Agrafil du 22 juin 2022

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Pesticides: Bruxelles demande aux Vingt-sept des objectifs contraignants, avec des flexibilités

La Commission européenne devrait bien adopter, le 22 juin, sa proposition plusieurs fois reportée de règlement sur l’utilisation durable des pesticides qui doit permettre d’atteindre l’objectif de réduction de 50% d’ici 2030 de leur utilisation et des risques qui y sont liés (par rapport à la moyenne  2015-2017). Selon le projet de texte qui circulait à la veille de cette présentation, les États membres devront adopter des plans d’action nationaux comportant des objectifs contraignants de réduction. Mais ces objectifs pourront s'écarter du seuil de -50% dans les limites d'une formule qui permet aux États membres de tenir compte des progrès historiques réalisés. Le texte prévoit l’interdiction de utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les zones sensibles (Natura 2000 notamment) et à moins de 3 mètres de celles-ci mais autorise le recours «au cas par cas» à des dérogations. De même, l’application par voie aérienne devrait être interdite «avec des dérogations limitées». Le suivi des progrès se fera par le biais des indicateurs de risque harmonisés adoptés en 2019 mais décriés par les ONG. Pour aider les agriculteurs à atteindre ces objectifs, la Commission européenne propose entre autres de renforcer le déploiement des méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs et table sur le développement de l'agriculture de précision.

Sécurité alimentaire : Bruxelles propose une aide de 600 M € pour l’Afrique, les Caraïbes, le Pacifique

Pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine sur la sécurité alimentaire mondiale, la Commission européenne a adopté le 21 juin, une proposition visant à mobiliser 600 M € des réserves du Fonds européen de développement. Ces fonds aideront les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) par le biais de l'aide humanitaire (150 M €), de la production durable et de la résilience des systèmes alimentaires (350 M €) et du soutien macroéconomique (100 M €). L’aide financière européenne permettra «d’éviter une crise alimentaire et un choc économique», a déclaré à cette occasion, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ces 600 M € s'ajoutent à l'aide humanitaire déjà mobilisée par l'UE pour soutenir des projets d'agriculture durable, d'accès à l'alimentation et à l'eau potable et de renforcement des mécanismes anti-pauvreté, dont «plus de deux milliards d'euros en Afrique subsaharienne», selon l'exécutif européen. Une fois l’aval des États membres obtenu, les fonds seront versés aux pays ciblés.

Roundup: la Cour suprême américaine inflige un coup dur à Bayer

La Cour suprême des Etats-Unis a refusé le 21 juin d'accéder à une demande du groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto, dans une affaire liée à son désherbant Roundup, ouvrant la porte à des indemnités de plusieurs milliards de dollars. En ne se saisissant pas du dossier, la haute juridiction a rendu définitive une précédente décision judiciaire condamnant le groupe à verser 25 millions de dollars à un retraité, Edwin Hardeman, qui impute son cancer au désherbant à base de glyphosate. Conformément aux usages, la Cour suprême n'a pas justifié sa décision. Mais cette dernière risque d'avoir de lourdes conséquences pour le groupe, qui fait déjà face à plus de 31.000 plaintes en plus de celles pour lesquelles il a déjà conclu un accord, un chiffre qui pourrait grimper. L'entreprise allemande avait déjà mis de côté 6,5 milliards de dollars pour faire face à ces nouvelles procédures (2 milliards initialement puis 4,5 milliards supplémentaires après le rejet d'un précédent accord). Elle pourrait être amenée à payer davantage en fonction du traitement des plaintes. L'action Bayer reculait en fin de séance de 2,26% à 61,93 euros à la Bourse de Francfort. «Bayer exprime respectueusement son désaccord avec la décision de la Cour suprême» mais «est totalement prêt à faire face au risque légal associé à de futures plaintes potentielles aux Etats-Unis», a réagi le groupe dans un communiqué.

Enseignement: 17 cas de viol recensés à AgroParisTech par une enquête interne

Le quotidien Le Monde fait état, dans un article paru ce 21 juin, des résultats d'une enquête sur les violences sexuelles et sexistes au sein de l'école d'ingénieurs AgroParisTech, réalisée par une association étudiante de sensibilisation à la sexualité (Cassis). L'étude (voir le document) a été réalisée par mail en décembre auprès de 970 étudiants, de la première année de l'école d'ingénieur jusqu'au doctorat. Elle a permis de recenser, parmi 566 réponses complètes, 17 viols (16 femmes et une personne non binaire) au cours de la scolarité, 141 agressions sexuelles, 526 comportements ou propos discriminatoires ou à connotation sexuelle. Les violences provenaient en grande majorité d’étudiants (d'AgroParisTech essentiellement), mais aussi, dans une quarantaine de cas, d’enseignants et du personnel de l’établissement. Interrogé par Le Monde, le directeur de l'établissement Laurent Buisson affirme avoir saisi le procureur de Paris le 20 juin à la suite de la lecture des résultats. Il promet pour la rentrée «des formations de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles» et un «nouveau dispositif d'écoute.»

