Budget de l’UE : von der Leyen confirme une nouvelle structure, le Copa-Cogeca inquiet
Présente lors de la Conférence annuelle sur le budget de l'UE 2025 qui se déroulait le 20 mai à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en a dévoilé davantage sur la proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) attendue le 16 juillet. « Plus souple, plus agile et plus réactif », ont été les maîtres mots employés par l’Allemande. Et de regretter que, avec le fonctionnement actuel, « 90 % du budget [soit] pré-alloué dès son adoption ». Pour elle, « le nouveau budget reposera sur une nouvelle structure », confirmant en creux, l’inclinaison vers des programmes nationaux uniques pourtant rejetés par le Parlement européen. Toutefois, pour tenter de rassurer le secteur agricole, elle a rappelé la place centrale qu’occuperont la politique de cohésion et la Pac dans le prochain budget. Il faut dire que les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) et leurs adhérents organisaient, au même moment, devant les locaux de la Commission européenne, une « flash action » pour demander un budget dédié pour la Pac dans le prochain CFP. Ces dernières ont d’ailleurs rencontré le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin. Celui-ci a confirmé son engagement envers des financements clairs, des règles simplifiées et d'une consultation adéquate pour l’agriculture. « Ce n'est pas la première, et certainement pas la dernière réunion avec les agriculteurs sur le budget de l'UE », a-t-il conclu.
Pac : le commissaire Hansen pointe le besoin d'assurances et d'investissements face aux aléas climatiques
Face à la multiplication des aléas climatiques, les agriculteurs « ont besoin d'assurances plus abordables, d'un accès aux investissements pour l'adaptation au changement climatique et d'une Pac réactive pour les soutenir lorsqu'ils en ont le plus besoin », a indiqué le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen le 20 mai, en ouverture d’une conférence sur les assurances et la gestion des risques organisée par la DG Agri et la Banque européenne d'investissement (BEI). Dans un rapport présenté à cette occasion, celle-ci évalue à 28,3 Md€ la perte annuelle moyenne de production agricole de l’UE (soit environ 6 %), dont la moitié serait liée au climat. Et, d’ici 2050, ces pertes pourraient augmenter de 42 à 66 %. « Un chiffre alarmant », a pointé Christophe Hansen. Or, aujourd’hui, seules 20 à 30 % des pertes liées au climat sont assurées par des systèmes publics, privés ou mutualistes. Insuffisant pour la BEI, qui constate « un déficit considérable de protection pour certaines cultures et certains risques climatiques, car l'assurance n'est pas toujours disponible ou abordable ». Mais, prévient Christophe Hansen, « l'accès à l'assurance est certes important. Toutefois, le secteur a également besoin d'investissements importants pour rester durable et résilient grâce à des pratiques agricoles modernes. »
Prêts garantis : une enveloppe de 2 Md€ pour les investissements des agriculteurs
Une enveloppe de 2 milliards d’euros (Md€) pour des prêts agricoles doit être débloquée le 21 mai dans le cadre de l’« Initiative nationale pour l’agriculture française » (Inaf), indique-t-on Rue de Varenne. Elle doit être signée par la ministre Annie Genevard – qui se rendra auprès des agriculteurs sinistrés en Occitanie mercredi matin (lire plus bas) – et le vice-président de la BEI (Banque européenne d’investissement) Ambroise Fayolle, aux côtés des représentants de quatre banques partenaires (Arkéa, BPCE, Crédit agricole, Crédit mutuel Alliance fédérale). L’Inaf offre à ces dernières « un outil de garantie permettant de soutenir la transformation des exploitations », explique le ministère. « En mobilisant des fonds publics nationaux et européens, l’Inaf vise à faciliter l’accès au crédit pour accompagner la création de valeur, le renouvellement des générations et la transition vers des modèles agricoles plus durables. » Ce mécanisme financier, conçu par le ministère de l’Agriculture et le Fonds européen d’investissement (FEI), intervient dans le cadre du Grand plan d’investissement. Lors d’une première phase lancée en 2019, l’Inaf a permis de financer près de 8 500 prêts agricoles pour un total de 1 Md€ de crédits mobilisés, permettant de générer 2,7 Md€ d’investissements.
