Biodiesel: Bruxelles va imposer des droits antidumping sur les importations chinoises
La Commission européenne a annoncé le 19 juillet qu'elle imposerait dans quatre semaines des droits antidumping provisoire sur les importations de biodiesel en provenance de Chine comprises entre 12,8% et 36,4%. Seront concernés le diesel renouvelable HVO (pour Hydrotreated Vegetable Oil), et FAME (pour Fatty Acid Methyl Ester). Bruxelles avait ouvert une enquête en décembre 2023 sur la base d’une plainte déposée par l’European biodiesel board (EBB). Tout en se félicitant de l’annonce, EBB se dit cependant «profondément préoccupée par l’exclusion inattendue par l’UE du carburant d’aviation durable chinois (SAF) faisant l’objet lui aussi d’un dumping» de la part de la Chine. Et, pour l’ONG Transport & Environnement, «ces droits de douane ne suffiront pas à eux seuls à empêcher l’entrée sur le marché européen d’huile de palme frauduleusement mal étiquetée».
Importations ukrainiennes: Bruxelles déclenche le «frein d’urgence» sur les gruaux
Comme annoncé dans l’Agra fil du 17 juillet, la Commission européenne a validé, le 19 juillet, l’activation du «frein d’urgence» sur les importations de gruaux en provenance d’Ukraine. En effet, les volumes d'importation ont atteint le seuil de déclenchement correspondant aux moyennes annuelles enregistrées entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2023, à savoir 20.648,24 tonnes (t). Conformément aux nouvelles dispositions des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine en vigueur depuis le 6 juin, les importations de gruaux ukrainiens vers l'UE se feront, à compter du 22 juillet et jusqu’au 5 juin 2025, dans le cadre du contingent tarifaire de l’accord d’association en place entre Bruxelles et Kiev depuis 2016. Toutefois, étant donné que les volumes des importations de gruaux en provenance d'Ukraine depuis le début de 2024 sont déjà supérieurs à ceux fixés dans le contingent tarifaire, les importations supplémentaires se poursuivront avec les droits de la nation la plus favorisée de l’OMC. Un nouveau contingent tarifaire de 8.603,43t - correspondant à 5/12 du seuil déclenchement– sera applicable à partir du 1er janvier et jusqu’au 5 juin 2025.
Viande: en Ille-et-Vilaine, l'abattoir AIM placé en liquidation judiciaire
L'abattoir AIM d'Antrain (Ille-et-Vilaine) a été placé le 19 juillet en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Rennes, d'après une décision consultée par l'AFP. L'abattoir avait été placé fin mai en redressement judiciaire. «Le tribunal a prononcé la liquidation, c'est fini pour nous», a réagi auprès de l'AFP Philippe Pichon, élu au comité social et économique (CSE) de l'abattoir, qui existait depuis 1953. La liquidation entraine la suppression de 65 emplois, d'après Me Elise Brand, l'avocate des salariés. En tout, «450 emplois» sont affectés dans la région, a-t-elle affirmé, évoquant notamment des «agriculteurs et commerciaux» qui travaillent «en lien avec l'abattoir». «On avait un exercice bénéficiaire de 100.000 euros et aucun problème de trésorerie», a-t-elle rappelé. «Normalement, on ferme une entreprise quand elle n'a plus d'activité, quand elle est morte, mais (AIM) était en suractivité, on était le seul abattoir de France à travailler cinq jours sur sept», a assuré l'avocate. «Les salariés ont été humiliés» parce que «non syndiqués», a-t-elle déploré. Selon plusieurs médias locaux, le groupe belge Sopraco, propriétaire de l'abattoir depuis juin 2023, n'avait pas effectué les travaux de remise aux normes exigés. La préfecture avait donc ordonné la fermeture de l'abattoir, d'après la
même source.
