Commission européenne: le Luxembourg propose Christophe Hansen, pressenti à l’Agriculture
«J’ai informé Ursula von der Leyen que le Luxembourg proposait le député européen Christophe Hansen comme nouveau commissaire», a annoncé le 22 août le Premier ministre du Grand-Duché, Luc Frieden, sur le réseau social X. Préféré à Nicolas Schmit (social-démocrate), pourtant commissaire à l’Emploi et ancien spitzenkandidat socialiste aux élections européennes de juin, Christophe Hansen, eurodéputé du groupe PPE (droite), est un des principaux noms en circulation pour remplacer le polonais Janusz Wojciechowski à l’Agriculture dans le prochain collège. Sur X, Luc Frieden a d’ailleurs vanté l’«expérience» et la «connaissance approfondie des affaires européennes» de son candidat. Au cours de ses mandats successifs à Strasbourg entre 2018 et 2023, Christophe Hansen, qui a des racines familiales dans le secteur agricole, s’est principalement illustré dans les commissions parlementaires de l’Environnement et du Commerce international. Auparavant, il a été conseiller de la députée européenne luxembourgeoise Astrid Lulling (2007-2014) sur les dossiers concernant l’agriculture, l’environnement et les affaires économiques, avant de rentrer à la Chambre des députés du Luxembourg en octobre 2023, puis de se faire réélire dans l’hémicycle européen en juin.
FCO: la propagation du sérotype 3 s’accélère, quatre nouveaux départements touchés
Le nombre de foyers du nouveau sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3) a plus que triplé en une semaine: la France en compte désormais 190, selon le dernier bilan du ministère de l’Agriculture publié le 23 août (contre 61 au 16 août). La maladie a gagné quatre nouveaux départements dans le nord-est: Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse et Pas-de-Calais. Autant de territoires qui étaient déjà dans la zone réglementée de 150 km autour des foyers, où sont restreints les mouvements d’animaux sensibles (ovins, bovins et caprins). «On fait face à une explosion des cas, mais toujours à proximité des premiers foyers (...) dans une zone qui s'élargit peu», a indiqué le ministère de l'Agriculture à l’AFP. La vaccination volontaire contre ce nouveau sérotype, arrivé début août en France, a démarré le 12 août, avec 6,4 millions de doses pour les six régions du nord-est (lire ci-dessous). La propagation de la FCO-3 s'accélère aussi dans les autres pays européens confrontés depuis plusieurs mois à la maladie: plus de 3800 cas aux Pays-Bas, presque autant en Allemagne et environ 500 en Belgique. Dans le sud de la France, c'est un autre sérotype, la FCO-8 (présente depuis 2007 dans l'Hexagone), qui fait des ravages, avec plusieurs centaines de foyers et plus de 4000 ovins morts en Ariège, dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales.
Vaccins FCO-3: pas de nouvelles doses dans l’immédiat, le ministère «surveille l’évolution»
Lors d’un brief à la presse le 23 août, le cabinet du ministre de l’Agriculture a exclu toute commande immédiate de nouvelles doses de vaccins contre le sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3). «Rien n’empêche d’en rediscuter dans l’avenir, pour l’instant nous surveillons de près l’évolution de la maladie», explique-t-on dans l’entourage de Marc Fesneau. Élu en charge du dossier sanitaire à la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), Emmanuel Fontaine a estimé auprès de l’AFP qu'«il faudrait élargir la zone de vaccination et commander environ deux millions de doses supplémentaires» pour les ovins. La vaccination volontaire contre la FCO-3 a démarré le 12 août, avec un total de 6,4 millions de doses qui seront prises en charge pour les six régions du nord-est (5,3 millions pour les bovins et 1,1 million pour les ovins). Les pouvoirs publics ont passé deux commandes, l’une début juillet dès l’homologation des vaccins, puis une seconde début août qui sera livrée «dans les prochaines semaines». Sur celles déjà livrées, les vétérinaires ont commandé 94% des doses disponibles pour les ovins et 82% pour les bovins, selon la Rue de Varenne. «Il reste donc toujours des doses disponibles» pour les bovins et ovins, selon le ministère, qui précise attendre «encore 250 000 doses pour les ovins et 1,3 million pour les bovins», déjà commandées par l’État.
