Agrafil du 20 mai 2025

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UE/Royaume-Uni: 5 ans après le Brexit, Bruxelles et Londres s’entendent sur des normes SPS

Cinq ans après leur divorce, les représentants européens et britanniques sont parvenus, le 19 mai à l’occasion d’un sommet UE/Royaume-Uni, à s’entendre sur un paquet d’accords multisectoriels afin d’améliorer leurs relations diplomatiques et commerciales. Parmi eux, Bruxelles et Londres ont convenu de dispositions en matière agroalimentaire, sanitaire et phytosanitaire (SPS). Les parties s’engagent ainsi à la création d'un « espace sanitaire et phytosanitaire commun ». Dans le détail, pour faciliter la circulation des produits agroalimentaires, certains contrôles de routine sur les produits animaux et végétaux seront complètement supprimés et un certificat SPS ne sera pas plus requis. À ce titre, la partie britannique se félicite de pouvoir à nouveau vendre des hamburgers et des saucisses dans l’UE. L’accord prévoit aussi que le Royaume-Uni s'aligne progressivement sur les règles européennes pertinentes. Enfin, Londres devrait également être impliqué en amont des futures décisions phytosanitaires de l’UE sans toutefois siéger avec les États membres. « Cela signifie plus de sécurité et de stabilité pour nos agriculteurs, producteurs alimentaires et pêcheurs des deux côtés de la Manche », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

OCM : les Vingt-sept valident leur position avec des adaptations au texte de Bruxelles

Après plusieurs mois de négociations, les représentants des États membres ont approuvé, lors du Comité spécial Agriculture (CSA) du 19 mai, leur mandat de négociation concernant la révision ciblée du règlement OCM proposée en décembre par Bruxelles. Concrètement, le Conseil de l’UE suggère plusieurs amendements au texte initial. Principal point d’achoppement pendant les négociations, les Vingt-sept recommandent d’introduire de nouvelles exemptions à la règle des contrats écrits obligatoires pour chaque livraison de produits agricoles, notamment si la valeur ne dépasse pas un maximum de 20 000 € (au lieu de 10 000 € dans le texte initial). En outre, la position du Conseil de l’UE prévoit une clause de révision des contrats à long terme après douze mois (au lieu des six mois de la proposition initiale). Autre sujet sensible : la question des mécanismes de médiation obligatoires. Les Vingt-sept ont finalement décidé de rendre ces derniers volontaires. Enfin, les États membres s’opposent à ce que les organisations de producteurs non reconnues puissent déroger au droit de la concurrence. C’est à présent au Parlement européen de se mettre d’accord sur sa position avant que des négociations interinstitutionnelles ne s’engagent entre les colégislateurs.

Blé : Annie Genevard veut limiter les exportations ukrainiennes vers l’UE

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard s'est dite favorable le 19 mai à l'élargissement au blé des « freins d'urgence » déjà mis en place sur les exportations de certains produits agricoles ukrainiens vers l'Europe. Pour soutenir Kiev face à l'invasion russe, l'Union européenne a instauré depuis 2022 une exemption de droits de douane sur des produits agricoles ukrainiens, à laquelle s'opposent les agriculteurs européens, dénonçant une concurrence jugée « déloyale » et une pression à la baisse sur les prix. Au sujet de ces accords commerciaux, « on les a durcis de facto parce qu'en 2024, on s'est aperçus que la levée des droits de douane avec l'Ukraine pour soutenir l'effort de guerre ukrainien allait déstabiliser, déstabilisait de fait profondément nos filières, notamment la volaille, notamment l’œuf, notamment le miel, le maïs », a souligné la ministre sur France info. « Donc on a mis ce qu'on appelle des freins d'urgence pour diminuer les importations ukrainiennes, parce qu'on allait beaucoup souffrir », a-t-elle rappelé. À la question du journaliste « Est-ce suffisant ? », la ministre a répondu qu'il fallait « continuer effectivement à contrôler les importations ukrainiennes ». Il faut même élargir » ces freins d'urgence « là où [ils] ne sont pas, notamment au blé », a jugé la ministre.

