UE/Etats-Unis : les eurodéputés lèvent le blocage législatif sur l’accord commercial
Après plusieurs semaines de blocage, les rapporteurs de la commission du Commerce international (Cominta) sont donc parvenus à un accord, à l’occasion de leur réunion du 17 mars, afin de reprendre leurs travaux au sujet des textes mettant en musique l’accord commercial UE/États-Unis conclu en juillet qui visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains. Les eurodéputés de la Cominta se prononceront donc bel et bien sur ces textes le 19 mars. A la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis de déclarer illégales les surtaxes « réciproques », puis l’annonce, dans la foulée, de nouveaux tarifs par Donald Trump, le Parlement européen avait décidé le 23 février de suspendre ses travaux insistant pour obtenir des garanties de Washington avant de procéder au vote. « La coopération concernant la clause "sunrise" permet de trouver le juste équilibre, en nous permettant de faire face aux incertitudes tout en apportant aux entreprises européennes la clarté et la prévisibilité dont elles ont tant besoin », estime le coordinateur du groupe PPE (droite), le Suédois Jörgen Warborn. Le PPE souhaite aller vite et « exige » qu'un vote en séance plénière soit organisé lors de la session du 23 au 26 mars.
UE/Australie : les pourparlers se poursuivent malgré les craintes du secteur agricole
Un mois après la visite du ministre australien au Commerce Don Farrell à Bruxelles, les 12 et 13 février, les négociations se poursuivent entre l’UE et l’Australie en vue de conclure un accord de libre-échange. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic a ainsi eu l’occasion de faire le point, le 16 mars, avec son homologue australien sur les « progrès encourageants » réalisés entre les parties. « Nous travaillons activement à la conclusion d'un accord mutuellement avantageux pour toutes les parties prenantes », précise le Slovaque dans un message publié le jour même sur le réseau social X. Et d’ajouter : « Nous avançons dans la bonne direction et sommes pleinement engagés à obtenir un résultat positif ». Un potentiel accord que craignent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) alors que l’agriculture, notamment les volumes d’importation de viande rouge dans l’UE, figure parmi les points d’achoppement. Dans un communiqué du 17 mars, ces associations mettent en garde contre des « concessions disproportionnées » qui risqueraient de « nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d’affaiblir l’engagement de longue date de l’UE en faveur de normes de production élevées et de la durabilité rurale ».
Insécurité alimentaire: la guerre au Moyen-Orient peut la porter à un niveau record (ONU)
L'insécurité alimentaire dans le monde pourrait attendre un nouveau record en raison de la guerre au Moyen-Orient, a alerté le 17 mars le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU. « Si le conflit au Moyen-Orient se poursuit jusqu'en juin, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë en raison de la hausse des prix », a déclaré le directeur exécutif adjoint du PAM, Carl Skau, lors d'un point de presse à Genève. « Cela porterait les niveaux de faim dans le monde à un record, et c'est une perspective terrible », a-t-il dit. Ces personnes viendraient s'ajouter aux près de 320 millions dans le monde qui souffrent déjà d'insécurité alimentaire aiguë. La fermeture du détroit d'Ormuz et les risques croissants qui pèsent sur la navigation en mer Rouge entraînent déjà une hausse des prix de l'énergie, du carburant et des engrais, selon le PAM. Par ricochet, le prix des denrées alimentaires augmente, entraînant des difficultés croissantes pour de nombreux pays pour s’approvisionner. Le PAM cite en exemple le Soudan, qui importe environ 80% de son blé.