Vaccins FCO et MHE: la FNSEA insiste, le ministère défend sa stratégie
Dans un communiqué du 23 août, les JA, la FNSEA et ses associations spécialisées d’éleveurs de ruminants* appellent une nouvelle fois l’État à «commander en masse et [à] prendre en charge des doses de vaccin» pour la maladie hémorragique épizootique (MHE), ainsi que pour les deux sérotypes de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3 et FCO-8). «Seul l’État peut aujourd’hui déclencher auprès des laboratoires la production de ces vaccins en large quantité et avec un délai minimal de livraison», justifient les syndicats. Les seuls vaccins pris en charge actuellement sont ceux contre la FCO-3, sérotype émergent en France depuis début août, et seulement dans la «zone de vaccination volontaire» (six régions du nord-est). Comme l’a expliqué le cabinet du ministre de l’Agriculture à la presse le 23 août, cette stratégie vise à «freiner autant que faire se peut la progression de cette maladie et à protéger au maximum nos éleveurs». Et de rappeler que la France est «le premier et le seul pays [européen] à prendre en charge la vaccination à 100%» contre la FCO-3. Une stratégie qui n’a pas été retenue pour la FCO-8, arrivée en France en 2007 et désormais endémique, ou pour la MHE, arrivée en septembre 2023, a expliqué en substance l’entourage de Marc Fesneau.
* FNB (bovins viande), Fnec (chèvres), FNO (ovins) et FNPL (producteurs de lait)
Équarrissage: le ministère promet une «reprise totale des collectes» d’Atemax
Les entreprises d'équarrissage à saturation dans le nord de la France ont reçu l'appui des services de l'État, afin de permettre la «reprise totale des collectes» d'animaux morts, a indiqué le ministère de l'Agriculture le 24 août, promettant «un retour rapide à la normale». En raison d'une surmortalité des animaux d'élevage, provoquée par les pics de chaleur de fin juillet/début août, deux usines de l'entreprise d'équarrissage Atemax sont saturées à Vénérolles (Aisne) et Saint-Langis-lès-Mortagne (Orne). Selon l'entreprise, les demandes d'enlèvements sont en hausse de 10 à 50% par rapport à l'an dernier, ce qui peut poser des problèmes de salubrité publique, selon les éleveurs. Ceux-ci craignent que le phénomène s'accentue, compte tenu d'une flambée de fièvre catarrhale ovine (FCO) dans le nord-est du pays, où est installée une des usines saturées (lire ci-dessus). «Après avoir été interrompues lors de la journée du 19 août, les collectes d'animaux morts dans les fermes ont repris sur toute la zone depuis le 20 août, avec quelques perturbations résiduelles localement», selon un communiqué du ministère de l’Agriculture. Les services de l'Etat assurent que «dès ce week-end, une partie des produits en attente pourra être traitée». Contactée, Atemax a confirmé la reprise de la collecte depuis le 20 août.
Sécheresse: deux départements du sud de la France en «crise» ou «alerte renforcée»
Une partie du sud des Alpes-de-Haute-Provence a été placée le 22 août en «alerte renforcée», voire en «crise», face à la sécheresse, entraînant des «restrictions plus fortes» de l’usage de l’eau, a annoncé la préfecture du département. Elle souligne que, «depuis le début du mois de juillet, le département fait de nouveau face à un déficit critique de précipitations». «Tous les cours d’eau suivis présentent une baisse de débit significative (…), certains ayant perdu 50% de leur débit en une seule semaine», poursuit la préfecture. Le lendemain, l'est des Bouches-du-Rhône a été placé à son tour en «alerte renforcée», voire en «crise», face à la sécheresse par la préfecture du département. Un fort épisode orageux a touché le département le 15 août, mais la préfecture indique que «ces précipitations ont été de trop faible intensité et trop brèves pour enrayer la tendance à la baisse généralisée des débits sur les cours d'eau due au déficit de précipitations et aux fortes chaleurs qui touchent le département depuis la fin du mois de juillet». Pour rappel, le niveau de «crise» met notamment en place une interdiction des prélèvements d’eau pour l’agriculture (totalement ou partiellement). Le niveau «alerte renforcée» entraîne de son côté des restrictions, notamment d’irrigation des cultures.
