Crise agricole: les prochaines étapes de la réponse européenne
Alors que les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 29 avril à Luxembourg, se sont félicités de l’adoption rapide de mesures de simplification de la Pac (qui seront définitivement validées le 13 mai), le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski leur a détaillé les prochaines mesures qui seront présentées pour répondre aux manifestations agricoles. Tout d’abord, Bruxelles publiera en juin, dans un souci de simplification, une modification des règles encadrant les photos géolocalisées pour les déclaration Pac. Comme le lui demandent certains pays (Irlande, Lettonie, France), l'exécutif européen pourrait aussi prochainement décider de modifier les règles de la BCAE 2 (protection des zones humides et des tourbières). En juin également est attendue une communication clarifiant la notion de «force majeure» que les États membres peuvent invoquer pour déroger à certaines obligations de la Pac. La Commission européenne doit aussi proposer en juillet une révision du règlement OCM de la Pac, initialement attendue en avril. Ces changements se concentrent sur trois domaines, a précisé Janusz Wojciechowski devant les ministres: préciser les exigence des contrats écrit avec une meilleure intégration des conditions du marché et des coûts pour permettre une transmission des prix plus rapide; renforcer le pouvoir de négociation collective des organisations de producteurs; définir des normes minimales dans le cadre des programmes volontaires de commerce équitable durable. Enfin, à l’automne est attendu un nouveau règlement sur l'application transfrontalière des pratiques commerciales déloyales renforçant les pouvoirs des autorités nationales pour faire respecter la loi et coopérer entre elles.
Aides de minimis: une quinzaine de ministres de l'Agriculture poussent pour un relèvement du plafond
Avec le soutien d’une quinzaine d’États membres (France, Pologne, Autriche…), le ministre de l’Agriculture allemand a demandé le 29 avril, à l’occasion de la réunion des Vingt-sept à Luxembourg, à la Commission européenne de porter à 50 000 € le plafond des aides «de minimis». Depuis 2019, les États membres peuvent seulement allouer 20 000 € (et même jusqu’à 25 000 € sous certaines conditions) sur une période de trois ans à une exploitation agricole sans avoir à en référer préalablement à la Commission européenne. Mais avec les crises sanitaires, climatiques et de marché qui se multiplient, ce plafond est très vite «saturé», a souligné le ministre français Marc Fesneau lors de son arrivée au Conseil. Selon lui, «le cadre de crise temporaire mis en place après la pandémie de Covid-19 et prolongé à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est pas suffisant», et surtout ne s’inscrit pas sur le long terme. Mais certains pays y sont plus réticents: le Danemark notamment craint des distorsions de concurrence entre pays. «La Commission analyse attentivement la manière de donner la meilleure suite» à ces demandes, a répondu le commissaire européen Janusz Wojciechowski. Mais il s'est dit «personnellement» favorable au relèvement du plafond. Toutefois, sur ce sujet, c’est la direction générale de la Concurrence qui a la main.
Manifestations: Emmanuel Macron recevra les syndicats agricoles ce jeudi 2 mai
Le président de la République Emmanuel Macron recevra les représentants des syndicats agricoles ce jeudi 2 mai, annonce le cabinet du ministre de l'Agriculture le 29 avril, deux jours après les mesures complémentaires présentées par le Premier ministre. Une source professionnelle précise que l'Élysée prévoit un «temps d'échange sur les perspectives pour l'agriculture française»; au moins deux syndicats étant invités au même horaire, l'échange devrait être collectif. En déplacement dans la Manche samedi, Gabriel Attal avait pour mission de permettre cette rencontre, en mettant un terme à la séquence de négociation qui avait suivi la visite ratée du président de la République au Salon de l'agriculture. Ses annonces se sont articulées principalement autour de soutiens aux agriculteurs les plus en difficulté et d'un plan de soutien à «l'agriculture méditerranéenne». Les premières réactions des syndicats avaient ouvert la voie à une rencontre. Une nouvelle «phase» s'ouvre pour la «déclinaison concrète» de chacune de ces mesures, avaient salué le 27 avril les syndicats agricoles majoritaires, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. Mais ils ont aussi promis d'être d'une «extrême vigilance» pour surveiller leur concrétisation et le vote cet été d'une nouvelle loi agricole. À la Coordination rurale, «on sera vigilants sur toutes les annonces», et «il y a encore beaucoup à faire», a déclaré sa présidente Véronique Le Floc'h à l'AFP. La Confédération paysanne s'est montrée plus critique, sa porte-parole expliquant notamment sur France Info que le syndicat n'avait pas été consulté.
