Haies : vers un crédit d’impôt pour inciter les agriculteurs à une gestion durable
Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2025, les sénateurs ont voté, le 29 novembre en séance publique, pour l’instauration d'un crédit d’impôt haies. Une mesure qui s’inspire de la proposition de loi (PPL) des écologistes Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) et Joël Labbé (Morbihan) « en faveur de la préservation et de la reconquête de la haie ». L’amendement transpartisan, adopté avec les avis de sagesse de la commission et du gouvernement, instaure un crédit d’impôt pour la gestion durable des haies. Son montant est de 60 % des dépenses engagées pour les frais de certification et de gestion durable. Un plafond est prévu, à hauteur de 4 500 € par exploitation, avec un mécanisme de transparence dans la limite de quatre associés pour les Gaec. Par ailleurs, un amendement du rapporteur général LR, adopté avec l’avis favorable du gouvernement, reconduit jusqu'au 31 décembre 2027 le crédit d’impôt remplacement pour congés des agriculteurs. Des amendements centristes et macronistes, adoptés avec les avis de sagesse de la commission et favorable du gouvernement, prorogent sur 2025 le crédit d’impôt HVE (Haute valeur environnementale).
Pesticides: Genevard crée un «conseil d'orientation» pour hiérarchiser les dossiers de l'Anses
Après la création d'une Commission des usages orphelins (CUO) en 2015, et d'un Comité des solutions en mars par Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard a annoncé, lors d'une déplacement le 30 novembre la création d'un «Conseil d'orientation pour la protection des cultures». Créé par décret, ce Conseil, présidé par la ministre et réunissant les parties prenantes dont les agriculteurs, les instituts de recherche et les fabricants de produits phytosanitaires, visera à «prioriser l'instruction» par l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) des demandes d'autorisation des intrants, en fonction des besoins des filières agricoles. Autrement dit, il s'agira pour l'Anses de faire passer en haut de la pile des demandes de mises sur le marché de certains produits, afin de répondre à des besoins jugés urgents de certaines cultures. «On demande à l'Anses de travailler en priorité sur les usages orphelins ou mal pourvus», a dit la ministre. Les entreprises phytopharmaceutiques pourront apporter «une expertise technique car ce sont elles qui mettent au point les produits». Sur le fond des décisions (autorisation ou interdiction), «il ne s'agit pas de dicter les décisions à l'Anses, qui est une agence indépendante», a-t-elle assuré à l'AFP. Ce décret doit aussi «améliorer l'information des ministères (...) des projets de décisions de l'Anses». Il doit en outre «demander à l'Anses de faciliter la reconnaissance mutuelle» de produits déjà autorisés au niveau européen.
Pesticides: Eau de Paris annonce des diminutions des pics dans certaines nappes grâce à la bio
Les pics de concentration de pesticides ont diminué de moitié dans les nappes d'eau souterraines qui alimentent l'eau potable des Parisiens où l'agriculture, selon les résultats à mi-parcours d'un programme d'accompagnement des agriculteurs mis en place par la régie Eau de Paris, a-t-elle annoncé le 29 novembre. Eau de Paris a mis en place en 2020 un régime d'aides spécifiques de paiement pour services environnementaux, avec pour but d'accompagner des agriculteurs volontaires situés dans les aires d'alimentation de captage pour la production d'eau potable, afin qu'ils réduisent leur utilisation de pesticides. «La mise en place de ce programme a permis de diminuer de moitié les pics de concentration de pesticides dans les nappes souterraines sur lesquelles il y a un fort développement de l'agriculture biologique», a déclaré à l'AFP Manon Zakeossian, responsable du service protection de la ressource et biodiversité pour Eau de Paris. Elle s'appuie sur les résultats de mesures de qualité effectuées par le laboratoire Eau de Paris, accompagné par un bureau d'études, dans le secteur "Vallé de la Vanne", dans le département de l'Yonne, où 30% des agriculteurs sont désormais convertis au bio. Quelque 115 agriculteurs cultivant plus de 17.300 hectares (dont 58% en agriculture biologique) se sont engagés dans ce programme de cinq ans (2020-2025) mené par Eau de Paris, pour un budget de 46 millions d'euros, financé à 80% par l'Agence de l'eau Seine Normandie.
