Agrafil du 2 août 2024

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Négoce: feu vert de l'UE, sous conditions, au rachat de Viterra par Bunge

La Commission européenne a annoncé le 1er août donner son feu vert, sous certaines conditions, au rachat de la société Viterra par le géant américain du négoce agricole Bunge, une méga fusion d'un montant de plus de 8 milliards de dollars annoncée il y a un an. Bunge, qui compte les mastodontes internationaux du secteur, est spécialisé dans la transformation des graines oléagineuses et notamment du soja, tandis que la firme Viterra, basée en Europe, est active dans d'autres cultures comme le blé et l'orge. L'exécutif européen a jugé que leur rapprochement risquait de réduire la concurrence sur le marché des tourteaux d'oléagineux pour animaux, ainsi que ceux des huiles destinées à la consommation humaine et des biocarburants, particulièrement en Europe centrale où les deux sociétés sont actives. Conséquence: il a été demandé à l'entité fusionnée de céder l'intégralité des activités de graines oléagineuses de Viterra en Pologne et en Hongrie, ainsi qu'«un certain nombre d'actifs logistiques liés à ces opérations», précise un communiqué de Bruxelles. Ce que les firmes ont accepté. 

Négoce: les profits d'ADM et Bunge chutent avec les cours des céréales

Les profits des maisons américaines de courtage Bunge et ADM ont chuté au premier semestre dans le sillage des cours des produits agricoles qu'ils négocient et transforment. Le bénéfice net de Bunge sur les six premiers mois de l'année a été divisé par quatre, à 314 millions de dollars, détaille l'entreprise dans un communiqué mercredi. Il s'agit de sa plus faible performance depuis 2019. Celui d'ADM a plongé de 42% sur la même période, à 1,2 milliard de dollars, avait indiqué l'entreprise mardi dans son propre communiqué de résultats. C'est son plus bas niveau depuis 2020. ADM et Bunge, qui avec les groupes non cotés en Bourse Cargill et Louis Dreyfus dominent le commerce des céréales et oléagineux dans le monde, avaient vu leurs bénéfices s'envoler en 2021 et 2022. Les chiffres d'affaires des maisons de négoce avaient déjà reculé en 2023, et cette tendance se confirme. Au premier semestre 2024, le chiffre d'affaires de Bunge a reculé de 12% et celui d'ADM, de 10%. Les résultats plus faibles des activités agricoles «reflètent un environnement plus équilibré pour l'offre mondiale», estime Bunge dans son communiqué.

Maïs fourrage: les dates de récolte «s'annoncent tardives» (Arvalis)

Après des semis compliqués cette année par les pluies, Arvalis a publié, dans un communiqué le 1er août, de premières dates prévisionnelles de récolte pour le maïs fourrage, qui «s'annoncent tardives». Dans le détail, l'institut technique indique que les premiers chantiers devraient débuter «avant le 31 août dans le sud de la région Centre-Val de Loire, en Midi-Pyrénées, dans le Limousin et en Rhône-Alpes», mais ils subiront un «étalement important», avec potentiellement des «récoltes tardives, soit après la mi-octobre, pour les semis de juin.» L'institut rappelle que les dates de semis ont été «très variables» cette année, avec des premiers semis sur «les derniers jours du mois d’avril jusqu’au 10 mai», puis une nouvelle séquence «sur la dernière décade de mai pour se poursuivre jusque courant juin». Et de préciser que «contrairement à l’année dernière, le mois de juin, plus froid que la médiane des dix dernières années – et plus particulièrement dans le quart nord-est –, n’a pas permis de rattraper le retard pris».

FCO: les vaccins seront fléchés vers les éleveurs volontaires en zone régulée (professionnels)

