Agrafil du 6 mai 2025

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Chambres d’agriculture : importante revalorisation des indemnités des élus (JO)

Un arrêté des ministres de l’Agriculture et des Comptes publics, paru au Journal officiel le 4 mai, fixe les montants maximaux des indemnités des élus des chambres d’agriculture, marquant d’importantes revalorisations par rapport au texte précédent, qui date de 1999. Exprimées en « points d’indice » (soit 6,636 € brut), ces « indemnités forfaitaires » sont de deux ordres, non cumulables pour un même échelon géographique. L’« indemnité forfaitaire représentative du temps passé à l'exercice du mandat » concerne l’ensemble des élus (y compris membres associés) ; son plafond passe à 27 points par jour (contre 18 précédemment), dans la limite de 120 jours par an. Quant à l’« indemnité de frais de mandat », versée aux présidents (et éventuellement aux membres de bureau), elle est revalorisée de 100 points par mois (663,6 € brut selon notre calcul) pour l’ensemble des chambres départementales, interdépartementales et territoriales. Son niveau dépend de la taille de la chambre : 375 points d’indice (2 488,5 €) en dessous de 20 000 électeurs et 3 M€ de budget ; 525 points (3 483,9 €) au-dessus de 30 000 électeurs et 6 M€ de budget ; 450 points (2 986,2 €) entre les deux ; 650 points (4 313,4 €) pour les chambres régionales. Par ailleurs, le texte fixe les indemnités des membres du bureau de Chambres d’agriculture France, avec un maximum de 800 points (5 308,8 €) pour son président (900 s’il renonce à son mandat de président local).

OCM: Strasbourg entame ses travaux pour le renforcement de la position des agriculteurs

« Nul ne peut s’opposer, dans cette salle, au renforcement de la position des agriculteurs dans la chaine de valeur agroalimentaire », a déclaré, le 5 mai, le centriste irlandais Barry Cowen, à l’occasion de la réunion de la commission de l’Agriculture du Parlement européen. Celle-ci débutait ses travaux concernant la modification ciblée du règlement OCM de la Pac, alors que le sujet demeure en suspens au Conseil de l’UE. Désignée rapporteure par son groupe politique (PPE, droite), la française Céline Imart a donc présenté les principaux éléments de son projet de texte, publié en avril. Elle y souligne notamment les déséquilibres entre les acteurs dans la chaine de valeur agroalimentaire et place la question du renforcement de la position des agriculteurs comme un élément central pour l’avenir du secteur. À ce titre, elle considère la proposition de Bruxelles comme une base « utile » de travail. Mais déjà, quelques sujets sensibles apparaissent, comme la question de la contractualisation écrite obligatoire, et des amendements sont attendus. De son côté, la Commission européenne appelle à des compromis pour une adoption rapide, alors que la proposition de réforme de la Pac, elle, devrait être dévoilée à l’automne.

Engrais russes: la Comagri insiste sur la surveillance des importations et la diversification

À l’occasion d’une réunion extraordinaire qui s’est tenue le 5 mai à Strasbourg, les eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri) ont validé (par 25 voix pour, 5 contre et 14 abstentions) leur projet d’avis révisant à la hausse les droits de douane sur les engrais russes (et bélarusses). Si, dans son texte, la Comagri ne modifie pas les sanctions, elle insiste sur la surveillance des importations afin d’éviter toute hausse importante des coûts des intrants, principale crainte du secteur. En cas d’augmentation substantielle des prix, la Comagri invite ainsi Bruxelles, sous 14 jours, à suspendre temporairement les droits et à mettre à disposition un soutien financier « pour les agriculteurs faisant face à une réduction sensible de la rentabilité de leur production ». Elle pousse pour obtenir, « sans délai », un cadre juridique et financier pour l’utilisation des effluents d’élevage et un meilleur accès pour les autres sources d’approvisionnement. Un avis qui a été immédiatement rejeté par sa rédactrice, issue des rangs de l’extrême droite espagnole et qui accuse les autres groupes politiques de vouloir « conserver des mesures qui frappent de plein fouet » les agriculteurs. Reste à savoir si ces demandes seront reprises par la commission du Commerce international, compétente sur ce dossier, qui prendra position les 14 et 15 mai. Le Conseil de l’UE, lui, s'est déjà prononcé en mars.