Vin: dans le Tarn, le vignoble de Gaillac touché par la grêle juste avant les vendanges
Les exploitations viticoles situées dans plusieurs communes du Tarn ont été violemment touchées par la grêle le 24 août au soir, entraînant d'importantes pertes à quelques jours des vendanges, selon un représentant viticole local. Un épisode de grêle a touché le vignoble de Gaillac, ainsi que de six communes voisines. «On est sur des surfaces concernées assez importantes, avec des zones assez éparses en termes de dégâts, mais des dégâts qui vont à certains endroits à 100%», a indiqué à l'AFP Cédric Carcenac, vigneron et président de la Maison des vins de Gaillac. «Des grêlons de la taille d'une balle de ping-pong» ont «détruit à la fois la végétation, le bois, les raisins, mais aussi fait des dégâts au matériel, et aux bâtiments», a-t-il précisé. «Des arbres ont été cassés, des voitures et des tracteurs abîmés.» L’épisode aura «des impacts économiques majeurs», mettant davantage «en difficulté les vignerons dans des années complexes», a ajouté le responsable professionnel. Ces dégâts interviennent «une dizaine de jours avant les vendanges» et après que les vignes aient déjà été touchées «par le gel et la maladie». Une enquête auprès des vignerons touchés est en cours afin de connaître le nombre précis d'exploitations touchées.
Nitrates: Bruxelles valide une nouvelle aide néerlandaise pour la fermeture d’élevages
La Commission européenne a approuvé, le 23 août, un nouveau régime d’aides d’État néerlandais d’un montant de 50 millions d’euros (M€) destiné à financer la fermeture volontaire et définitive d’élevages dans certaines zones sensibles afin de faire baisser les dépôts d’azote causés par les activités agricoles dans les sites Natura 2000 surchargés. Bruxelles précise que ce régime vient compléter les trois autres existants: LBV et LBV-plus (approuvés par l’exécutif européen en mai 2023, puis portés à 2,9 Md€ en avril 2024), ainsi que MGB (enveloppe de 700 M€ validée le 14 août). Dans le détail, l’aide sera ouverte aux petites et moyennes exploitations et prendra la forme de subventions directes pouvant couvrir jusqu’à 120% des coûts éligibles, «y compris l’indemnisation pour la perte de capacité de production et pour les coûts de démantèlement et d’élimination de la capacité de production». Enfin, la Commission européenne précise que les éleveurs concernés ne peuvent participer qu’à un seul des régimes de fermeture.
Porc: la Commission européenne valide une aide d’État danoise pour prévenir la caudophagie
L’exécutif européen a validé, le 21 août, un régime d’aides d’État danois d’un montant de 20 M€ (soit 151 millions de couronnes danoises) affecté à l'application de normes plus strictes en matière de bien-être animal pour les porcs. Concrètement, l’objectif de ce régime est d’aider les éleveurs porcins à mettre en place des mesures préventives pour réduire le risque de caudophagie chez les porcs, «conséquence du stress et de conditions de vie non optimales», précise Bruxelles. Ainsi, ces mesures – surveillance accrue, points d'alimentation et d'abreuvement supplémentaires, meilleures conditions de logement – permettraient d'éviter la nécessité de couper la queue des porcelets (caudectomie). Le régime doit s'appliquer jusqu'au 31 décembre 2029. Il prendra la forme de subventions directes et de services subventionnés (tels que des activités de formation et de développement) et couvrira jusqu'à 100% des coûts éligibles.
