Agrafil du 20 août 2025

hero

Acétamipride : la Commission relève les LMR pour les miels, prunes et certaines graines

La Commission européenne a acté une première augmentation des limites maximales de résidus (LMR) de l’acétamipride (insecticide néonicotinoïde) dans le miel et d’autres produits, selon une décision publiée au Journal officiel de l’UE le 31 juillet, repérée par nos confrères de Contexte et expliquée dans un article du média Toute l’Europe. Pour les « miels et autres produits de l’apiculture », la LMR d’acétamipride passe de 0,05 mg/kg à 0,3 mg/kg. Mais elle pourrait bientôt être réaugmentée, car un avis de l’Efsa rendu en mars indique qu’un seuil à 1 mg/kg pour le miel « est peu susceptible de présenter un risque pour la santé des consommateurs », selon Contexte. D’autre part, le règlement du 31 juillet revoit la LMR d’acétamipride à la hausse pour d’autres productions. Elle est fixée à : 0,04 mg/kg pour les prunes, 0,06 mg/kg pour les graines de lin, 0,3 mg/kg pour les graines de pavot, 0,15 mg/kg pour les graines de moutarde et 0,06 mg/kg pour les graines de chanvre (cameline). Ces LMR s’appliquent aux denrées produites dans l’UE ainsi qu’aux denrées importées. Ces révisions à la hausse résultent de la demande de plusieurs États membres. En France, l’utilisation de l’acétamipride demeure interdite, à la suite de la censure partielle de la loi Entraves par le Conseil constitutionnel, le 7 août.

Poulet : après l’influenza, le brésilien BRF espère reprendre rapidement l’export vers l’UE

Alors que le Brésil a retrouvé son statut « indemne » d’influenza aviaire en juin, le groupe BRF espère reprendre ses exportations de viande de poulet vers l’Europe et la Chine « dans les jours ou semaines qui viennent », a-t-il annoncé le 15 août. Ces deux marchés cruciaux pour le Brésil, premier exportateur mondial, sont fermés depuis l’épizootie d’influenza aviaire déclarée en mai. « Quand ces deux marchés rouvriront, nous reviendrons à des niveaux de stocks plus proches de zéro », a déclaré le p.-d.g. de BRF, Miguel Gularte, cité par Reuters. Selon lui, les exportations du groupe volailler ont chuté de 5 % au second trimestre 2025, contre 15 % pour l’ensemble des expéditions brésiliennes de volailles. En effet, BRF a pu rediriger vers d’autres marchés des découpes de poulet habituellement vendues en Chine. Malgré ces difficultés, les résultats de BRF – qui va bientôt fusionner avec le géant de la viande Marfrig – ont dépassé les attentes des investisseurs. Par ailleurs, toujours selon Reuters, l’Arabie saoudite (4e débouché) et le Chili ont annoncé la réouverture de leurs frontières à la volaille brésilienne. La Corée du Sud, le Qatar et l‘Angola en avaient fait de même durant l’été.

Kiwi vert : premier fruit frais à recevoir une allégation santé autorisée par l’Europe

Par un règlement d’exécution du 30 juillet, la Commission européenne a officiellement approuvé l’allégation selon laquelle « la consommation de kiwis verts contribue à une fonction intestinale normale », se félicite le néo-zélandais Zespri dans un communiqué le 19 août. Zespri a entièrement financé le processus de demande, ainsi que la majorité des recherches présentées dans la justification scientifique, s’engageant pendant plus de 15 ans à documenter les bienfaits du fruit. « Cette autorisation fait suite à la soumission, en 2018, d’un dossier scientifique complet comprenant 18 études d’intervention humaine, dont six ont été considérées comme base solide pour prouver l’effet du kiwi vert sur la fonction intestinale », précise le communiqué. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a rendu un avis scientifique positif en 2021, qui a conduit à l’autorisation officielle de la Commission. « Cette avancée constitue une première non seulement pour Zespri mais également pour l’ensemble du secteur des produits frais. Cette approbation valide le programme santé et innovation de Zespri, mais apporte aussi une réelle valeur ajoutée au secteur », déclare Jason Te Brake, p.-d.g. de Zespri, qui intégrera désormais l’allégation santé dans ses communications locales en Europe.