Bio : coupes budgétaires dans la communication et les aides à l’investissement (syndicat)
La ministre de l’Agriculture « a annoncé aux familles professionnelles de l’Agence bio son intention de supprimer les budgets de communication 2025 ainsi qu'une partie des budgets d'investissements », dénonce la Fnab (producteurs bio) dans un communiqué le 20 mai. En septembre 2023, Marc Fesneau avait annoncé une campagne de communication dotée de 5 M€ par an sur 2024, 2025 et 2026 afin de relancer la demande en produits bio, affaiblie par l’inflation. Une première vague a été diffusée lors du Salon de l’agriculture 2025 (à partir des crédits 2024) ; une deuxième est prévue le 22 mai en même temps que le Printemps bio et les 40 ans du label AB. L’annulation du budget 2025 « va bloquer tout futur déploiement » de cette campagne intitulée « C’est bio la France ! », explique à Agra Presse la déléguée générale de la Fnab, Sophia Majnoni d'Intignano. Concernant les aides à l’investissement, Annie Genevard a annoncé le 14 mai, lors d’une audition à l’Assemblée, une réduction des crédits du Fonds avenir bio (structuration des filières). En 2025, il bénéficiera de 8,8 M€, contre 16,4 M€ en 2024 (incluant un abondement exceptionnel de 5 M€ provenant des fonds de la planification écologique). Dans un message envoyé à la presse le 20 mai, le ministère de l’Agriculture a dit « prioriser les crédits sur la structuration de la filière en concertation avec les professionnels », évoquant un « contexte budgétaire compliqué ».
Intempéries : Genevard en Occitanie mercredi 21 mai après les récents orages de grêle
Alors que l’Occitanie a essuyé d’importantes pluies et des orages de grêle le 19 mai, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rendra dans deux exploitations touchées dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne mercredi 21 mai. Elle y annoncera « la mise en place de mesures d'urgence et de soutien », d’après une note envoyée à la presse. Lundi 19 mai, des orages de grêle et de fortes pluies se sont abattus dans le Sud-Ouest en fin de journée, occasionnant des inondations et des dégâts, notamment sur la ligne ferroviaire Bordeaux-Toulouse, sur laquelle aucun train ne pourra circuler pendant plusieurs jours. Comme le relève l’AFP, il est tombé en quelques heures plus de 100 mm de pluie sur le village de L'Honor-de-Cos, près de Montauban. Les cultures de la vallée de la Garonne, déjà touchées par un excès de précipitations ces derniers mois, ont été affectées par la grêle, les agriculteurs devant évaluer les dégâts dans les prochains jours. En Lot-et-Garonne, des parcelles et coteaux de semis d'été (tournesol, maïs, soja) ont été « emportés par des coulées de boue », selon Patrick Franken, président de la chambre d'agriculture. Selon son homologue des Landes, Marie-Hélène Cazaubon, l'épisode a touché partiellement les vignobles de l'armagnac et de Tursan, où les dégâts étaient en cours d'évaluation par les producteurs.