Oléoprotéagineux : première usine de trituration d’Alicoop en service à l’automne 2025

Les travaux de la première usine de trituration d’Alicoop (355 000 t d’aliments produits sur cinq sites, 128 salariés, 122 M€ de chiffre d’affaires) ont débuté à Pamproux (Deux-Sèvres). La mise en service est prévue pour l’automne 2025. À la clé, une capacité annuelle de trituration de 20 000 tonnes de graines : du soja, colza et tournesol produits par les adhérents des coopératives actionnaires dont ceux d’Océalia, d’Oxagri et de Cap Faye. Montant de l’investissement : 8,5 M€. L’enjeu est de renforcer la production locale de protéines végétales en valorisant la production des agriculteurs de la région, tout en réduisant la dépendance des élevages aux importations et en limitant la déforestation. Depuis toujours, Alicoop s’engage pour des filières de qualité au travers notamment des certifications AOP, IGP et Label rouge. Avec cette usine, Alicoop franchit une nouvelle étape en lançant sa première filière protéine régionale, du champ à l’animal : les graines produites sur le territoire, sans OGM, seront transformées et consommées localement dans les élevages. (Anne Gilet)

Manifestations : dans le Nord, les agriculteurs bloquent à nouveau des autoroutes

Des agriculteurs ont bloqué des autoroutes dans le Nord pour réclamer l'assouplissement de réglementations contraignantes, à quelques jours de l'examen de la proposition de loi (PPL) Entraves, prévoyant notamment de faciliter le stockage d'eau et l'accès aux pesticides, rapporte l’AFP le 19 mai. L'autoroute A1 entre Lille et Paris est fermée dans les deux sens à Seclin depuis le milieu d'après-midi par plusieurs dizaines de tracteurs, dont certains arborent des écriteaux « Macron trahison », « ras le bol des normes » ou encore « laissez-nous travailler librement ». L'autoroute A2 ralliant Bruxelles est également fermée dans les deux sens, ainsi que l'A25 (Lille-Dunkerque), a indiqué la préfecture. « On fait l'agriculture la plus saine du monde et malgré ça, on nous met encore plus de contraintes », déplore Christophe Catteau, venu de Wattrelos, dans la métropole lilloise, à l'appel de la FNSEA. « L'an dernier il y avait de l'écoute et du bon sens », mais, avec le changement de gouvernement, « tout a été détricoté, on vit ça comme une trahison ». Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a appelé mi-mai à « de nouvelles actions » à partir du 26 mai, jour où doit débuter à l'Assemblée l'examen de la PPL Entraves censée lever certains contraintes pesant sur les agriculteurs.

Relations commerciales : Arnaud Rousseau écarte tout « prix minimum ou administré »

Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a tenu à préciser la position du syndicat majoritaire sur la question des prix plancher pour les agriculteurs. Dans une réponse au président de la Fnil (industriels du lait), François-Xavier Huard, publiée sur LinkedIn, M. Rousseau a souligné : « Si la FNSEA ne porte pas la logique de prix minimum ou administré, n’omettez surtout pas de dire que la défense d’un prix rémunérateur pour les agriculteurs est bien le cœur de notre action. » Et de rappeler que « notre combat, c’est celui du revenu pour les producteurs. » Dans son post, François-Xavier Huard cite Arnaud Rousseau : « Les prix minimum, c’est du populisme. On ne peut pas vouloir un prix minimum quand les marchés baissent et les prix du marché quand les cours augmentent ». Des propos tenus lors d’une réunion au siège de l’Ania le 15 mai. Pourtant, la semaine dernière, la FNSEA semblait pousser pour que le coût de production (fixé par les interprofessions et instituts techniques) constitue un prix minimum, mais seulement pour les filières qui le souhaiteraient, comme l’indiquait Yannick Fialip, président de la commission économique du syndicat. Ces débats interviennent dans le cadre plus large de la préparation d’une loi Egalim 4, qui pourrait être présentée après l’été.

Pesticides/PPL Entraves : des résidus retrouvés dans les cheveux de célébrités

Une coalition d’associations environnementales et citoyennes (Générations futures, La Maison de la bio, On est prêts) a lancé sa campagne « Tous exposés » aux pesticides, le 19 mai, pour mobiliser les députés contre l’adoption de la proposition de loi (PPL) Entraves, qui sera discutée en séance publique à l'Assemblée le 26 mai. Les associations ont effectué un test capillaire sur 26 personnalités, dont le réalisateur Yann Arthus-Bertrand, l’humoriste Guillaume Meurice, le biologiste Marc-André Selosse, des youtubeurs et influenceurs. « Près des deux tiers des personnes testées présentent au moins un résidu d’un pesticide chimique agricole dans leurs cheveux », a exposé Magali Payen, directrice de On est prêts, en conférence de presse. Sur 31 pesticides analysés, dix ont été retrouvés, dont trois « particulièrement préoccupants pour la santé » : le difénoconazole et le tébuconazole, toutes deux candidates à la substitution en Europe, et le penconazole. Pour faire le buzz, la coalition fait parler les personnalités dans une une vidéo sur instagram et a déjà interpellé plus de 84 000 fois les parlementaires contre la PPL de Laurent Duplomb via l’outil Shake ton politique. « L’objectif (…) est de multiplier ce chiffre par deux d’ici la semaine prochaine », a indiqué Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for good.