LOA: en commission, les députés précisent la notion de «souveraineté alimentaire»
Les députés ont entamé, le 29 avril après-midi, l’examen du projet de loi d’orientation agricole (LOA) en commission du Développement durable. Ils ont adopté trois amendements de la rapporteure Sandrine Le Feur (Renaissance) précisant ce qui concoure à la «protection de la souveraineté alimentaire». L’un d’eux affirme la primauté de l'usage alimentaire de la biomasse sur les usages énergétiques. Selon un autre amendement, il s’agit de «veiller à ce que les exportations agricoles ne nuisent pas à la souveraineté alimentaire et réduire la dépendance aux importations, notamment d’engrais et de protéines végétales importées». Les députés ont par ailleurs adopté, avec un avis de sagesse de la rapporteure, un amendement écologiste sur la souveraineté alimentaire pour «réduire l’exposition à la financiarisation des matières premières et des terres agricoles». Avec un avis favorable de la rapporteure, ils ont voté pour un amendement socialiste qui redéfinit les objectifs de la politique d’installation et de transmission: contribuer à la souveraineté alimentaire et aux transitions agroécologique et climatique; accroître la population agricole; favoriser «la transition vers des modèles agricoles plus résilients sur les plans économique, social et environnemental», notamment l’agroécologie, la bio.
Serres chauffées bio: Felcoop et Légumes de France prêts à aller devant le Conseil d’État
Felcoop (coopératives de fruits et légumes) et Légumes de France (producteurs, FNSEA) ont adressé un recours gracieux à l’Inao concernant l’obligation faites aux serristes bio passer en énergies renouvelables au 1er janvier 2025, a appris Agra Presse le 26 avril. Les deux syndicats entendent faire annuler cette disposition ou, pour le moins, repousser la date d’application beaucoup plus loin dans le temps. Cette obligation devrait être abordée lors du Comité national Agriculture bio de l’Inao le 11 juillet. «Il y a deux possibilités: soit nous sommes entendus sur ce sujet avant septembre, soit nous porterons le sujet devant le Conseil d’État», a expliqué Jean-Michel Delannoy, président de Felcoop. La nouvelle réglementation de l’Inao prévoit que, à partir de janvier 2025, toutes les serres chauffées en conversion ou certifiées bio avant janvier 2020 devront utiliser des énergies renouvelables. Or, la filière ne disposerait pas des moyens financiers pour assurer cette transition. Felcoop et Légumes de France avaient souligné «les capacités d’investissement très affaiblies dans du chauffage en énergies renouvelables» de la filière lors de la validation de la requête des deux syndicats concernant la commercialisation de légumes bio produits sous serres chauffées par le Conseil d’État.