Légumes : les serristes britanniques alertent sur de possibles pénuries à cause du prix du gaz
Les producteurs britanniques de légumes alertent sur une possible pénurie de produits en supermarché à cause du conflit en Iran, rapporte le quotidien The Independant le 14 mars. La flambée des coûts de l'énergie et du transport, provoquée par le conflit en Iran, menacerait la viabilité de leur activité. Lee Stiles, secrétaire de Lea Valley Growers Association (LVGA), qui représente 70 producteurs sous serre au Royaume-Uni, dont les plus grands producteurs de concombres, souligne que « les producteurs se trouvent aujourd'hui dans la même situation qu'au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, car les prix du gaz en gros augmentent progressivement. Face à cette hausse des coûts, beaucoup envisagent de renvoyer leur personnel chez lui, d'arrêter la production pour le reste de la saison et de ne rien produire». L'impossibilité de chauffer les serres entraînerait une baisse significative des rendements et une fin de saison prématurée. Lee Stiles a exhorté les détaillants à agir : «Les supermarchés ont convenu d’un prix fixe avec les producteurs l’an dernier. Ils peuvent intervenir maintenant s’ils le souhaitent et accepter de payer davantage. Mais il semble qu’ils soient prêts à accepter à nouveau des rayons vides et une disponibilité réduite».
Energie/guerre au Moyen-Orient : le président de la FNSEA s'impatiente
Alors que la Commission européenne doit présenter dans les prochains mois un plan d’action sur les engrais, et que le gouvernement n'a pas annoncé de mesures à l'intention du secteur agricole lors de sa réunion du 12 mars à Bercy, le président de la FNSEA s'impatiente, voyant le conflit au Moyen-Orient durer. «Lors de la première discussion avec le gouvernement, il nous a été dit que c'était trop tôt, rapporte Arnaud Rousseau. Je ne sais pas combien de temps le conflit va durer, mais la situation n'est pas tenable.» Le prix du gazole non routier (GNR) a augmenté de 80 à 100% depuis le début du conflit. «Est-ce qu'il faut refaire des remises en pied de facture ? », s'interroge Arnaud Rousseau, en référence à la remise de 15 ct/l accordée en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Même impatience vis-à-vis de la promesse du gouvernement de compenser les effets du MACF sur le prix des engrais: «il faut passer aux travaux pratiques», plaide le Seine-et-Marnais. «Entre le MACF, la crise et la spéculation, il y a un effet cumulatif qui n'est pas tenable». Dans la lettre qu'elle a envoyé aux chefs d'Etats en amont de leur réunion de jeudi à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne a indiqué qu'il faut «surveiller de près les impacts affectant les engrais, qui sont une préoccupation majeure pour les agriculteurs et pour la sécurité alimentaire mondiale».
Syndicats: la FNSEA va lancer un chantier sur la «gouvernance» à l'issue du congrès
Dans le cadre de son projet de « transformation », la FNSEA va présenter son premier chantier, celui du « recalcul de la cotisation », lors de son congrès 2026 à Caen (Calvados), les 31 mars, 1er et 2 avril, a indiqué Arnaud Rousseau le 17 mars lors d'un point avec la presse. Suite au congrès, où le Seine-et-Marnais se présente à sa succession, il prévoit de lancer une «réforme de la gouvernance», notamment les droits des fédérations départementales. «De plus en plus de fédérations départementales n'arrivent pas à se mettre à jour de leur cotisations ce qui ne leur permet pas d'envoyer d'administrateurs à la FNSEA, explique Arnaud Rouseau. Je ne veux pas d'une FNSEA à deux vitesses». Les travaux sur les cotisations et la gouvernance sont deux des six axes du projet « Réseau FNSEA Transformation », lancé en 2024 dans la continuité de « FNSEA 2025 » (démarré lui en 2019). Un autre axe sur la communication devait aussi aboutir au congrès 2026, avec l’objectif de « s’adresser directement aux agriculteurs » et non plus aux seuls adhérents. Les autres axes : influence, stratégie RH pour l’ensemble du réseau et organisation des différents échelons.