Loup : forte hausse des attaques dans les territoires nouvellement colonisés en 2024

L’année dernière, les attaques de loups ont connu une « hausse sensible » dans les territoires où l’espèce est récemment arrivée, a indiqué la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes (coordinatrice du Plan national loup) le 16 mai. Sur un an, les attaques y ont augmenté de 40 % et le nombre de victimes de 70 %, d’après un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion du Groupe national loup. Au contraire, dans les Alpes, zone historique de prédation, ces deux indicateurs reculent : -4,9 % pour les attaques et -13 % pour les victimes. « Des résultats encourageants », salue la préfecture, qui viennent « confirmer la tendance générale observée sur ce massif depuis quatre ans ». Bien que « contrasté selon les territoires », le bilan au niveau national fait apparaître une hausse des attaques (+4,2 %) comme des victimes (+5,7 %), alors que la population de loups a cessé d’augmenter. En 2024, la France a subi 4 176 attaques (constats indemnisables et en cours d’instruction) pour 11 224 victimes, selon le bilan chiffré de la préfecture. Conséquence de la forte extension territoriale de Canis lupus : 78 départements sont désormais éligibles aux aides à la protection (chiens de troupeau, clôtures électrifiées), contre « 69 l’an passé ». Globalement, les demandes d’aide à la protection sont en « hausse de 10 % ».

Lait de brebis : en 2023-2024, collecte en baisse et prix en hausse

La collecte de lait de brebis en France au cours de la campagne 2023-2024 s’inscrit une nouvelle fois en recul, à 288 millions de litres (296 ML en 2022/2023), selon les données publiées par l’Idele dans son dossier annuel ovin paru en mai. Depuis les 303 ML de 2020-2021, on collecte moins de lait à chaque campagne. « La collecte a diversement évolué dans les trois principales régions de production : -3,5 % en Occitanie, +0,4 % en Nouvelle-Aquitaine et +0,2 % en Corse », note l’Idele. Un cheptel baissier, une campagne de reproduction compliquée et des fourrages de qualité médiocre ont entraîné des lactations tardives, et donc un recul de la production globale. La FCO-8 (fièvre catarrhale ovine) apparue au second semestre 2023 pourrait affecter la collecte, qui est « pour le moment en hausse de 5 % sur les quatre premiers mois de la campagne 2024-2025 », note l’Idele. Le prix payé au producteur est toujours en hausse, à 1 237 €/1 000 litres en 2023/2024 (+4,8 % par rapport à la campagne précédente). Le prix standard a grimpé de 4 % (1 192 €/1 000 l) combiné à un enrichissement de la teneur en matière grasse et en matière protéique. La collecte de lait bio est quant à elle en recul de 3 % en 2023-2024 (à 32,12 ML), après trois campagnes successives quasiment au même niveau.

Influenza aviaire : les incidences en élevage se stabilisent en Pologne et Hongrie

L’apparition de nouveaux foyers d’influenza aviaire ralentit dans les deux pays les plus touchés de l’est de l’Union européenne, la Hongrie et la Pologne, apprend-on dans le bulletin hebdomadaire de la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) paru le 12 mai. En Hongrie, l’incidence dans le compartiment domestique demeure élevée, avec 25 nouveaux cas en un mois à la date du 11 mai, et un cumul de 293 depuis le début de la saison 2024-2025. Dans ce pays où les palmipèdes sont les premiers touchés, quatre nouveaux foyers ont été déclarés au cours de la semaine, de source Adis (plateforme numérique de l’UE sur les maladies animales). Sur le « front nord » de l’UE (mer Baltique, mer du Nord, Manche), le seul foyer apparu en Pologne dans la semaine du 5 au 11 mai a été une basse-cour. Dans le pays, l’incidence en élevage a été de six au cours des quatre dernières semaine, portant le cumul de la saison à 110 foyers dans les élevages professionnels. La Pologne a perdu 35 % de sa capacité de production d’œufs à cause de l’influenza depuis octobre 2024, rapportent nos confrères des Marchés le 17 mai (article payant), s’appuyant sur le syndicat européen de l’aval de la filière (EUWEP).