Champagne: le rendement de la vendange 2024 fixé à 10.000 kilos par hectare
Les vignerons et maisons de Champagne ont décidé de fixer à 10.000 kilos par hectare le rendement commercialisable de la vendange 2024, un niveau moindre que pour la précédente vendange pour tenir compte de la baisse des ventes. En 2023, le rendement commercialisable avait été fixé à 11.400 kilos par hectare. Les expéditions de la Champagne au premier semestre 2024 «représentent 106,7 millions de bouteilles, soit -15,2% comparé à la même période de 2023», indique le communiqué, ajoutant que «les expéditions retrouvent un niveau proche de celui de 2019». Cette baisse s'explique par «la morosité de la conjoncture géopolitique et économique mondiale, ainsi que [par] l'inflation généralisée», selon David Chatillon, coprésident du Comité Champagne. La Champagne «continue de subir par ailleurs les conséquences du surstockage des distributeurs en 2021 et 2022», a-t-il ajouté. Par ailleurs, depuis le début de l'année, avec la pluie, le «manque d'ensoleillement» et «un début de période végétative marqué par la fraîcheur», l'ensemble du vignoble subit «une pression du mildiou forte mais maîtrisée», a indiqué le Comité Champagne. Les gelées de printemps et la grêle ont affecté «modérément le potentiel de récolte (de l'ordre de 10%)» et la vigne montre un retard de développement «de 5 à 6 jours» sur la moyenne décennale.
Parlement européen: la composition de la Comagri finalisée
Le Parlement européen a validé le 19 juillet en plénière la composition de ses différentes commissions pour la nouvelle mandature et notamment les noms des 49 titulaires et 47 suppléants qui composeront celle de l’Agriculture et du développement rural (Comagri). La première réunion constitutive de cette Comagri qui aura lieu le 23 juillet à Bruxelles permettra l’élection du nouveau président (ou de la nouvelle présidente) qui sera issu des rangs du groupe conservateur ECR. Du côté des Français qui y siègeront figure, pour le PPE (droite), la céréalière Céline Imart. Chez les sociaux-démocrates, Éric Sargiacomo sera titulaire et Claire Fita suppléante. Pour le Rassemblement national (groupe des Patriotes pour l’Europe) l’éleveuse Valérie Deloge et Gilles Pennelle sont titulaire tandis que Marie Dauchy (comme lors de la précédente mandature) est suppléante. La patronne des eurodéputés centristes Renew Valérie Hayer (qui n’a pas manqué de rappeler ses origines agricoles lors de la campagne électorale) siègera elle aussi dans cette commission. De même pour Arash Saeidi de LFI (groupe la Gauche). Par contre, aucun Français (que ce soit en titulaire ou en suppléant) ne représentera les groupes ECR (dont font partie les élus dissidents de Reconquête), des Verts ni Europe des nations souveraines (où siège Sarah Knafo de Reconquête).
Parlement européen : Strasbourg compose ses commissions parlementaires
Le Parlement européen a défini, le 19 juillet, la composition des commissions parlementaires de la nouvelle mandature. Celle de l’Environnement, qui compte 90 membres, sera notamment constituée de l’ancien commissaire lituanien à la Santé Vytenis Andriukaitis (social-démocrate) ou de la présidente du Parlement européen, la Maltaise Roberta Metsola (droite). Chez les Français, on peut souligner la présence comme membres des centristes Grégory Allione et Pascal Canfin mais aussi du socialiste Christophe Clergeau. La droite sera représentée par Laurent Castillo alors que l’extrême-droite comptera sur Mathilde Androuët et Anne-Sophie Frigout (RN). Majdouline Sbai sera la représentante des Verts tandis qu’à gauche, on retrouve l’eurodéputée LFI, Emma Fourreau. Chez les suppléants, l’extrême droite sera représentée par les RN Marie-Luce Braisier Clain, Valérie Deloge (également en Comagri), Sarah Knafo (Europe des nations souveraines) et Laurence Trochu (Reconquête !). Marie Toussaint (Verts) ainsi que Pierre Jouvet, Thomas Pellerin-Carlin et Chloé Ridel (socialistes) complètent la liste. Par ailleurs, Céline Imart (LR) siègera en commission du Commerce international (en plus de la Comagri), comme Manon Aubry (LFI), Raphaël Glucksmann (PS) ou encore Marie-Pierre Vedrenne (Renaissance) et Majdouline Sbai, qui devrait aussi être coordinatrice des Verts.