Négoce : la fusion Bunge-Viterra perturbée par les tensions Chine-USA (presse)

D’après un article de Bloomberg du 2 mai, les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis perturberaient le projet de fusion entre les négociants internationaux Bunge (groupe états-unien) et Viterra (canadien), annoncé en 2023. Le média évoque des déplacements récents du p.-d.g. de Bunge Greg Heckman en Chine, afin de discuter de la situation avec les autorités locales. Les régulateurs chinois auraient, depuis les tensions commerciales avec les États-Unis, exprimé des inquiétudes quant au fait que l’opération augmenterait la concentration de l’activité et aurait potentiellement un effet négatif sur les intérêts de Pékin en matière de sécurité alimentaire. Pour rappel, la transaction, si elle venait à se finaliser, engendrerait un géant du négoce international de céréales, comparable à Cargill ou ADM (Archer Daniels Midland). Bunge et Viterra disposent d’infrastructures dans le monde entier (Europe, Chine, Amériques, etc.). Ils doivent obtenir l'autorisation des pays où ils sont implantés, devant parfois pour cela céder des actifs, comme cela a été le cas en Europe. Après l'accord d'Ottawa, l’approbation des autorités chinoises constitue l’un des derniers obstacles à la finalisation de l’opération.

Chanvre CBD : la filière demande une hausse et une harmonisation du taux légal de THC

L’Association AFPC (producteurs de cannabinoïdes) plaide pour une augmentation du taux maximal légal de THC en France (ou delta-9-tétrahydrocannabinol, psychotrope à certaines doses) dans le chanvre CBD, à 1% contre 0,3% actuellement. Cela pour répondre à un « double problème agronomique et économique », explique Hugo Bessenay Prolonge, responsable affaires publiques de cette association : la difficulté, pour les producteurs, de respecter le taux légal actuel et surtout la nécessité de jouer à armes égales avec les étrangers qui autorisent des taux plus élevés « comme la République Tchèque, la Suisse ou le Maroc, tous à 1% ». L’Italie est à 0,6% mais a décidé d’interdire le CBD naturel. Le lobbying de l’AFPC a contribué à convaincre le député Philippe Fait (Ensemble, Pas-de-Calais) de proposer un taux de THC à 1% dans une question à la ministre de l’Agriculture, publiée 29 avril au JO. « Cela met le sujet dans le débat public », selon Ludovic Rachou, président de l’Uivec (industriels de la valorisation des extraits de chanvre), qui mise cependant sur un lobbying sur la prochaine PAC post-2027 pour des effets concrets : « Nous plaiderons pour une harmonisation des taux - à la hausse, car plus les taux sont élevés, plus l’extraction est rentable. »

Pesticides/santé : des produits interdits en France encore à l'origine d'intoxications

Des produits phytopharmaceutiques non autorisés « circulent toujours » sur le sol français, dû à des importations illégales ou à la présence de stocks, observe l’Anses dans son dernier bulletin des vigilances sanitaires. Ce constat résulte d’une analyse des expositions et intoxications enregistrées par les centres antipoison sur la période 2017-2022, liées aux substances actives qui ne sont pas ou plus autorisées dans l’UE depuis parfois plus de vingt ans. « Les principaux produits en cause étaient des insecticides (60 %), des herbicides (19 %) et des taupicides (5 %) », indique l’Anses. Parmi les 64 substances actives non approuvées, identifiées dans les 599 dossiers examinés, le dichlorvos (insecticide, acaricide) est la matière active « la plus fréquemment incriminée ». Cela est dû principalement au « détournement d’usage » du Sniper 100, importé illégalement d’Afrique et utilisé en France contre les punaises de lit et cafards. Suivent l’aldicarbe, notamment dans les Hauts-de-France ; la strychnine en Auvergne-Rhône-Alpes ; et le paraquat en Outre-mer. Les trois quarts des expositions étaient accidentelles, et le quart restant relevait de comportements suicidaires.

Élections MSA : la Conf’ demande un scrutin à la proportionnelle

Dans un communiqué de presse du 5 mai, la Confédération paysanne demande un scrutin à la proportionnelle pour les élections des délégués MSA qui ont débuté le même jour. « Comme pour les élections professionnelles aux chambres, le mode de scrutin (actuel) permet au seul syndicat FNSEA de siéger à la caisse centrale de la MSA, quand la Confédération paysanne représente plus de 20 % de l’électorat paysan », argumente le syndicat. Pour la Conf', la proportionnelle est l’unique moyen d’assurer « le pluralisme au sein des conseils d’administration des caisses locales et de la caisse centrale ». Par ailleurs, la Confédération paysanne rappelle son action menée (pérennisation de l’aide au répit, amélioration du crédit d’impôt remplacement…) et appelle à un renforcement des effectifs de l'assurance sociale agricole (conseillers retraites, assistantes sociales, médecins conseils) pour « une MSA de proximité à la hauteur des enjeux sociaux des paysans »  Le syndicat présente 391 listes de candidatures regroupées sous sa bannière, sans compter les candidatures individuelles.

