Agrafil du 19 avril 2024

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Simplification de la Pac: des réticences avant le vote du Parlement européen

Résumant l’avis des eurodéputés de la commission de l’Environnement (Comenvi), son président Pascal Canfin a déploré le 18 avril «l’approche radicale» de la proposition de simplification de la Pac soumise par la Commission européenne qui supprime les obligations liées au jachères (BCAE 8). «Nous saluons les dispositions de simplification, et effectivement une certaine souplesse s’impose, mais, concernant la BCAE 8, ce n’est pas une simplification, mais une suppression pure et simple de la disposition», regrette-t-il. L'eurodéputé Renew critique également le fait que ce texte doive être examiné selon une procédure d’urgence «sans disposer du temps nécessaire pour l’étudier texte en détail» et sans étude d’impact pour le justifier. Sollicité par la Comenvi, le service juridique du Parlement européen n’a pas trouvé à redire sur la légalité de la procédure. «Nous verrons ce qu’il adviendra en plénière», a conclu Pascal Canfin. La proposition, à laquelle la commission parlementaire de l’Agriculture a déjà donné son feu vert, sera examinée en plénière le 25 avril. Le groupe des Verts a déposé une série d’amendements pour la rejeter ou, au moins, en limiter la portée.

Prairies permanentes: des eurodéputés de gauche contestent les dérogations

L’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau a déposé le 17 avril une objection, après avoir reçu le soutien d’une centaine de députés des groupes des Social-démocrates, des Verts et de la Gauche, pour bloquer l’acte délégué assouplissant les règles encadrant la protection des prairies permanentes. Un vote sera donc organisé le 23 mars à Strasbourg. L’objection a peu de chance d’être adoptée, mais elle permettra d’ouvrir un débat alors que la commission de l’Agriculture avait donné son feu vert, mi-mars, à ce texte, et estimait qu’il n’était pas nécessaire de porter le sujet en plénière. «Ce détricotage du volet écologique de la Pac, n'apporte aucune solution, ni au problème de revenus des agriculteurs, ni aux difficultés concrètes de mise en œuvre de la Pac», déplore pourtant Christophe Clergeau. L’acte délégué proposé par Bruxelles revoit les exigences de la conditionnalité en ce qui concerne le maintien des prairies permanentes (BCAE 1) en autorisant les Etats membres à réviser leur ratio de référence de 2018 afin que les régions ayant perdu plus de 5% de leurs surfaces de prairies ne soient pas obligées de les réimplanter.

Élections européennes: les propositions du Copa-Cogeca pour remettre la sécurité alimentaire au centre

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont publié le 18 avril leur manifeste en vue des élections européennes, qui fixe sept priorités pour la prochaine mandature. Il sera «essentiel de garantir la cohérence de toutes les initiatives législatives, et de reconnaître l’importance de l’économie et de la sécurité alimentaire au sein de l’UE», prévient le Copa-Cogeca, qui demande que toute nouvelle initiative comporte une analyse d’impact sur sa faisabilité, son impact sur la production, les terres et les zones rurales, ainsi que son impact sur le renouvellement générationnel. Et d’ajouter que «le développement de politiques supplémentaires ne devrait pas se faire en sacrifiant le budget de la Pac». Le Copa-Cogeca souhaite que l’autorisation des nouvelles techniques de sélection génomique (NBT) et des molécules phytosanitaires à faible impact soit accéléré, et demande une stratégie sur les engrais permettant d’atteindre l’autonomie stratégique en la matière. Par contre, il se montre très prudent sur la viande cultivée en laboratoire, plaidant pour l’application du principe de précaution. Enfin, le Copa-Cogeca réitère sa demande de nommer un commissaire à l’Agriculture assumant un rôle clé de vice-président de la Commission européenne, «en vue de respecter le rôle stratégique de la sécurité alimentaire et du caractère abordable des aliments».

Maroc: plusieurs accords professionnels attendus pour la visite de Fesneau le 22 avril

Lors de la visite de Marc Fesneau au Salon international de l’agriculture du Maroc (Siam), à Meknès le 22 avril, plusieurs accords professionnels devraient être signés entre les deux pays, a indiqué le cabinet du ministre de l’Agriculture le 18 avril. Ceux-ci devraient concerner les filières céréales, semences, oléagineux, races ovines de montagne, ainsi que les filières lait et viandes. D’autres accords devraient aussi porter sur la recherche agronomique. Le cabinet indique aussi que le Maroc et la France entendent travailler de concert sur l’impact du dérèglement climatique et sur la gestion des ressources hydriques, la Rue de Varenne considérant qu’il existe sur ce sujet une expertise à partager. Dans un cadre plus large, au travers de relations réciproques avec le royaume chérifien, la France entend renforcer ses relations avec l’Afrique sur les thèmes agricoles et de la préservation des terres et de l’eau. Attendant plus de 900 000 visiteurs, le Siam se tient du 22 au 28 avril, avec comme thème «Climat et agriculture: pour des systèmes de productions durables et résilients». L’Espagne est le pays à l’honneur cette année. Plus de 150 entreprises françaises devraient y exposer.