Syndicalisme agricole : mobilisation à Ajaccio un an après l'assassinat de Pierre Alessandri
Un rassemblement de plusieurs centaines de personnes en présence de la coordination antimafia de Corse s’est tenu le 17 mars devant la préfecture à Ajaccio pour demander «justice» pour Pierre Alessandri, secrétaire général du syndicat agricole Via Campagnola assassiné il y a un an. Pierre Alessandri, alors âgé de 55 ans, avait été «blessé par arme à feu» le 17 mars 2025 sur son exploitation d’agrumes à Sarrola-Carcopino (Corse-du-Sud) et était décédé des suites de ses blessures. «Pierre Alessandri était un homme normal, honnête, qui travaillait pour nourrir sa famille et qui a été lâchement assassiné sur son lieu de travail», a déclaré à l’assemblée Jean-Dominique Musso, actuel président régional du syndicat agricole Via Campagnola (Confédération paysanne), organisateur du rassemblement. «C’était un homme courageux, de convictions, qui a pris publiquement des positions claires, précises, au nom de son syndicat (...), pour dire que la fraude agricole constitue une entrave à l’honnêteté des agriculteurs qui travaillent», a-t-il ajouté.
Vin : le CGAAER préconise des aides à la fusion de caves coopératives
Fragilisées par la crise viticole, les caves coopératives ont besoin d’aides de l’Etat et des collectivités pour fusionner entre elles, selon un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture) publié le 16 mars. Leur restructuration nécessite des financements publics à condition de porter « un projet transformant », jugent les auteurs pour qui « la seule recherche d’économies d’échelle ne peut pas suffire ». Deux types d’aides sont proposées : un forfait pour réduire les surcoûts d’exploitation liés au rapprochement, un soutien aux investissements. Pour rappel, le travail confié au CGAAER visait l’attribution des 10 M€ d’aides à la restructuration inscrites dans la loi de finances pour 2025. L’enveloppe, inutilisée, n’a pas été reconduite dans le budget 2026. En plus de recommandations aux pouvoirs publics, les missionnés s’adressent aux entreprises elles-mêmes. « Le renforcement de la performance des caves coopératives ne passera pas uniquement par des fusions », souligne le rapport. Et d’appeler à la mutualisation dans plusieurs domaines : outils de vinification et de conditionnement, commercialisation y compris grand export, fonctions support, accompagnement technique des vignerons coopérateurs… Au moment de la remise officielle du rapport le 9 février, les Vignerons coopérateurs avaient salué l’annonce par Annie Genevard d'une mise en œuvre immédiate d’autres recommandations du CGAAER, comme la réalisation d’audits, l’accès aux prêts structurels garantis par Bpifrance.
Frites surgelées : la Colombie lève ses mesures antidumping sur les importations européennes
La Commission européenne a annoncé, le 17 mars, la levée par la Colombie, via une résolution du 11 mars, de tous ses droits antidumping sur les importations de frites surgelées en provenance de Belgique, d’Allemagne et des Pays-Bas. « Ce rétablissement de l'accès complet au marché constitue un règlement définitif du différend qui opposait l'UE et la Colombie à l'OMC depuis six ans », précise Bruxelles. Condamnée définitivement par Genève en 2022 pour avoir imposé depuis 2018 sur les importations allemandes, belges, néerlandaises des mesures contraires aux règles de l’OMC, la Colombie devait se mettre en conformité dans un délai raisonnable sous peine de recevoir des contre-mesures. La première tentative de Bogota pour mettre en œuvre ces décisions a été jugée non conforme aux règles de l'OMC par un groupe spécial de contrôle le 23 octobre 2025. La seconde tentative aura donc été la bonne. Une décision saluée par l’association européenne des transformateurs de pommes de terre (EUPPA) alors que les trois pays en question représentent 85% des exportations de frites surgelées de l’UE en Colombie pour une valeur annuelle de 19,3 millions d’euros.