Céréales : chez Unéal, manque d’eau et inquiétude pour les cultures de printemps
« Les enrouleurs sont sortis dès le 1er avril : du jamais vu dans la région », confie Jean-Baptiste Journel, du service agronomique de la coopérative Unéal (Pas-de-Calais). « Il est tombé 250 mm de pluie entre le 1er janvier et le 1er mars et depuis, quasiment rien. » Dans la région, les prévisions météo tablent sur un retour des pluies pour la fin de la semaine. « Une nécessité notamment pour les orges de printemps semées fin janvier », poursuit-il. « Les protéagineux qui arrivent à floraison ont également besoin d’eau : si rien ne tombe, ce sera la catastrophe. Idem pour le lin. Certaines parcelles pourraient même ne pas être récoltées. » Les cultures d’hiver s’en sortent, à date, un peu mieux même si, elles souffrent aussi du manque d’eau. « Les blés et les orges ont une quinzaine de jours d’avance : l’épiaison a parfois eu lieu dès le 20 avril. Les parcelles semées après le 1er novembre – environ 40 % des surfaces – sont le plus pénalisées : les blés sont très courts avec une faible biomasse. » Pour l’heure, l’année ressemble à 2007, 2011 et 2020, qui, au final, ont donné d’assez bons résultats en collecte. « Nous souhaitons rester optimistes ». Si l’état sanitaire des céréales est pour l’instant bon, Jean-Baptiste Journel appelle à la vigilance. « Le retour des pluies pourrait faire exploser la rouille brune si la douceur se maintenait. Il faudra adapter la protection. » (Anne Gilet)
Grandes cultures : au Royaume-Uni, la sécheresse printanière inquiète les producteurs
Les cultures de céréales, de pommes de terre et de betterave à sucre souffrent de la sécheresse au Royaume-Uni. Selon l'agence de météorologie Met office, il est tombé 80,6 mm de pluie depuis le début du printemps en mars, bien moins que le plus bas niveau historique de la saison qui remonte à 1852 avec 100,7 mm. Il s'agit « jusqu'à présent du printemps le plus sec depuis plus d'un siècle », a indiqué l'agence de météorologie Met office à l'AFP, tout en précisant qu'il fallait encore attendre la fin mai pour confirmer ce record. L'absence de pluie et un ensoleillement record touchent notamment l'Écosse et le nord de l'Angleterre, où les niveaux des réservoirs d'eau « sont particulièrement, voire exceptionnellement bas », selon l'Agence de l'environnement. Cette dernière a convoqué une réunion de son groupe de travail sécheresse il y a deux semaines et a exhorté les compagnies d'eau à « faire davantage pour préserver les réserves » britanniques. Certains agriculteurs ont commencé à irriguer plus tôt, rapporte le principal syndicat agricole NFU, qui réclame des investissements pour installer des cuves de stockage directement dans les exploitations.
Pêches et nectarines : une récolte européenne 2025 attendue en baisse de 6 % (Medfel)
D’après les prévisions de récoltes du Medfel, arrêtées à la mi-mai et partagées le 20 mai lors d’un webinaire et sur le site du salon, la France, la Grèce, l’Espagne et l’Italie devraient produire ensemble environ 2,58 Mt de pêches et nectarines, soit une baisse de 6 % sur un an (+7 % par rapport à la moyenne 2019-2023), plus 625 776 t de pavies (-12 %, -13 %). La production française devrait résister, avec 232 418 t (0 %, +19 %), dont 95 085 t en Languedoc-Roussillon, 35 447 t en Rhône-Alpes, 85 253 t en Paca ; auxquelles il faut ajouter 3 762 t de pavies (+2 %, -1 %). La récolte est aussi attendue stable en Italie, à 869 558 t (stable), plus 51 788 t de pavies (-10 %, -22 %). La Grèce connaît la chute la plus importante, avec 338 000 t (-22 %, +14 %), plus 268 900 t de pavies (-19 %, -25 %). Premier producteur européen avec 1,14 Mt, l’Espagne chute de 5 % (+8 % par rapport à la moyenne 2019-2023) ; idem en pavies (301 326 t, -5 %, +5 %). Des chiffres qui ne tiennent pas totalement compte des violents épisodes de grêle survenus en Catalogne, Aragon et Murcie. Éric Hostalnou, chef de service Fruits et légumes à la chambre des Pyrénées-Orientales, a rappelé l’influence du gel important en Grèce ce printemps et, dans les trois autres pays, les conditions météo défavorables pendant la floraison.
