Drones agricoles: le blocage du Chinois DJI en débat aux Etats-Unis
Dans sa version du National defense authorization Act (NDAA) de 2025, publiée le 10 juillet, le Sénat des Etats-Unis a décidé de ne pas intégrer de dispositions visant à freiner les activités du fabricant de drones chinois DJI Technologies. Cette position s’oppose à celle de la Chambre des représentants, adoptée en juin, qui avait ajouté les équipements et les services de DJI à une liste d'entreprises soumises à restrictions. Cela aurait pour conséquence d'empêcher l’entreprise chinoise d'obtenir des licences de la FCC (federal communications commission) pour ses futurs modèles de drones, mais aussi d'entraîner la révocation des autorisations existantes. Dans ce contexte, plusieurs distributeurs américains de drones agricoles ont décidé, le 16 juillet, de former une coalition afin d’éviter le blocage de DJI, principal fournisseur de drones de pulvérisation agricole aux États-Unis. Le projet de loi NDAA a pour but de répondre aux inquiétudes relatives au traitement des données sensibles par l’entreprise chinoise et leur possible collecte par le gouvernement de Pékin. Des représentants de la Chambre et du Sénat doivent à présent se retrouver au sein d'une conférence pour se mettre d'accord sur un texte définitif. En France, le drone a connu un essor dans les années 2010 grâce aux cartes de modulation d'azote, avant d'être dépassé par le satellite. Depuis quelques années, les fabricants, comme DJI, développent des services de pulvérisation de pesticides, un usage interdit en France - même si le gouvernement souhaite assouplir le cadre, après une période d'expérimentation.
Additifs anti-méthane: une laiterie australienne lance un lait de vaches nourries aux algues
Une laiterie australienne revendique être la première entreprise au monde à commercialiser du lait produit par des vaches alimentées avec des algues permettant de réduire les émissions de méthane entérique des ruminants, rapporte l’agence Reuters. La laiterie familiale Ashgrove, implantée en Tasmanie, nourrit environ 500 animaux avec une huile contenant un extrait d’algue. Le lait est vendu sous la marque «Eco-milk» dans les supermarchés de la région. Le copropriétaire d’Ashgrove Richard Bennett affirme auprès de Reuters obtenir «une réduction d’environ 25% du méthane». La bouteille de lait de deux litres est vendue 25 centimes plus cher que le lait standard. L’expérience de la laiterie australienne sera sans doute suivie de près par les industriels du monde entier, notamment l’évolution des ventes. De nombreuses laiteries s’intéressent aux additifs alimentaires pour réduire les émissions liées à la digestion des bovins. Depuis quelques mois, Bel encourage les éleveurs français à utiliser la solution de Bovaer (additif chimique) dans les rations de leurs vaches. Selon un récent rapport du CGAAER, l’adaptation de l’alimentation des animaux est l’une des pistes à privilégier pour réduire les émissions de l’élevage.
Miel : Bruxelles valide l'aide de crise pour la récolte 2023, les détails du dispositif
Dans un message envoyé sur le réseau X (ex-Twitter) le 16 juillet, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a annoncé la validation d'un régime d'aide de 4 millions d'euros - auxquels doit s'ajouter un million d'euros de prises en charge de cotisations sociales - pour aider les apiculteurs touchés par la sécheresse en 2023. Pour en bénéficier, les apiculteurs doivent avoir subi, en 2023, une perte de chiffre d’affaires supérieure ou égale à 30% par rapport à la période de référence (moyenne olympique 2018-2022), précise FranceAgrimer. Les apiculteurs doivent détenir plus de 200 ruches en métropole, 125 ruches en Corse ou 100 ruches en outre-mer en 2023, et être affiliés à la MSA ou à la CGSS, en qualité de chef d’exploitation agricole ou non salarié agricole. Le taux de prise en charge de la perte de chiffre d'affaires est de 80%, avec un montant plancher d'aide de 1000 euros et un plafond de 80€ par ruche, dans la limite de 25 000 euros par entreprise (modulations pour Gaec, nouveaux installés, ou fortes variations du nombre de ruche). Le déploiement du téléservice pour le dépôt des demandes d’aides devrait intervenir «vers août/courant septembre», prévoit FranceAgrimer.