Artichaut : la campagne 2025 confirme la perte de vitesse de la production (RNM)
Selon la dernière analyse du Réseau des nouvelles du marché (RNM) le 17 mars, la campagne d’artichaut 2025 s’inscrit dans la continuité de 2024 aussi bien pour le déclin croissant des superficies, que pour la baisse des rendements. Les volumes commercialisés accusent une nette baisse par rapport à la campagne précédente avec des variations de -22 % en Camus, -25 % en Castel et -28 % en Cardinal. En valorisation, la situation est dégradée par rapport à 2024 avec un cours évoluant régulièrement en dessous de la moyenne quinquennale. « Toutefois, lors du pic de production, la mise en marché du Camus s’avère plus profitable que celle du Castel », souligne le RNM qui considère que le contexte météorologique compliqué de l’année et la pénibilité du travail découragent les producteurs à se consacrer à la culture de l’artichaut. « En outre, en corollaire de la baisse continue de la demande, la présence des artichauts sur les étals des enseignes est en diminution par rapport à 2024 », conclut-il. La campagne a été marquée par des volumes arrivant en avance sur le marché au cours du mois de juin, en raison du temps particulièrement chaud qui stimule les rendements. Le cœur de campagne s’est étendu alors sur une durée plus réduite qu’en 2024, pour se terminer en septembre.
Salades prêtes à consommer : en Italie, la nouvelle AOP portée sur les fonts baptismaux
La nouvelle association d'organisations de producteurs de salades de IVe gamme a été présentée officiellement le 10 mars, rapporte le site Italia News. Baptisée « Unione Quarta Gamma » (Union Quatrième Gamme), l’annonce de sa création avait été faite en novembre dernier. L'association représente plus de 60 % du marché italien de la production. En Italie, ce marché est particulièrement porteur : le secteur génère un chiffre d’affaires supérieur à 1,7 milliard d'euros et emploient plus de 35 000 personnes. Cependant, selon Roberto Della Casa, directeur scientifique du Baromètre fruits et légumes Agroter, la capacité de production excède d’environ 40% la taille du marché intérieur dominé par une dizaine d’opérateurs (sur 80 recensés) qui se concurrencent par la saturation des outils de production. La filière est aussi peu présente à l’international. Maurizio Vittori, vice-président de l'AOP a souligné : «Sans se substituer aux entreprises, l'AOP se positionne comme un partenaire pour la distribution afin de promouvoir, de manière coordonnée, le développement de la contractualisation et d'accords-cadres servant de base aux arrangements contractuels». L’association entend aussi améliorer la qualité en développant «des normes communes, en adéquation avec les besoins des consommateurs»
Légumes : 2025 année record pour la coopérative Marché de Phalempin
La coopérative Marché de Phalempin, dans les Hauts-de-France, a assuré un chiffre d’affaires de 90,16 millions d’euros sur 2024/2025, en progression de 3% par rapport à l’exercice précédent : « C’est un niveau record pour notre coopérative depuis sa création » se félicite Sébastien Lejosne, directeur, contacté par Agra Presse le 17 mars. Sur la période, Marché de Phalempin a commercialisé un volume global de plus 46 662 tonnes de fruits et légumes, qui progresse de 7%. « Cela a participé à ce bon résultat avec une bonne valorisation sur l’ensemble de la gamme cultivée et une maîtrise des charges de la coopérative qui profite du retour sur investissement de la rénovation de notre processus engagée il y a quelques années» explique-t-il. Cette situation a permis un reversement de 75 M€ aux 204 producteurs adhérent (85% de la valeur) avec un complément prix de 2 M€ sur le prix moyen. La trajectoire pour 2026 serait en revanche différente. « Sur un produit comme le poireau (3900 tonnes en 2025), le chiffre d’affaires est en baisse de 40% au17 mars et la saison se termine fin avril. On ne rattrapera pas », indique Sébastien Lejosne. Pas de record à attendre donc, plutôt un chiffres d’affaires similaires aux années précédentes. « Ce ne sera pas catastrophique pour la coopérative, mais ce sera plus difficile pour les producteurs, d’où l’intérêt d’un outil coopératif »; note Sébastien Lejosne.