Interfel : unanimité pour une baisse de 11 % de recettes dans le prochain accord triennal
« Vous avez au téléphone un président heureux », a indiqué à Agra Presse Daniel Sauvaitre (Interfel), à l’issue d’une journée de conseil d’administration où il a fallu fixer les taux de cotisations du prochain accord triennal (2026-2028), le dirigeant soulignant un « dialogue constructif » en amont qui a débouché sur une « unanimité ». Alors que la distribution envisageait de proposer une enveloppe de recettes de 42 millions d’euros, avec un mode de calcul basé sur les volumes, comme le rapportaient début avril nos confrères de Contexte, Daniel Sauvaitre explique que « la somme sera légèrement supérieure et le mode de contribution sera le même qu’aujourd’hui » (cotisation sur la valeur et non sur les volumes), « mais avec des taux revus à la baisse ». En 2026, il a ainsi été décidé de « réduire la recette de 11 % par rapport à ce qu’elle aurait été sans changement » apporté à l’actuel accord triennal (2023-2025). Les taux actuels sont de 0,73 pour mille (‰) en amont et 2,10 ‰ en aval pour les transactions sur les produits origine France, et de 0,50 ‰ et 1,80 ‰ pour les transactions sur les produits d’origine intra-communautaire et des pays tiers.
Œufs : la CFA et le président du CNPO dénoncent la « décision de Carrefour » d’importer
La CFA (aviculteurs, FNSEA) critique dans un communiqué du 20 mai la décision de Carrefour France « d’aller chercher des œufs dans des pays qui ne respectent pas les mêmes exigences en matière bien-être animal que cette enseigne a exigées des producteurs français ». Le syndicat invoque en particulier la fin de l’élimination des poussins mâles pour les œufs coquille. De son côté, le président du CNPO (interprofession) Yves-Marie Beaudet, interrogé par Agra Presse, indiquait la semaine dernière que Carrefour avait « sondé plusieurs fournisseurs européens d’œufs de poules élevées en cage et au sol », s’appuyant sur des documents provenant du distributeur, des « pièces avérées », selon lui, Il exprime le 20 mai sa conviction que « Carrefour veut des œufs à tout prix », l’œuf faisant partie du « top 3 lucratif » de l’enseigne, réalisant selon lui 8 à 10 centimes de marge par œuf. Interrogé sur cette intention via son service de presse interne, Carrefour n’a pas répondu. Également contacté, Loïc Coulombel, vice-président du CNPO et directeur du groupe italien Eurovo – seul fournisseur s’étant proposé, selon Yves-Marie Beaudet – a déclaré par SMS le 15 mai qu’il ne ferait « aucun commentaire sur des relations commerciales ».
Loup : l’arrêté sur les tirs pour les éleveurs bovins attendu « avant l’été »
L’arrêté permettant d’accorder aux éleveurs bovins des dérogations de tirs contre le loup devrait être disponible « d’ici l’été », a indiqué la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes (coordinatrice du Plan national loup) le 16 mai. Le sujet a été abordé en Groupe national loup le même jour, d’après un communiqué. « L’arrêté est prêt, mais pas encore signé », indique Claude Font, le secrétaire général de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), qui a participé à la réunion. Selon lui, deux étapes doivent encore être franchies : un avis du CNPN (Conseil national de la protection de la nature) et une consultation publique. Le texte doit permettre d’octroyer des tirs de défense simple aux éleveurs bovins « dans les mêmes conditions » que leurs collègues ovins, comme le demandent notamment les syndicats majoritaires sur le plateau de Millevaches. En vertu d’un arrêté interministériel du 7 février 2025, les élevages bovins prédatés peuvent bénéficier de dérogations de tirs sans avoir mis en place de moyens de protection classiques, mais « sous réserve de démarches engagées en matière de réduction de vulnérabilité » face au loup. « Le ministère voulait trois mesures [de réduction de vulnérabilité] et nous en demandons une seule », explique M. Font, évoquant aussi un dissensus sur le périmètre (au lot d’animaux ou au troupeau).