L’État mettra les doses de vaccins commandés contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) du sérotype 3 à la disposition des éleveurs installés dans la zone régulée, frontalière avec la Belgique, a précisé la direction générale de l’alimentation (DGAL), lors d’une réunion du 1er août qui s’est tenue en présence de représentants des professionnels de l’élevage. «600 000 doses de vaccins seront mis à disposition pour les ovins et 4 millions de doses pour les bovins», indique FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), précisant «que deux doses sont nécessaires pour vacciner un bovin, contre une seule pour un ovin». La vaccination est volontaire. En revanche, la DGAL n’a pas annoncé d’indemnisations pour les pertes économiques liées aux mesures imposées ou à la survenue de la maladie dans un troupeau. Dans le Nord, les conséquences économiques des restrictions de mouvements pour prévenir l’arrivée de la FCO du sérotype 3 seront «énormes», affirme Sylvie Colas, secrétaire nationale de la Confédération paysanne, référente sur le sanitaire animal. Et, dans le Sud-Ouest, la situation est «dramatique» pour les éleveurs qui font face à une recrudescence de la FCO du sérotype 8, explique-t-elle. Dans un communiqué du 31 juillet, le syndicat demandait l’«indemnisation des pertes directes et indirectes (lait et reproduction) sur les troupeaux». 

Vin : la coopérative girondine Univitis mise en redressement judiciaire

Univitis, importante cave coopérative basée à Les Lèves-et-Thoumeyragues (Gironde), a été mise en redressement judiciaire, selon une annonce publiée le 31 juillet au Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). La procédure a été ouverte le 18 juillet par un jugement du Tribunal judiciaire de Libourne, après une cessation de paiements le 2 juillet. Cela souligne les difficultés de tout un secteur, avec aussi le 12 juin une procédure de mise en sauvegarde des Vignerons de Buzet, cave coopérative du Lot-et-Garonne. Univitis reconnaît «d’importantes difficultés», en lien «avec le contexte économique actuel et l’état du marché dégradé du secteur vitivinicole», selon un communiqué le 1er août. Interrogé par Agra Presse, le président Mikaël Cousinet parle aussi d’«un endettement assez lourd», de frais de licenciement d’un ancien directeur, du remboursement d’une subvention de 300 000 €. Le redressement judiciaire représente «une opportunité et une étape nécessaire à la coopérative» qui doit lui permettre «de restructurer son passif et d’assurer sa pérennité», poursuit le communiqué. Et d’annoncer un travail «d’ores et déjà sur différents axes de restructuration». L’entreprise rassemble 135 viticulteurs sur 1 700 hectares et 15 appellations (bordeaux, bergerac et côtes-de-duras), d’après son site internet.

Vendanges : un peu moins de travailleurs espagnols en France cette année

Quelque 13 500 travailleurs saisonniers espagnols devraient participer cette année aux vendanges françaises, a précisé le syndicat de salariés espagnol UGT-Fica sur son site internet le 1er aout. Cela est moins que pour les campagnes précédentes (14 000 à 15 000 depuis 2015). Deux raisons expliqueraient ce chiffre en baisse selon le syndicat: «l'impact de la sécheresse qui a généré un retard dans le campagne viticole et qui va vraisemblablement réduire la production française de raisin» d’une part, et «le transfert de travailleurs vers d'autres secteurs (en particulier la construction) dans plusieurs communautés» dont l'Andalousie qui fournira cependant le principal bataillon de travailleurs saisonniers (10 150), d’autre part. «Les travailleurs partent aux vendanges françaises à la recherche de conditions économiques et sociales qu'ils ne trouvent malheureusement pas dans notre pays», a regretté Mariano Hoya, secrétaire général de l’ UGT-Fica qui a appelé les employeurs agricoles espagnols à s’entendre sur un accord d'État qui homogénéiserait les conditions des travailleurs du secteur. Le syndicat a aussi appelé à la prudence face à d’éventuelles fraudes en rappelant les mesures de prudence (contrat de travail original, transports autorisé, affiliation à la sécurité sociale française).

Fraise : plutôt une bonne récolte cette année, et des prix bien orientés

Au 1er juillet, la production française de fraises est estimée à 77 200 tonnes pour la campagne 2024 indique une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) le 31 juillet. Avec un retour à des conditions climatiques plus favorables en juin, elle augmenterait de 1% sur un an. Et elle serait supérieure de plus de 6% à la moyenne quinquennale. La situation est cependant plus hétérogène par bassin : sur un an, la production augmenterait de 3% dans le Sud-Ouest avec de bons rendements sur le mois de juin, mais diminuerait respectivement de 3% et 1 % dans le Centre-Ouest et le Sud-Est. Après un mois de mai marqué par des apports limités à cause de conditions météorologiques adverses, les volumes ont été plus importants sur juin (report de volumes) : les prix, supérieurs de 16% par rapport à 2023 en mai, sont redescendus bien que toujours positifs (+2% par rapport à 2023). «La situation est un peu plus tendue sur les fraises allongées avec une baisse des cours plus prononcée qu’en rondes, malgré l’orientation de lots fragiles vers l’industrie ou la surgélation», souligne néanmoins Agreste.