Versement des aides: plus de retard des acomptes en cas de contrôle, promet Genevard
A l'occasion de son déplacement le 30 novembre, la ministre de l'Agriculture a annoncé que les acomptes des aides Pac seront versés «à tous les agriculteurs dès la date permise par la réglementation communautaire, y compris en cas de contrôle». Le communiqué du ministère ne précise pas si la décision s'applique aux demandes de modifications de la part de l'administration dans le cadre du «droit à l'erreur», via le Système de suivi des surfaces en temps réel (SSTR). Et sur cette campagne, ce sont 25 000 parcelles – soit 0,25 % – qui ont été concernées par des demandes de modification ou d’éléments complémentaires de la part de l’administration – dans ces cas, la FNSEA demande que les exploitants se voient tout de même verser les avances. Au 26 novembre, 98,5 % des dossiers d'acomptes avaient été payés, rapporte l’agence, et le paiement du solde de décembre était «en cours de préparation». Autre annonce faite par la ministre lors de son déplacement: les informations Telepac relatives à l’admissibilité des parcelles seront désormais doublées d’un envoi par mail.
OFB: bientôt des caméras piéton déclenchables lors de contrôles, craintes de baisse de budget
A l'occasion de son déplacement le 30 novembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a confirmé que le directeur général devra «assurer de manière immédiate la discrétion des armes en cas de contrôle», et «organiser le déploiement progressif dans les départements du port de caméra piéton permettant de déclencher des enregistrements de contrôle sur place ce qui contribuera à apaiser les choses.» La ministre a aussi rappelé le déclenchement d'une «mission flash de six semaines avec l’objectif de faire des propositions opérationnelles pour améliorer les relations entre cet établissement et le monde agricole.» Cette annonce intervient alors que le conseil d'administration de l'OFB a demandé au gouvernement de revenir sur les suppressions de postes et limiter la baisse de dotation prévues dans le budget initial pour 2025. Dans une motion relative au budget initial de l'OFB adopté le 28 novembre, dont l'AFP a obtenu copie vendredi, le conseil d'administration (CA) relève qu'il a constaté «une baisse de 28 millions d'euros de la dotation» allouée par le ministère de la Transition écologique, son ministère de tutelle, et déplore des suppressions d'emploi. Il dénonce une réduction de 25 équivalent temps plein, «pour la première fois» depuis la création de l'OFB en 2020, «qui compromet la capacité de l'OFB à répondre aux attentes croissantes liées à ses missions et projets».
Eau: Genevard lance une révision des plans nitrates régionaux et promet un guide pour le curage
A l'occasion de son déplacement le 30 novembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a fait plusieurs annonces concernant la gestion de l'eau et des cours d'eau. Concernant le dernier plan nitrates, la ministre a promis qu'une circulaire sera envoyée aux préfets qui leur demandera de «mobiliser tout le champ des dérogations qui leur est offert» et d'engager d'ici la fin de l'année un processus de révision des plans d'action régionaux (Par). Négociés durement dans certaines régions, notamment la Bretagne, ces Par doivent être revu sous quatre mois, avec pour objectif de les rendement «plus lisibles» et «plus efficace au regard de ses objectifs environnementaux». La ministre a également annoncé, sans précion, que «la fixation des dates pour les travaux agricoles se fera au niveau local». Une autre circulaire portera sur les projet d'élevage, avec pour objectif d'«optimiser les capacités d'instruction» en vue de « raccourcir les délais et privilégier les contrôles à vocation pédagogique pour les récents installés». Enfin, concernant le curage des cours d'eau et des fossés, Annie Genevard a promis qu'un «guide pédagogique» sera préparé en lien avec la profession et diffusé avant la fin de l’année à l’attention des agriculteurs «afin de faciliter la compréhension de la réglementation». En parallèle, les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture travaillent, sur ce thème, à «un guichet unique d’information à l’attention des agriculteurs».