Influenza au Brésil : le Japon, les Émirats, l’Arabie saoudite et les USA restent ouverts
Au cours d’une conférence de presse ce lundi soir, 19 mai, le ministère de l’Agriculture du Brésil (Mapa) a fait le point sur les destinations restant ouvertes aux produits avicoles du pays en dépit de la confirmation dans le pays d’un premier cas d’influenza aviaire dans un élevage de 17 500 volailles reproductrices de l’État du Rio Grande do Sul, le 15 mai. Il s’agit, en vertu d’accords de régionalisation, du Royaume-Uni, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, des Philippines et du Japon. D'après la presse, le flux d'exportations d'œufs vers les États-Unis – qui a doublé afin de combler le manque dû à l'influenza aux USA – se maintient aussi. Le Mapa a déploré que la Chine, premier client, et l’Union européenne aient posé un embargo sur l’ensemble du Brésil, de même qu'une vingtaine de pays, dont le Maroc et l’Afrique du Sud. « Le Mapa a travaillé activement pour que dans les négociations d’accords sanitaires internationaux, les pays partenaires reconnaissent le principe de régionalisation préconisé par l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) – en limitant l’exportation aux 10 kilomètres du rayon du foyer », assure-t-il dans un communiqué actualisé le 19 mai.
Bovins : Elivia et Coopérative U renouvellent leur contrat « Charolais U »
Terrena, sa filiale Elivia et Coopérative U renouvellent leur partenariat soutenant la filière « Charolais U », annonce la coopérative agricole du Grand ouest dans un communiqué le 20 mai. Ce partenariat porte sur 5 000 bovins de race charolaise commercialisés annuellement par les distributeurs U, selon le document. C’est, selon Terrena, « l’une des filières contractualisées les plus importantes en France sur le marché de la boucherie en grande distribution ». Les bovins (des génisses) sont élevés selon un cahier des charges « type La Nouvelle Agriculture, associé au label Bleu-Blanc-Cœur », qui garantit selon la coopérative des pratiques « respectueuses du bien-être animal et de l’environnement, valorisant notamment l’herbe dans l’alimentation des bovins ». Conformément au protocole de contrat tripartite signé pour trois ans au Salon de l'agriculture 2022, qui intègre les règles d’Egalim, le prix est réactualisé chaque trimestre et est renégocié quand il sort de son tunnel. Un système qui, selon le communiqué, garantit une rémunération équitable aux 250 éleveurs coopérateurs engagés et une visibilité sur leurs conditions économiques de production. Ce partenariat avait démarré en 2017.
Bovins : un cas d’ESB « atypique » détecté au Royaume-Uni
Un cas « atypique » d’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine, ou maladie de la vache folle) a été détecté dans une ferme de l'Essex, dans l'est de l'Angleterre, a annoncé le ministère britannique de l'Environnement, de l’alimentation et des affaires rurales le 20 mai. L'animal « a été abattu » et ce cas « ne présente aucun risque pour la santé publique ni pour la sécurité alimentaire », a affirmé le gouvernement dans un communiqué, ajoutant que la bête « n'était pas destinée à entrer dans la chaîne alimentaire ». L’ESB est apparue la première fois en Grande-Bretagne dans les années 1980 et s'est propagée à de nombreux pays en Europe et dans le reste du monde, entraînant une crise dans l'industrie de la viande bovine. Cette maladie peut entraîner chez l'homme, par ingestion de viande ou d'abats, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, un syndrome neurodégénératif mortel. Mais la forme atypique est « distincte » de la forme classique : il s'agit d'une « maladie non contagieuse qui apparaît spontanément et sporadiquement et dont on pense qu’elle survient à un très faible niveau dans toutes les populations bovines », explique la vétérinaire en chef Christine Middlemiss, citée dans le communiqué du gouvernement. « L'Organisation mondiale de la santé animale et les partenaires commerciaux ont été informés » et ce cas « n'affecte pas la capacité du Royaume-Uni à exporter du bœuf vers d'autres pays », précise Londres.