Mirabelles IGP : la Lorraine s’attend à une saison exceptionnelle (syndicat)

L’Association des mirabelles de Lorraine annonce une récolte record aux alentours de 6000 tonnes cette année, dans un communiqué le 31 juillet. «Cette saison s’annonce belle et va durer ! La pluviométrie régulière de ces derniers mois a permis aux Mirabelles de Lorraine d’atteindre le bon calibre requis pour l’IGP (supérieur à 22 millimètres)», déclare Quentin Hoffmann, président de l’association. Les tonnages sont donc attendus au-delà de la moyenne annuelle des 5000 tonnes, sachant que le potentiel maximum des 1000 hectares de mirabelliers concernés part l’IGP est de 8 000 tonnes. Ce chiffre avait été évoqué en avril comme première estimation, les producteurs ayant connu une floraison exceptionnelle et une pollinisation qui s'était bien déroulée. La récolte a débuté dans les vergers lorrains le 31 juillet. Une date plus en phase avec l’habitude pour les producteurs : depuis plusieurs années, à cause de fortes chaleurs, elle avait été plus précoce d'environ deux semaines. Plus de 2 000 saisonniers, principalement des locaux et des étudiants participent à la récolte. La Lorraine représente 70% de la production mondiale de mirabelles produits par 150 producteurs «dont une vingtaine de jeunes arboriculteurs», souligne l’association

Légumes/petits fruits: la Haute-Savoie s’engage auprès des maraîchers et des horticulteurs

À partir de septembre 2024, les maraîchers, pépiniéristes et horticulteurs haut-savoyards pourront recevoir des aides départementales, pour développer leurs exploitations dans le cadre d’un plan maraîchage 2024-2027. Dans cette optique, le département, qui souhaite pérenniser les filières légumes, petits fruits, horticulture et pépinières, va subventionner à hauteur de 40 % l’installation durable de nouveaux maraîchers, l’acquisition de matériels de culture, l’investissement d’équipements liés au conditionnement, au stockage, à la transformation et à la commercialisation ou encore l’installation et l’équipement de serres, d’abris et de tunnels. Des bonifications de 10 % sont prévues pour les nouveaux installés (jeunes agriculteurs ou installés depuis moins de 5 ans) et les exploitations situées en zone de montagne. Le montant minimal de la subvention est fixé à 500 € HT par dossier. Travaillé en étroite collaboration avec les acteurs de la filière selon la collectivité territoriale, ce plan s’inscrit en complémentarité du plan stratégique de la Région Aura, des plans régionaux de filières et des dispositifs d’aides de FranceAgriMer dans le cadre de France 2030 (Souveraineté alimentaire et transition agroécologique). La Haute Savoie compte environ 220 exploitations produisant des légumes (sur 2300 au total), dont la moitié labélisée en agriculture biologique.

Statistiques agricoles : Bruxelles consulte sur la mise en place du Ridea

La Commission européenne a ouvert le 26 juillet pour une durée de 4 semaines (jusqu’au 23 août) une consultation publique concernant la mise en œuvre du nouveau réseau d’information sur la durabilité des exploitations agricoles (Ridea). Définitivement entériné par les Vingt Sept le 13 novembre, celui-ci remplace le réseau d’information comptable agricole (RICA) en y intégrant des données supplémentaires sur la dimension environnementale et le sociale. Concrètement, l’initiative proposée par Bruxelles doit permettre de définir la procédure à suivre par les États membres pour demander une contribution financière de l’UE aux coûts de mise en place du nouvel outil. A l’issue de cette période de consultation, l’adoption de l’acte d’exécution définitif par les services de la Commission européenne est programmée pour le seconde partie de 2024. Le texte entrera en vigueur le lendemain de sa publication au journal officiel de l’UE.

Agenda de la semaine agricole du 5 août 2024

Mercredi 7 août
Prognosfruit (prévisions pomme poires UE) à Budapest (Hongrie) jusqu’au 9