Agrafil du 22 mai 2025

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Simplification: Ademe, Inao, ASP et Agence bio dans le viseur de Bercy

Sans détailler le chiffrage pour chaque fusion, suppression ou rapprochement d'opérateurs, des documents ministériels consultés par l'AFP lèvent une partie du voile sur les agences dans le viseur de Bercy pour trouver 2 à 3 milliards d'euros d'économies d'ici 2027. L'Institut national de l'origine de la qualité (Inao), doté d'un budget de 26 millions d'euros et de 233 agents en équivalent temps plein (EQTP), et l'Agence Bio, qui compte un peu plus d'une vingtaine d'EQTP avec un budget presque équivalent, pourraient faire l'objet de fusion ou être supprimés. Dans le champ de l'écologie figure l'Agence pour la transition écologique (Ademe), qui avait fait l'objet d'amendements réclamant sa suppression lors de l'examen de la loi simplification, avant d'être finalement sauvegardée. Les missions de certains opérateurs pourraient également reprises en main par des ministères, pour tout ou partie. Ce pourrait être le cas de l'Agence de service et de paiement (ASP), créée en 2009 et qui compte plus d'un millier d'agents. Elle est chargée de verser une grande partie des aides publiques et dépend du ministère de l'Agriculture. Les documents ne précisent pas les économies qu'une telle opération permettrait de dégager. Interrogée sur le rôle du ministère de l'Agriculture dans ces projets, Annie Genevard indique qu'ils ne proviennent pas de ses services.

Siqo : augmentation des coûts de certification, la DGCCRF interpelée par l'Assemblée

Dans un récent courrier, le député socialiste Dominique Potier a demandé à Aurélie Trouvé, présidente de la commission des affaires économiques, que la DGCCRF soit saisie sur la question de la « hausse importante des coûts de certification » pesant sur les IG, IGP et AOP, rapporte le média Contexte. Cette demande va être relayée par la députée LFI, indique-t-elle à Agra presse. Objectif : savoir si cette hausse « est justifiée ou si elle relève d’un abus dans les pratiques commerciales de ces organismes certificateurs », selon le courrier de Dominique Potier. « Depuis la sortie du Covi-19, les frais de certification se sont envolés à cause du coût des salaires et des déplacements », atteste Hubert Dubien, président du Cnaol (AOP laitières). Avec de très grands écarts en fonction des ODG qui peuvent devoir payer de 5 à 300 €/tonne le coût de certification. Une situation très critique pour les petites AOP, notamment fermières, pour qui les frais sont plus élevés. « Nous avons eu une fin de non-recevoir de la part de la ministre de l’Agriculture pour une prise en charge de ces frais, donc nous recherchons des solutions alternatives », poursuit-il. Parmi les pistes explorées : une dématérialisation de certaines étapes de la certification pour faire baisser le coût facturé par les organismes certificateurs.

Syndicalisme: le Modef élit une co-présidente venue d'outre-mer, une première

À l'issue de son 20e congrès fin avril, le Modef, a élu à sa tête deux co-présidents, dont une nouvelle, Victoire Violanes, qui est agricultrice en Guadeloupe, a annoncé le syndicat minoritaire lors d'une conférence de presse le 21 mai. Elle remplace Pierre Thomas, élu à la tête du Modef en 2019. L'autre co-président est Frédéric Mazer, qui avait déjà été élu à cette fonction en septembre. À notre connaissance, c'est la première fois qu'un syndicat agricole national élit à sa tête un représentant de l'outre-mer. Victoire Violanes gère une exploitation de 15 hectares en fermage (trois fois la surface moyenne de l'île), où elle cultive de la canne à sucre et des légumes. Elle est élue à la chambre d'agriculture depuis 2019, année où le Modef avait emporté l'élection dans le département, avant de la perdre en 2025, en conservant la seconde place avec 30% des suffrages. Cumulés, les effectifs d'agriculteurs ayant voté en 2025 pour le Modef en Guadeloupe et en Guyane (environ 1000) pèsent un tiers de ses électeurs au niveau national (un peu moins de 3000). De son côté, Frédéric Mazer est éleveur d’ovins dans le Gard. Installé en Gaec avec sa fille, M. Mazer élève «300 brebis en plein air intégral», intégralement valorisées en circuits courts (Biocoop et colis pour les particuliers).