Mayotte : les États membres valident l'adaptation des aides du Posei

Les experts des États membres ont approuvé sans modification, le 19 mai lors du Comité spécial Agriculture (CSA), la proposition de la Commission afin d’accorder une aide supplémentaires aux régions ultrapériphériques touchées par des catastrophes naturelles. Cette mesure fait suite aux conséquences du cyclone Chido à Mayotte. Les nouvelles règles permettent des ajustements au Programme d'options spécifiquement lié à l'éloignement et à l'insularité (Posei, aides de la Pac). Le plafond de l'aide d'urgence instauré l'automne dernier en réponse aux catastrophes naturelles de 2024 (inondations en Europe centrale et orientale incendies au Portugal) est rehaussé de 10 %. Et les agriculteurs des zones sinistrées pourront continuer à bénéficier de l'aide Posei, même si leurs activités agricoles sont temporairement perturbées ou interrompues, dans la mesure où ils s'engagent à rétablir leur capacité de production agricole. Le Parlement européen va recourir à la procédure d'urgence et adopter le texte lors de sa session plénière de juin (16-19 juin). Le règlement sera ensuite formellement adopté par le Conseil et publié au Journal officiel dans la foulée.

Méthanisation : la région Normandie va mettre un terme à ses subventions (presse)

La région Normandie a annoncé le 15 mai qu’elle mettra un terme aux subventions accordées aux futurs projets de méthaniseurs, dont ceux agricoles, d’après nos confrères de Ouest-France (article payant). « Les retours sur investissement des méthaniseurs sont convenables. Comme nous avons des contraintes financières, la Région finance les derniers méthaniseurs sur lesquels nous avons pris des engagements et nous arrêtons le financement des prochains. Je le fais dans un schéma où je dois réduire de 150 à 200 millions d’euros mon budget », s’est exprimé son président Hervé Morin lors d’une réunion publique au Pin-la-Garenne (Orne). Selon Métha’Normandie, le nombre d’installations régionales à la ferme est passé de 23 en 2015 à 112 en 2025 (et de 56 à 211 sur la même période tous secteurs confondus). Pour rappel, fin 2023, Hervé Morin avait dénoncé des « dérives » dans la méthanisation issue des activités agricoles, notamment l’incorporation de maïs, engendrant une concurrence avec la nutrition animale. En conséquence, les aides à l’activité avaient été suspendues, avant d’être dégelées l’année suivante.

A69 : feu vert du rapporteur public de la cour administrative d'appel de Toulouse

Le rapporteur public recommande à la cour administrative d'appel de Toulouse d'ordonner la reprise du chantier de l'A69, à l'arrêt depuis fin février, a appris l’AFP auprès des avocats des opposants à cette autoroute devant relier Toulouse à Castres. Il estime notamment que maintenir le chantier à l'arrêt, comme l'a ordonné fin février le tribunal administratif de Toulouse, « risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables », selon Me Julie Rover. Le 21 mai, la cour administrative examine un recours déposé par l'État visant à relancer les travaux et doit rendre sa décision d'ici la fin du mois. D'après les Amis de la Terre, le rapporteur public, dont les avis sont généralement suivis par les juridictions administratives, considère qu'il y a bien une « raison impérative d'intérêt public » justifiant une reprise rapide des travaux, sans attendre une décision sur le fond du dossier, qui n'interviendra pas avant la fin de l'année. Outre la procédure devant la justice administrative, les partisans de l'autoroute ont engagé une initiative au Parlement. Une proposition de loi dite de « validation » a été adoptée en première lecture au Sénat le 15 mai. Elle sera examinée à l'Assemblée nationale le 2 juin.

États-Unis : la commission des Budgets de la Chambre valide la hausse des assurances agricoles

Dans un vote serré (17 voix contre 16), la commission du Budget de la Chambre des représentants des États-Unis a adopté le projet de loi de réconciliation budgétaire qui prévoit notamment une hausse du filet de sécurité agricole. À présent, la Chambre des représentants devrait examiner le projet de loi – décrite comme « grande et belle » par le président américain Donald  Trump – « d'ici la fin de la semaine » et avant le Memorial Day prévu le 26 mai, a affirmé Mike Johnson, le président de la Chambre, dans une interview sur la chaine Fox News. Les dispositions au niveau agroalimentaire ont été validées, le 14 mai, par la commission de l’Agriculture de la Chambre par 29 voix contre 25. Concrètement, ce méga-projet de loi prévoit notamment des coupes budgétaires de 300 milliards de dollars (Md$) dans le programme d'aide nutritionnelle supplémentaire (SNAP) sur la période 2025-2034, tout en incluant une hausse de 60 Md$ pour les filets de sécurité pour le revenu des agriculteurs. Ces crédits supplémentaires devraient permettre notamment de rehausser le prix de référence des principales matières premières agricoles, mais aussi de renforcer les ressources publiques des programmes assurantiels.