Syndicats : la Conf’ du Maine-et-Loire s’engage dans une initiative syndicale antifasciste

Lors d’une conférence de presse à Angers le 25 avril, la Confédération paysanne du Maine-et-Loire s’est jointe à la CGT, FSU, Solidaires, l’Union étudiante et l’Unef pour annoncer la création de « Vigilance et initiative syndicale antifasciste » (Visa 49). Pour le syndicat agricole, l’enjeu se porte essentiellement sur l’emploi de main-d’œuvre étrangère. « Le racisme est aussi présent à la campagne. Il nous semble important de défendre les droits des salariés étrangers », souligne Benoit Marin, membre du comité départemental de la Conf’. Évoquant des récentes affaires de « traite humaine » par des employeurs agricoles en France, il estime que le rôle du syndicat dans le cadre de Visa 49 est d’être particulièrement vigilant lors des cueillettes et des vendanges en local. En février dernier déjà, la section départementale de la Confédération paysanne a soutenu une manifestation à Chalonnes-sur-Loire contre un stand de charcuterie sur le marché dénommé « Les blancs de l’Ouest » en référence à la race de porcs. « Ils se servent d’une race de cochons pour porter des idées politiques », souligne Benoit Marin. Pas de grief en revanche envers la Coordination rurale : « Il y a pu y avoir des positions proches du RN au national, mais ce n’est pas le cas en Maine-et-Loire », relève-t-il. (Tanguy Dhelin)

Foncier : pour le congrès du PS, Vallaud propose d’instaurer une loi contre l’accaparement

Instaurer une loi sur le foncier agricole : Boris Vallaud défend « la démarchandisation » de la société, pour le congrès du PS, où il est en lice pour devenir premier secrétaire. « Il n'y a aujourd'hui rien qui échappe à cette marchandisation. Tout est bon à vendre, tout est prétexte à profits », a déploré le chef des députés socialistes le 5 mai lors d'une conférence de presse, citant entre autres « nos biens communs », comme l’eau, la terre, etc. Boris Vallaud veut notamment « travailler sur une loi sur le foncier agricole » pour « éviter l'accaparement des terres par des sociétés d'exploitation ». Proche du député Dominique Potier, il avait cosigné en mars 2024 une proposition de loi (PPL) « contre l’accaparement des terres et pour l’installation des jeunes agriculteurs ». Le texte vise principalement à contrôler le phénomène sociétaire. Cette PPL, non examinée au Parlement, prévoit notamment d’intégrer la prise de participation sociétaire d’investisseurs étrangers dans le champ des intérêts stratégiques pour lesquels une autorisation préalable du ministre chargé de l’Économie est nécessaire. Le 11 mars, lors du vote de la PPL Dufau sur les Safer, Annie Genevard a annoncé qu’une mission venait d’être confiée au CGAAER sur l’opportunité d’élargir le droit de préemption des Safer aux cessions partielles des parts de société.

Fièvre aphteuse : la FAO appelle à renforcer les mesures en Europe et au Proche-Orient

L'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a appelé le 5 mai à renforcer les mesures pour lutter contre la fièvre aphteuse dans les élevages européens, mais aussi au Proche-Orient après la découverte d’un sérotype inédit dans cette région. « Les poussées récentes de fièvre aphteuse en Europe et l'apparition d'une souche virale exotique au Proche-Orient soulignent le besoin urgent d'une détection au plus tôt et de mesures de biosécurité renforcées, afin de minimiser les impacts de la maladie », recommande la FAO dans un communiqué reprenant une note d'alerte du 14 avril. Le sérotype SAT1, encore inédit dans les régions proche-orientales et de l'ouest de l'Eurasie, a été récemment signalée en Irak, à Bahrein et au Koweit. La fièvre aphteuse est endémique au Proche-Orient, mais cette souche-là y était étrangère, probablement venue d'Afrique de l'Est, « ce qui soulève des préoccupations croissantes quant à une extension potentielle du virus », explique l'organisation. L'Europe, de son côté, connaît une poussée depuis quelques mois, la première dans l'UE depuis 2011, avec une apparition près de Berlin en janvier, puis en Hongrie et en Slovaquie. L'Allemagne a depuis été déclarée indemne de la maladie.