Cantines/Egalim: en Haute-Garonne, Pannier-Runacher interpelée sur la relocalisation
En déplacement en Haute-Garonne le 29 avril, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Agriculture, a été interpelée sur les difficultés pour les producteurs locaux d’accéder aux marchés d’approvisionnement de la restauration collective. «La loi Egalim nous bloque, car nous sommes un groupement de producteurs, mais nous ne produisons pas forcément sous Siqo» (signe de qualité ou d'origine), ont déploré les agriculteurs du groupement Produit sur son 31, qui accueillaient la ministre au Min de Toulouse. «Avec la loi Egalim telle qu’elle est, une IGP du nord de la France sera privilégiée à une production locale pour des marchés toulousains», s’est ému Sébastien Albouy, président de la chambre d’agriculture de Haute-Garonne, plaidant pour l’ajout d’un critère «bas carbone» dans la loi Egalim. Pour Agnès Pannier-Runacher, un tel ajout ne s’avère pas nécessaire, car le Code des marchés publics permet déjà de s’appuyer sur des critères environnementaux pour privilégier l’approvisionnement local. «Les collectivités doivent se saisir de ces clauses. Chacun doit remplir sa part de responsabilité sur le sujet de l’approvisionnement local», a-t-elle confié à Agra Presse. (Bérengère Bosi)
Céréales ukrainiennes: fin des blocages d'agriculteurs à la frontière polonaise
Après plusieurs mois de blocage, les négociations entre les représentants des organisations agricoles et le gouvernement polonais ont abouti, le 28 avril, à la suspension des protestations à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine, a déclaré le ministère de l’Agriculture le même jour. Celle-ci intervient après des annonces d'aides du gouvernement aux agriculteurs n'arrivant pas à vendre leurs stocks de blés sur un marché saturé. «La nuit dernière, les Polonais ont débloqué tous les points de contrôle à la frontière avec l'Ukraine», s’est félicité de son côté, le 29 avril, le ministre ukrainien de la Politique agraire et de l'alimentation, Mykola Solsky, remerciant au passage ses homologues polonais pour «leur travail productif». Kiev ajoute que des discussions se poursuivent entre les parties et qu’ils ont convenu d'échanger des chiffres mensuels sur le transit des produits agricoles afin de suivre l'évolution de la situation. Une réunion est d'ailleurs prévue le 7 mai. À partir de la fin 2023, des agriculteurs polonais ont commencé à bloquer les postes-frontières avec l'Ukraine afin de protester, entre autres, contre l'arrivée massive de denrées alimentaires – notamment des céréales – occasionnant des perturbations sur le marché polonais.
Prairies: pousse «largement excédentaire» dans «la quasi-totalité du pays» (Agreste)
Grâce à des conditions climatiques très favorables, la pousse cumulée des prairies permanentes est «supérieure de 45% à la moyenne observée sur la période de référence 1989-2018», indique Agreste dans une note publiée le 26 avril. Et le service statistique du ministère de l’Agriculture de préciser que, «sur les 30 dernières années, 2024 arrive en seconde position derrière 2017». Arrêté au 20 avril, ce premier point d’étape de la campagne de pousse d’herbe montre que la production annuelle de référence est déjà réalisée à hauteur de 30%, contre 21% en moyenne. La pousse est supérieure à la moyenne «dans 97% des régions fourragères», à l’exception des côtes du Roussillon (10 000 ha de prairies permanentes), «restées à l’écart des pluies». L’excédent est supérieur à 70% dans quatre régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Paca et Bourgogne-Franche-Comté). À l’autre bout du classement, les régions de l’Ouest présentent des surplus inférieurs à 30% (Bretagne, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine). Comme le rappelle Agreste, le printemps a été marqué par des conditions climatiques très bénéfiques à la pousse de l’herbe: températures «nettement supérieures aux normales» (sauf début mars et mi-avril), pluies «fréquentes» et sols «humides».
Miel: le Conseil de l'UE adopte définitivement les règles sur l’étiquetage
Après les parlementaires européens au début du mois, les ministres de l’Agriculture de l’UE ont définitivement validé le 29 avril, lors de leur réunion à Luxembourg, la révision des directives Petit-déjeuner, dont fait partie l’étiquetage du miel. Le texte doit à présent être publié au Journal officiel de l'UE et entrera en vigueur vingt jours après. «Les nouvelles mesures seront applicables dans l'ensemble de l'Union européenne dans un délai de deux ans», précise le Conseil de l’UE. Concrètement, ces règles, très attendues par les professionnels du secteur, ont pour principal objectif d’améliorer la lutte contre les miels frelatés et d’accroitre la transparence. L’accord prévoit notamment qu’en cas de mélange, les pays d’origine des miels soient indiqués sur l’étiquette, dans le même champ de vision que le nom du produit, par ordre décroissant en fonction de la proportion qu’ils représentent. Une flexibilité est offerte aux États membres de n'indiquer que les quatre parts les plus importantes si elles représentent plus de 50% du mélange. Cette disposition remplacera la formulation actuelle qui mentionne simplement si le mélange provient ou non de l’UE.