Fruits et légumes/serres : 25 M€ « validés » pour la décarbonation (syndicat)

Légumes de France (syndicat de producteurs) se réjouit d’une « victoire » dans son magazine Direct Légumes, le 16 mai, alors que FranceAgriMer « a définitivement validé le fléchage de 25 M€ vers le guichet décarbonation des serres parmi les 100 M€ dédiés à la planification écologique sur le budget 2025 », le 15 mai en conseil d’administration. Contacté par Agra Presse, Interfel rappelle le contexte de coupes gouvernementales subies par les budgets de planification: « Sur les 100 M€, il en restait finalement 75 » dont 30 M€ pour les serres. Le fléchage récemment validé complète donc « les 5 M€ précédemment engagés par le ministère (MASA) auprès des agriculteurs qui ont déjà reçu la notification d’éligibilité de leurs projets », écrit Légumes de France, qui précise que le guichet décarbonation des serres est « le seul guichet pour lequel les engagements initiaux auront été respectés ». Pour rappel, comme le rapportait Agra Presse en mars, la filière fruits et légumes était inquiète et demandait au gouvernement d’honorer ses engagements. Elle pourra donc guetter les « annonces spécifiques pour soutenir les maraîchers et les agriculteurs utilisant des serres » que doit faire Annie Genevard le 22 mai, d’après son cabinet, lors d’une visite dans une ferme bio en Moselle. 

Fruits et légumes : une méthode pour évaluer le coût de la relocalisation (étude)

Des chercheurs ont tenté de calculer « le montant théorique de l’aide publique régionale qui serait nécessaire pour relocaliser jusqu’à 10 % de la consommation de fruits et légumes en Occitanie », dans une étude publiée en avril, dans la revue Economie rurale. Ils ont d’abord « estimé », dans un contexte de manque de données, les flux de commerce de fruits et légumes de la région sur la période 2015-2019 : les flux interrégionaux et ceux avec le reste de la France. Ensuite, grâce à une simulation, ils ont conclu qu’ « une subvention ad valorem de 25 % permettrait d’atteindre 10 % de la consommation moyenne de fruits et légumes en Occitanie, soit une augmentation de 6 points de pourcentage par rapport à la situation en 2015-2019 ». En effet, sur la période, l’offre locale pèse 4% des « 606,5 milliers de tonnes » consommées par la région. Cette subvention de 25% représenterait « 13,3 % du budget de la région alloué à une agriculture de qualité et de proximité en 2021 », c’est-à-dire 13,3% de 117 M€ : environ 15,5 M€. Les auteurs ont choisi l’Occitanie pour « le poids important des fruits et légumes » mais aussi parce qu’elle « a mis l’agriculture locale au cœur de son Pacte régional pour une alimentation durable dès 2018 ». 

Acétamipride: des ONG demandent à Bruxelles une interdiction immédiate

Les ONG PAN Europe et Générations Futures demandent à la Commission européenne d'interdire immédiatement l’insecticide néonicotinoïde acétamipride. Elles ont adressé le 20 mai une lettre à la Direction générale de la Santé lui présentant 16 nouvelles publications scientifiques qui montrent «des problèmes, notamment de neurotoxicité pour l'homme» ainsi que «pour les pollinisateurs sauvages et les oiseaux». Elles reprochent à Bruxelles de n’avoir «jamais» demandé d’étude spécifique de neurotoxicité développementale à l'industrie alors que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) l’a recommandé «à trois reprises depuis 2013». Dans leur lettre, les deux ONG appellent la Commission européenne à classer l'acétamipride comme «candidat à la substitution», du fait de ses caractères persistants et toxiques ce qui impose des périodes d'autorisation plus courtes et donc une réévaluation plus régulière. L’autorisation de mise sur le marché européen de l'acétamipride comme pesticide agricole court jusqu'en 2033. En 2024, suite à un avis de l’Efsa identifiant de nouveaux risques, l’UE a décidé de réduire ses limites maximales de résidus dans les aliments. Récemment, la France (avec la loi Duplomb) et l’Allemagne, ont réautorisé à titre dérogatoire son utilisation.