Miel : vers une récolte de printemps 2024 «catastrophique», craint l'Unaf
Interrogé par Agra Presse sur l'état de la récolte de miel de printemps 2024, le porte-parole de l'Unaf (producteurs de miel) Henri Clément rapporte que les premiers retours de terrain dessinent «une année catastrophique, et sur l'ensemble du territoire français, ce qui est assez rare». L'année a d'abord été marquée par un printemps doux qui a permis des sorties précoces, mais les insectes ont subi, par la suite, beaucoup de pluies qui ont empêché les vols ; quant aux fleurs, elles ont essuyé des vents et des gelées tardives dans de nombreuses régions. Les récoltes de miel de colza et d'acacia seraient particulièrement mauvaises. Le bilan complet devrait être connu en septembre/octobre. Pour rappel, les miels de printemps représentent 20 à 30% des récoltes annuelles, selon les régions. Les apiculteurs français sortent d'une «bonne récolte» 2023, marquée toutefois par un fort gradient nord-sud lié aux effets accrus de la sécheresse et des gelées tardives dans la partie méridionale.
Champagne/saisonniers : un hébergement pour 350 travailleurs en septembre
L’entreprise G2V Services annonce avoir aménagé un lieu d’hébergement pour les travailleurs saisonniers pour la prochaine récolte en Champagne le 22 juillet. Baptisé «village G2V 112» et ouvert à partir de septembre, il est installé dans la «microville 112 », sur le territoire de l’ancienne base militaire aérienne ; 200 chambres équipées (deux lits) ont été aménagées. Chaque étage est pourvu d’une laverie. L’ancien mess des sous-officiers a été reconverti en espace de détente et un traiteur préparera les repas sur place et les livrera dans un réfectoire aménagé spécialement pour l'occasion. «Au total, nous devrions y héberger 350 travailleurs saisonniers principalement dans les vignobles du nord de Reims afin d’optimiser les temps de transport», explique Sébastien Rigobert directeur de G2V. Pour l’essentiel, ils devraient se retrouver sur des chantiers dans la Montagne de Reims et dans la vallée de l’Ardre, situées à une trentaine de minutes de l’hébergement. «Afin d’assurer une bonne coordination sur place, des traducteurs, des chefs d’équipe et des collaborations du pôle logistique de G2V seront présents aux côtés des vendangeurs», explique-t-il. Cette initiative renvoie au plan d’action du Comité Champagne, présenté le 20 juin. «Le Village GNV 112 y contribuera et nos équipes feront en sorte que ce projet se pérennise», espère Sébastien Rigobert.
Abricots des Baronnies : la récolte 2024 à seulement 25-30 % des attentes (presse)
La récolte d’abricots des Baronnies s’établirait entre 2 000 et 3 000 tonnes en 2024, au lieu des 8 000 tonnes estimées, rapporte un article publié par France Bleu Drôme Ardèche le 21 juillet. En cause : la mauvaise météo du printemps, ayant notamment empêché la floraison des variétés comme le Bergeron et une mauvaise nouaison pour des variétés comme l’Orangered. «Cela fait sept ans qu’on n’a pas eu une vraie récolte dans les Baronnies, avec une production maximale. Le climat de ces dernières années nous a vraiment fait mal», précise Franck Bec, président du syndicat de l’abricot des Baronnies, à France Bleu Drôme Ardèche. Pour rappel, la Commission européenne a enregistré en avril l’abricot des Baronnies dans le registre des indications géographiques protégées. Selon les critères de l’exécutif européen, il s’agit d’un fruit frais entier cultivé dans les contreforts des Alpes, principalement dans le sud du département de la Drôme, avec quelques communes limitrophes dans les départements du Vaucluse et des Hautes-Alpes. L’Hexagone comptait alors déjà un premier type d’abricot bénéficiant d’une indication géographique reconnue au niveau communautaire : l’abricot rouge du Roussillon, labellisé appellation d’origine protégée (AOP) en 2016.