Foncier : le gouvernement pour un nouvel allègement de la fiscalité sur la transmission
Lors de l’examen du budget 2025, les sénateurs ont adopté le 29 novembre un nouvel allègement de la fiscalité sur la transmission à titre gratuit de biens ruraux. Ils ont voté, avec les avis défavorable de la commission et favorable du gouvernement, un amendement macroniste proposant deux options : un abattement de 75 % avec un plafond de 600 000 €, puis de 50 % au-delà, en contrepartie d’un engagement de conservation du bien pendant 5 ans ; ou 75 % jusqu’à 20 M€, puis 50 % au-delà, en contrepartie d’un engagement sur 15 ans. Lors de l’examen à l’Assemblée, le gouvernement s’était opposé à un amendement visant une exonération à hauteur de 75 % sans aucun plafond, à condition de rester 15 ans propriétaire. Les sénateurs ont aussi adopté, avec les avis de sagesse de la commission et favorable du gouvernement, un amendement LR qui simplifie le recours à la Déduction pour épargne de précaution (DEP). Il permet la réintégration des sommes déduites « sans qu’il soit besoin d’établir un lien entre les dépenses professionnelles réalisées et le risque constaté ». Par ailleurs, des amendements de centristes, LR et communistes, adoptés avec les avis de sagesse du gouvernement et favorable de la commission, prolongent de 6 à 12 mois le délai du mécanisme de substitution permettant aux Safer de céder directement des terres à un nouvel acquéreur sans passer par une double mutation.
Foncier: la FNSafer «confiante» sur un lancement rapide de son fonds de portage
La FNSafer s’est montrée «confiante», le 28 novembre, sur un lancement rapide de son fonds de portage Elan, annoncé initialement au Salon de l’agriculture 2023. Après avoir «craint un moment de ne pas pouvoir aboutir, tant des oppositions se sont manifestées», le président Emmanuel Hyest est «confiant» sur une «rapide mise en œuvre» de l’outil, a-t-il déclaré lors de son congrès. L’opérateur foncier travaille «depuis des années» avec le Crédit agricole, le Crédit mutuel, la Banque des Territoires, l’État, pour créer «un fonds de portage unique, qui permette de sécuriser des jeunes agriculteurs sur de très longues durées, jusqu’à trente ans». Son lancement doit intervenir «dans les semaines qui viennent», a déclaré à la presse Emmanuel Hyest. Elan sera doté de 40 à 45 M€, dont 2 M€ venant de la FNSafer, 10 à 20 M€ de la Banque des Territoires. Au congrès, le syndicat Jeunes Agriculteurs lui a confirmé son soutien: «Il est essentiel de [le] mettre en œuvre (…) afin d’assurer la réelle transmission des exploitations agricoles et soutenir l’installation des jeunes agriculteurs», a déclaré le vice-président Julien Rouger. En parallèle, un fonds gouvernemental de 400 M€, dont une partie destinée au portage de foncier, doit être lancé.
Foncier : «atterrissage» du marché en 2024, après deux années de forte baisse (FNSafer)
Les marchés fonciers ruraux connaissent un «atterrissage» en 2024, après deux années de forte baisse, a indiqué le 28 novembre la FNSafer. «On a une forme d’atterrissage, a déclaré en congrès le directeur adjoint du services études, veille et prospective Loïc Jegouzo. Les marchés fonciers ruraux continuent de se contracter, à un rythme moindre.» Sur les dix premiers mois de 2024, le nombre de transactions affiche -3 % (contre -11,6 % pour l’année 2023), les surfaces échangées -3 % (contre -8,7 %), la valeur totale -6 % (contre-21 %). Le marché des terres et prés ressort «assez stable» sur la période, notamment en ce qui concerne le nombre de transaction (-1,5 % en 2023). Sa valeur totale diminue (après +4,9 % en 2023), «en lien avec la baisse du nombre de biens bâtis». Côté vignes, la FNSafer note «un marché qui continue de se contracter » en nombre de transactions de janvier à octobre (après -7,6 % en 2023). L'évolution est liée à «une année compliquée» sur le plan météorologique, d’après Loïc Jegouzo. «La crise viticole s’étend, avec des arrachages en cours, a-t-il souligné. On ne sait pas encore ce que le président élu outre-Atlantique (NDLR : Donald Trump aux Etats-Unis) va dégainer en termes de mesures douanières.»