Acétamipride : le Modef veut une dérogation, mais critique la PPL Entraves

A l'occasion d'une conférence de presse le 21 mai, le Modef a indiqué qu'en matière de pesticides, la proposition de loi Entraves était «régression» pour les agriculteurs qui sont «les premiers à s'empoisonner», selon les mots du co-président Frédéric Mazer, Toutefois, dans le cas particulier de l'acétamipride, le secrétaire général Lionel Girardi a indiqué que le syndicat était favorable à une dérogation jusqu'en 2033 pour la noisette, dont il est producteur en Lot-et-Garonne, arguant d'un faible effet sur les pollinisateurs selon lui pour cette production, et d'une absence d'alternative de biocontrôle avant plusieurs années. Ce même agriculteur s'est également positionné sur le stockage de l'eau, opposant d'un côté les «lacs collinaires», nombreux dans son département et profitant d'un écoulement «naturel» des eaux, aux «méga-bassines» qui «pompent directement dans les nappes», un «contre-sens» selon lui qui propose plutôt de «pomper directement dans les nappes» pour éviter toute évaporation. Le co-président Frédéric Mazer a ajouté ensuite que ces ouvrages de stockage devraient «servir aux cultures vivrières» et non aux cultures destinées majoritairement à l'exportation.

Vin: le vignoble européen est celui qui souffre le plus du réchauffement (étude)

Le vin européen est celui qui a jusqu’ici subi les pires impacts du réchauffement climatique, avec des températures accrues et un plus grand nombre de canicules, montre une étude internationale parue le 21 mai, même si toutes les régions viticoles souffrent. En croisant les données climatiques (à la floraison, à l’éclatement des bourgeons, avant les vendanges, etc) et les réactions selon les stades de croissance appliquées à plus de 500 cépages, les auteurs ont pu comparer les effets des dérèglements d’une région du monde à l’autre. Résultat: l’Europe a subi les bouleversements les plus massifs, avec des journées à plus de 35°C en «recrudescence significative» et les températures les plus élevées au moment du mûrissement, révèle l’analyse parue dans la revue américaine PLOS Climate. Par contraste, l’Amérique du Nord a connu des hausses plus modérées, dans ses températures moyennes comme extrêmes. L’Amérique du Sud montre des résultats similaires à la situation européenne en termes de températures moyennes, mais moins de chaleurs extrêmes, ajoute l’étude, qui a réuni climatologues, agronomes, écologues et experts de la génétique de la vigne, venus de France, Espagne, Etats-Unis et Canada.

Climat : la Tracc, trajectoire de réchauffement de référence, aura valeur juridique

Comme le proposait la ministre de la Transition écologique en mars en dévoilant le Pnacc-3 (plan d’adaptation au changement climatique), le gouvernement va prochainement donner une valeur juridique à la Tracc (trajectoire de réchauffement de référence) de la France, qui anticipe une température moyenne en 2100 de 4°C supérieure à celle de l'ère préindustrielle, a annoncé Agnès Pannier-Runacher le 20 mai. Elle va engager en ce sens « une concertation avec les élus locaux », « dans les prochaines semaines », a-t-elle annoncé lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Lui donner cette valeur doit notamment aider et protéger les élus locaux dans les décisions concernant leurs plans d'urbanisme, en tenant compte par exemple de nouvelles zones inondables, a expliqué la ministre. Une mesure que le gouvernement avait prévue mais dont il précise à présent qu'elle sera engagée par voie « réglementaire » plutôt que par des lois. Pour rappel, la Tracc doit servir de socle à la stratégie de préparation du pays au dérèglement climatique, dans de nombreux domaines dont l’agriculture, cela en anticipant un réchauffement de 2°C en 2030 (contre environ 1,7°C aujourd'hui), de 2,7°C en 2050 et de 4°C en 2100.