Législatives: l'ancien co-président du groupe Pastoralisme à la tête de la Coméco
L'ancien co-président du groupe Pastoralisme à l'Assemblée, Antoine Armand, a été élu, le 20 juillet, président de la commission des affaires économiques. Député Renaissance de Haute-Savoie, il avait également piloté le volet «communication» du Plan de souveraineté pour l'élevage. Au printemps, peu après la présentation de la loi d'orientation agricole (LOA), il se disait favorable à «aller plus loin sur la sécurisation des projets» et limiter les recours. La commission des Affaires économiques intègre plusieurs nouveaux venus: la ministre déléguée de l'Agriculture (du gouvernement démissionnaire) Agnès Pannier-Runacher, le haut-fonctionnaire Alexandre Allegret-Pillot (LR) soupçonné d'avoir abusé d'un viticulteur en détresse (voir ci-dessous), l'agriculteur écologiste Benoit Biteau, et le leader LR Laurent Wauquiez. En charge du secteur agricole, la commission des Affaires économiques est le passage obligé des textes législatifs avant leur examen en séance plénière. Elle a également un rôle de contrôle de l’action du gouvernement par des missions d’information sur des sujets précis. Le président en organise les travaux et évalue la recevabilité des amendements.
Législatives: l'éleveuse Sandrine Le Feur à la tête de la commission développement durable
L'éleveuse finistérienne Sandrine Le Feur a été élue, le 20 juillet, présidente de la commission du développement durable et aménagement durable de l'Assemblée nationale. Élue pour la première fois en 2017 à 26 ans, la députée Renaissance fait partie de l'aile gauche du parti, favorable notamment à une Sécurité sociale de l'alimentation. Il y a quelques mois, elle avait été nommée rapporteure de la commission développement durable pour la loi d'orientation agricole (LOA). Interrogée durant sa campagne par Agra presse, l'éleveuse souhaitait trouver des leviers réglementaires pour limiter les recours contre les projets d'élevage de taille moyenne dans sa région. En charge des domaines de l'environnement, de l'énergie et du climat, des transports et du logement., la commission des Affaires économiques est le passage obligé des textes législatifs avant leur examen en séance plénière. Elle a également un rôle de contrôle de l’action du gouvernement par des missions d’information sur des sujets précis. Le président en organise les travaux et évalue la recevabilité des amendements.
Bassines: la première manifestation interdite avorte après une journée calme
Quinze mois après Sainte-Soline, les autorités s'attendaient à une nouvelle «grande violence» mais les milliers d'opposants aux «bassines» les ont fait mentir en bravant une nouvelle interdiction de manifester, sans incident... jusqu'à ce qu'un incendie déclenché par des grenades lacrymogènes ne leur fasse rebrousser chemin. Plusieurs milliers de personnes - 3.800 selon la police, 6.500 selon les organisateurs - ont convergé vendredi dans la Vienne pour une «grande marche». Face à eux, plus de 3.000 gendarmes avaient été mobilisés. Le quadrillage serré de la région a conduit les opposants aux "bassines" à changer leur objectif de la journée. Le cortège, qui devait initialement rejoindre la commune de Saint-Sauvant, où une "bassine" doit être construite à l'automne, s'est réuni finalement dans l'agglomération de Poitiers avant de marcher en direction d'un «site emblématique de l'agro-industrie». Leur objectif était d'aller déposer une pancarte sur l'usine de semences de Terrena située à quelques kilomètre. Un site qualifié de "sensible" par la préfecture, car classé Seveso. Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes, après sommations, pour les disperser, leurs projectiles mettant alors le feu à un champ de paille à proximité du cortège, qui faisait alors demi-tour.
