PPL Entraves: les propositions du Modem pour la commission développement durable
Dans la soirée du 4 mai, un peu plus de 450 articles avaient été déposés par les députés en vue de l'examen de la proposition de loi Entraves par la commission du développement durable, saisie pour avis, et sur le fond pour les articles 5 (zones humides) et 6 (OFB). Parmi les groupes du bloc central, en position de force sur ce texte, seul le Modem y dévoile son jeu. Comme annoncé son président par Marc Fesneau, les députés du groupe Modem proposent de réduire le périmètre du texte en supprimant les principales mesures concernant l'Anses, les zones humides, et l'OFB, et de maintenir une dérogation pour l'acétamipride, toutefois réservée à la pomme et la noisette, assortie d'un plafond de 120 jours. Pour l'heure, très peu de changements sont proposés par Renaissance et les LR, qui relaient essentiellement des propositions de la FNSEA, notamment pour revenir à l'écriture initiale sur les ICPE, et renforcer la poids de l'agriculture dans les Sdage. On ne trouve aucun amendement du groupe Horizons, ni de la rapporteure Sandrine Le Feur (Renaissance). Au Sénat, le gouvernement avait trouvé un compromis avec les auteurs du texte lors de l'examen. Mais Marc Fesneau avait par la suite critiqué la taille et l'équilibre du texte. Quant au rapporteur du texte en commission des affaires économiques, Julien Dive, il avait ensuite indiqué à Agra presse qu'il avait dévoilé un projet de compromis, a priori proche de celui du Modem sur l'Anses et l'acétamipride.
PPL Entraves: en commission développement durable, EELV se prépare à obstruer, pas LFI
A deux jours de l'examen en commission développement durable (pour avis, et sur le fond pour deux articles) de la proposition de loi Entraves des sénateurs Duplomb et Menonville, le groupe écologiste de l'Assemblée manifeste une volonté claire d'obstruction. Sur 450 amendements déposés, 250 amendements (dont douze visent l'introduction du texte) l'ont été par les seuls députés du groupe écologique - qui plaident, comme LFI, pour supprimer tous les articles initiaux, sauf celui portant sur le renforcement de l'assurance prairies. Ce nombre élevé contraste avec le PS et LFI dont les députés ont déposé respectivement 30 et 49 amendements. De leur côté, les députés du parti socialiste proposent de supprimer les articles relatifs à l'Anses, l'acétamipride, aux ICPE et à l'eau, et de modifier légèrement celui sur la séparation vente conseil, en renforçant les CEPP (crédits d'économies de pesticides), et préservant une séparation capitalistique pour les fabricants de pesticides à faible risque (qui avait été maintenue au Sénat pour les seuls fabricants de pesticides classiques). Quant au RN, il propose le plus souvent de revenir à l'écriture initiale du texte (suppression des rabais, remises, ristournes, qui avaient été maintenues au Sénat), voire de la durcir, par exemple en renforçant davantage encore que le texte initial le contrôle politique sur l'Anses. C'est probablement dans le groupe d'extrême-droite que des abstentions seront attendues pour faire adopter le texte.
Matignon: Louis de Redon bien placé pour remplacer Michel Stoumboff
Selon plusieurs sources professionnelles et politiques, l'actuel conseiller au cabinet de la ministre de l'Agriculture, Louis de Redon, est actuellement très bien placé devenir conseiller agricole du Premier ministre, en remplacement de Michel Stoumboff, sur le départ. Mais rien n'est fait, précise-t-on à Matignon. Louis de Redon est considéré comme proche de Marc Fesneau, qui l'a recruté comme conseiller en 2023 lorsqu'il était ministre de l'Agriculture ; il fut d'abord son conseiller «ressources naturelles, biodiversité, forêt-bois», puis seulement «forêt-bois, agroforesterie». Louis de Redon a résisté à l'arrivée d'Annie Genevard en septembre, dont il est devenu conseiller «innovation, biomasse, énergie, gestion de l'eau, filière bois et haies». Louis de Redon est ingénieur agronome diplômé d’AgroParisTech, avocat et maître de conférence en droit de l’environnement dans ce même établissement depuis 2010. De 2012 à 2023, il était responsable de la formation des élèves-fonctionnaires des ingénieurs Ipef (Ponts, eaux et forêts) dans le mastère Politiques et actions publiques pour le développement durable. En décembre, il a publié l'ouvrage Cessez-le-feu! aux éditions La Singulière, «démontrant la contre-productivité du sacrifice de l’homme sur l’autel de la nature» et «offrant au lecteur et au législateur les clés d’une cohabitation pacifiée entre l’Homme et la Nature.»