Zéro artificialisation : Barnier «favorable» à exclure l'industrie pour cinq ans
Le Premier ministre Michel Barnier s'est dit le 29 novembre «favorable à ce que l'on exempte l'industrie» du dispositif «zéro artificialisation nette» des sols (Zan) «pour une période de cinq ans», dans le cadre de mesures de simplification pour soutenir ce secteur. Au ministère de l'Industrie, on souligne que le secteur «représente une part très limitée du foncier (5% du total)» et que «ces règles peuvent nous fragiliser dans la compétition internationale pour attirer les investissements». En avril, le ministre de la Transition écologique du précédent gouvernement, Christophe Béchu, avait publié un arrêté listant 424 projets bénéficiant d'une dérogation au Zan. «Aucun projet industriel n'a été refusé sur la liste», avait déjà expliqué son cabinet. Cette exemption fait partie d'une série de mesures pour «faire plus et mieux en matière de simplification et d'accompagnement des projets industriels», selon Barnier. Il a notamment annoncé son intention de «revoir les procédures» de la Commission nationale du débat public (CNDP) «pour en exclure les projets industriels qui sont trop souvent retardés ou découragés par tant de procédures», et de mettre en place «des procédures contentieuses accélérées grâce à la suppression du double degré de juridiction».
UE/Mercosur: les négociations techniques se poursuivent… pour le moment
Alors que la presse allemande avance qu’une conclusion de l'accord entre l'UE et le Mercosur serait en passe d’être annoncée, la Commission européenne, par la voix de son porte-parole au Commerce international Olof Gill, a indiqué le 29 novembre à Agra Presse que les discussions se poursuivent toujours au niveau technique. Les négociateurs européens étaient, en effet, attendus au Brésil au cours de la semaine du 25 au 29 novembre pour avancer les questions en suspens. Après le rendez-vous manqué lors de la réunion du G20 à Rio de Janeiro les 18 et 19 novembre, une nouvelle fenêtre de tir pour une finalisation des négociations est évoquée avec insistance pour le Sommet du Mercosur qui se déroule les 5 et 6 décembre à Montevideo (Uruguay). Au moment où les deux chambres du Parlement français ont entériné leur opposition commune à l’accord les 26 et 27 novembre, le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva milite, lui, toujours fortement pour une issue favorable d’ici la fin de l’année. La semaine qui s’ouvre pourrait s’annoncer décisive pour le futur de l’accord tandis que les pourparlers entre l’UE et les pays sudaméricains sont en cours depuis 25 ans.
Alimentation : le commerce agroalimentaire peut être un facteur d’obésité, selon la FAO
En dépit d’une croissance robuste ces dernières décennies qui a contribué à la diversité des aliments, le commerce des produits agroalimentaires a également dans certains cas «accéléré des changements indésirables dans les habitudes alimentaires». C’est le constat fait le 29 novembre par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans son rapport sur la situation des marchés des produits agricoles 2024 (SOCO). Ce rapport analyse notamment les interactions entre commerce et nutrition, montrant un lien entre augmentation des revenus des pays et hausse des importations d’aliments ultra transformés. «Le commerce peut être directement lié à l'obésité dans des pays qui sont dépendants de l'importation», explique George Rapsomanikis, un des auteurs. Parmi les recommandations, la nécessité de «renforcer la cohérence des politiques entre les secteurs du commerce et de la nutrition» est mise en avant afin de garantir que «le commerce ne compromette pas la qualité des régimes alimentaires et ne contribue pas à l'augmentation des taux d'obésité et de surpoids».
Influenza: après un cas infantile aux Etats-Unis, l’OMS appelle à une surveillance accrue
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé ce 28 novembre la communauté internationale à renforcer sa surveillance de l’influenza aviaire sur toutes espèces, rebondissant sur le cas d’un enfant infecté aux Etats-Unis. Maria Van Kerkhove, directrice du département Prévention et préparation aux épidémies et pandémies, a recommandé en conférence de presse « une surveillance beaucoup plus étroite des animaux, des oiseaux sauvages, des volailles, des animaux connus pour être touchés par l'infection, notamment les porcs et les vaches laitières, afin de mieux comprendre sa propagation chez ces animaux ».Il s’agit, a-t-elle expliqué, de « réduire le risque d'infection entre animaux, vers de nouvelles espèces et vers l'homme ». Les moyens préconisés sont notamment les dépistages et équipements de protection pour les travailleurs professionnels qui pourraient être exposées au virus. Aux Etats-Unis, a-t-il été rappelé, des cas d'infection ont été détectés en mars dans plusieurs troupeaux de vaches laitières à travers les Etats-Unis. Quant aux cas humains, 55 cas humains de grippe aviaire de sous-type H5 ont été signalés en 2024, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Du côté canadien, un adolescent a été touché début novembre.