Vin: des orages de grêle font d'importants dégâts dans le Sud-Ouest

De violents orages accompagnés de grêlons de plusieurs centimètres et de rafales dépassant 100 km/h ont balayé le 20 juin au soir des secteurs du Sud-Ouest en faisant des dégâts matériels importants, sur des habitations et dans les vignobles notamment, forçant les pompiers à plus de 2.000 interventions. L'épisode climatique a touché en soirée le nord de la Gironde, les deux Charentes, la Dordogne ainsi qu'une partie du Béarn. Selon la préfecture de Gironde, les dégâts dans le vignoble «semblent importants». Notamment dans le Médoc et le Blayais, a précisé l'interprofession des vins de Bordeaux. La conseillère régionale déléguée à la viticulture Lydia Géraud a évalué de «5.000 à 10.000» le nombre d'hectares de vignes affectés par la grêle. En Charente aussi, où environ 200 interventions ont été enregistrées, les vignes ont été touchées dans la région de Cognac, selon la préfecture. Une estimation des dégâts est en cours. Une centaine d'interventions ont été signalées par les pompiers de Charente-Maritime.

Grandes cultures : les rendements dans l’UE prévus sous la moyenne quinquennale

Sous l’effet de la sécheresse, les estimations de rendements européens des grandes cultures d’hiver décrochent pour le troisième mois consécutif, passant sous la moyenne quinquennale, a indiqué le 20 juin le service Mars de la Commission européenne. «Les prévisions de rendement (dans l’UE) pour le blé tendre, le blé dur et l'orge d'hiver sont désormais juste au dessous de la moyenne quinquennale», à respectivement 5,76 t/ha, 3,44 t/ha, 5,73 t/ha, selon un rapport. En colza, maïs et tournesol, elles sont également revues à la baisse mais restent au niveau ou juste au-dessus de la moyenne quinquennale, à respectivement 3,12 t/ha, 7,87 t/ha, 2,37 t/ha. L'orge de printemps, à 4,19 t/ha, reste pratiquement stable, au-dessus de la moyenne sur cinq ans. Ces évolutions sont principalement liées à «la persistance de conditions plus sèches que d'habitude dans de grandes parties de l'Europe, avec les impacts les plus forts dans les régions où elles sont combinées à des températures élevées. Dans la région de la mer Baltique, les récoltes ont été négativement affectées par un temps toujours plus froid que d'habitude.» La plus forte baisse de rendement (-4,7 % sur un mois dans l’UE) concerne le blé dur en Europe du Sud. Côté blé tendre, Hongrie, Roumanie, Pologne et France décrochent le plus par rapport à mai.

Affaire de la viande de cheval: jusqu'à trois ans de prison ferme requis

Une «déresponsabilisation massive»: jusqu'à cinq ans de prison dont deux avec sursis ont été requis par le procureur de la République le 21 juin à Marseille, contre dix-huit prévenus français, belges et néerlandais mis en cause dans une vaste affaire d'escroquerie à la viande chevaline. Le représentant du ministère public, Guillaume Bricier, a fustigé «le jeu de chacun des acteurs de dire: “Je n'ai rien à me reprocher parce que c'est l'autre”». Cinq ans de prison dont deux avec sursis ont été requis contre le principal mis en cause, Jean-Marc Decker, 58 ans, important négociant belge d'équidés en Europe, ainsi que 100.000 euros d'amende, l'interdiction d'exercer le métier de boucher équin et une interdiction de séjour de cinq ans sur le territoire français. Des peines allant de six mois avec sursis à quatre ans dont deux avec sursis ont été demandées contre les autres prévenus de ce procès pour «escroquerie en bande organisé et tromperie entraînant un danger pour la santé de l'homme», sur fond d'entorses à la réglementation européenne «avec faux et usages de faux», pour des chevaux provenant des Pays-Bas, de Belgique, d'Allemagne, de France ou la Pologne. Le procès doit se terminer vendredi, avec une mise en délibéré.