Fraises : nouveau rappel de produits espagnols, dans les magasins Grand Frais et Fresh
Le site RappelConso a annoncé le 16 mars le rappel de fraises d’origine espagnole dans l’ensemble des magasins Grand Frais et Fresh (groupe Prosol) sur l’ensemble du territoire français. Des résidus de pesticides à une teneur supérieure aux limites autorisées ont été retrouvés sur ces fruits, les rendant impropres à la consommation. Ces fraises étaient dans les rayons fruits et légumes des magasins depuis le 5 mars 2026. Elles ont été retirées de la vente volontairement par Prosol peu de temps après, le 9 mars. Elles avaient été conditionnées en vrac. Il n’existe donc pas de numéro de lot qui permette de les identifier précisément, mais cela laisse à penser que des volumes notables étaient engagés. Ce n’est pas la première fois qu’une fraise espagnole fait ainsi l’objet d’un rappel. En avril 2025, des plateaux de 1kg de fraises à la marque « Fres Arte » proposées dans de multiples enseignes françaises, avaient ainsi été rappelés après un dépassement de LMR pour l’étoxazole.
Pomme : Blue Whale va augmenter son effort de rénovation des vergers
À l’occasion de ses deuxièmes rencontres, le groupement de producteurs Blue Whale a annoncé, le 17 mars, qu’il allait consacrer 30 millions d’euros par an au renouvellement de ses vergers, avec l’objectif de porter le taux de rénovation au-dessus de 5 % à court terme, puis à 7 % dans les années à venir, contre 2 à 3 % depuis quatre ans. Cette décision est notamment motivée par la baisse des rendements en France, autour de 55 tonnes par hectare (t/ha) contre 60 à 64 t/ha dans certaines zones concurrentes comme le Tyrol italien. « Dans un contexte de pression accrue sur les rendements, Blue Whale souhaite améliorer la performance technico-économique des exploitations et consolider la capacité de production du groupement », indique le groupement. Il affirme avoir déjà accompagné le financement de 950 hectares de plantations au cours des sept dernières années. Parallèlement, il s’est engagé dans le développement du projet Sambóa réunissant trois variétés de pommes aux récoltes échelonnées : Luiza, Venice et Isadora. Après un aménagement de 70 hectares en surgreffage en 2026, l’objectif total est de 500 hectares de Sambóa à horizon 2030.
Coopératives : la démarche agroécologique O’trement d’Oxyane couvre déjà 9 500 ha
67 exploitations engagées, 9 500 hectares couverts : tel est le premier bilan de la démarche agroécologique O’trement d’Oxyane (735 M€ de chiffre d’affaires, 5500 adhérents, 1700 salariés), lancée en octobre 2024 avec Earthworm. L’ambition est, à terme, d’accompagner, techniquement et financièrement, 500 agriculteurs d’ici à 2030 vers des pratiques agricoles durables, en réunissant près de 20 millions d’euros sur 5 ans. 500 000 € (soit une prime moyenne de 53 €/ha) ont déjà été versés aux agriculteurs engagés : en grandes cultures et polyculture élevage. Pratiques repensées, itinéraires techniques adaptés, nouvelles marges de manœuvre économiques... la démarche évalue une quinzaine d’indicateurs de performance (sols, biodiversité, eau, intrants, élevage, économie…). Cette transition agricole ne se veut « ni théorique, ni subie, mais coconstruite avec les agriculteurs et les partenaires », avec « une montée en compétence des exploitants » et « une dynamique collective renforcée sur les territoires », précise Ugo Batel, directeur transitions et innovations chez Oxyane. 54 % des fonds proviennent d’acteurs privés tels que PepsiCo, Roquette, McDonald’s ou les Moulins Soufflet, et 46 % d’institutions publiques, comme la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la CNR (Compagnie nationale du Rhône). (Anne Gilet)
Œufs : des exemptions au marquage en élevage, déjà appliquées «à 90-95%» en France