Porc : la Commission ne peut empêcher la caudectomie systématique aux Pays-Bas
Interpelée par une parlementaire sur la caudectomie de routine dans certains États membres de l’Union européenne, notamment aux Pays-Bas, la Commission européenne a répondu à la fin octobre qu’elle ne pouvait contraindre un Etat membre à respecter la réglementation européenne, et que les procédures d’infractions étaient engagées en dernier recours. Elle a en revanche assuré qu’elle poursuivait ses efforts pour harmoniser la législation et que l’application de l’interdiction de la caudectomie systématique des porcs était un des principaux sujets de discussion du nouveau groupe d’experts sur le bien-être animal qui s’est réuni pour la première fois en septembre 2024. Le Centre national de référence sur le bien-être animal (CNR BEA), qui rapporte la réponse de la Commission dans sa lettre d’information de novembre, signale que l’Ifip propose une formation, le 12 décembre 2024, sur l’accompagnement à l’arrêt progressif de la coupe des queues des porcelets. ). La Directive 2008/120/CE du Conseil interdit la pratique systématique de la caudectomie des porcelets qui peut être réalisée seulement lorsque des phénomènes de caudophagie (morsures de la queue) sont avérés dans l’élevage.
Brasseries artisanales: le Sénat les exempte de licence, sans opposition du gouvernement
A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, le Sénat a adopté des amendements de centristes, Indépendants et LR, avec avis de sagesse du gouvernement, permettant aux brasseurs de vendre sans licence leur production de bière. Vingt députés majoritairement centristes et de la moitié nord de la France avaient déposé fin octobre une proposition de loi (PPL) en ce sens, donnant suite aux demandes du Syndicat national des brasseries artisanales et indépendantes (SNBI). La proposition de loi avait déjà été déposée par des sénateurs en 2023. Les microbrasseries ont connu un essor important dans les années 2010 en France, remaillant le territoire en sites de production ; la France est désormais «leader de l’Union européenne en nombre de sites de production», soulignaient les députés. Mais le secteur connaît une grave crise depuis quelques années, aggravée par l’inflation. Dans une enquête menée au printemps auprès de ses 2500 adhérents, le SNBI estimait que 67% des brasseries interrogées rencontraient des difficultés, 60 % sont inquiètes à court terme et 10 % envisagent une fermeture en 2024. Parmi les causes des «graves problèmes de trésorerie» figurent notamment la baisse de consommation des ménages.
Pommes de terre : les producteurs demandent des contrats reflétant la hausse des coûts
Alors que la campagne 2025/2026se prépare dans un contexte de fortes incertitudes, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) alerte, dans un communiqué le 21 novembre, sur l’augmentation continue des coûts de production. Pour le syndicat, elle rend «inopérable toute tentative de faire pression à la baisse sur les prix des contrats». Selon la dernière édition de son étude, sur les coûts de production augmenteraient en moyenne pour 2025/2026, de 2 à 3 % par hectare selon le débouché (frais, industrie et fécule) : «En augmentation continue depuis 2019, le coût d’implantation d’un hectare de pommes de terre atteint maintenant un niveau quatre fois supérieur à celui d’un blé». Ainsi, les frais de mécanisation et d’approvisionnement en plants représentent désormais près de 50% des charges. Dans ces conditions, les producteurs français considèrent que «la contractualisation doit impérativement refléter les réalités et les dynamiques des coûts de production actuels pour garantir la viabilité économique des exploitations.» L’UNPT appelle l’ensemble des acteurs aval de la filière - négociants, transformateurs et aussi distributeurs -, à intégrer cette hausse des coûts dans leurs propositions de contrats avec les producteurs pour la campagne 2025/2026.
Pomme de terre bio : volumes limités et saison plus courte attendus
Dans un contexte de tension sur l’approvisionnement en plants et d’augmentation du prix de ces derniers, les surfaces en pommes de terre biologiques sont estimées stables à légèrement baissières en 2024, précise le CNIPT dans une note le 29 novembre. La demande est au rendez-vous (en particulier dans les circuits spécialisés). La récolte devrait se caractériser par des rendements faibles à moyens, et des volumes récoltés plutôt limités. «Ceci s’explique par des conditions humides, avec pour conséquences la prolifération du mildiou, des récoltes tardives et compliquées (dégâts de limaces avant récolte voire au stockage, beaucoup de terre et un travail de séchage/triage en perspective)», est-il souligné. La forte présence de terre représente un défi pour l’ensemble des acteurs de la filière, le non-lavé représentant 91% des lots commercialisés. «Les volumes disponibles ne devraient pas être pléthoriques cette année, et la campagne, si la demande se maintient, pourrait être plus courte que d’habitude», conclut le CNIPT. La production origine France est ultra-majoritaire dans l’offre de pomme de terre biologique en France (99,6% sur la campagne 2023/2024).