Santé animale: vers le déploiement national d’un outil de suivi du statut des cheptels
GDS France s’est associé fin 2023 au projet Harmony Grand-Est afin de déployer l’application Sanibov «sur tout le territoire français», a expliqué le secrétaire général de GDS France, Stéphane Jeanne, à l’occasion du congrès du réseau national des groupements de défense sanitaire, le 26 avril. Cette application permet de partager des informations sur le statut sanitaire des animaux avant leur transport. «Cela permettra aux opérateurs de mieux organiser leur tournées et de ne pas mélanger des animaux sains et des animaux malades», souligne le président de GDS France, Christophe Moulin. L’association Harmony Grand-Est a été fondée par le GDS Grand Est et des partenaires locaux, dont les chambres d’agriculture. L’outil Sanibov est opérationnel dans le Grand Est depuis mars 2023 pour les statuts de la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) et la diarrhée virale bovine (BVD). «Grâce à un système sous forme de “feux de couleur” indiquant les destinations possibles d’un animal en fonction de son statut sanitaire, les utilisateurs tels que les opérateurs commerciaux peuvent rapidement évaluer le statut d’un animal ou d’un cheptel et mettre en place des pratiques sanitaires adéquates», indique un communiqué de GDS France. À terme, Sanibov devrait être opérationnel pour «toutes les maladies», précise Stéphane Jeanne.
Élevage et installations électriques: le CGAAER préconise de s’intéresser à la «géobiologie»
Dans un rapport portant sur les effets des antennes relais, installations électriques et éoliennes sur les élevages, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) recommande aux chercheurs de se pencher sur «les pratiques développées sur le terrain par certains géobiologues pour en identifier les éventuels fondements scientifiques», peut-on lire dans le document publié le 25 avril. Constatant le manque de connaissances sur les effets des installations électriques à proximité des bâtiments d'élevage, la mission du CGAAER demande plus de moyens pour la recherche et donne plusieurs pistes, dont l’étude de la «géobiologie», tout en rappelant que cette approche est «très contestée dans le milieu scientifique». D’après les résultats d’une enquête menée par le CGAAER auxquels ont répondu plus de 1000 éleveurs, les «géobiologues» sont «fortement sollicités» par les professionnels rencontrant des difficultés qui seraient en lien avec des champs électromagnétiques. Dans les témoignages recueillis, de nombreux éleveurs associent la diminution des troubles du comportement observés chez leurs animaux au passage d’un «géobiologue». En 2015, un rapport de l’Anses avait conclu à «l’absence de preuves scientifiques démontrant l’impact des ondes électromagnétiques» sur la santé des animaux d’élevage.
Melon: perspectives stables pour la France, l’Espagne de nouveau en recul
Les prévisions de plantation en melon pour les principaux pays producteurs (Espagne, France) présentées à l’occasion du salon Medfel (les 24 et 25 avril) montrent une stabilité globale de surfaces dans l'Hexagone. En revanche, les pluies régulières sur les principales zones de production devraient avoir un effet sur la campagne: les reports de plantation ont été nombreux, principalement dans la région Paca, où des problèmes de ressuyage ont obligé les cultivateurs à effectuer des reports ou des échanges de parcelles – cela entrainera 7 à 10 jours de retard dans les récoltes. Autres zones en retard: le Centre-Ouest, tout comme sur Sud-Ouest, où la préparation des sols a pris du retard. Cependant, selon les professionnels, cela ne devrait perturber ni la récolte ni la commercialisation – hormis peut-être pour les variétés précoces –, en espérant que les évolutions météorologiques ne jouent pas la mouche du coche d’ici là. Du côté espagnol, la baisse régulière des surfaces se confirme pour la troisième année consécutive (-50% en Murcie par exemple). La conjonction d’une forte pression sur le foncier et sur l’accès à l’eau, des normes environnementales plus contraignantes ainsi que des coûts de production en augmentation expliquent cette baisse. De l'autre côté des Pyrénées, en certaine précocité laisse par ailleurs envisager un étalement de la production.