Un arrêté du 16 mars publié au Journal officiel du 17 mars 2026 fixe les exemptions au marquage des œufs sur le site de production, une nouvelle obligation européenne déjà appliquée en France depuis le début de 2026 « à 90 ou 95 % », selon Loïc Thomas, président du Snipo (conditionneurs et transformateurs d’œufs), joint par Agra Presse. Ce texte exempte de marquage sur le lieu d’élevage et autorise le marquage dans le premier lieu de conditionnement dans deux cas : si leurs œufs sous Label rouge ou indication géographique protégée sont expédiés vers un centre d'emballage d'œufs spécifique aux œufs sous signe d'identification de la qualité et de l'origine (SIQO) ; si leurs œufs sont directement convoyés vers « le centre d'emballage desservant directement l'équipement permettant le classement des œufs par catégorie de qualité et, le cas échéant, de poids ». Le marquage sur site de production et la possibilité donnée aux Etats membres d’y déroger ont été instituées à compter du 8 novembre 2024 par le règlement (UE) n° 1308/2013. Loïc Thomas se félicite de la concertation de la DGAL avec les filières françaises ayant abouti aux termes de l’arrêté paru.
Méthanisation : Solagro publie 17 propositions pour rendre le biogaz « durable »
Dans une brochure publiée en mars détaillant le rôle de la méthanisation dans son scénario Afterres2050, l’association Solagro a élaboré 17 propositions afin de rendre l’activité « durable », soit compatible avec la notion d’agroécologie, tout en sécurisant la rentabilité financière des projets. Parmi ces mesures: l'instauration d'une prime « différenciée selon les catégories d’intrants, en fonction de leur intérêt et de leurs contraintes : effluents d’élevage, résidus de culture, CIVE, herbes de fauche, biodéchets » (aucune prime pour les cultures dédiées). Autre proposition : « ajouter une prime au tarif d’achat du biométhane sous condition de financement participatif, avec preuve annuelle d’un maintien au capital social de la société ». Ensuite, Solagro recommande que les aides actuelles à l’investissement soient complétées par « des aides régionales modulées grâce à un système de notation prenant en compte des critères écologiques et sociaux ». Par ailleurs, afin de garantir la solvabilité des projets auprès des banques, l’association juge nécessaire de « maintenir un tarif d’achat garanti pour des sites inférieurs à 25 GWh/an », et de « moduler les CPB (certificats de production de biogaz) selon la taille » des installations.
Climat : la lutte contre la déforestation au cœur de la nouvelle feuille de route du Brésil
Le Brésil a présenté, le 16 mars, un nouveau plan national sur le climat pour la prochaine décennie, faisant de la protection des forêts sa principale stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il s’agit de la première révision de cette stratégie depuis 2008. À l’horizon 2035, le gouvernement du président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva se fixe un objectif de réduction de ses émissions de GES de 67 % par rapport aux niveaux de 2005. Au Brésil, les émissions de GES sont principalement liées à la déforestation (40 %), selon les données officielles de 2022. Elle est surtout pratiquée illégalement, notamment pour agrandir les surfaces agricoles. Le président Lula s’est engagé à réduire la déforestation à zéro d’ici 2030. Selon le nouveau plan sur le climat consulté par l’AFP, cet objectif « consacrera » ce secteur comme « principal vecteur de réduction des émissions jusqu’en 2035 ». Le Brésil joue un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique car il abrite l’Amazonie, plus grande forêt tropicale de la planète et considérée comme essentielle pour absorber les émissions de carbone. La déforestation dans l’Amazonie brésilienne a déjà chuté de 35 % entre août 2025 et janvier 2026, avec 1 324 km2 déboisés sur cette période, selon l’Institut national de recherches spatiales (Inpe).