Score nutritionnel/environnemental : les consommateurs plus sensibles à la santé (étude)

Alors que le gouvernement prépare un affichage environnemental sur l’alimentation, des chercheurs de Paris-Saclay ont étudié les interactions entre différents types de notations, comme le montre un brief publié en avril. Par exemple, une enquête en ligne en 2021 portait sur une pizza (présentée comme fictive), avec trois scores testés : le Nutri-Score, un score écologique et un score global (qui synthétise les deux). Résultat : pour chaque score, « l'effet dominant vient de la réduction des intentions d'achat liée à la couleur orange » (lettres D ou E). Surtout, avec l’orange foncé, « le score nutritionnel entraîne des baisses des intentions d'achat plus importantes que celles liées au score écologique ou au global-score, montrant une plus forte sensibilité donnée à la dimension de santé par rapport à celle de l’environnement ». Quand on combine « deux scores de couleurs opposées », « l'impact négatif » de l’orange foncé sur les intentions d'achat « n'est pas compensé par l'impact positif de la couleur verte pour l'autre score ». Selon une autre étude (2025), en laboratoire, « lorsqu'un score est défavorable, le consentement à payer (CAP) des consommateurs diminue de manière significative, même si un autre score est favorable ». Par ailleurs, « un seul score favorable (vert) n'augmente pas significativement le CAP des consommateurs, mais l'apposition conjointe de deux scores favorables le fait ». 

Fruits et légumes : « bilan très positif » pour le salon Medfel 2025 (organisateurs)

Dans un communiqué du 19 mai, les organisateurs du Medfel se réjouissent d’un « bilan très positif » pour le 15e édition du salon : 3 523 professionnels s'y sont rassemblés les 23 et 24 avril, des producteurs à 40 %, mais aussi des distributeurs, transformateurs, institutionnels et experts. Les acheteurs européens et internationaux représentaient 29 nationalités avec « pour la première fois » des Belges et des Suisses. « Près de 50 exposants » ont porté les couleurs de la bio. Côté business, les rendez-vous d’affaires ont augmenté de 1,3 % par rapport à 2024 ; côté conférences, celles-ci ont été « très suivies ». 75 % des exposants ont confirmé aux organisateurs leur volonté de revenir l’année prochaine (28 et 29 avril 2026). Comme habituellement, le salon a été l’occasion d'annoncer des prévisions de récolte (abricots et prunes) et de plantations (melons). Pour rappel, les organisateurs du salon sont la région Occitanie, l’Agence régionale de développement économique Ad’Occ et Spas Organisation.

Horticulture : aux Pays-Bas, la productivité de la main-d’œuvre « stagne » (étude)

L’horticulture néerlandaise affiche une « situation financière positive » en 2025, d’après un baromètre de Rabobank paru le 13 mai. En matière de légumes sous serre, les ventes sont « stables » et les prix sont « bons », selon la banque. Du côté des fleurs coupées, les ventes ont été « relativement régulières » les premiers mois, avec des « prix élevés » pour les chrysanthèmes et les tulipes. Sur les cultures fruitières, « on peut s'attendre à une saison raisonnable ». Quant aux cultures de printemps et aux bulbes, « les attentes sont maintenant meilleures qu'en 2024 », malgré « la sécheresse du mois de mars ». Cependant, les auteurs soulignent les défis qui attendent les producteurs, dont la stagnation de la productivité de la main-d’œuvre, rendant selon eux « de plus en plus nécessaire d'investir dans l'automatisation ». Plus précisément, il faut toujours « le même nombre d'heures de travail par hectare de serre qu'il y a 15 ans », soit parce que la productivité est « la même », soit parce que « des changements sont intervenus dans la culture » (p.ex. : taille des produits à récolter, nombre de tiges à récolter par hectare…). Par ailleurs, concernant les droits de douane annoncés par les États-Unis en avril, « les conséquences à court terme semblent gérables », estime Rabobank.

Formation continue : nouvelle présidente pour le fonds Vivea

Vivéa, le fonds professionnel agricole dédié à la formation continue, a élu une nouvelle présidente pour son conseil d'administration jusqu'en 2023 en la personne de Fabienne Garel, qui remplace Marianne Dutoit, comme elle issue de la FNSEA. Le bureau est par ailleurs composé de Julien Rouger (Jeunes agriculteurs), Pierre Collin (chambres d'agriculture), Christine Gandon (CNMCCA), Emmanuelle Billard (Confédération paysanne) et Gonzague Bachelier (Coordination rurale).