Fruits et légumes : les exportateurs annulent leurs contrats avec la Russie à cause du rouble
Les exportateurs de fruits et légumes refuseraient de signer des contrats de livraison de leurs produits à la Russie en raison des risques de change croissants, selon le site Eastfruit le 27 novembre. Le rouble a perdu près de 10% depuis le début de la semaine. «Le rouble s’est littéralement effondré en une journée, ce qui a réduit à néant les espoirs des importateurs de rétablir un approvisionnement régulier en fruits et légumes», est-il expliqué. Le pays aurait vu ses contrats d'exportation de fruits annulés par l'Égypte, la Turquie et l'Iran, qui demandent une renégociation des prix pour tenir compte des risques. Le plus gros problème concerne actuellement les distributeurs important en direct. « Beaucoup d’entre eux ont différé le paiement, de sorte que les recettes perçues, une fois converties en dollars au nouveau taux de change, ne peuvent pas couvrir les coûts engagés pour les importations.» précise EastFruit. L’Égypte est particulièrement concernée. Elle fournit également une très grande partie de ses produits (légumes, agrumes). Si la situation devait perdurer, la tentation pour ce pays de se tourner vers des marchés plus lucratifs – comme l’Union européenne – serait forte. L’Égypte est déjà vu par la filière fruits et légumes européenne comme un concurrent important (en tomates surtout)
Tomates : forte reprise de la production malgré la météo, l’importation a pesé sur les prix
La production de tomates françaises aurait atteint 475 500 tonnes au 1er novembre, soit une progression de 5% par rapport à la campagne précédente, selon le service de statistique du ministère de l'Agriculture parues le 29 novembre. Les volumes augmenteraient dans le bassin Centre-Ouest (+60% après le faible niveau 2023), mais les rendements seraient orientés à la baisse dans les autres bassins. Néanmoins, la production nationale serait toutefois inférieure de 6% à la moyenne quinquennale, notamment en raison de la baisse régulière de la production dans le bassin Ouest (-17%). «Après un retard constaté sur le mois de juin, la production de la campagne 2024 a connu un pic estival supérieur à la moyenne quinquennale. La météo plus humide et perturbée en septembre a ramené la production à un niveau proche de la moyenne quinquennale», explique Agreste. La commercialisation a été difficile à partir du mois de septembre et particulièrement en petits fruits (tomates cerises et cocktails). L’offre abondante s’écoule difficilement sur un marché peu porteur avec une concurrence marquée des importations qui conduit à des prix nettement inférieurs à ceux de septembre 2023 (- 25 %). C’est cette situation que déplorent régulièrement les producteurs français surtout par rapport à la concurrence de l’origine marocaine. Ils prônent une vraie saisonnalité entre les deux pays
Pêches/abricots : estimation divergente en pêche/nectarine, la production d'abricot chute d'un tiers
À la suite d’une journée technique consacrée aux variétés de pêches, nectarines et abricots, l'AOPn pêches et abricots de France est revenue sur les bilans de saison 2024, divergeant de l'analyse du ministère de l'Agriculture en pêche nectarine. Selon une synthèse conjoncturelle du ministère de l’Agriculture (Agreste) datée du 27 novembre, la récolte française de pêches-nectarines s’élèverait à 231 000 tonnes, soit un niveau supérieur de 4% par rapport à l’an dernier et de 3% à la moyenne 2019-2023. Un chiffre contesté par Raphael Martinez, directeur de l’AOPn pêches et abricots de France, auprès d’Agra presse, qui estime la production «entre 180 000 et 190 000 tonnes maximum». Quant à la récolte française d’abricots, elle atteindrait 83 600 tonnes, soit une chute de 35% par rapport à 2023 et de 21% par rapport au volume moyen des années 2019-2023, selon Agreste. Des chiffres plus proches des estimations de l’AOPn pêches et abricots de France, pour qui la production s’établit à 90 000 t (-32 %). Plusieurs facteurs expliquent cette diminution, parmi lesquels des conditions climatiques défavorables à la floraison qui entraînent des chutes de fruits, note le service de statistique du ministère de l’Agriculture.
