Génétique bovine: lancement d’un projet de société d’évaluation européenne
Le réseau Eliance sera l’actionnaire français du «projet d’évaluation bovine européenne» (EBE), annonce-t-il dans un communiqué le 15 avril. Ce projet vise à créer une société européenne pour «mettre en commun des outils et compétences» afin de «produire des index génétiques de caractères élémentaires pour les ruminants», informe le communiqué. Fin mars, huit pays ont confirmé leur participation au projet: la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne, le Danemark, la Finlande et la Suède. Un premier index pour la race holstein devrait être publié d’ici 2027, puis d’autres races laitières suivront en 2028. Ce projet sera «ouvert à terme à toutes les espèces et races de ruminants», indique le communiqué. Le projet EBE vient «en complément de nos outils actuels participant au processus français d’évaluation génétique, comme GenEval», indique Eliance. «Le choix d’avoir recours à cet outil européen sera laissé aux races et aux espèces», explique le directeur d’Eliance, Cédric Cabrol. L’EBE devrait reposer sur le partage des «index élémentaires», les index plus «complexes» resteraient calculés au niveau national. Dans les tuyaux depuis 2016, le projet est «toujours en construction», souligne Cédric Cabrol. «Il faut maintenant construire l’outil», déclare-t-il.
Assurance/prairies: l’observatoire de la pousse de l’herbe officiellement lancé
Chambres d’agriculture France et l’Institut de l’élevage (Idele) lancent officiellement l’Observatoire national de la pousse de l’herbe, annoncent les deux partenaires dans un communiqué le 17 avril. Une étape très attendue par les éleveurs, dans un contexte de critiques récurrentes sur la fiabilité de l’indice satellitaire utilisé depuis le 1er janvier 2023 pour mesurer les pertes des prairies. Constitué d’un réseau de fermes de référence, l’Observatoire «permettra de fournir des données pour fiabiliser l’indice satellitaire prenant en compte la diversité des situations pédoclimatiques», expliquent les chambres et l’Idele. Il regroupe au démarrage «350 exploitations réparties [dans] 70 régions fourragères». Comme annoncé par Marc Fesneau fin mars, «ce réseau devrait prochainement être étendu aux régions fourragères non couvertes», notamment «dans l’arc méditerranéen fortement sujet aux risques climatiques», indiquent les deux organisations. Dans le détail, les mesures de pousse de l’herbe seront réalisées du 1er février au 31 octobre, «tous les dix jours à l’aide d’un herbomètre connecté», mis en place par «des agents des chambres d’agriculture et de leurs partenaires, spécialement formés» pour l’occasion.
Élevage: le Danemark va financer un additif alimentaire pour réduire ses émissions de méthane
Le Danemark a validé une aide aux éleveurs de vaches laitières pour l’achat d’un additif alimentaire qui limite les émissions de méthane des ruminants, rapporte Reuters dans une dépêche le 15 avril. Le gouvernement danois prévoit une enveloppe de 70 millions d’euros pour le soutien à l’achat du produit. L’objectif est de réduire jusqu’à 30% des émissions de méthane des 550 000 vaches laitières du pays pour 2030. Cet additif, commercialisé sous le nom de Bovaer, a été autorisé dans l’UE en février 2022. Ce financement semble s’inscrire dans une politique d’accompagnement de l’agriculture danoise dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Le pays cherche effectivement à mettre en place une taxe sur les émissions des exploitations agricoles. Cela aiderait le Danemark à respecter ses objectifs de réduction de 70% de ses émissions de GES d’ici 2030, par rapport à 1990. En février, les agriculteurs danois avaient fait part de leurs inquiétudes quant aux coûts financiers d’une telle taxation, craignant d’être forcés à fortement réduire leur production, voire à fermer des exploitations. Pour le moment, aucun calendrier n’a été officialisé par le gouvernement danois.
Pesticides: PAN Europe appelle Bruxelles à prendre des mesures contre les molécules reprotoxiques
Pesticides Action Network (PAN Europe) demande, dans une lettre du 9 avril adressée à la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides, d’imposer une tolérance zéro aux résidus de produits phytosanitaires reprotoxiques. Malgré leur interdiction dans l'UE, six de ces pesticides (thiaclopride, mancozèbe, glufosinate, carbendazim, cyproconazole, isopyrazam) sont toujours présents dans les aliments importés, déplore l’association. Elle souligne que ce «double standard» place les agriculteurs européens dans une situation de concurrence déloyale. «En outre, nous avons observé que certaines de ces substances restent approuvées et sont utilisées dans la production alimentaire de l'UE même après avoir été officiellement classées comme reprotoxiques», ajoute PAN Europe, citant deux molécules: la flurochloridone (dont l’autorisation a été prolongée jusqu’en mars 2026 faute d’évaluation des risques complète) et le diméthomorphe (dont l’interdiction a été validée par les États membres, mais ne sera effective qu’à partir de février 2025).