Météo : un modèle d'IA de Microsoft surpasse à son tour des prévisions traditionnelles

Un modèle d'intelligence artificielle (IA) de Microsoft a obtenu des prévisions météorologiques à 10 jours plus précises et à moindre coût que les modèles traditionnels des grandes agences internationales, selon des résultats publiés le 21 mai dans la revue Nature. Ces performances expérimentales sont une nouvelle percée dans l'ère ouverte en 2023 par le modèle d'IA Pangu-Weather de Huawei. En l'occurrence, le modèle d'apprentissage Aurora de Microsoft « surpasse les prévisions opérationnelles en matière de prévision de la qualité de l'air, des vagues océaniques, des trajectoires des cyclones tropicaux et des conditions météorologiques haute résolution, le tout à un coût de calcul » nettement inférieur, rapportent les chercheurs dans Nature. Il a dépassé dans 92 % des cas la qualité des prévisions mondiales, à 10 jours et sur une échelle d'environ 10 km2, établies par le modèle du Centre européen de prévisions météorologiques (ECMWF, en anglais). Ces performances, seulement testées sur des données passées, sont scrutées de près par les agences météo, dont plusieurs comme Météo-France développent leur propre modèle d'apprentissage IA en parallèle des modèles numériques traditionnels.

Forêts tropicales: niveau record de destructions, les incendies passent devant l'agriculture

L’équivalent de 18 terrains de football par minute: la destruction des forêts vierges tropicales a atteint l’an dernier un niveau record depuis au moins vingt ans, en raison des incendies alimentés par le changement climatique et d’une situation qui se dégrade de nouveau au Brésil. Les régions tropicales ont perdu l’an dernier 6,7 millions d’hectares de forêt primaire, une superficie quasi équivalente à celle du Panama, au plus haut depuis le début de la collecte des données en 2002 par l’observatoire de référence Global Forest Watch, élaboré par le groupe de réflexion américain World Resources Institute (WRI) avec l’université du Maryland. Les incendies sont responsables de près de la moitié de ces pertes, devant l’agriculture pour la première fois. Ces destructions ont représenté l’équivalent de 3,1 milliards de tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère, soit un peu plus que les émissions liées à l’énergie de l’Inde. La déforestation pour faire spécifiquement place à l’agriculture, historiquement première cause de destruction, pointe à la deuxième place mais reste une cause majeure. Le Brésil a enregistré 2,8 millions d’hectares de destruction de forêt primaire l’an dernier, dont deux tiers attribués à des incendies, souvent allumés pour faire de la place au soja ou aux bovins.

Artificialisation : une PPL transpartisane pour faciliter la transition foncière

Deux députées EPR et Liot ont présenté le 21 mai une proposition de loi (PPL) transpartisane visant à réformer la fiscalité locale pour atteindre plus facilement l'objectif de sobriété foncière prévu en 2050. Le texte intitulé « Réussir la transition foncière » est la traduction législative du rapport remis en avril par Sandrine Le Feur (EPR) et Constance de Pélichy (Liot). « C'est une contre-attaque [au texte des sénateurs] parce qu'on a été choqués de leurs propositions », a reconnu Mme Le Feur, faisant référence à la PPL « Trace » adoptée en première lecture au Sénat en mars et accusée de détricoter les ambitions de la loi Climat sur le Zan (zéro artificialisation nette). Le nouveau texte prévoit de prolonger le décompte de la consommation d'Enaf jusqu'en 2041, à savoir la création ou l'extension effective d'espaces urbanisés, avant le passage au décompte de « l'artificialisation » entendue comme « la perte des fonctions écologiques des sols » à travers une nomenclature définie par décret. Mais la nouveauté tient surtout à son volet fiscal. « Le texte introduit une logique simple : qui consomme paye, et qui préserve est soutenu (...) Préserver les sols, c'est rendre un service environnemental essentiel à la collectivité », a expliqué Mme de Pélichy.