Melon : bilan de campagne 2024 peu satisfaisant à cause de la météo
Au 1er novembre 2024, la production française de melons était finalement estimée à 301 000 tonnes, en baisse de 9 900 tonnes par rapport à 2023 (- 3 %), selon une récente note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) le 29 novembre. La baisse semble plus marquée dans les bassins Centre-Ouest et Sud-Ouest (- 6%). La production nationale serait toutefois supérieure de 8% à la moyenne quinquennale, avec une évolution positive sur l’ensemble des principaux bassins de production. On note par ailleurs une stabilité dans les surfaces (12 900 hectares). «La campagne 2024 est caractérisée par un retard en production qui s’est prolongé au-delà de mi-juillet, la maturation des fruits ayant été freiné par le manque d’ensoleillement et l’humidité du printemps», souligne Agreste. Mais, la météo n’a pas été non plus propice à la consommation en début de saison. «En août, avec une demande plus présente en début de mois en raison de conditions météo plus favorables et de moindres disponibilités qu’en juillet, les prix sont fermes et bien orientés», est-il précisé. Néanmoins, en juin comme en septembre, les prix se situent sous la moyenne quinquennale (-6% et -16%), donnant au final une campagne maussade pour les producteurs français.
Vin : la production mondiale 2024 au plus bas depuis 1961 (OIV)
La production mondiale de vin devrait tomber en 2024 à son plus bas niveau depuis 1961, reculant encore de 2% par rapport à la mauvaise année 2023, a indiqué le 29 novembre l’OIV. Elle est estimée entre 227 et 235 Mhl. Avec une projection moyenne de 231 Mhl, ces vendanges s'annoncent en repli de 2% par rapport à 2023 et de 13% par rapport à la moyenne décennale. «Des défis climatiques à travers les deux hémisphères sont de nouveau des causes majeures de ce volume de production mondiale réduit», souligne l'OIV, qui relève que la plupart des régions ont souffert. L'Europe attend «un bas niveau de production». L'Italie, qui avec 41 Mhl (+7 % sur un an) fait mieux que ses «très faibles volumes de 2023», retrouve la place de numéro un mondial. La France a en revanche connu en 2024 le déclin le plus marqué d'une année à l'autre parmi tous ces pays (-23 %, à 36,9 Mhl), et repasse en seconde position, souligne l'OIV. L'Espagne (33,6 Mhl, +18 %) arrive en 3e position. Les Etats-Unis, 4e producteur mondial, affichent une récolte moyenne de 23,6 Mhl, légèrement en-deçà de 2023. Dans l'hémisphère Sud, les volumes devaient être les plus faibles depuis deux décennies, là encore du fait des conditions climatiques.
Viticulture: mobilisation viticole à Carcassonne face à une situation «intenable»
Environ 1.500 agriculteurs et vignerons, selon la police, ont défilé le 30 novembre à Carcassonne pour défendre les intérêts de la filière viticole face à une «situation qui n'est plus tenable» dans la région. «La priorité des priorités, c'est que le prix du vin suive l'inflation», a déclaré Frédéric Rouanet, le président du syndicat des vignerons de l'Aude peu avant la manifestation. «Nos revendications sont restées vaines alors que la situation n'est plus tenable», affirme-t-il au sujet d'une profession mise à mal dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales par plusieurs années de sécheresse. Quelque 1.500 personnes ont manifesté selon les chiffres de la police, alors que les organisateurs revendiquent 2.500 participants, soit la moitié de la mobilisation qui s'était tenue il y a un an à Narbonne. Les manifestants se sont réunis devant une dizaine de tracteurs dont la présence était pourtant interdite par un arrêté préfectoral. Parmi les revendications du jour, un fonds d'aide d'urgence visant à indemniser les vignerons les plus durement touchés, et 25 millions d'euros par an pendant trois ans pour les coopératives viticoles. Une «simplification» du métier reste également demandée, malgré les annonces de la ministre de l'Agriculture faites samedi matin en ce sens, et saluées par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs.