Lait : les micro-laiteries J’achète Fermier lèvent 1,1 M€

Resan, réseau de micro-laiteries installées chez les éleveurs laitiers, plus connu sous la marque J’achète Fermier, a mobilisé au total 1,1 M€ de financement de différentes sources. « Nous terminons actuellement une levée de fonds participative de 200 000 € sur la plateforme Tudigo, qui sera complétée pour des financements provenant notamment d’actionnaires déjà au capital et de nouveaux entrants », explique André Bonnard, président de Resan. Outre les 200 000 €, la Banque des Territoires, deux fonds de business angels et un family office vont compléter le tour de table pour atteindre 1,1 M€. « Ce financement va permettre à Resan d’arriver dans la meilleure position pour sa levée de fonds de série A prévue en 2026 ou 2027 », selon André Bonnard. La société prévoit de réaliser son premier exercice rentable en 2027 ou 2028. Entre temps, le réseau doit recruter davantage de fermes, sachant que 15 fermes seront actives d’ici la fin 2025 (12 à l’heure actuelle). Resan est présent dans trois régions et prévoit de couvrir de nouvelles zones afin d’avoir au moins deux fermes par région grâce au doublement de son équipe de commerciaux. En 2024, le chiffre d’affaires de Resan a atteint 1,2 M€ grâce aux yaourts vendus directement à la ferme (20 à 40 % des volumes), de la GMS (sous la marque « citoyenne » Merci d’Intermarché), de la restauration hors foyer et des grossistes.

Lait/climat: pour du fabriquer du bon cantal, maintenir le pâturage des vaches (étude)

Alors que des réflexions sont en cours dans plusieurs AOP fromagères, dont le cantal, pour s'adapter au climat, il faut « maintenir un niveau minimal d’herbe fraîche dans les rations » pour garder la qualité des fromages, souligne une étude récente de l'Inrae et de Vetagro, publiée en mai dans le Journal of Dairy Science. Les scientifiques ont étudié pendant quatre mois quatre lots de dix vaches laitières ayant reçu des combinaisons différentes de régime alimentaire. Deux lots recevaient des rations à base d’herbe pâturée (allant jusqu’à 75 % de la ration) et les deux autres des rations à base de maïs (l’un avec un apport de 25 % d’herbe pâturée et l’autre 100 % à base de maïs). Le lait de chaque lot a été collecté pour fabriquer du cantal. Résultat : « Plus les vaches mangent d’herbe, plus les laits et les fromages sont riches en acides gras oméga 3, favorables à la santé humaine ». Le goût, l’arôme, l’odeur et la texture du fromage ont aussi été évalués par un jury de 12 consommateurs-experts de l’évaluation sensorielle des fromages. « Quand les vaches se nourrissent d’herbe au pâturage, les fromages sont plus fondants, plus jaunes et plus aromatiques, tandis que, lorsqu’elles mangent peu ou pas d’herbe, les fromages sont plus blancs, plus fermes et ont des goûts moins prononcés. »

Ovins : dans le Tarn, 3 000 agneaux morts dans un élevage après une panne de ventilation

Un total de 3 000 agneaux sont morts dans une exploitation à Saint-Jean-de-Marcel (Tarn) à la suite d'une panne de ventilation provoquée par un orage dans la nuit du 3 au 4 mai, a appris l’AFP le 5 mai auprès de la direction. « Il y a un orage qui s'est abattu sur le site, c'est la foudre qui est tombée sur le bâtiment » générant une coupure électrique qui a coupé la ventilation, a déclaré à l'AFP Grégory Allié, directeur général de la société Ovi Plateau Central, propriétaire de ce centre d’engraissement collectant des animaux du rayon de Roquefort. « Ça s'est passé dans la nuit et le matin à la première heure, on a fait face à l'ampleur du sinistre », a-t-il dit, confirmant une information de La Dépêche du Midi faisant état de 3 000 bêtes ayant trouvé la mort et de 1 000 sauvées (article payant). « Tout le monde est sous le choc », a affirmé M. Allié, sa société travaillant avec plusieurs familles d'éleveurs. Le préjudice économique est « très difficilement » chiffrable, a-t-il complété. « C'est l'expertise des assurances qui le déterminera mais aujourd'hui, il y a (...) un préjudice évidemment moral dans le sens où cela affecte tout le monde énormément », a-t-il insisté.

Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 5 mai 2025

Mardi 6 mai
Conférence de presse du comité de soutien à l'abeille et l'apiculture à l'Assemblée, sur la PPL Entraves
Conférence de presse FNSEA-JA sur les élections MSA