Peste porcine africaine : la surveillance passive est efficace en Europe (Efsa)
Dans son dernier rapport épidémiologique annuel sur la peste porcine africaine (PPA), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) reconnaît l’efficacité de la surveillance passive de cette maladie très contagieuse et recommande aux États membres de la maintenir. L’autorité sanitaire européenne constate que les États ont analysé au cours de 2024 un nombre croissant d'échantillons prélevés sur des porcs domestiques. Cette surveillance dite passive consiste à enquêter sur les cas suspects. Elle permet de détecter environ 80 % des foyers de peste porcine africaine chez les porcs domestiques et 70 % des foyers chez les sangliers dans l'UE, selon le rapport. Les scientifiques de l’Efsa recommandent aussi, dans les zones et aux périodes considérées comme à risque, une « surveillance passive renforcée » consistant en l'échantillonnage systématique des porcs morts, ceci afin de garantir une détection précoce de la maladie. En 2024, les foyers épidémiques de PPA en élevage de porcs ont diminué de 83 % par rapport à 2023 ; ils ont ainsi passé de 1 929 à 333, le nombre le plus bas dans l’UE depuis 2017. Cette baisse est principalement liée à la diminution du nombre de foyers en Roumanie (à l’origine de 66 % des cas de 2024) et en Croatie.
Santé/volaille : une étude « de faible qualité » alerte sur des risques inédits (expert)
Alors que plusieurs médias relaient une étude de l’Institut italien de gastro-entérologie montrant une « augmentation statistiquement significative du risque de mortalité » au-delà d’une consommation de 300 g/semaine de volaille, le professeur de nutrition à AgroParisTech François Mariotti, interrogé par Agra Presse, pointe la « faible qualité » de cette publication. Cette étude parue en avril dans la revue Nutrients est « peu généralisable » et « peu transposable », selon lui, les auteurs soulignant eux-mêmes plusieurs limites. Le Pr. Mariotti cite le « petit effectif » analysé (4 869 Italiens de deux villes des Pouilles, certes suivis sur une très longue durée, 19 ans en moyenne) ; un intervalle de confiance « peu précis » ; « l’absence d’information sur l’activité physique » des personnes suivies ou encore sur « les modes de cuisson » ainsi que sur le type de volaille (transformée ou non). Le chercheur rappelle que, jusqu’ici, « la littérature n’a pas établi de lien entre volaille et santé », malgré des études « nombreuses » et « plus fiables ». L’étude concluait que la consommation excessive de volaille est associée à un risque 2,27 fois plus élevé de « cancers gastro-intestinaux », ainsi qu’à un risque de décès toutes causes confondues 27 % plus élevé par rapport aux personnes consommant moins de 100 g.