Artificialisation: les pro-A69 obtiennent une première victoire à l'Assemblée

Après des débats parfois âpres, les députés ont approuvé le 21 mai en commission une proposition de loi visant à valider les autorisations du chantier de l’autoroute A69, déjà au coeur d’une bataille judiciaire à l’extérieur de l’Assemblée nationale. Déjà largement adoptée au Sénat, la proposition de loi atypique est portée à l’Assemblée par Jean Terlier, député macroniste du Tarn et ardent défenseur du chantier. Le texte, qui doit être examiné le 2 juin dans l’hémicycle, prévoit de valider rétroactivement deux autorisations environnementales permettant les deux chantiers nécessaires à la réalisation de l’autoroute entre Toulouse et Castres. Une façon de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui avait estimé le 27 février que les travaux ne présentaient pas de «raison impérative d’intérêt public majeur» permettant de déroger «à l’objectif de conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages». Invoquant «l’incompréhension» devant l’arrêt de travaux réalisés à «70%», et la nécessité de désenclaver un territoire, M. Terlier a aussi longuement défendu la constitutionnalité de cette loi de validation, au coeur des débats. Selon lui elle répond notamment à «un motif impérieux d’intérêt général».

Céréales : Moscou vise délibérément les infrastructures agricoles ukrainiennes, selon un rapport

La Russie cible délibérément et méthodiquement les infrastructures agricoles de l'Ukraine afin de renforcer sa position d'exportateur mondial majeur de céréales, affirme le 21 mai la fondation juridique néerlandaise Global Rights Compliance (GRC). Dans un rapport validé par les autorités ukrainiennes, dont le parquet général, GRC étudie les frappes russes dans la province d'Odessa, sur la mer Noire, entre juillet et octobre 2023, notamment « sur les ports de Tchornomorsk, Reni, et Izmaïl », et ayant visé à la fois les infrastructures et les récoltes céréalières. Les opérations militaires russes « font partie d'un effort systématique pour démanteler le secteur agricole de l'Ukraine par l'occupation, la destruction des infrastructures et l'extraction illégale », affirme GRC, dont l'étude sera « bientôt partagée » avec la Cour pénale internationale (CPI) et la Commission d'enquête des Nations unies sur l'Ukraine. En juillet 2023, Moscou avait claqué la porte de l'Initiative de la mer Noire, sous l'égide de l'ONU et de la Turquie, qui permettait à l'Ukraine d'exporter sa production agricole par voie maritime. GRC souligne qu'après ce retrait se sont multipliées « des attaques contre les céréales et les infrastructures connexes situées dans les ports de la mer Noire et du Danube. 

Loups: enquête ouverte sur la mort d'un loup dans les Yvelines en mars dernier

Une enquête pour destruction d’espèce protégée a été ouverte par le parquet de Versailles après la découverte le 10 mars du corps d’un loup à la Celle-Les-Bordes, près de Rambouillet (Yvelines), a indiqué le 20 mai à l’AFP le ministère public. Les premières constatations ne permettaient pas d’exclure que l’animal, d’abord présenté comme un grand canidé, était en réalité un loup, a précisé l’Office Français de la Biodiversité (OFB) dans un communiqué. Et les analyses génétiques ont rapidement permis de confirmer qu’il s’agissait d’un loup gris, provenant de la lignée italo-alpine. Informé de la découverte, le parquet de Versailles a ouvert une enquête préliminaire afin de déterminer les causes de la mort de l’animal, qui restent pour l’heure inconnues. L’hypothèse d’un décès par arme à feu n’est pas privilégiée, a précisé le ministère public. Après avoir été exterminé, le loup est réapparu en France au début des années 1990, en traversant les Alpes depuis l’Italie. A la faveur de cette recolonisation, des individus ont été signalés jusqu’en Bretagne. Selon la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la population de loups en France en 2024 était estimée à 1.013 individus, et sur ce total 192 peuvent être abattus en 2025.