Élections européennes: Via Campesina plaide pour une Pac qui régule les marchés
La coordination européenne Via Campesina a publié, le 17 avril en vue des élections européennes, une série de recommandations pour assurer des revenus «dignes» aux agriculteurs tout en répondant aux défis climatiques et environnementaux. «L’avènement du Pacte vert et de sa Stratégie de la ferme à la table semblaient contenir la promesse d’une évolution vers des systèmes alimentaires durables. Cependant, au cours des deux dernières années, ces politiques ont été dépouillées de toute ambition et de tout contenu substantiel», regrette Via Campesina. Parmi ses propositions: rendre son rôle de régulation des marchés agricoles à la Pac en mettant en place des stocks publics pour stabiliser les prix; renforcer «de toute urgence» la directive sur les pratiques commerciales déloyales afin de garantir que tous les prix des produits de l'UE couvrent leurs coûts de production; et mettre fin aux accords de libre-échange. L’organisation plaide également pour rééquilibrer, via les plans stratégiques de la Pac, la présence des élevages dans tous les territoires européens d'ici 2035 en adaptant la taille des cheptels avec les terres disponibles et les besoins en fourrages.
Bio: la FNSEA et les JA appellent à l’aide face au risque de déconversion
La FNSEA et les JA demandent à l’État d’adopter «une vision stratégique» pour permettre aux producteurs bio d’envisager «une sortie de crise durable», dans un communiqué le 17 avril. Si le décalage de 15 jours de la clôture des demandes d’aide constitue «un premier pas appréciable», les deux syndicats estiment qu’il faut convenir d’une «date spécifique de dépôt des dossiers» pour les exploitations devant effectuer une comptabilité prévisionnelle. Ils estiment que le fonds d’urgence de 90 millions d’euros (M€) est insuffisant et demandent «un budget de 150 M€ et une meilleure prise en compte du revenu» pour permettre le «maintien» des agriculteurs en bio. La FNSEA et les JA proposent aussi de conditionner les aides à la conversion à l’obligation de contractualiser «à la fois sur le volume, le prix et la durée», ou à réaliser une étude de marché pour ceux qui souhaitent vendre en direct. Enfin, les syndicats majoritaires dénoncent les «nombreux retards de paiements» sur les aides bio et MAEC qui «fragilisent encore plus» la situation des producteurs.
Agrivoltaïsme: JA s’opposera aux projets dépassant 25% de couverture des sols
Réagissant à la publication récente du décret encadrant l’agrivoltaïsme, Jeunes agriculteurs conteste la limite de 40% de taux de couverture des sols «permettant des projets qui pénaliseront excessivement la productivité agricole». «En l’état actuel des technologies agrivoltaïques, les projets au-delà d’un taux de couverture de 25% ne nous semblent pas devoir recueillir un avis favorable en CDPenaf, puisqu’ils engendrent des pertes de rendement nettement supérieur à 10%», selon un communiqué. Le syndicat dit vouloir être «particulièrement présent» lors de ces commissions départementales pour «ne retenir que les projets vertueux». Par ailleurs, JA s’inscrit dans les travaux parlementaires sur le partage de la valeur. «La rente tirée des énergies ne saurait être préemptée par quelques-uns», met en garde le syndicat. Un groupe de travail transpartisan a été lancé, il y a trois semaines, autour du député Pascal Lecamp (Modem, Vienne) sur le partage de valeur et la contractualisation dans l’agrivoltaïsme, confirme l’entourage du député à Agra Presse. Le dépôt d’une proposition de loi est prévu «avant la fin de la session parlementaire mi-juillet».
Céréales à paille: vers un net recul des surfaces en 2024 (Agreste)
Dans une note parue le 16 avril, le ministère de l'Agriculture présente les premières estimations des surfaces de céréales à paille (hors riz, mélanges et céréales mineures) pour 2024. En raison des épisodes successifs de forte pluviométrie depuis la mi-octobre, les surfaces totales de céréales à paille devraient diminuer cette année de 6,1%, s’établissant à 6,8 millions d’hectares (Mha), contre 7,3 Mha en 2023. L’ensemble des régions est concerné par ce recul, et plus particulièrement celles de la façade Atlantique. Les surfaces de blé tendre (-7,7%) et de triticale (-8,8%) sont les plus affectées, tandis que les baisses des surfaces de blé dur (-2,6%) et d’orge (-2%) sont atténuées par la hausse des semis de printemps. Alors que les semis sont encore en cours, les surfaces d’orge de printemps sont estimées à 0,5 Mha pour 2024, en hausse de près de 50 000 ha en un an (+10,7%). «Délaissée dans les choix d’assolements en 2023, l’orge de printemps apparaît en 2024 comme l’une des alternatives aux cultures d’hiver qui n’ont pas pu être semées», souligne Agreste. Les pluies abondantes du mois de mars freinent toutefois la hausse de ces surfaces par endroits. Au niveau national, elles resteraient ainsi nettement inférieures à la moyenne 2019-2023 (-17%) et ne compenseraient pas totalement le recul des surfaces d’orge d’hiver en 2024 (-6,1%).