Pac : la droite européenne définit ses attentes avant la proposition de Bruxelles
A l’occasion de son congrès qui s’est déroulé le 30 avril à Valence (Espagne), le Parti populaire européen (PPE, droite), la principale force politique à Strasbourg, a adopté une résolution concernant la politique agricole de l’UE alors que la proposition de Bruxelles devrait intervenir à l'automne. Concrètement, l’autoproclamé « Parti des agriculteurs » souhaite que la Pac, « politique européenne stratégique essentielle », soit financée de manière «adéquate» et avec une répartition «équitable» du soutien. Au-delà du financement, le PPE plaide pour « un modèle simplifié et flexible, basé sur des incitations plutôt que sur des charges bureaucratiques » et « une plus grande réciprocité dans les accords commerciaux » pour « mieux protéger la production alimentaire en Europe ». L’accent est également mis sur la productivité et la compétitivité avec des règles environnementales « réalistes ». Il souhaite en outre proposer des mesures pour une meilleure adaptation au changement climatique, via une réserve de crise agricole « adéquatement financée » et la promotion de l'innovation. Enfin, la droite européenne insiste sur la question de l’eau. « La stratégie pour la résilience de l’eau doit être une priorité urgente » est-il inscrit dans la résolution.
OMC : face aux divergences, le président des négociations agricoles appelle au dialogue
À l’occasion de la réunion du comité de l’Agriculture le 30 avril, l’ambassadeur pakistanais Ali Sarfraz Hussain, récemment nommé président des discussions sur l'agriculture, a exhorté à une nouvelle approche dans les pourparlers en vue de la 14e conférence ministérielle de l'OMC (CM 14), prévue en mars 2026 à Yaoundé (Cameroun). Cette rencontre lui a permis de faire un premier compte-rendu des consultations qu'il a tenues depuis son entrée en fonction le 1er avril. Malgré les divergences profondes, il a ainsi encouragé les membres à s'engager de manière constructive dans un dialogue afin de permettre une avancée significative au Cameroun. « La crédibilité de l'OMC dépend de sa capacité à répondre aux défis du monde réel, en particulier dans le contexte international turbulent actuel », a-t-il déclaré. Les consultations vont donc se poursuivre afin d’explorer comment des progrès concrets peuvent être réalisés sur les principaux sujets d'intérêt « de manière pragmatique et efficace ». Si pour l’heure aucun facilitateur n’a été nommé, une autre session de bilan devrait être organisée après la période estivale, « probablement fin septembre ou début octobre », afin d’évaluer les progrès et d’envisager la voie à suivre en vue de la CM 14.
Titre restaurant : un député écolo propose de créer une agence nationale dédiée
Le député Boris Tavernier (Rhône, Ecologiste et Social) a déposé le 17 avril une proposition de loi visant à créer « l’Agence nationale pour le titre restaurant », a-t-il fait savoir le même jour par communiqué. Cet établissement public à caractère industriel et commercial servirait d’appui à des politiques de transition du système alimentaire. En effet, les lieux de distribution alimentaire signeraient des conventions avec l’Agence, qui « pourraient intégrer des critères de durabilité et de qualité de l’alimentation ». Alors que les opérateurs ont engagé avec le gouvernement des discussions sur une éventuelle réforme du système des titres restaurant, Boris Tavernier estime pourvoir faire économiser à l’Etat les 1,5 milliards d’exonérations sociales et fiscales servant à « faire vivre un dispositif qui ne présente aucune plus-value sociale ou écologique » en s’inspirant du dispositif des chèques-vacances. Le député espère voir ainsi abolir « l’oligopole » des sociétés émettrices et alléger les cotisations des restaurants et commerces. (Les titres restaurant sont utilisés par plus de 5 millions de salariés pour acheter tous types d’aliments jusqu’à 25 euros par jour jusqu’à la fin 2026, par dérogation de la loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025).