Abricots : des volumes en forte hausse, des prix à la peine (Agreste)

Selon les prévisions établies au 1er août, la production française d'abricots est attendue en hausse de 24 % par rapport à la faible récolte de 2024, pour atteindre 102 500 t, selon une note du ministère de l’Agriculture (Agreste) parue le 19 août. La récolte progresse de 7 % par rapport à la moyenne 2020-2024. « Toutefois, en raison d’une nouaison perturbée et d’une baisse des surfaces dans toutes les régions de production, elle n’atteindra pas les volumes records de 2022 ou 2023 », précise le service statistique du ministère. Il note un fort redressement des volumes dans la vallée du Rhône, avec 50 % en plus par rapport à 2024, malgré la nette baisse des surfaces en production (-3 %). Les hausses sont plus limitées dans les autres bassins de production. En Occitanie, la récolte devrait augmenter de 6 % sur un an. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la hausse serait limitée à +3 % du fait de la coulure, des chutes de fruits et du champignon Monilia en début de saison. Durant le mois de juillet, la filière a connu un pic de production (température élevée et chevauchement variétal). Résultat :  « La consommation pourtant soutenue n’a pas pu absorber entièrement cette abondance. Les prix ont été particulièrement bas dans le Sud-Est, et la situation est restée difficile sur les marchés de gros », note Agreste.

Tomate d’industrie : face au manque d’eau, l’intérêt de l'« irrigation déficitaire régulée » (etude)

Dans une étude parue le 25 juillet, quatre chercheurs issus du Centre italien de recherche sur les cultures légumières et ornementales (Crea) et du département Agriculture de l’université de Basilicate (sud) ont exploré l’« irrigation déficitaire régulée » (IDR) pour la culture de tomates d’industrie. Il s’agit de réduire la quantité d'eau apportée aux plantes à certains stades de leur développement, notamment après que les fruits commencent à changer de couleur (stade de « perte de couleur »), qui signale le début de la maturation. Dans la vallée du Pô, des essais en plein champ ont été menés (irrigation complète et méthode IDR avec 50 % d’apport). Selon les résultats, la méthode IDR réduirait la consommation totale d'eau d'environ 25 % par rapport à l'irrigation complète, sans aucune perte de rendement. « Les tomates cultivées sous IDR présentaient des teneurs en solides solubles et en matière sèche plus élevées, deux indicateurs d'une meilleure qualité pour les produits transformés comme les concentrés et les sauces », soulignent les chercheurs. Les résultats suggèrent que la méthode serait efficace pour les producteurs italiens, souffrant d’un déficit en eau, mais également pour ceux sous des climats méditerranéens similaires.

Ail : en Espagne, surfaces stables, sauf en ail violet, et volumes en retrait

La campagne espagnole d'ail s'achève sur une superficie cultivée pratiquement stable par rapport à 2024, à environ 23 000 hectares, selon les estimations de l'ANPCA (producteurs et négociants d'ail) publiées le 26 juillet. Cependant, cette stabilité masque un nouveau déclin de la culture de l'ail violet, dont la superficie a de nouveau diminué de 8 % par rapport à la campagne précédente. Par ailleurs, l’association souligne que les volumes totaux sont en retrait de 15 % par rapport à la saison précédente (qui avait aligné 220 000 t). Une baisse due à la multiplication de bulbes de petite taille, conséquence directe de conditions météorologiques défavorables. Dans le cas particulier de l'ail violet, les pertes de taille ont été liées à la forte hausse des températures à partir de la mi-juin, qui a précipité la fin du cycle dans les principales zones de production, comme Castille-La Manche. Les prévisions de l’ANPCA pour la campagne 2026 laissent entrevoir une réduction des hectares plantés « si des mesures ne sont pas adoptées pour limiter les effets de la raréfaction des actifs phytosanitaires, de la hausse des salaires et du coût des intrants, des vols dans les champs de plus en plus fréquents et organisés, et de la réduction de la disponibilité des terres cultivables ».