Céréales européennes: maintien des cours, malgré la domination de la mer Noire
Le renforcement du dollar a permis de maintenant les cours des céréales européennes ces derniers jours, sans toutefois les galvaniser dans un marché restant dominé par l’abondance de blé et de maïs moins chers en provenance de la mer Noire. La hausse de la devise américaine, au plus haut depuis cinq mois face à l’euro, «modifie un peu les rapports de force entre les produits européens et nord-américains», a précisé Damien Vercambre, courtier pour le cabinet Inter-Courtage, à l’AFP le 17 avril. Malgré cela, «la mer Noire est toujours sollicitée, comme le montre le dernier appel d’offres de l’Égypte», ajoute M. Vercambre. La veille, le pays a annoncé avoir acheté 120 000 tonnes de blé à l’Ukraine. «Force est de constater que les opérateurs disposant de blé ukrainien sont prêts à faire de gros efforts pour le faire passer», a-t-il relevé auprès de l’AFP. Offert à 224,90 $/t au prix FOB (sans frais de transport ou assurance), le prix a été négocié à 220 $/t, tandis que le coût du transport est descendu, après négociations, de 49 à 35,35 $/t. Que l’Égypte n’ait pas choisi le blé russe, alors même que certaines offres étaient initialement inférieures au blé ukrainien, relève sans doute d'une «décision politique», souligne l’expert. Et d’ajouter que Le Caire «voit bien que Moscou impose aux opérateurs de ne pas baisser les prix».
Négociations commerciales: lancement d’une consultation en ligne sur les lois Egalim
Dans le cadre de leur mission parlementaire sur les lois Egalim, les députés Anne-Laure Babault (Modem) et Alexis Izard (Renaissance) ont lancé, le 15 avril, deux questionnaires en ligne à destination des citoyens et des professionnels sur l'application gouvernementale Agora. Les résultats de ces consultations serviront à la rédaction du rapport des deux députés, attendu avant l’été. Anne-Laure Babault et Alexis Izard ont été missionnés par le gouvernement pour travailler sur une évolution du cadre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire quelques jours avant l’annonce d’Emmanuel Macron sur les «prix plancher» fin février. «Notre idée n’est pas de créer un Egalim 4, mais de faire en sorte que la loi s’applique à l’ensemble des agriculteurs», a déclaré Alexis Izard en conférence de presse le 13 mars. Concernant les prix plancher, «on ne s’interdit rien (…), mais on ne veut pas créer de prix plafond», a-t-il ajouté. Il assure que le fil conducteur de leurs travaux sera «la simplification».
Eau: la situation des nappes est «satisfaisante», sauf en Languedoc-Roussillon et en Corse
La situation des nappes phréatiques françaises est «satisfaisante» dans une grande partie du territoire grâce notamment aux pluies importantes de mars, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin mensuel le 16 avril. En mars, l’état des nappes s’est amélioré par rapport au mois précédent, avec 27% des points d’observation en dessous des normales. La situation apparaît plus favorable que l’année dernière, en mars 2023, où 75% des niveaux étaient situés sous les normales. En effet, le mois passé a été marqué par un excédent pluviométrique d’environ 85% par rapport à la période de référence 1991-2020, selon Météo-France. Le territoire a toutefois été touché inégalement par ces précipitations. Résultat: les niveaux des nappes demeurent «très préoccupants» dans le Roussillon. Sur le littoral du Languedoc, les nappes présentent encore des niveaux «peu favorables, de modérément bas à très bas». En Corse, la situation est hétérogène, avec des niveaux «bas à très bas» dans les nappes du littoral nord et est. «Pour l'instant, nous sommes assez optimistes concernant les prévisions estivales», indique Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, à l’AFP. Mais «la situation devra être particulièrement surveillée pour les nappes du littoral du Languedoc, du Roussillon et de Corse», prévient le BRGM.
Viande bovine: en Argentine, une baisse record de la consommation au premier trimestre
Dans son rapport économique publié le 16 avril, la Chambre d’industrie et de commerce des viandes d’Argentine (interprofession) fait état d’une baisse sévère de la consommation de viande bovine dans le pays au cours des trois premiers mois de l’année 2024, en comparaison avec la même période l’année précédente. Cela marque «le record le plus bas des trois dernières décennies», précise même le document. Selon les auteurs, la consommation de viande bovine par habitant aurait diminué de 18,5% entre mars 2023 et mars 2024, pour s’établir 42,6 kg/habitant/an (contre 52,3 kg en 2023). Il y a dix ans, en 2014, le volume de consommation annuel s’élevait à 60,2 kg/habitant, et a même atteint 68,4 kg/habitant en 2008. Au niveau de la production, l’interprofession annonce un volume de 745 000 tonnes, moins important qu’au premier trimestre 2023 (-7,6%, soit -61 161 t), mais avec une forte hausse des exportations en volume (+22,9% en interannuel). Selon toute vraisemblance, la viande bovine argentine a subi la concurrence de la viande porcine ou de la volaille, dont la consommation a doublé en 30 ans pour atteindre un niveau similaire au sien. Toutefois, les Argentins figurent toujours parmi les principaux consommateurs de viande bovine dans le monde (avec l’Uruguay).