Distribution/Royaume-Uni : impact de la cyberattaque contre Marks & Spencer estimée à 300 M£

L’enseigne britannique Marks & Spencer (M&S) a estimé le 21 mai à 300 M£ l'impact de la cyberattaque dont elle est victime depuis plusieurs semaines, lors de la présentation de ses résultats. « Notre estimation actuelle avant mesures d’atténuation prévoit un impact d’environ 300 millions de livres sur le résultat d’opérationnel du groupe pour l’exercice 2025/26, qui sera réduit grâce à une gestion rigoureuse des coûts, aux assurances et à d'autres actions commerciales », selon un communiqué du distributeur. Les perturbations liées à l'attaque, qui ont notamment contraint l'entreprise à suspendre ses ventes en ligne ou le paiement sans contact, se poursuivront jusqu'en juillet, anticipe M&S. « Les ventes alimentaires ont été affectées par une disponibilité réduite des produits, bien que la situation s’améliore », selon le distributeur. L'enseigne avait révélé mi-mai que certaines données personnelles de ses clients avaient été dérobées dans le cadre de cette cyberattaque, qui a débuté mi-avril, mais pas les détails de paiement ou les mots de passe des comptes. Les distributeurs français sont également victime de ce type d’attaques. En 2024, plusieurs cyberattaques de grande ampleur ont touché des enseignes telles que Auchan, Picard ou Truffaut.

Nutrition : des promos plutôt mauvaises pour la santé, selon des associations

Sept associations, dont Foodwatch et le RAC, accusent les supermarchés de pousser les consommateurs à « acheter des aliments  », dans une étude le 21 mai. Elles ont étudié plus de 4 700 promotions alimentaires de Carrefour, Coopérative U, Leclerc, Intermarché et Lidl, entre février et mars. Résultat : « 66% des promotions concernent des produits trop gras, trop sucrés, trop salés » (boissons sucrées, charcuterie, gâteaux industriels…) et 40% « proposent d’acheter en lot ou ‘’2+1 offert’’ » des « produits à fortement limiter selon les recommandations santé ». En parallèle, « seules 12% des promotions portent sur des aliments sains » (fruits, légumes, légumineuses…). Les associations exigent que la grande distribution augmente « à 50% minimum la part de promotions pour des produits que le PNNS recommande de consommer davantage » (dont les fruits et légumes, légumes secs, céréales complètes, huiles de colza, de noix et d'olive) et la part des produits bio (hors ultra-transformation) « pour que ces derniers représentent au moins 10% de l’ensemble des produits en promotion ». Contacté par l’AFP, Les Mousquetaires (Intermarché) fait valoir que ses clients « bénéficient tous les week-ends de 10% de réduction » sur les fruits et légumes, et Carrefour « conteste point par point cette étude ».

Revenus : stabilité du taux de pauvreté des ménages agricoles entre 2018 et 2020

En 2020, 17,7 % des exploitants agricoles vivent sous le seuil de pauvreté, contre 14,4 % parmi l’ensemble de la population, selon une nouvelle étude Insee publiée le 21 mai. Ce taux de pauvreté, proche de celui mesuré sur 2018, est plus élevé lorsque le conjoint travaille aussi sur la ferme (21,9 %), et inférieur en cas de pluriactivité (10,5 %). Le niveau de vie des agriculteurs s’établit à 27 500 € en moyenne. Il est comparable à l’ensemble de la population mais avec une dispersion beaucoup plus forte : les 10 % d’exploitants les plus aisés ont un niveau de vie 4,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus modestes (contre 3,4). Les pluriactifs (29 %) s’en sortent mieux, avec 30 700 € (contre 25 700 € pour les monoactifs). Ce statut est plus fréquent parmi les microexploitants (53 % d’entre eux ont une activité rémunérée hors de la ferme). Enfin l’étude montre des différences par secteur. Le niveau de vie est globalement plus élevé et le taux de pauvreté inférieur en production végétale (31 300 € et 14,3 %) qu’en production animale (23 300 € et 20,4 %). Un tableau qui présente des nuances : les exploitations en maraîchage et horticulture affichent un niveau de vie plus faible (26 800 €), les élevages de granivores (porcins et volailles) plus élevé (28 500 €).