Séparation vente-conseil: Pannier-Runacher confie une mission d’appui au CGAAER

La ministre déléguée à l’Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé avoir confié une mission d’appui sur la réforme du conseil stratégique phytosanitaire (CSP) et l’adaptation de la séparation entre la vente et le conseil des phytos au CGAAER (ministère de l’Agriculture) le 18 avril. Parmi les axes de travail sur lesquels s’appuiera la mission figure notamment la possibilité de mettre en place «un nouveau conseil stratégique facultatif», souligne Mme Pannier-Runacher, citant un rapport du CGAAER publié en février 2023. Autre axe de travail évoqué: celui de l’aménagement de la séparation vente-conseil. «Notre objectif est clair: réduire de 50% l’utilisation et les risques des produits phytosanitaires d’ici 2030. Pour y arriver, nous devons travailler avec les agriculteurs et leur permettre d’avoir accès à un conseil pragmatique et de qualité, adapté au contexte de chaque exploitation», affirme la ministre. Pour mener à bien sa mission, le CGAAER devra associer les organisations professionnelles agricoles, les représentants du négoce agricole et des coopératives, ainsi que ceux des chambres d’agriculture et des autres structures réalisant des conseils spécifiques et stratégiques, a rappelé la ministre. Ses conclusions sont attendues pour juin.

Simplification: point d’étape en CSO, Fesneau présente «44 mesures et chantiers»

Lors d’un Conseil supérieur d’orientation agricole (CSO) le 17 avril, le ministre de l’Agriculture a fait un point d’étape sur la simplification des procédures administratives, présentant «44 mesures et chantiers» aux parties prenantes. Elles concernent de nombreux domaines: «installation/transmission/territoires», «soutien à la politique agricole par l’alimentation», forêt, «élevage et cohérence des réglementations», droit social et droit du travail. Parmi les mesures à venir, «un décret en cours de publication permettra d’assouplir effectivement les conditions de prise du congé paternité pour les exploitants agricoles», annonce le ministère de l‘Agriculture dans un communiqué le 18 avril. La Rue de Varenne indique aussi travailler sur «des chantiers permettant d’assouplir les obligations s’appliquant aux producteurs fermiers d’œufs et d’ovoproduits». Au niveau local, «deux chantiers ont été confiés aux préfets», affirme le ministère: amélioration de la relation avec les usagers, simplification de la mise en œuvre des obligations de débroussaillement (lutte contre les feux de forêts). Autre piste de simplification évoquée par le média Contexte: «Les dates d’interdiction des tailles de haies pourraient être fixées au niveau départemental, et non plus national.»

Lait: en 2023, les activités de Lactalis en croissance malgré un secteur laitier à la peine à la peine

Le géant du lait Lactalis a vu son chiffre d'affaires augmenter encore en 2023 malgré «l'érosion des marchés mondiaux» laitiers, tandis que son bénéfice net a rebondi de 11%, à 428 M€, a annoncé le groupe le 17 avril. La croissance des ventes du groupe a toutefois ralenti par rapport à l'année précédente, quand il avait détrôné Danone comme leader français de l'agroalimentaire. Le groupe a dégagé en 2023 un chiffre d'affaires de 29,5 Md€, en hausse de 4,3%. Il avait grimpé de 28% en 2022. Son bénéfice net a de son côté légèrement progressé, représentant 1,45% de son chiffre d'affaires. Il reste encore inférieur à celui de 2021. «Dans une année 2023 marquée par l'inflation, ses conséquences sur le pouvoir d'achat et des cours internationaux défavorables, la rentabilité du groupe est restée faible», a commenté le président du groupe Emmanuel Besnier. «Néanmoins, dans ce contexte difficile, les équipes de Lactalis ont maintenu le cap de la croissance rentable et responsable», a-t-il ajouté, en mettant en avant les innovations et «le prix accessible» de ces produits. En France, après de longs mois de désaccord sur le prix du lait, Lactalis et l’Unell (5300 livreurs) ont actualisé leur formule de prix début avril, avec une revalorisation des coûts de production des éleveurs.