Ours : l’arrêté pérennisant les effarouchements est publié (JO)

Après sa mise en consultation, l’arrêté pérennisant l’autorisation d’effarouchement des ours a été publié au Journal Officiel le 21 juin. Les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture estiment désormais qu’après trois ans d'expérimentation, les bilans montrent «l’absence d’effets négatifs apparents» sur la population d’ours et «une certaine efficacité concernant l’évitement de la prédation», selon l’argumentaire posté lors de la mise en consultation publique de l’arrêté fin avril. Le dispositif prévoit toujours que, sur dérogation préfectorale, les éleveurs peuvent avoir recours à un effarouchement simple (moyens sonores, olfactifs et lumineux). Un effarouchement «renforcé» à l’aide de tirs non létaux (cartouches à double détonation ou balles en caoutchouc) peut être demandé dans certaines circonstances de répétition des attaques, si les mesures sonores et lumineuses n’ont pas suffi. Ces tirs non létaux sont régulièrement dénoncés par les associations de défense de l’ours qui ont d’ailleurs gagné plusieurs fois devant le Conseil d’État. Dans sa dernière décision d’avril 2022, la plus haute juridiction administrative avait à nouveau annulé ces dispositions pour l’arrêté de 2021. Selon le gouvernement, 486 dossiers d’indemnisation ont été enregistrés en 2021, pour un total de 723 bêtes tuées, principalement des ovins.

Réforme de l'assurance: la consultation reprend, deux inquiétudes à la FNSEA

Entouré des syndicats agricoles, assureurs et réassureurs, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a assisté le 20 juin à une réunion dédiée à la réforme de la gestion des risques climatiques, qui marque une reprise de la consultation dans ce dossier ralenti depuis plusieurs semaines. L'objectif était de rassurer sur le calendrier, avec un objectif toujours maintenu d'application au 1er janvier 2023, et de rappeler le cadre général de la réforme, avant une seconde réunion attendue ce vendredi 24 juin, qui devrait aborder les points techniques et les plus discutés (niveau de franchise, taux de subvention, moyenne olympique ...). À l'écoute de l'exposé des pouvoirs publics, la FNSEA s'inquiète sur deux points de divergence. D'abord le guichet unique: la FNSEA plaide pour que les assureurs deviennent les seuls interlocuteurs pour l'expertise et le versement, quand le ministère souhaiterait conserver un rôle pour les services déconcentrés de l'État, rapporte le vice-président de la FNSEA Joël Limouzin. Le deuxième «besoin de clarification» porte sur les «pertes de qualité» (p. ex. blé germé), qui semblent «sorties du champ» du dispositif de soutien public.

Biodiversité : la COP15 se tiendra non pas en Chine mais au Canada

Prévue initialement en octobre 2020 en Chine, la conférence COP15 aura finalement lieu en décembre au Canada avec plus de deux ans de retard, apprend l’AFP auprès du secrétariat onusien de la Convention sur la diversité biologique (CDB) réuni à Nairobi. Une première partie de cette COP, protocolaire, s'est tenue à Kunming en octobre 2021. La seconde, où doivent aboutir les négociations, aura finalement lieu du 5 au 17 décembre à Montréal, siège du secrétariat de la CDB qui a confirmé les nouvelles dates mardi, la politique zéro Covid de Pékin ayant rendu impossible sa tenue en Chine. Les 196 membres de la Convention pour la diversité biologique (CDB) de l'ONU - 195 États et l'Union européenne, sans les Etats-Unis - travaillent à un cadre mondial pour « vivre en harmonie avec la nature » d'ici 2050, avec une étape en 2030. Dans ce texte, que certains espèrent aussi ambitieux que l'Accord de Paris pour le climat, il est question de protéger au moins 30% des terres et océans d'ici 2030, de réduire les pollutions plastique et agricoles ou encore de s'assurer de la bonne mise enœuvre des objectifs adoptés. Les négociations entamées en 2020 ont été bouleversées par le Covid-19. Les délégués des différents pays se sont retrouvés pour la première fois en personne en mars dernier à Genève. Une quinzaine de jours de travail acharné n'ont pas suffi et rendez-vous a été fixé à Nairobi du 21 au 26 juin, pour une dernière session de discussions avant la COP de décembre elle-même.