Porc : les États-Unis autorisent un porc résistant au SDRP obtenu par édition génomique
L'agence sanitaire états-unienne (FDA) a autorisé la commercialisation dans le pays de porcs dotés par édition de gènes d’une résistance au SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire du porc), informe l’université d’Edimbourg, partie prenante de l'innovation, dans un communiqué le 1er mai. Le gène porcin CD 163 a été modifié par l’institut Roslin de l’université écossaise, supprimant le récepteur à la surface des cellules où s’accroche le virus. La souche porcine a été développée avec le sélectionneur international Genus PIC. L’autorisation américaine est une étape vers une diffusion plus large, selon le communiqué. Le professeur Bruce Whitelaw, de l’institut Roslin, y voit même une « étape historique pour l’élevage ». Après ce premier succès pour Genus PIC, l’entreprise de génétique recherche désormais en priorité des autorisations dans les pays acheteurs de porcs des États-Unis, indique le p.-d.g. de Genus Jorgen Kokke. Dans le communiqué, l’université d’Edimbourg rappelle que les fièvres, gênes respiratoires et avortements causés par le SDRP font perdre chaque année environ 2,5 Md$ aux producteurs des États-Unis et d’Europe.
Dénominations animales : en Suisse, la justice les interdit pour les produits végétaux
Un tribunal en Suisse a considéré le 2 mai que des noms d'animaux ne peuvent pas être utilisés pour décrire des produits végan, estimant que des expressions comme « poulet végétal » ou « porc végane » constituent une tromperie pour les consommateurs. « Le terme " poulet " désigne une volaille, soit un animal », a indiqué le tribunal fédéral dans un communiqué, estimant que, au regard du droit suisse, « toute indication concernant des denrées alimentaires doit être conforme à la réalité ». Or, « un produit végétal qui fait référence au terme " poulet " et ne contient pas de viande constitue une tromperie », a ajouté ce tribunal à l'issue d'une délibération publique. Selon ce tribunal, « les produits d'imitation », mais aussi « la publicité pour ces produits », doivent être « conçus de manière à permettre au consommateur de reconnaître le type de denrée alimentaire et de différencier la denrée des produits avec lesquels elle pourrait être confondue ». Ce conflit concerne le fabricant suisse de substituts de viande Planted Foods, une start-up issue de l'École polytechnique fédérale de Zurich créée en 2019. Dans l’UE, la Cour de justice a autorisé en octobre 2024 l’utilisation des dénominations animales pour les produits végétaux, provoquant l’annulation de décrets français.
Insectes : le danois Enorm Biofactory en difficulté, faute de «demande suffisante»
Le producteur d’insectes danois Enorm Biofactory a révélé le 25 avril avoir déposé « une requête auprès du tribunal des faillites afin d'engager une procédure de restructuration ». Selon un communiqué de la start-up spécialiste de la mouche soldat noir, cette décision du conseil d’administration fait suite « aux difficultés rencontrées pour garantir une demande suffisante pour les produits de l'entreprise dans le contexte actuel ». En dépit d’être d'être l'une des usines de production d'insectes « les plus avancées des pays nordiques » selon Enorm Biofactory, le site a rencontré des difficultés dès son démarrage, aujourd’hui dépassées. « La réticence du marché a rendu difficile l'obtention de ventes et de financements adéquats », souligne Carsten Lind Pedersen, PDG d’Enorm Biofactory. Le site ouvert mi-2024, d’une superficie de 22000 m2, est capable de produire 10 000 tonnes de farine d'insectes par an. Plusieurs scenarios s’ouvrent désormais à la start-up qui pourrait poursuivre son aventure « au sein d'une nouvelle structure ou avec de nouveaux partenaires. » Les actionnaires vont maintenant travailler avec l'administrateur de la reconstruction afin que le site puisse être pérennisé pour la production d’insectes ou comme « plate-forme pour une configuration bio-industrielle plus large, créant des synergies entre les secteurs de l’alimentation humaine, animale et énergétique. »
Vins/spiritueux : Moët Hennessy va supprimer plus de 10 % de sa masse salariale (presse)
LVMH envisage de supprimer quelque 10 % de la masse salariale de Moët Hennessy, qui rassemble les marques de champagne, vins et spiritueux du groupe, selon La Lettre ; des informations confirmées le 1er mai partiellement à l'AFP par la division qui ne donne pas de chiffres. Selon la Lettre, le p.-d.g. de Moët Hennessy Jean-Jacques Guiony et son directeur général adjoint Alexandre Arnault ont annoncé le 30 avril, dans une vidéo préenregistrée envoyée aux salariés de la société, leur intention de supprimer à terme de 1 000 à 1 200 postes. Ces suppressions se feront via le non remplacement des départs sur les 9 400 postes que compte la division dans le monde, sans recours à un plan social. La filiale vins et spiritueux de LVMH a connu un net recul en 2024, avec un chiffre d'affaires en repli de 11 % sur l'année à 5,9 milliards d'euros (Md€) ; la baisse s’est poursuivie au premier trimestre 2025 (-8 % sur un an, à 1,3 Md€). « Après trois années exceptionnelles, la normalisation post-Covid de la demande de champagne et de cognac, amorcée en 2023, s'est poursuivie dans un contexte de ralentissement de la consommation et de marché plus difficile en Chine », faisait valoir LVMH à l'occasion de la publication de ses résultats annuels, fin janvier.