Lait bio: Biolait veut multiplier par deux le nombre de fermes dans son réseau d’ici 2050

Le groupement de producteurs Biolait veut initier une «nouvelle ère» pour le lait bio et multiplier par deux le nombre de fermes dans son réseau d’ici 2050, indique-t-il dans un communiqué le 17 avril. Avec 1200 élevages adhérents, Biolait est le premier collecteur de lait bio en France (25% de la collecte). Il livre une centaine de clients. La société, reconnue comme organisation de producteurs, a collecté 270 millions de litres en 2023 et le prix payé a été de 482 €/1000 l. «Une hausse de 6% par rapport à 2022, mais qui reste insuffisante», précise Biolait. Pour convaincre que la bio est un modèle d’avenir, le collectif souhaite «prendre part au débat national et européen et aller à la rencontre des consommateurs». Il décline sa «feuille de route». Pour l’amont, Biolait demande notamment «des enveloppes suffisantes» pour la bio dans la prochaine Pac, ainsi qu’un «meilleur déploiement» des paiements pour services environnementaux publics et des MAEC. Pour l’aval, il plaide pour un soutien financier portant sur le surcoût lié à la collecte dans les «territoires éloignés et difficiles d’accès». En outre, il demande un «accompagnement financier au déclassement de la production». Environ 30% de la production française de lait bio est actuellement déclassée en lait conventionnel, du fait d'une crise de la demande.

Mirabelles: une prévision de récolte à 8000 t, prudence face au possible gel

La récolte de mirabelles de Lorraine IGP pourrait atteindre les 8000 tonnes sur la campagne 2024, a appris Agra Presse à l’occasion d’un voyage de presse le 17 avril. «Nous avons connu une floraison exceptionnelle et la pollinisation s’est bien déroulée, confirme Quentin Hoffman, président de l’association des mirabelles de Lorraine. Environ 24% des fleurs ont donné des fruits, un taux de 20% est suffisant pour une bonne récolte.» Dans certaines zones de production (le Bayonnais par exemple), ce taux est même monté jusqu’à 50%. L'année dernière, les pluies estivales avaient réduit fortement les tonnages (3500-4000 t). La filière demeure prudente malgré tout face aux possibles épisodes de gel annoncés pour les prochains jours: «Dès que la fleur est tombée, et selon le stade de développement du fruit, un gel jusqu’à -2°C peut être acceptable. Nous tablons aussi sur le fait que les vergers sont situés en coteaux, ce qui peut les protéger.» La date de récolte est à affiner, mais elle pourrait intervenir dans la première quinzaine du mois d’août. «Depuis plusieurs campagnes, nous notons que la récolte est plus précoce, d’environ deux semaines», souligne Quentin Hoffman. La mirabelle de Lorraine correspond à environ 70% du marché de ce fruit en France. Le marché du frais absorbe 30% des volumes (90% en grande distribution, MDD et marque propre), les 70% restants partent en industrie.

Tomates: Solarenn voit ses ventes croître malgré une production en baisse

La coopérative bretonne Solarenn (Saint-Armel, Ille-et-Vilaine), spécialisée en tomates, a vu son chiffre d’affaires progresser en 2023, malgré une légère baisse de sa production. Ses trente producteurs ont réduit leur production de tomates sous serre (26 exploitations, 60 ha) de 5000 t, pour un total de 25 000 t en 2023, ont indiqué ses dirigeants le 18 avril devant les journalistes. Pour autant, le chiffre d’affaires de la coopérative a gagné 4,5%, à 57 millions d’euros (M€), notamment grâce à la part plus importante sur un an des petits fruits, cultures moins productives mais vendues plus cher que les grappes et les anciennes. Solarenn a également tiré profit de la croissance de sa production de fraises (+50%, à 120 t) et validé un nouveau produit de segmentation, la mini-pastèque. Enfin, la coopérative bretilienne a maintenu ses positions dans la vente de barquettes de tomates estampillées «cultivées sans pesticides» (label de l’alliance Nature et Saveurs qui réunit les bretons Prince de Bretagne, Savéol et Solarenn). La coopérative a investi l’an passé 300 000 € dans l’adaptation de ses lignes de conditionnement à la loi Agec (interdiction des emballages plastiques). Du côté des producteurs, tous les regards se tournent vers les brumisateurs de cultures pour faire face au réchauffement climatique. (Franck Jourdain)

Génétique bovine: Races de France s’inquiète pour l’avenir du dispositif mutualisé français