Manifestations : levée des trois blocages d'autoroutes dans le Nord
Les trois sections d'autoroutes bloquées depuis le 19 mai dans le Nord par des agriculteurs réclamant l'assouplissement de réglementations ont été rouvertes à la circulation le 20 mai au matin, a indiqué la FDSEA, qui avait mobilisé des dizaines de tracteurs. Les agriculteurs ont levé autour de minuit deux premiers blocages, selon Quentin Destombes, de la FDSEA du Nord : sur l'autoroute A1 qui relie Paris et Lille, qui était fermée dans les deux sens au niveau de Seclin, et sur l'autoroute A2, également coupée dans les deux sens au niveau de Marly, près de Valenciennes. Le blocage de l'autoroute A25 reliant Lille à Dunkerque, aussi dans les deux sens, entre Herzeele et Méteren, a été levé à 10h, a précisé M. Destombes. Sur cette autoroute, 36 tracteurs et 50 manifestants occupaient encore en début de matinée « l'ensemble des voies », selon la préfecture de la zone de défense Nord. Désormais, les trois autoroutes sont « totalement rouvertes à la circulation », a signalé la préfecture dans un communiqué. Après cette première action, « on relâche la pression » dans le Nord, a expliqué M. Destombes, car « les gens travaillent, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin ». « Place aux autres maintenant », a-t-il ajouté, alors que d'autres actions sont en préparation notamment dans l'Oise. La FNSEA a appelé à des mobilisations en France à partir du 26 mai, date de l’examen à l’Assemblée de la PPL Duplomb.
Agroalimentaire : Agromousquetaires va investir 250 M€ dans ses usines d’ici 2030
Le groupement Les Mousquetaires/Intermarché a annoncé 20 mai qu’il allait investir 250 M€ sur cinq ans dans ses usines Agromousquetaires. « Ces investissements permettront d’accélérer la modernisation de son pôle industriel, de développer les filières stratégiques et de sécuriser l’approvisionnement en matières premières agricoles françaises », indique le groupement dans un communiqué. Ces 250 M€ viennent s’ajouter aux 500 M€ d’investissement dans ces usines annoncés en juin 2024. « C’est donc un total de 750 millions d’euros que le groupement engagera pour accompagner efficacement sa stratégie de recentrage et de redéploiement industriel vers les produits bruts ou peu transformés, ainsi que vers les filières stratégiques (lait, porc, bœuf, végétal…) », se félicite le groupe Les Mousquetaires/Intermarché. Ce programme d'investissements doit permettre à la filière agro-industrielle des Mousquetaires d'atteindre les 6 Md€ de chiffre d'affaires en 2028 (contre 4,7 Md€ en 2023), un objectif fixé en 2024. Agromousquetaires possède 55 usines agroalimentaires de produits laitiers, céréales, produits carnés ou de la mer. Il poursuit actuellement sa politique de recentrage vers les filières considérées comme stratégiques, ce qui pourrait l'amener à se séparer de nouvelles usines, comme il l’a fait en 2024 avec l'usine de plats cuisinés à Sveltic à Laillé (Ille-et-Villaine).
Élections chambres : la Coordination rurale déboutée de ses recours en Corrèze et Lozère
La Coordination rurale, qui contestait les résultats des élections des chambres d’agriculture de Lozère et de Corrèze, s’est vue débouter de ces deux recours les 19 et 20 mai par la justice. Ces deux chambres restent donc aux mains du tandem majoritaire FNSEA-JA. En Lozère, la candidate de la FNSEA Christine Valentin (FNSEA) avait été réélue le 20 février, alors que la CR avait remporté la majorité du collège 1 (chefs d’exploitation), avec 40,85 %, soit 12 voix d’avance. Dans sa décision du 19 mai, le tribunal administratif de Nîmes relève que la Coordination rurale a dépassé le délai légal de cinq jours pour déposer son recours, rendant sa requête irrecevable. Sur le fond, la CR contestait l’éligibilité de deux membres du collège 5B (groupements professionnels agricoles) au motif que les sièges sociaux de leurs entreprises ne sont pas situés en Lozère. Or, cette contrainte géographique « ne s’applique qu’aux sociétés d’intérêt collectif agricole reconnues comme organisation de producteurs », a estimé le tribunal. En Corrèze, la CR contestait la légalité du scrutin du collège 1, entaché selon elle par « un problème d'acheminement de 181 bulletins de vote », alors qu’elle était arrivée deuxième avec 140 voix de moins que la liste FDSEA-JA. Une requête rejetée le 20 mai par le tribunal administratif de Limoges, selon Ici (ex-France bleu).