Diffamation envers deux viticulteurs: Marine Tondelier relaxée
La secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier a été relaxée vendredi par le tribunal correctionnel de Narbonne des poursuites pour diffamation de deux viticulteurs de l'Aude. A l'audience, le 25 octobre, deux viticulteurs avaient reproché à Marine Tondelier d'avoir insinué lors d'une visite dans l'Aude qu'ils avaient commis un incendie criminel. Dans un contexte de tensions entre écologistes et viticulteurs, Mme Tondelier et la députée écologiste Sandrine Rousseau avaient été prises à partie le 12 juin 2023 par des vignerons audois en colère qui voulaient les empêcher d'accéder à un domaine viticole pour rencontrer des militants. Sandrine Rousseau ne comprenait rien. Je lui ai dit : +Ils ne veulent pas nous laisser passer chez Robert, ils ont cramé sa grange+", avait expliqué Marine Tondelier lors de l'audience. Cette déclaration et la publication sur son compte X d'une vidéo de l'altercation avaient amené les deux viticulteurs à porter plainte. «On m'a même traité de pyromane», avait expliqué l'un des deux plaignants. Aucune intention diffamatoire» n'a été établie, a estimé le tribunal, prononçant la relaxe de Marine Tondelier, conformément à l'avis du procureur qui n'avait requis aucune peine à son encontre. Les propos de Marine Tondelier +Ils ont cramé la grange+, ne visaient pas de manière précise l'un des viticulteurs présents», a ajouté le tribunal, qui a en revanche condamné les viticulteurs à une amende civile de 150 euros chacun en raison du caractère abusif de la procédure engagée.
Elections chambres: Solidarité Paysans envoie un questionnaire aux syndicats agricoles
A quelques semaines des élections des Chambres d’agriculture, l’association Solidarité Paysans interpelle les syndicats agricoles en lice à travers un courrier «afin de connaitre leurs positionnements et engagements pour prévenir et résoudre les difficultés en agriculture, améliorer les conditions d'exercice du métier, assurer le maintien d'un maximum de paysans et paysannes et entamer un dialogue citoyen autour des questions agricoles et alimentaires». L’association leur pose quinze questions autour de trois grands thèmes : «prévenir les difficultés, le mal-être et améliorer l’accompagnement», «améliorer l’accès aux droits, aux aides et favoriser la relance des fermes », «garantir le pluralisme et la transparence dans les instances agricoles». Certaines sont issus des 50 propositions pour faciliter le redressement des exploitations faites par l’association. D’autres proviennent des recommandations faites conjointement au Secours Catholique, Civam et Fédération française des diabétiques à l'occasion son étude sur «l’injuste prix de notre alimentation». Les réponses seront rendues publiques prochainement.
OMC : la directrice générale Ngozi Okonko-Iweala renouvelée pour 4 ans
A l’occasion de la réunion du Conseil général de l’OMC (organisation mondiale du commerce) du 29 novembre, les membres ont validé, par consensus, la prolongation de l’actuelle directrice générale, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, pour un nouveau mandat de quatre ans. Elle était la seule candidate pour la fonction. Ce deuxième mandat prendra effet le 1er septembre 2025. Ngozi Okonjo-Iweala occupe la fonction de directrice générale de l’organisation genevoise depuis mars 2021, devenant à l’époque la première personnalité du continent africain et la première femme à obtenir ce poste. «Alors que nous nous tournons vers l'avenir, je reste fermement déterminé à obtenir des résultats qui comptent, des résultats qui, en fin de compte, améliorent la vie des gens dans le monde entier», a-t-elle déclaré après sa réélection. En amont du vote, elle a pu présenter sa vision pour ce deuxième mandat. Dans son discours, elle a mis l’accent sur la nécessité d’aller de l’avant dans les négociations commerciales agricoles après vingt-cinq ans sans résultat majeur. «Nous avons besoin d'une percée», a-t-elle indiqué en évoquant notamment les défis liés à la sécurité alimentaire globale.
Evènementiel: Oupette, une vache de race Limousine, égérie du prochain Salon de l'agriculture
Oupette, une vache de race Limousine de six ans et élevée par un agriculteur de la Vienne, sera l'égérie du prochain Salon de l'agriculture à Paris, du 22 février au 2 mars 2025, ont annoncé le 29 novembre les organisateurs. Après Ovalie et ses petits en 2023 et Oreillette en 2024, c'est donc Oupette qui trônera en majesté au parc des expositions parisiens de la Porte de Versailles, lors de la 60e édition du salon. Marquée par les remous de la crise agricole et les huées à l'encontre du président Emmanuel Macron, l'édition précédente avait attiré plus de 600.000 visiteurs.