Vin: dans l'AOC Cahors, 90% des vignes ravagées par le gel
La quasi-totalité du vignoble de Cahors a été décimée la semaine dernière par un épisode de gel tardif, dans un terroir déjà touché en 2023 par le mildiou, a appris l’AFP le 29 avril auprès de l'interprofession. «On a eu trois jours de gel d'affilée, la température est descendue jusqu'à -4°C. Sur 90% du vignoble, on a 100% de dégâts. Sur les 10% restants, on verra d'ici un mois», a déploré le président de l'AOC, Nicolas Fournié. Les vignerons du Lot s'attendaient à des températures négatives, mais pas aussi basses. Environ 250 vignerons indépendants ou coopératives sont affectés par le phénomène climatique. Quelques semaines après un épisode de gel, le pied de vigne donne à nouveau des feuilles, mais avec beaucoup moins de raisin au moment des vendanges. «Cela fait beaucoup d'aléas climatiques en peu de temps», a regretté le président de l'AOC Cahors. «On espérait beaucoup de 2024, car l'an dernier, le rendement de l'appellation a été faible (avec seulement 40% de la capacité de production). Ça commence à jouer sérieusement sur les finances et le moral.» Non loin du Lot, les vignobles de Fronton (Haute-Garonne) et de Gaillac (Tarn) ont été affectés par le même épisode de gel, mais dans une moindre mesure.
Spiritueux: le contentieux sur le cognac au menu de la visite française de Xi Jinping
Le contentieux commercial entre la Chine et la France sur le cognac et l’armagnac «sera abordé» au cours de la visite de Xi Jinping dans l’Hexagone les 6 et 7 mai, a indiqué l’Élysée à la presse le 29 avril. Ce dossier «fait l’objet de la plus grande attention des autorités françaises», a assuré la présidence, qui compte s’assurer «que les intérêts français seront préservés lors de la procédure lancée par la Chine». Le 5 janvier, le ministère chinois du Commerce avait annoncé le lancement d’une enquête antidumping sur les importations de spiritueux fabriqués à partir de vins distillés dans des contenants de moins de 200 l en provenance de l’UE, dont le cognac et l'armagnac. Autre dossier commercial en cours – mais que l’Élysée n’a pas cité comme étant à l’ordre du jour: l’ouverture du marché chinois aux abats blancs de porcs français (andouilles et andouillettes). Les discussions sont encore en cours, et la présidence française «espère pouvoir aboutir dès que possible». Outre les questions commerciales, la visite du président chinois – qui marque les 60 ans des relations diplomatiques sino-françaises – sera largement consacrée aux crises internationales (guerre en Ukraine notamment) et aux enjeux écologiques globaux.
Biocarburant: une étude pose le superéthanol comme alternative au 100% électrique
La Collective du bioéthanol a présenté le 29 avril une nouvelle étude positionnant le superéthanol comme alternative au 100% électrique. Considérant l’accord européen de 2022 sur la fin des véhicules thermiques, le porte-parole Sylvain Demoures a estimé que le «100% électrique pour les véhicules neufs à l’horizon 2035 ne semble pas optimum». Et de souhaiter une réglementation avec la possibilité d’utiliser l’éthanol et les carburants de synthèse au titre de carburants neutres en carbone. L’étude de l’Ifpen (ex-Institut français du pétrole) est basée sur plusieurs types de superéthanol E85 100% renouvelables, mélangeant du bioéthanol et trois sortes d’essences (huiles végétales hydrotraitées, essence synthétique, dérivé d’éthanol). D’après ses résultats, toutes les émissions de polluants sont «au moins 80% inférieures aux limites de la norme Euro7», en vigueur à partir de fin 2026. «Le superéthanol E85 100% renouvelable est une solution complémentaire pour se passer totalement d’essence fossile dans les nouveaux véhicules après 2035», d’après le communiqué. Ce carburant existe déjà en Californie, où il représente le tiers des volumes d'E85 distribués, souligne la collective. «Il pourrait être déployé en France avant 2035.»