Accords commerciaux et environnement : les Verts demandent du «sur-mesure»

Dans le cadre de la révision du chapitre commerce et développement durable des accords de libre-échange, que doit dévoiler le 22 juin la Commission européenne, le parti des Verts au Parlement européen a indiqué dans un document de position présenté le 21 juin lors d’un point presse, l’importance pour l’UE «de négocier des chapitres sur-mesure avec chaque partenaire». Avant de préciser que «ce point permettra de s’assurer que les dispositions sont conformes aux défis sociétaux spécifiques (environnement, social, droits de l’homme) de chaque pays ou région ». L’eurodéputée Saskia Bricmont (Verts, Belgique) a notamment appelé à l’instauration «d’un cadre contraignant pour évaluer les progrès réels sur le terrain en incluant des indicateurs, des objectifs et des échéances spécifiques». Tout en ajoutant que «l’UE devrait fournir une assistance technique et un soutien financier aux pays en développement pour la mise en place et le maintien des initiatives de durabilité qui sont lancées ou renforcées à la suite d'engagements pris dans le cadre d'un accord de libre-échange». Concernant les sanctions, l’écologiste belge prévient qu’«elles doivent être avant tout dissuasives et être déclenchées en dernier recours en cas de violation d’éléments essentiels tels que l’Accord de Paris».

Ukraine : des eurodéputés appellent à garantir le transit des céréales vers les pays tiers

À l’issue de la visite d’une équipe d’eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) venue évaluer les corridors alimentaires à la frontière polono-ukrainienne dans le contexte de la guerre en Ukraine, le président de la Comagri Nobert Lins (Démocrates-chrétiens, Allemagne) a déclaré le 21 juin lors d’une conférence de presse que «la mission la plus urgente, outre de faciliter les exportations de céréales ukrainiennes, est d’assurer leur transit via la Pologne pour les expédier vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient». À cette fin, il a appelé les chefs de gouvernement des États du G7, qui se réunissent du 26 au 28 juin en Bavière, à «trouver des solutions de long terme sur cette question afin de garantir la sécurité alimentaire mondiale». La première étape, selon Norbert Lins, serait d’améliorer la coordination des parties prenantes (polonaises et ukrainiennes) au niveau logistique ainsi que les infrastructures matérielles». Par ailleurs, les eurodéputés de la Comagri devraient avoir le 30 juin, un échange de vues avec David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (Pam) pour faire le point sur la crise alimentaire mondiale.

Chlordécone : Conf', CGT et Attac demandent audience à trois ministres

«Nous souhaitons être reçues et entendues dans les plus brefs délais !» sur le chlordécone, demandent huit organisations dont la Confédération Paysanne, Attac et la CGT dans un communiqué du 21 juin. Alors que les courriers envoyés fin mai au garde des sceaux Éric Dupont-Moretti et à la ministre des Outre-mer Yael Braun-Pivet sont restés sans réponses, les organisations renouvellent leur demande de rendez-vous, en y ajoutant la ministre de la Santé récemment battue aux législatives, Brigitte Bourguignon. Un entretien d’autant plus urgent selon les organisations, que les populations antillaises se sont mobilisées fin mai «pour contester un probable non-lieu que pourrait rendre la justice dans l’instruction des plaintes contre l’empoisonnement au chlordécone». Estimant également qu’un tel non-lieu serait «scandaleux», les signataires rappellent que lors de sa visite en 2018, Emmanuel Macron avait qualifié l’affaire du chlordécone de «scandale environnemental». En mars 2021, le gouvernement avait dévoilé un plan «Chlordécone IV» doté de 92 millions d’euros. Comprenant un dispositif de chlordéconémie de la population, le plan est aujourd'hui coordonné par une directrice dédiée, Edwige Duclay.

Pouvoir d'achat: la Fnaf-CGT ne goûte ni au chèque alimentaire, ni aux lois Egalim

«Le chèque alimentaire ne remplacera jamais des augmentations de salaires», a estimé Julien Huck, le secrétaire général de la Fnaf-CGT (branche agroalimentaire) à l’occasion d’une conférence de presse sur le thème de la qualité des produits alimentaires, le 21 juin. Le représentant syndical estime même que le dispositif, annoncé par le gouvernement Borne pour début 2023, fait «le jeu du patronat» en fléchant les dépenses des bénéficiaires vers «des produits agricoles français ou des produits transformés en France, du bio». «Dans l’agriculture, la quasi-totalité des salariés est payée au Smic. Avant de proposer un chèque alimentaire pour régler des problèmes d’accès à l’alimentation, réglons la question des salaires», poursuit-t-il. Pour la Fnaf-CGT, les lois Egalim ne se sont pas attaquées à la question de la «qualité» des aliments (sécurité sanitaire, conditions de production), à tort, et ont été néfastes pour l’accès à l’alimentation. «Elles ont servi uniquement à tenter d’arbitrer des questions de répartition des profits entre différents acteurs capitalistes de nos filières de production, a déclaré Julien Huck. Elles sont de ce fait inflationnistes».