Dans un communiqué du 17 avril, Races de France, la fédération des organismes de sélection (OS), s’inquiète d’une possible «disparition» du dispositif mutualisé français pour l’évaluation génétique des ruminants, après l’annonce d’un projet de centre européen d’évaluation génétique. Eliance, partenaire de Races de France dans GenEval (outil d’indexation français), a annoncé quelques jours plus tôt son implication dans un projet «d’évaluation bovine européenne» (EBE). Or, la fédération Races de France – également adhérente d’Eliance – considère que ce projet «porté au sein d’Eliance par un consortium constitué en bonne partie d’entreprises d’insémination» prend «une tournure dangereuse pour le devenir de notre dispositif génétique mutualisé». Les OS auraient souhaité que GenEval porte l’actionnariat français au sein de l’EBE, et non Eliance. Selon elles, «cette solution permettrait aux OS français qui le souhaitent d’indexer rapidement leurs animaux avec leurs homologues européens, tout en laissant aux autres le temps de s’assurer de l’intérêt» de la démarche, explique le communiqué. Races de France redoute également que la situation conduise à «la privatisation de certaines évaluations génétiques».

Kiwis: début de campagne précoce pour le néo-zélandais Zespri en Europe

Le producteur néo-zélandais Zespri annonce que la campagne de commercialisation de son kiwi débutera plus tôt que les deux dernières années: le premier bateau a été déchargé le 17 avril sur le port de Zeebrugge (Belgique), rapporte Eurofruit. L’objectif est de commercialiser 70 millions de plateaux de kiwis (comptant 30 fruits par plateau) sur les principaux marchés européens (France, Espagne, Italie, Allemagne et Benelux). En 2023, le volume total vendu en Europe a atteint environ 45 millions de plateaux. «Cette année, nous sommes revenus à des niveaux normaux. Nous nous concentrons donc sur les variétés  SunGold et Green. Nous aurons plus de SunGold disponible que les années précédentes, mais le vert est revenu à des niveaux normaux. Et nous constatons toujours une forte demande pour le vert, notamment en Europe», explique Steven Martina, directeur Europe et Amérique du Nord. Le producteur estime que l’accord de libre-échange entre la Nouvelle-Zélande et l’UE, ratifié fin 2023, pourrait avoir un impact sur la campagne, mais reste prudent: «Grâce cet accord, nous ne payons plus de droits de douane. Mais il est difficile de dire exactement quel sera l’impact financier. Le droit était proche de 9%. Mais cela ne signifie pas que le prix sera désormais 9% moins cher, car il est calculé sur la valeur qui, selon l’UE, constitue la base du calcul des droits», précise Steven Martina.

Grippe aviaire: la transmission à l'homme reste «une énorme inquiétude» pour l’OMS

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait part de son «énorme inquiétude» le 18 avril face à la propagation croissante de la souche H5N1 de la grippe aviaire à de nouvelles espèces, y compris les humains. «Cela reste, je pense, une énorme inquiétude», a déclaré Jeremy Farrar, scientifique en chef de l'agence de santé des Nations unies, lors d'un point de presse à Genève. La crainte est que le virus du H5N1, qui chez les personnes contaminées par leur contact avec des animaux infectés a démontré «un taux de mortalité extraordinairement élevé», s'adapte pour devenir capable de se transmettre d'humain à humain. Il n'y a pour l'heure aucune preuve d'une transmission d'humain à humain du H5N1. Entre 2003 et le 1er avril 2024, l'OMS a déclaré avoir enregistré un total de 889 cas humains de grippe aviaire dans 23 pays, dont 463 décès, ce qui porte le taux de létalité à 52%. Au-delà de la surveillance des humains infectés par des animaux – des vaches dans un cas récent observé aux États-Unis –, «il est encore plus important de comprendre combien d'infections humaines surviennent sans que vous en ayez connaissance, car c'est là que se produira l'adaptation» du virus, a expliqué Jeremy Farrar.

Versement des aides Pac: la Conf’ appelle l’État à honorer ses engagements

La Confédération paysanne dénonce «à nouveau» les retards de versement des aides Pac (MAEC, conversion à la bio, protection des troupeaux face à la prédation), estimant que le gouvernement «n’honore pas ses engagements», d'après un communiqué du 18 avril. «Que ce soit dû à des problèmes de logiciel, des manques d’anticipation budgétaire, une surcharge de travail des agents des services de l’État, ce n’est pas aux [paysans et paysannes] de subir les conséquences de cette gestion défaillante de la Pac», lance le syndicat minoritaire. La Conf’ pointe des «difficultés de trésorerie» pour les agriculteurs en attente de ces aides, et «des signaux négatifs» envoyés par l’État quant à son accompagnement des producteurs engagés dans la transition agroécologique. Elle demande le paiement des aides «dans les jours à venir» ou bien «des facilités de trésorerie dont les intérêts [sont] pris en charge».