Alimentation/Snanc: des experts appellent à une planification de la demande
Des experts de l’alimentation de six organisations* «pressent» le gouvernement de publier la Stratégie nationale alimentation, nutrition et climat (Snanc) attendue depuis l’été 2023, dans une lettre ouverte publiée le 25 avril. Ils estiment que la Snanc peut répondre à la crise agricole – exprimée via les mobilisations du début d’année – , tout en répondant aux enjeux de santé publique et aux «frustrations» des consommateurs, «dont une partie croissante ne peut manger ce qu’elle souhaite». La Snanc doit «devenir un véritable outil de planification de la demande alimentaire», affirment-ils. Selon eux, l’État doit «en finir» avec le modèle de «consommateur responsable». Il doit «reconnaître» que le consommateur est «largement influencé» par son environnement dans ses choix alimentaires (prix, capacité financière, offres présentes et visibles, normes, médias, publicité…) et faire en sorte que les acteurs «du milieu de chaîne» (restauration commerciale, grande distribution, industrie agroalimentaire) «façonnent» cet environnement, pour que les objectifs de partage de la valeur, de transition écologique et de santé soient atteints dans un contexte de difficultés financières des ménages.
* Iddri, I4CE, Unesco, Académie de l’agriculture, Terra Nova, Le Lierre
Coopératives: nouveau directeur général chez Terrena, en provenance de Sodiaal
L'actuel directeur général Fromages du groupe Sodiaal, Éric Forin, va devenir, à partir du 10 juin, le directeur général de la coopérative et du groupe Terrena, qui en fait l'annonce par un communiqué le 29 avril. Éric Forin avait également officié comme directeur général de Candia depuis 2021, de Charal de 2018 à 2021, et de Moy Park Europe (volaille/bœuf) de 2013 à 2018. Il remplace Alain Le Floch qui fait valoir ses droits à la retraite. Le groupe Terrena lui assigne «deux missions principales»: «poursuivre le déploiement de la stratégie Terrena 2030 dans la continuité de l’action engagée depuis trois ans»; et «renforcer le rôle des activités de transformation aval des filières agricoles, pour la sécurisation et la valorisation des productions de nos agriculteurs adhérents».
Précision sur l’influenza aviaire: suppression des dérogations aux mesures de biosécurité renforcées
Contrairement à ce qui était indiqué dans l’Agrafil daté du 29 avril, l’arrêté du 26 avril ne supprime pas «certaines mesures de biosécurité applicables en ZRD («zone à risque de diffusion», NDLR) ou en ZRP («zone à risque particulier») lorsque le niveau de risque est modéré». Le texte supprime les dérogations aux mesures de biosécurité renforcées (mise à l’abri des animaux). Ces dérogations avaient été instaurées à la mi-mars, en même temps que le passage du niveau de risque «élevé» à «modéré», en raison d'une «dynamique sanitaire bien plus favorable que l'année dernière», précise le cabinet de Marc Fesneau à Agra Presse. Elles ont été abrogées, «car le prochain passage au niveau "modéré" se fera dans le sens d'une élévation du niveau de risque» et qu'il n'est «pas possible à ce stade de présager» de la situation sanitaire future. En cas d’abaissement du risque «élevé» au risque «modéré» l’année prochaine, une nouvelle analyse de risque prenant en compte le contexte sanitaire serait nécessaire avant d'envisager une nouvelle dérogation, indique de son côté le Cifog (interprofession du foie gras).