Coopératives : dynamique d’adhésion au Dirca (cadres dirigeants)

Les 17 et 18 mai, le mouvement des cadres dirigeants de la coopération agricole et agroalimentaire, Dirca, fêtait ses 80 ans à Angers. « Fin 2025, nous devrions rassembler près de 610 adhérents, dont 75 % de directeurs généraux, confie Julie Demay, la déléguée générale, interrogée par Agra Business. 30 % de nos adhérents ont rejoint le groupe depuis moins de deux ans. » Cette dynamique traduit le renouvellement engagé ces dernières années au sein des équipes dirigeantes des coopératives. « Les cadres dirigeants qui nous rejoignent viennent avant tout enrichir leur réseau et rencontrer leurs homologues en terrain neutre, sans concurrence, explique-t-elle. Car Dirca est un lieu d’échanges et de convivialité pour prendre du recul sur son métier et trouver, si besoin, des conseils individuels pour accompagner son évolution de carrière. » Parmi les thématiques qui séduisent : les responsabilités du directeur, la rémunération, le management ou encore l’application de l’IA dans les métiers agricoles. Le conseil national se compose de 30 membres : les présidents des 15 sections régionales et 15 volontaires. Christian Cordonnier, directeur général de Terre Atlantique (17), en est le président. Au total, près de 25 événements sont organisés chaque année. (Anne Gilet)

Japon: démission du ministre de l’Agriculture après avoir déclenché une polémique sur le riz

«Je viens de soumettre ma démission au Premier ministre Shigeru Ishiba», a annoncé, le 21 mai, le désormais ancien ministre de l’Agriculture du Japon, Taku Eto. Et le Premier ministre, qui a accepté «pour ne pas mettre à l’arrêt la politique agricole», n’a pas tardé à le remplacer par Shinjiro Koizumi, ancien ministre de l’Environnement et fils de l’ancien Premier ministre Junichiro Koizumi. Il faut dire que Taku Eto a déclenché une vive polémique dans son pays après des propos inappropriés sur le riz, aliment de base au Japon qui fait face à une flambée des prix. Alors que le pays du Soleil-Levant a récemment décidé d’ouvrir ses réserves stratégiques, l’ancien ministre a affirmé, lors d’un rassemblement politique le 18 mai, n’avoir «jamais acheté de riz parce que [ses] soutiens [lui] en donnent tellement [qu’il] pourrait pratiquement en vendre». Une remarque qui a choqué l’opinion et a provoqué l’ire du Premier ministre qualifiant sa remarque «d’extrêmement regrettable». Et d’ajouter : «Le travail du ministre de l’Agriculture maintenant est de fournir des solutions à la flambée des prix du riz. J’attends qu’il propose des solutions».

Evènementiel: nés en Hauts-de-France, les Concerts à la ferme s'étendent à d'autres régions

Créé en 2023 en Hauts-de-France, l'évènement Concerts à la ferme s'ouvre cette année à de nouvelles régions, indiquent ses organisateurs dans un communiqué le 21 mai. Sous le «haut patronage» du Ceneca (salon de l'agriculture), vingt-cinq concerts sont prévus du 29 mai au 28 septembre dans les départements suivants : Dordogne, Somme, Oise, Savoie, Ile-de-France, Sâone-et-Loire, Haute-Normandie, et Eure-et-Loir. Objectif de l'évènement : «créer du lien au-delà de la musique, renouer le contact avec la nature, faire connaître différemment le monde agricole et les métiers du vivant…» Au programme : «Musique classique, jazz, comédie musicale, airs d’opéra, tango …»