Commerce équitable: le secteur déplore l'absence des décrets de reconnaissance du label
Commerce équitable France (CEF) a déploré le 17 mars que les décrets concernant la reconnaissance des labels du commerce équitable ne soient toujours pas publiés. « Les décrets concernant les labels du commerce équitable découlant de la loi Climat et résilience de 2021 sont écrits et validés, mais toujours pas signés, ce que nous déplorons », déclare Julie Stoll, déléguée générale de CEF, en marge des Assises nationales du commerce équitable. « On peut ouvrir le questionnement d’aller devant le Conseil d’Etat pour non-application de la loi », poursuit-elle, préférant privilégier pour l’instant la voie du dialogue avec les services de Serge Papin, ministre du Commerce. Ces décrets en souffrance permettraient aux labels du commerce équitable d’obtenir une reconnaissance officielle de l’Etat, alors qu’actuellement « huit labels ou systèmes de garanties » sont « présents sur le marché français et compris par le collectif Commerce équitable France comme garantissant des pratiques de commerce équitable appliquées aux filières françaises, en conformité avec la définition légale », selon CEF. Ces labels sont Agri-Ethique, Bio équitable en France, Bio français équitable, Biopartenaire, Fair For Life, Max Havelaar France, World Fair Trade Organization (WFTO) et Tourisme équitable.
Alimentation : les quartiers prioritaires entravés par le pouvoir d'achat et la mobilité
Une enquête du réseau national des épiceries solidaires Andès, menée auprès de 600 habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), révèle que les contraintes budgétaires et de mobilité restent un frein majeur à l’accès à une alimentation de qualité, pourtant souhaitée. 63 % des personnes interrogées déclarent sauter des repas et plus d’un sur deux ne peut pas acheter tous les aliments dont il a besoin ou envie. La situation est encore plus marquée au sein des familles monoparentales, où 74 % déclarent avoir des difficultés d’accès à l’alimentation. Pourtant, loin des idées reçues, 78 % des personnes interrogées consomment des fruits et légumes frais plusieurs fois par semaine et la majorité cuisine régulièrement. Reste que l’accès à l’offre alimentaire reste fortement conditionné par la mobilité : 41 % des répondants envisagent les courses comme une contrainte. Ces résultats montrent « que l’organisation territoriale de l’offre alimentaire de proximité joue un rôle central », souligne Andès. À l’issue de cette étude, le réseau appelle les collectivités à développer des dispositifs accessibles et non stigmatisants, à renforcer les épiceries solidaires comme outils globaux de lutte contre la précarité et à apporter des solutions aux problématiques de mobilité, notamment via des épiceries itinérantes.
Élysée : possible départ du conseiller agricole d'Emmanuel Macron
Le conseiller à l'agriculture d'Emmanuel Macron, Mathias Ginet, pourrait partir prochainement de l'Élysée. Il est dans l'attente d'un avis de la Haute autorité à la transparence de la vie publique (HATVP), a-t-il indiqué à Agra Presse, confirmant une information du média Contexte. Avant d'arriver à l'Élysée en 2022, Mathias Ginet a passé presque deux ans en Allemagne comme conseiller pour les affaires agricoles de l’ambassade de France. Il avait auparavant été conseiller « Pac 2014-2020, filières végétales, climat et biodiversité », puis « Transitions agroécologiques, Pac et filières végétales » au cabinet du ministre de l’Agriculture (juillet 2018 à juillet 2020). Avant cela, M. Ginet avait occupé plusieurs fonctions Rue de Varenne, après avoir coordonné le groupe de travail Agriculture d’En Marche lors de la campagne présidentielle de 2017. Par ailleurs, en février 2022, il a participé à la rédaction d'une note sur la souveraineté alimentaire et la transition écologique pour la fondation Terra nova.