispositions du droit du commerce s’appliquent «à toute convention entre un fournisseur et un acheteur portant sur des produits ou des services commercialisés sur le territoire français». Elle ajoute qu’elles sont «d’ordre public» dans l’objectif d’éviter le contournement du droit français par les centrales d’achat situées à l’étranger.
Distribution: Casino entre en négociations exclusives avec Auchan et Intermarché
Le groupement Les Mousquetaires (Intermarché/Netto) et Auchan sont entrés en «négociations exclusives» avec Casino pour le rachat de «la quasi-totalité du périmètre des hypermarchés et supermarchés» du groupe stéphanois, ont-ils annoncé par voie de communiqué. Selon les informations données par Casino, les discussions portent sur «313 magasins». «L’ensemble des salariés des magasins transférés seraient repris» par Intermarché et Auchan, précise le groupe. L’opération «pourrait intervenir avant la fin du premier trimestre 2024». La plupart des grands noms du secteur de la distribution alimentaire ont été associés ces derniers jours à celui de Casino, qui, aux abois, s'est dit prêt à étudier des offres de concurrents pour le rachat de tout ou partie de ses magasins grand format, hyper et supermarchés. Seuls Auchan et Intermarché avaient officialisé une candidature à la reprise de l'ensemble du parc. Il y a quelques mois, Intermarché s'était déjà accordé avec Casino pour le rachat de 119 magasins, plus une soixantaine en option. Une soixantaine a changé d'enseigne début octobre. Par ailleurs, Intermarché et Auchan ont annoncé, le 5 décembre, travailler sur une alliance à l’achat pour créer la première centrale d'achat française.
Ecophyto: puceron, black-rot et mildiou parmi les priorités d’action des filières
Dans le cadre des travaux en cours sur Ecophyto, 40 des 75 substances actives menacées de retrait concernent les fruits et légumes et couvrent 336 usages, a indiqué le directeur de l'ANPP (association nationale pomme poire) Pierre Venteau à Agra Presse. «Près de la moitié des espèces de fruits et légumes sont concernées avec 18 fruits et 29 légumes», a-t-il précisé. D’après Pierre Venteau, le secteur est particulièrement inquiet de la disparition d’insecticides: «Pour les grandes filières fruits et légumes, la plus grosse problématique à date, c’est le puceron avec la fin du Movento (spirotétramate, NDLR)». Interrogé, le co-président de Légumes de France Cyril Pogu s’inquiète de nouvelles «impasses» dues par exemple au retrait des fongicides diméthomorphe (sur oignons) et cymoxanil (haricots verts, pois frais), ainsi que des herbicides lénacile (épinard) et Métobromuron (laitue). De son côté, le filière vin a identifié deux usages prioritaires: «protéger la vigne contre le black-rot et le mildiou» indique Éric Chantelot, expert Ecophyto à l’IFV (Institut de la vigne et du vin). Les filières devaient faire le point en comité interfilières dans la soirée du 18 décembre pour définir une première vague de plans d’actions.
Méthane/élevage: un prototype parvient à l’éliminer à faible concentration en milieu confiné (étude)
Dans une étude publiée le 18 décembre dans la revue Environmental Research Letters, des chercheurs danois affirment être parvenus, en conditions de laboratoire, à élaborer un prototype permettant de réduire de 58% le taux de méthane dans l’air. Dénommé MEPS (pour «système d’élimination photochimique du méthane»), il aurait «le potentiel pour constituer une méthode viable d’élimination du méthane à faible concentration dans une atmosphère viciée». Les scientifiques envisagent d’améliorer leur procédé et de le tester pour les bâtiments d’élevage (porcs, bovins) et les stations d’épuration. Le méthane est traité par «oxydation avancée en phase gazeuse»: il réagit avec des radicaux chlorés, préalablement formés par photolyse de dichlore (application de rayons UV). La réaction aboutit à la production de CO2 (au pouvoir réchauffant 80 fois inférieur au méthane) et de H2 (dihydrogène). Comme le rappellent les chercheurs, des technologies sont déjà commercialisées pour éliminer le méthane à haute concentration (de 1000 à 40 000 ppm). Mais «environ trois quarts des émissions de méthane se déroulent à une concentration inférieure à 1000 ppm». À ces faibles concentrations (p.ex. 50 ppm en élevage), seules des «méthodes émergentes» ont vu le jour, qui n’ont pas pu être industrialisées.