Bassines: une deuxième manifestation plus tendue que la première, neuf blessés
Relations commerciales: la marge brute de l'aval a progressé sur 2022-2023, sauf en porc
Dans son rapport annuel publié le 19 juillet, l'Observatoire des prix et des marges (OFPM) constate que les deux années d'inflation 2022 et 2023 ont profité à la fois à la matière première agricole (MPA) et à la marge brute de l'aval. C'est la MPA qui représente «la part la plus importante de l'inflation» (10,7 points des 19,7% d'augmentation des prix au détail), devant la marge brute agrégée de l'aval (+9 points). Les moyennes masquent évidemment des disparités par filière. La MPA est orientée à la baisse dans une filière, le «panier de fruits», après l'année atypique de 2021 marquée par les aléas climatiques. Pour l'aval, quatre marges brutes sont en baisse dans les filières mareyage (saumon fumé et coquille Saint-Jacques ) et charcuterie (jambon et rôti de porc). Quid du partage de la valeur ? Dans 20 produits sur 30, la part du prix au détail rémunérant la MPA est à la hausse, parfois de plus de 10 points. La hausse de la part de la MPA est «surtout sensible sur les légumes (y.c. la pomme de terre), les produits laitiers conventionnels riches en matière grasse (beurre et fromages) et les produits issus des troupeaux bovins et porcins», constate l'OFPM.
Egalim: l'OFPM ne conclut pas sur les effets de la non-négociabilité de la MPA
Dans son rapport annuel paru le 19 juillet, l'Observatoire des prix et des marges (OFPM) reste très prudent sur le lien de cause à effet qui pourrait être fait entre l'entrée en vigueur de la non-négociabilité de la matière première agricole (MPA) instaurée par la loi Egalim 2, et l'amélioration de sa valeur absolue sur les années 2022 et 2023, et sa part contributive dans les prix de vente au détail. Entre inflation et Egalim 2, «l’Observatoire ne dispose pas d’éléments permettant de différencier les parts attribuables aux différentes causes possibles», indiquent les auteurs. Il n'est «pas possible d'exclure que des effets soient attribuables à loi, mais l'Observatoire ne peut pas apporter une réponse de nature causale isolant l'effet net de ses dispositions». L'OFPM rappelle notamment que que «l’alimentation humaine à domicile n’est pas la seule source de revenu de l’agriculture» ; et de souligner que «l’alimentation humaine en France (à domicile et hors domicile) contribue à environ 40 % du revenu brut de l’agriculture française, avec de très fortes disparités entre filières». L'Observatoire promet toutefois que les points de référence donnés dans le rapport «pourront être comparés à d’autres évolutions, dans des contextes différents, pour essayer de tirer des enseignements plus précis a posteriori.»
Délégation de travaux: InVivo «accélère une dérive», estime le député Potier
Réagissant au lancement par InVivo d'un service de «régie» d'exploitations à l'échelle nationale, le député socialiste Dominique Potier estime que le groupe coopératif «accélère et banalise une dérive», celle de la délégation à 100% des travaux en grandes cultures, et la «concentration de l'usage des terres» par les entreprises de travaux agricoles (ETA). Auteur de plusieurs propositions de lois sur l'encadrement du foncier agricole et promoteur au Parlement d'une vaste réforme, cet ancien agriculteur fait part de sa «très grande surprise»: d'une part de constater «un changement d'échelle» et d'autre part, de voir l'initiative venir du monde coopératif: «C'est un renversement de valeurs ; les coopératives ont été constituées comme le prolongement économique des exploitations, et elles proposent ici un modèle alternatif à l'exploitation familiale autonome.» Le député regrette que le service ne soit pas, a minima, conçu, «en coordination avec les outils d'installation existants». Sur le fond, Dominique Potier concède qu'«il y a un problème de surcoût de mécanisation» en France, qui doit être résolu, selon lui, «par une réforme de la fiscalité» et la promotion des coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma). Enfin, il alerte sur le «risque d'intégration verticale»: «Attention à ne pas aller jusqu'à concurrence de l'agriculture de firme par une autre».
Agroéquipement: Agriconomie devient Agryco
Agriconomie deviendra Agryco le 12 septembre à l’occasion de ses dix ans. Le négoce agricole annonce une «nouvelle étape» et réaffirme son «engagement indéfectible» envers ses «150 000 clients agriculteurs en Europe», sur son compte Linked’In.
Erratum sur l'agenda de la semaine : réunion de la Comagri le 23 juillet
Contrairement à ce que nous annoncé, par erreur, dans l'agenda de la semaine, la réunion constitutive de la commission de l’Agriculture du Parlement européen n'aura pas lieu le mercredi 24 juillet, mais le mardi 23 juillet.