MAEC : en Bretagne, 40 % des demandes ne seraient pas prises en charge (collectif)

L’association Eau et rivières de Bretagne, les branches régionales de la Fnab (producteurs bio), des Civam, et de la Confédération paysanne alertent sur un manque de 15 millions d’euros (M€) pour financer les mesures agro-environnementales (MAEC) de la Pac en Bretagne en 2025, dans un communiqué commun daté du 1er juillet. « En Bretagne, il y aurait 39 M€ de demandes contre 24 M€ de budget prévu à ce jour, c’est donc potentiellement 40 % des engagements qui ne seraient pas pris en charge ! », exposent-ils. D’après eux, alors que les demandeurs d’une MAEC ont signé un contrat en ce sens « au 15 mai lors de la déclaration Pac » et respectent déjà les engagements associés, « un certain nombre » se seraient vu refuser leur demande, « dont au moins 220 fermes en agriculture biologique », les mettant « en difficulté » économique. Le collectif estime que refuser des demandes de MAEC est « un très mauvais signal, dans un contexte où (…) la pression sur les milieux naturels s’accroît ». Il dénonce aussi « l’inéquité entre territoires » vu la « classification arbitraire » des exploitations pouvant ou non bénéficier d’une MAEC. Il manquerait par ailleurs 10 M€ dans les Pays de la Loire et 30 M€ en Nouvelle-Aquitaine, selon un communiqué de la Conf’ d’Ille-et-Vilaine le 14 juillet.

Moissons : la coopérative sudiste Arterris satisfaite d’une collecte en hausse de 11 %

La coopérative Arterris, basée à Castelnaudary (Aude), a dressé le 19 août un bilan « globalement positif » de la moisson, affichant une collecte de 480 000 t de grains (+11 % par rapport à 2024). « Si les rendements et la qualité sont globalement au rendez-vous pour le blé tendre et l’orge, le blé dur accuse quant à lui un léger recul, tandis que les cultures de colza et de protéagineux se montrent plus décevantes », selon un communiqué. En blé dur, un recul des surfaces explique la baisse des volumes, malgré des rendements proches de la moyenne. Des taux de protéines un peu faibles sont relevés, même constat pour ce qui est des poids spécifiques (PS). En blé tendre, la collecte est bonne grâce à des surfaces plus importantes et des rendements satisfaisants. Les PS sont « historiquement élevés ». En orge, les volumes et la qualité sont au rendez-vous, après trois campagnes marquées par des PS faibles. Côté protéagineux, les fortes chaleurs et le manque d’eau se traduisent par des rendements inférieurs à la moyenne. Déception aussi avec le colza, pénalisé dès les semis. Arterris exprime par ailleurs son inquiétude pour les récoltes à venir de maïs, tournesol et sorgho, victimes de la sécheresse.

Énergies renouvelables : aux États-Unis, fin des aides agricoles à l’éolien et au solaire

L'USDA (ministère) ne soutiendra plus les projets solaires et éoliens sur les terres agricoles productives, a déclaré la secrétaire américaine à l'Agriculture Brooke Rollins dans un message publié le 18 août sur X. « Des millions d'hectares de riches terres agricoles sont laissés inexploitables pour permettre la construction de panneaux solaires subventionnés par le Green New Deal. Cette destruction de nos fermes et de nos sols fertiles compromet l'avenir de la prochaine génération d'agriculteurs et l'avenir de notre pays », a-t-elle affirmé. L’agence Reuters rapporte que le ministère a alloué plus de 2 Md$ à des projets d'énergies renouvelables, comme le solaire et l'éolien, par le biais de son programme « Énergie rurale pour l'Amérique », selon le site internet de l'USDA. Environ 170 000 ha de foncier ont été dédiés aux éoliennes et parcs solaires en 2020, soit moins de 0,05 % des quelque 364 Mha de terres agricoles, d'après une étude de l'USDA en 2024. L'administration de l'ancien président Joe Biden a soutenu des projets solaires et éoliens en zones rurales et dans les exploitations agricoles dans le cadre de ses efforts pour réduire les émissions néfastes pour le climat et rendre les énergies renouvelables plus économiques.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.