Commerce international: des entreprises renoncent au transport de marchandises par la mer Rouge
Plusieurs acteurs majeurs du transport maritime (MSC, CMA CGM, Maersk et Hapag-Lloyd), ainsi que la société pétrolière britannique BP, ont annoncé les 15,16 et 18 décembre, renoncer à faire transiter leurs marchandises par la mer Rouge, depuis le détroit de Bab-el-Mandab jusqu’au canal de Suez. «La situation continue de se détériorer et les inquiétudes en matière de sécurité augmentent», justifie le Groupe CMA CGM dans un communiqué. Il ajoute que ces mesures sont prises «avec effet immédiat et jusqu'à nouvel ordre». Ces décisions préventives font suite à une série d’attaques des rebelles yéménites du mouvement Houthi à l’encontre de quatre porte-conteneurs occidentaux, dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas. Le détroit de Bab-el-Mandab est un carrefour important du commerce mondial, représentant environ 10% des échanges globaux et permettant notamment aux produits en provenance d’Asie d’accéder à la mer Méditerranée via le canal de Suez. Le contournement de cette zone vers le cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud) par les navires, une des solutions envisagées, devrait inévitablement entraîner une augmentation importante des temps de transport.
Fruits et légumes/fromages: les Vingt-sept se prononcent sur les emballages
Les ministres de l’Environnement de l’UE ont validé, le 18 décembre, leur approche générale concernant la proposition de règlement sur les emballages et les déchets d’emballages. Cette adoption permet au Conseil de l’UE de prendre position avant d’entamer, dès l’année prochaine, les négociations interinstitutionnelles avec le Parlement européen. La Belgique, qui assurera la présidence du Conseil de l’UE pour le premier semestre 2024, a fait de ce dossier une priorité de son mandat, avec l'objectif de conclure avant les élections européennes de juin. La position des Vingt-sept se veut un équilibre entre le maintien de l'ambition de réduction de déchets d'emballages et les flexibilités suffisantes accordées aux États membres pour mettre en œuvre le règlement. Concrètement, les ministres de l'UE souhaitent introduire des restrictions sur certains formats d'emballage, comme les emballages en plastique à usage unique pour les fruits et légumes. Par ailleurs, le Conseil de l’UE fixe de nouveaux objectifs en matière de réutilisation et de rechargement pour certains produits, dont les boissons alcoolisées et non alcoolisées (hors vin). Il est également prévu que le système de consigne ne s'applique pas au vin et au lait. Enfin, le ministre français de la Transition écologique, Christophe Béchu, s’est félicité de la prise en compte des demandes françaises sur l’exclusion des emballages légers en bois. Selon le texte, les enveloppes de cire autour des fromages ne constituent pas un emballage.
Viande: en Bretagne, l’UGPVB adhère au Medef, «une première» pour une OPA
«Notre conseil d’administration a souhaité se rapprocher du Medef Bretagne. Notre demande d’adhésion a été acceptée», a annoncé Michel Bloc’h, président de l’UGPVB (groupements bretons de producteurs de viande) lors de l’assemblée générale le 1er décembre. Et de préciser qu’il s’agit d’«une première en France» pour une organisation agricole. «Agir en réseau et en collectif avec nos partenaires des branches d’activité agricole et agroalimentaire est essentiel», note cet éleveur de porcs, avant d’ajouter qu’«il faut aller plus loin et nous ouvrir». Les premiers échanges avec le Medef Bretagne remontent à l’époque de la lutte contre l’écotaxe, rappelle-t-on du côté de l’UGPVB, tout en notant des «préoccupations identiques entre secteurs d’activité sur la simplification et la compétitivité». Alors que l’ABEA (industries agroalimentaires) siège déjà au Medef Bretagne, «c’est bien aussi que des représentants de l’amont soient présents». «Le rebond [de l’élevage] est possible», a encore lancé Michel Bloc’h dans son discours de clôture, à condition de relever «deux défis», selon lui: celui de «l’investissement et de la modernisation des élevages» et celui du «collectif des éleveurs».
Agro-tests: SGS cède ses activités d’agronomie à son concurrent Eurofins
Le groupe suisse d’inspection et de certification de produits SGS a annoncé la cession de ses activités d’agronomie à son concurrent Eurofins Scientific le 18 décembre, sans toutefois révéler le montant de la transaction. Cette cession doit permettre au groupe helvétique de recentrer sa division spécialisée dans la santé et la nutrition «sur l'alimentation, la pharmacie et les cosmétiques», souligne Frankie Ng, directeur général du groupe suisse, cité dans un communiqué consulté par l’AFP. «Cette acquisition renforce encore l’offre de services d’Eurofins dans les services de contrats de recherche en agrosciences et dans les agro-tests», a salué de son côté Gilles Martin, directeur général d’Eurofins Scientific. Les activités d’agrosciences du groupe helvétique englobent des tests aussi bien pour les semences que pour les produits de protection des cultures. Employant 480 personnes, elles se répartissent dans 14 pays en Europe, en Amérique du Nord, en Afrique du Sud et au Brésil. Leur chiffre d’affaires se monte à environ 46 millions de francs suisses (environ 48 M€), indique SGS dans son communiqué. Sujette à consultation auprès des parties prenantes locales, la transaction devrait être finalisée «dans les prochains mois», estime le groupe suisse dans son communiqué.