Loire-Atlantique : un ancien président de chambre visé par des plaintes pour agression (presse)
Selon Ouest-France et Médiacités (articles payants), une enquête serait en cours à l’encontre d’Alain Bernier, ancien président de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique et de la FNSEA 44, ainsi que de son fils, exploitant sur la commune de Missilac. Selon les informations parues dans la presse, les deux hommes auraient agressé une naturaliste de la société Hydro Concept alors qu’elle réalisait des prélèvements sur une parcelle de l’exploitation pour inventorier les zones humides dans le cadre du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage). Selon Ouest-France, l’exploitant avait interdit l’accès à son exploitation, mais l’information n’était pas arrivée jusqu’à la salariée. Son matériel professionnel aurait été dérobé durant l’agression avant d’être restitué à la mairie. La naturaliste et son employeur ont porté plainte auprès de la gendarmerie. Contacté par Agra Presse, Alain Bernier – qui a également siégé au conseil d’administration national de la FNSEA – dénonce une affaire politique et ne souhaite pas s’exprimer plus en avant. (Tanguy Dhelin)
Foncier/eau : dans l’ouest, la Conf’ s’oppose à des projets d’exploration miniers sur 850 km²
À l’occasion du lancement des consultations publiques pour trois permis exclusifs de recherche miniers ce lundi 19 mai, les sections du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire de la Confédération paysanne ont communiqué leur opposition à ces projets. Si elle est autorisée, l’exploration demandée par la société Breizh Ressources (filiale du canadien Aurania) se déroulera sur 42 communes et 850 km2 en suivant une même faille géologique entre les 4 départements. Si l’exploration révélait la présence de minerai et débouchait sur une exploitation, la Conf’ craint un impact sur le foncier et sur l’eau. Le communiqué de presse avance le chiffre de 260 millions de litres d’eau pour extraire une tonne d’or, minerai qui serait la principale cible de Breizh Ressources selon le syndicat. « C’est déjà très tendu dans nos secteurs en période de sécheresse. Nous nous inquiétons aussi pour la qualité de l’eau. Les études d’impact sont très légères », soulève Albine Vaucouloux, de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique. Côté foncier, le syndicat martèle la priorité à l’exploitation agricole avant tout autre usage. « En cas d’exploitation, il y aura de la spéculation sur le prix du foncier », craint-elle. (Tanguy Dhelin)
Fleurs/plantes : en 2024, le marché « se stabilise, mais reste en tendance baissière » (étude)
Une étude sur les achats d’arbres, plantes et fleurs par les Français en 2024 (hors sapins de Noël), réalisée par Kantar pour FranceAgriMer et Valhor (interprofession) et publiée en mai, conclut que « le marché se stabilise, mais reste en tendance baissière ». L’an dernier, 70 % des foyers ont acheté au moins un végétal, un « taux qui se stabilise après une baisse continue depuis la crise sanitaire (76 %) ». Cependant, le taux de « gros acheteurs » baisse (depuis 2021). La quantité moyenne achetée par foyer « reste en tendance baissière (-1,5 végétal) » et « le montant moyen dépensé par végétal (5,10 €), après plusieurs années de hausses, n’augmente pas ». On constate une baisse du budget moyen (109,10 €, soit -9,3 €), niveau le plus bas de ces six dernières années (112,60 € en 2019, 112,80 € en 2020, 130 € en 2021, 115,60 € en 2022, 118,40 € en 2023). Au plan individuel, un adulte sur deux a acheté des végétaux en 2024 (-3 points), chacun d’eux achetant « en moyenne 17 végétaux pour un budget de 88 € ». Les femmes et les plus de 55 ans dépensent davantage que les autres. Comme le rappelle l’étude, les dépenses des ménages « représentent environ 60 % du marché global des végétaux », le reste correspondant aux « dépenses réalisées par les administrations et les institutions pour la collectivité ».