Maïs grain: retard confirmé en termes d’humidité du grain, sauf en Rhône-Alpes
Seulement 7% des surfaces de maïs grain en France présentent une humidité du grain inférieure ou égale à 50%, soit trois fois moins que la moyenne quinquennale, apprend-on dans le rapport hebdomadaire Céré’Obs publié le 23 août. Ces données se basent sur des observations effectuées dans la semaine du 12 au 18 août. À cette date en 2023, 15% des surfaces nationales affichaient 50% d’humidité du grain, et 21% en 2019-2023. Cette année, le calendrier cultural du maïs présente un important retard en raison du printemps pluvieux. D’après l’observatoire de FranceAgriMer, trois régions affichent 0% de surfaces atteignant 50% d’humidité du grain: Île-de-France, Pays de la Loire et Bretagne – conformément à la moyenne quinquennale pour cette dernière. Seule l’ancienne région Rhône-Alpes (l’Auvergne ne participe pas programme Céré’Obs) apparaît en avance sur le calendrier habituel, avec 42% des surfaces à 50% d’humidité, contre 50% en 2023 et 30% en 2019-2023. Deuxième région la plus avancée: l’Occitanie (19%). Au niveau national, le ministère de l’Agriculture prévoit une récolte de maïs grain en hausse de 5,4% par rapport à la moyenne quinquennale, un chiffre «à prendre avec précaution», selon son service statistique.
Légumes en conserve: un recours contre une «entente anti-concurrentielle» rejeté
Saisis en urgence entre le 1er et le 12 août, les juges des référés des tribunaux administratifs de Nantes et de Rennes ont désavoué treize hôpitaux français qui considèrent avoir été victimes d’une entente entre fabricants et distributeurs de légumes, à leur détriment, durant près de treize ans, rapporte France 3 Bretagne le 22 août. La dizaine d’hôpitaux réclamaient que les fabricants, les distributeurs et l’administration fiscale leur communiquent les documents déterminant le «périmètre des produits concernés» par cette «entente anti-concurrentielle»; ces données leur étant «indispensables» pour établir «l’existence de la causalité entre l’entente illégale (…) et le préjudice» financier. Et de faire valoir que les fabricants de conserves de légumes et les distributeurs sont «soumis à une durée de conservation légale de dix ans». Cette durée légale est déjà «expirée», ont fait remarquer les juges des référés dans leurs ordonnances respectives. Aussi, lesdites entreprises ne peuvent donc pas être regardées comme étant en leur «possession». Par ailleurs, elles ne sauraient être «tenues de les communiquer» si elles les détenaient encore. Idem pour l’administration, soumise à une «durée d’utilité administrative» de dix ans.
Viande: 30,5 kg de porc et 28,9 kg de volaille consommés par Français en 2023 (FranceAgriMer)
Le porc est l’espèce dont la consommation individuelle a le plus diminué en 2023, apprend-on dans le document édité en août 2024 par FranceAgriMer sur la consommation de viandes, d’œufs et de légumineuses. La première espèce consommée en France a reculé de 4,2% par rapport à 2022. Sa consommation individuelle (calculée par bilan) s’établit à 30,5 kgec (équivalent carcasse) par habitant par an. En parallèle, les abattages de porcs ont reculé de 4% (en tec). Au contraire, la volaille, qui occupe la deuxième place dans l’assiette des Français, a continué sa progression. Sa consommation individuelle a augmenté de 2,7%, et elle atteint 28,9 kgec/habitant en 2023. Une progression (+2% en tec) favorisée par la reprise de la production après les épizooties successives d'influenza aviaire. La capacité apparente de la ferme France à couvrir la consommation de porc et de volaille (sans considération des échanges extérieurs) est représentée par les taux d’auto-approvisionnement (production/consommation), figurant dans le bilan annuel de FranceAgriMer sur les marchés des produits animaux. En 2023, ce taux était encore de 100,7% pour le porc; il était de 81% pour la volaille de chair.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 26 août 2024
Jeudi 29 août
Conférence de presse de rentrée de la FNSEA et des JA
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.