Fruits et légumes : la filière anglaise fébrile face à la fin du protocole douanier allégé en juillet
Dans un communiqué du 2 mai, l’interprofession des fruits et légumes anglaise (FPC) s’inquiète de ce qui pourrait advenir après la fin de l'assouplissement du protocole douanier pour les fruits et légumes européens, prévu pour le 1er juillet. À cette date, les fruits et légumes basculeront de la catégorie « risque faible » à celui de « risque moyen ». Il y aura alors une obligation de pré-notification et de certification, ainsi que la mise en place des contrôles aux frontières pour ceux classé « risque moyen A » – ceux en « risque moyen B » seront concernés uniquement par une obligation de certification (liste des produits concernés ici). « Nous avons à maintes reprises présenté des solutions concrètes au gouvernement. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une volonté politique d'agir », explique le président du FPC Nigel Jenney. L’interprofession rappelle qu’elle a investi « beaucoup de temps et d'argent » pour se préparer aux échéances proposées par le gouvernement britannique précédemment. « Le secteur des fruits et légumes demeure le principal secteur d'échanges avec l'UE. Plus de 65 % des envois sont groupés ou livrés directement des producteurs européens aux entrepôts des détaillants britanniques, soit environ 3,5 millions de tonnes par an », rappelle Nigel Jenney. Le FPC attend beaucoup de l’audition de la sous-secrétaire au Defra (ministère de l’Agriculture), Hayman d'Ullock, devant le Parlement britannique le 6 mai.
Pomme : les bandes fleuries pour lutter contre les ravageurs sont rentables (étude)
Mettre en place des bandes fleuries dans les vergers peut être une solution « rentable » contre les ravageurs, d’après une étude anglaise publiée le 26 avril dans le Journal of Agricultural Economics, qui s’est penchée sur le cas du puceron cendré du pommier ou Dysaphis plantaginea (Passerini). « Les fleurs attirent des insectes utiles, qui travaillent dur pour contrôler les parasites », explique Charlotte Howard, l’autrice principale, sur le site de l’université de Reading. Les chercheurs ont examiné de vrais vergers pendant deux ans, certains avec des bandes fleuries, d'autres sans, et ont développé un modèle pour évaluer les coûts et les gains (liés aux meilleurs rendements). Trois scénarios ont été testés : 1) en bordure improductive en remplacement de l’herbe ; 2) en bordure où des pommiers pourraient être cultivés ; 3) au centre du verger (hypothèse explorée par extrapolation de données). Toutes ces configurations sont rentables en cas de forte pression des ravageurs – respectivement des économies de 1152 £/ha/an, 2670 et 2997. En cas d’infestation faible : 15, −210 et 552, donc ici, seul le scénario n°2 n’est pas rentable.
Logiciels/bovins : Isagri entre au capital d’Empovet (appli pour vétérinaires)
Dans un communiqué du 30 avril, le groupe Isagri (370 M€ de chiffre d'affaires, 3 300 salariés) annonce son entrée au capital d’Empovet, qui édite l’application Zoodiag destinée aux vétérinaires ruraux exerçant en élevage bovin « Isagri souscrit à une augmentation de capital réservée, lui permettant de détenir 34 % du capital et des droits de vote d'Empovet », précise le groupe, qui « devient le distributeur exclusif de Zoodiag ». Cette appli vise à « digitaliser la pratique des vétérinaires » et à « renforcer leur lien avec les élevages bovins », selon le communiqué. En particulier, elle permet aux praticiens de préparer les ordonnances numériques et de bénéficier de « modèles prédictifs permettant d’anticiper l’apparition des maladies », réduisant ainsi « l’usage systématique des médicaments ». Quant aux éleveurs bovins, ils « répondent à l’obligation du registre d’élevage ». Ce rapprochement « s'inscrit dans l'évolution réglementaire visant à renforcer la traçabilité des prescriptions médicamenteuses et à développer des plans de prévention efficaces », souligne Isagri. Créée en 2020 par des vétérinaires, Empovet revendique 2 300 élevages et 40 cliniques vétérinaires.