Chanvre: l’Anses fixe un maximum de CBD dans les graines pour l'alimentation
Dans avis publié le 2 juillet, sur demande de la DGAL (ministère de l'Agriculture), l’Anses (agence réglementaire) fixe des teneurs maximales résiduelles en cannabidiol (CBD) dans les denrées alimentaires à base de graine de chanvre (et dérivés), bénéficiant d'un historique de consommation. Il s'agit d'une partie de la première partie d'un travail portant sur l'ensemble des denrées alimentaire à base de chanvre (graines, huiles extraites des graines, farine, infusions de feuilles…). L'agence rappelle que la graine (akène) du chanvre «ne produit, ni ne stocke de cannabinoïdes et n’est pas censée contenir de CBD», mais ce dernier peut être présent en cas de transfert involontaire via les poils (trichomes) des feuilles situées à la base des fleurs. C’est pourquoi l’Anses recommande «un nettoyage et un processus d’écossage des graines» avant leurs transformations alimentaires. Pour faire la distinction entre transfert involontaire de CBD et ajout délibéré, l’agence a établi un seuil de 100 ppm de CBD (mg/kg), applicable aux graines et aux produits en dérivant. Cette sollicitation de la DGAL intervient dans un contexte de flou juridique persistant, l’Efsa (autorité européenne) tardant à autoriser ou non la commercialisation et la consommation d’aliments au CBD. Fin 2022, l’Uivec (filière des extraits de chanvre en France) affirmait qu'elle négociait alors un «cadre temporaire» pour un marché français proche des 300 millions d’euros en 2022.
Séparation vente/conseil: «aucune information sur la suite», regrette LCA
«Nous sommes extrêmement déçus», concède Dominique Chargé, président de La Coopération agricole, interrogé par Agra. Depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée Nationale, le 9 juin, les coopératives se retrouvent «sans avancées concrètes» dans le dossier de la séparation de la vente et du conseil des pesticides, que le gouvernement s'apprêtait à réformer par la loi. « Nous n’avons pas le bilan de la concertation lancée le 18 avril par Agnès Pannier-Runacher et confiée au CGAAER, initialement prévue pour deux mois», constate Dominique Chargé, qui souhaite que «ces dossiers soient repris là où les discussions s’étaient arrêtées car certains assouplissements étaient déjà actés». Pour l'heure, «nous n’avons aucune information sur la suite qui sera donnée à ces différents échanges, constate l'éleveur de Loire-Atlantique. Comme tout le monde, nous attendons la nomination d’un nouveau gouvernement, en espérant que cela soit rapide. Car nous ne pouvons pas continuer à travailler dans un tel climat d’insécurité juridique.» Autre point soulevé par Dominique Chargé, en vue des élections consulaires de janvier : le critère d’indépendance des élus de chambre d’agriculture vis-à-vis des activités de vente de pesticides: «Nous ne savons pas si nous pouvons mettre des élus des coopératives agricoles: ce point faisant aussi l’objet de discussions dans le cadre de la séparation conseil/vente afin d’éviter tout conflit d’intérêt.»
Oléoprotéagineux : Guillaume Chartier élu président de la fondation Avril
Guillaume Chartier, agriculteur dans l'Oise, a été élu, le 25 juin, comme nouveau président de la Fondation Avril. Il succède à Gérard Tubéry qui exerçait le mandat depuis 2021. Outre son exploitation en polycultures, Guillaume Chartier est «membre actif des instances syndicales agricoles locales, nationales et européennes», précise un communiqué du 17 juillet. Il est entre autres, administrateur de la FDSEA Oise, de l’AGPB (producteurs de blé), et de la Fop (producteurs d'oléoprotéagineux) où il est en charge des questions économiques, européennes et internationales. Il est aussi trésorier de la coopérative Valfrance et président d’un groupe de travail de Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales). Reconnue d’utilité publique en 2019, la fondation Avril intervient en France et en Afrique. Elle finance et accompagne des projets d’intérêt général portés notamment vers la transition de l’agriculture ou la structure de filières locales.
Erratum sur la baisse des aliments composés d'ici 2030
Contrairement à ce que nous avons indiqué par erreur, la production nationale d’aliments composés baisserait de 5% d'ici 2030, et non de 5% par an d'ici 2030, selon le rapport que vient d’éditer la section nutrition animale de LCA (La coopération agricole).