Spiritueux; année difficile en perspective pour les fabricants, après un rattrapage en 2021

Après «un rattrapage par rapport aux années Covid», la filière des spiritueux «s'attend à une année difficile» en 2022 à cause des conséquences liées à l'inflation et à la guerre en Ukraine, a annoncé l'interprofession le 21 juin.  Si les ventes en grande distribution s'élèvent à 5,2 milliards d'euros en 2021, en légère hausse de 1,96% par rapport à 2020, la filière est encore à la peine pour ses activités en cafés, hôtels et restaurants (CHR). Avec seulement «cinq mois d'activité normale à cause des contraintes sanitaires», l'activité en CHR a récupéré en volume (millions de litres) en 2021 (+25%) par rapport à l'année précédente, mais reste encore très loin de son niveau d'avant-crise (-31,6%). «Le secteur s'attend à une année difficile, en raison d'éventuelles restrictions d'accès au gaz, aux bouteilles en verre ou aux matières agricoles et à une baisse du pouvoir d'achat des consommateurs, ce qui pourrait annuler l'effet positif de 2021», prévient la Fédération. La filière fait face à «des difficultés d'approvisionnement inédites» en matières premières, notamment en céréales qui pourraient toucher la production de vodka par exemple et à une hausse «généralisée, soudaine et spectaculaire» des coûts des intrants. Depuis février 2022, l'interprofession estime par exemple que le prix du verre a augmenté entre 13% et 60%, le blé et le gaz de 50%, et l'alcool entre 20% et 60%.

Evènementiel: le Salon international de l’alimentation (Sial) de retour en octobre

Après quatre ans d’absence, le Salon international de l’alimentation (Sial Paris) fera son retour du 15 au 19 octobre au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Le «premier rendez-vous mondial de l’alimentation» se déroule habituellement tous les deux ans, et la précédente édition de 2020 avait été annulée en raison du Covid-19. Les organisateurs attendent cette année 7000 exposants, dont plus de 650 start-up, et 300 000 visiteurs professionnels. La thématique de cette édition s’intitule «Own the change» («Détient le changement»): une référence aux nombreuses transitions auxquelles font face les entreprises alimentaires (écologique, numérique, nouvelles attentes des consommateurs…). Cette édition 2022 du Sial Paris est parrainée par le chef triplement étoilé argentin Mauro Colagreco.  

Services de remplacement: Christophe Haas (JA), nouveau président du réseau national

Le vice-président des Jeunes agriculteurs (JA) Christophe Haas a été élu, le 21 juin, à la présidence du réseau national des Services de remplacement (SR) pour un mandat de deux ans, après un vote du conseil d’administration de l’organisation reconnue d’utilité sociale. Âgé de 36 ans, il est installé depuis 2015 dans le Bas-Rhin. Il cultive 115 hectares de céréales et de betteraves, et possède un cheptel de futures poules pondeuses. Depuis décembre 2021, il occupait la présidence du service de remplacement dans la région Grand-est. «Le projet de mandature sera cadré à l’automne, a-t-il déclaré à Agra Presse. Nous allons pérenniser les actions déjà mises en place, conserver et renforcer le rôle social du service de remplacement et lui donner plus de visibilité.» Son prédécesseur Nicolas Sarthou, lui aussi JA, avait annoncé, au mois de mai, avoir engagé des démarches pour que le SR devienne une association reconnue d’utilité publique (ARUP). La présidence du SR revient traditionnellement à un membre des Jeunes agriculteurs (JA), car la mise en place de ce service, en 1972, était une demande portée par le syndicat.

Lait: du changement à la direction générale des Prés rient bio, filiale de Danone

Dans un communiqué du 21 juin, la société Les Prés rient bio (Les 2 Vaches, Faire Bien) annonce le départ de son directeur général Christophe Audouin et son remplacement par Jacinthe Brillet à compter du 1er juillet. Après avoir passé quatorze ans à la tête de la filiale du groupe Danone, Christophe Audouin «a souhaité se consacrer pleinement à l’entreprise Simple Comme Bonjour qu’il a cocréée en 2020», explique le communiqué. Passée par les groupes Unilever et Lipton, la nouvelle directrice générale Jacinthe Brillet siégera au comité de direction Danone France. Arrivée en 2017 dans le groupe, elle a occupé la fonction de vice-présidente Monde Innovation et Marketing de Danone Waters jusqu'en 2019. Début 2020, elle s’était vu confier «la mission d’accompagner les marques dans leur transformation sociétale».

Syndicalisme : Eric Thirouin réélu président de l’AGPB

L’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a réélu Eric Thirouin comme président, a-t-elle indiqué le 21 juin. Il s’agit de son quatrième mandat. Eric Thirouin, agriculteur à Béville-Le-Comte, est par ailleurs président de la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir, ainsi que de la société d’investissement Unigrains.