Céréales : conditions de cultures en France bien meilleures que l'an dernier (FranceAgriMer)
Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 2 mai, l’organisme public FranceAgriMer (FAM) rapporte des conditions de cultures de blé tendre, de blé dur, d’orge d’hiver et de printemps bien meilleures que l’an dernier à pareille époque au 28 avril en France. En blé tendre, elles sont jugées bonnes à excellentes dans 74 % des cas, contre 63 % l’année dernière à la même période. Ce taux s’affiche à 70 % en orge d’hiver (66 % en 2024) et à 82 % en orge de printemps (74% en 2024). En blé dur, 76 % des parcelles se développent dans des conditions bonnes à très bonnes, contre 66 % l’an passé à la même époque. Signalons également la bonne avancée des travaux d’emblavement de maïs, réalisés à hauteur de 62 % au 28 avril, contre seulement 42 % l’année dernière à la même période. Ce rythme s’avère plus conforme à la norme habituelle, puisque lors des cinq dernières années, le taux d’avancement de ces travaux s’affichait à 63 %. Pour rappel, le printemps 2024 s’était révélé extrêmement pluvieux, retardant grandement les semis.
Riz : le Chili expérimente une variété permettant d'éviter l'inondation des rizières
Dans les plaines du sud du Chili, de plus en plus touchées par la sécheresse, une expérimentation ouvre de nouvelles perspectives pour la culture du riz, grâce à une variété capable d'assurer de bons rendements avec moins d'eau face aux climats extrêmes. Alors que le Chili subit depuis 15 ans une sécheresse inédite, liée au changement climatique selon les experts, Karla Cordero, ingénieure agronome de l'Institut national de recherche agricole (INIA), a mis au point une nouvelle variété de cette céréale, Jaspe, issue du croisement de semences chiliennes et russes, plus résistante aux conditions extrêmes. Grâce à cette nouvelle variété non transgénique, elle a pu mettre en oeuvre le Système de riziculture intensive (SRI), une technique développée dans les années 1980 visant notamment à réduire l'inondation des rizières. Souvent jugé trop exigeante à mettre en place, elle a démontré son efficacité lors de son association à cette variété mieux adaptée au stress hydrique. «Nous avons réalisé qu'il était possible de produire du riz sans inonder. Et malgré l'utilisation de moins de semences, obtenir la même production qu'avec un système traditionnel», explique Karla Cordero. En coordination avec l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture, la technique sera testée prochainement au Brésil - plus grand producteur de riz des Amériques, en Uruguay et en Equateur.
Sapins de Noël : nouvelle baisse en volume et en valeur en 2024
Les ventes de sapins de Noël naturels en France ont une nouvelle fois connu une baisse sur l’année 2024, selon une étude de Kantar pour FranceAgriMer et Valhor publiée le 30 avril : 4,9 millions d’unités ont été vendues l'année dernière, contre 5,3 millions en 2023 et 5,9 millions en 2022. Le chiffre d’affaires s’est établi à 152,7 M€ contre 164,4 M€ l’année précédente. Initiée en 2022, la baisse progressive du taux de foyers acheteurs de sapins naturels se poursuit : 16,5 % en 2024 contre 17,7 % en 2023. Pour le reste, les comportements sur le segment des sapins naturels sont assez stables : ceux de moyenne taille couvrent près de la moitié du marché en volume et la variété Nordmann représentent 78 % du marché en volume et 82 % en valeur. La majorité des sapins naturels achetés sont coupés (près de neuf sur dix). Toutefois, parmi les épicéas, une proportion plus importante est achetée en pot ou en motte (trois sur dix). Les professionnels des végétaux restent leaders avec 39 % de parts de marché en volumes, 43 % en valeur : quatre sapins sur dix sont achetés auprès d’un professionnel (dont un sur dix en exploitation), près de trois sur dix en jardinerie ou libre-service agricole et le reste chez un fleuriste. Les magasins de décoration, avec des prix de vente plus bas, concurrencent ce marché et glanent des parts de marché : 13 % en volumes (10 % en 2023) et 11 % en valeur (8 %).