Bananes/commerce équitable: Fairtrade International limite l’accès à sa certification

L’association Fairtrade International a annoncé mettre en place de nouveaux critères d’accès à sa certification de commerce équitable pour les producteurs de bananes, dans un communiqué du 17 avril. Face à l'augmentation du nombre d'entreprises certifiées enregistrée ces dernières années, elle entend limiter l’accès aux seules nouvelles coopératives de petits producteurs et exploitations bananières privées employant du personnel. En revanche, les producteurs cultivant d’autres types de bananes (plantains, mini-bananes) et les entreprises de transformation (séchage p.ex.) ne sont plus éligibles. «Il est essentiel que le nombre d'opérateurs certifiés soit proportionnel aux ventes, afin que les bénéfices pour les producteurs déjà intégrés au système ne soient pas dilués», explique l’association. «Nous sommes conscients du fait que cette mesure ne suffira pas à entraîner une augmentation des revenus des agriculteurs, avertit Silvia Campos, conseillère principale pour les bananes chez Fairtrade International. C'est pour cette raison que nous réviserons et renforcerons d'autres mesures, telles que nos normes pour les commerçants et pour les autres fruits frais.» Les nouvelles exigences sont entrées en vigueur le 1er avril pour une période de 24 mois.

Agrumes: l’Afrique du Sud s’insurge à nouveau contre des normes phytosanitaires de l’UE

Dans une déclaration publiée le 16 avril, l’Afrique du Sud annonce avoir demandé l’ouverture de consultations à l’OMC avec l’UE concernant les règles phytosanitaires européennes imposées aux importations d’agrumes. Avec cette démarche, Johanesburg entend «protéger les moyens de subsistance de dizaines de milliers de personnes», estimant que les mesures européennes ne sont «ni justifiées, ni proportionnées, ni appropriées». Contactée par Agra Presse, l’OMC indique cependant ne pas avoir reçu de demande formelle à ce stade. Selon les données de l’association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA), les exportations d’oranges sud-africaines vers l’UE ont connu une baisse de 21% pour la saison 2023-2024 en raison des obligations de traitement par le froid imposées depuis juillet 2022 aux frontières de l’UE. À cette époque, déjà, l’Afrique du Sud avait lancé des consultations à l’OMC avec l’UE. Au moment de la mise en œuvre des mesures, des navires transportant des centaines de conteneurs remplis de fruits sud-africains à destination de l’UE étaient en mer, ce qui a entraîné leur blocage à l’arrivée. Un accord avait finalement été trouvé le 11 août, sans toutefois résoudre le différend sur le fond.

Tomates: Ronan Collet nouveau président de Solarenn

La coopérative Solarenn, spécialisée en tomates (30 producteurs, 25 000 t) et basée à Saint-Armel (Ille-et-Vilaine) vient de changer de président: Ronan Collet succède à Christophe Rousse à sa tête, ont indiqué ses dirigeants en conférence de presse le 18 avril. Administrateur de Solarenn depuis 2011, M. Collet, producteur de tomates à Noyal-Châtillon-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), a accompagné la stratégie déployée par son prédécesseur pendant quinze ans pour diversifier la gamme de Solarenn. Sa politique va donc «s’inscrire dans la continuité pour continuer de faire rayonner la coopérative», dit-il. (Franck Jourdain)

Agenda de la semaine agricole du 22 avril 2024

Lundi 22 avril
Session plénière du Parlement européen (jusqu’au 25): simplification de la Pac, importations ukrainiennes, NBT, semences, tracteurs.
Congrès scientifique international sur l'abricot et la prune, à Avignon (jusqu’au 25)

Mardi 23 avril
Conférence de presse de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) sur les élections européennes
Conférence de presse des vins de Corse

Mercredi 24 avril
Conférence de presse annuelle de Terrena (coopérative)
Conférence de presse d’Agri Obtentions (semences)
Conférence de presse de Syndilait (lait liquide)
Salon Medfel (fruits et légumes), à Perpignan (jusqu’au 25)

Jeudi 25 avril
Conférence de presse de Max Havelaar et des cafés Malongo sur la Quinzaine du commerce équitable
Congrès de la Cnaoc (vignerons AOC), à Beaune
Conférence de presse de l'OIV (vin)
Visioconférence sur la transparence environnementale et agroalimentaire (Planet-score, C3D et Solid Grounds Institute)

Vendredi 26 avril
Journée de l’Uivec sur le CBD et le cannabis médical
Assemblée générale de GDS France (sanitaire)

Samedi 27 avril
Opération «De ferme en ferme» organisée par le réseau Civam