Edition du 23 oct

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Agronomie: les atouts de la diversité pour la protection des cultures (Inrae)

«Chaque catégorie de bioagresseurs peut être régulée par au moins une modalité de diversification», résument les chercheurs de l’Inrae dans une expertise sur la diversité végétale publiée le 20 octobre. Leur synthèse confirme notamment les effets de l’agroforesterie, de la diversité des rotations et des cultures associées sur les adventices, les insectes, les pathogènes, ainsi que les nématodes. Les données resteraient limitées sur la réduction de la taille des parcelles ou les infrastructures agroécologiques, car la recherche «est plus fournie» à l'échelle de la parcelle, rappellent les chercheurs. Bien qu'ils soit impossible de «tirer des règles générales», les scientifiques évoquent plusieurs seuils pour obtenir des effets positifs: mélanges de quatre variétés minimum, association d’au moins deux cultures, rotations supérieures à trois ans, taille optimale des parcelles de 2,8 ha, ou encore 20% d’éléments semi-naturels dans les paysages agricoles. Autant de critères qui ne mettraient pas en danger la production, puisque la diversification «s’accompagne généralement d’un gain du rendement». Parmi les freins identifiés: le manque de débouchés, ainsi que des soutiens «insuffisants» de la Pac.

En congrès, Légumes de France identifie le photovoltaïque comme enjeu stratégique

À l'occasion d'une table-ronde sur l'énergie au congrès de Légumes de France, à Avignon le 20 octobre, l'ingénieure de recherche à l'Inrae Christine Poncet a estimé que les serres photovoltaïques ont toute leur place dans le futur bouquet énergétique. «Pour réasseoir notre souveraineté alimentaire en fruits et légumes il faudrait à peu près 30 000 ha de cultures protégées, c’est-à-dire sous serre ou sous tunnel froid…», a-t-elle indiqué. Or, 30 000 ha de serres photovoltaïques correspondent à «30GW», a poursuivi l’ingénieure. Mme Poncet a souligné qu’à l’inverse de simples ombrières, les serres photovoltaïques permettent de contrôler le milieu, de protéger les cultures des aléas et des bioagresseurs tout en envisageant des modèles de production «moins intensifs» que dans les serres high tech dont les investissements importants sont à rentabiliser. De son côté, le secrétaire général de Légumes de France Bruno Vila a appelé les maraîchers à «ne pas laisser passer le train» du photovoltaïque. «Profitons de cette aubaine pour produire de l’énergie et avoir des compléments de revenu, en développant des projets portés par les agriculteurs», a-t-il déclaré.

Pénurie de carburant: lent retour à la normale, «livraisons au compte-gouttes»

Avec l’essoufflement de la grève dans les raffineries et dépôts de TotalEnergies depuis le 19 octobre, les approvisionnements en gazole non routier (GNR) observent un léger mieux.  En pleine période des semis de céréales d’hiver, «la situation est en train de se régler, mais les livraisons se font encore au compte-gouttes», précise Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. En raison d’un pic de pénuries la semaine passée, «le retour à la normale devrait prendre au moins quinze jours», maintient-il. La livraison reste lente notamment dans le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté et les Rhône-Alpes, et ce malgré l’intervention des préfets auprès des fournisseurs. À ces difficultés s’ajoutent celles du coût du GNR, dont les prix continuent de grimper: le 21 octobre, ils s’élevaient à 1,54 €/l TTC, contre 1,28 €/l TTC le 23 septembre (source: ecologie.gouv.fr). Autre risque: celui du décalage dans les semis. S’il fait beau, ces derniers pourront se faire directement. Mais s’il pleut, il faudra travailler le sol, puis semer. Ce qui consommera beaucoup plus de GNR.

Biostimulants: Corteva Agriscience va distribuer les produits de STI Biotechnologie

Corteva Agriscience – entreprise spécialisée dans la protection des cultures et des semences –, et STI Biotechnologie, expert en technologies microbiologiques, ont annoncé le 19 octobre un accord pluriannuel portant sur la distribution de deux souches de bactéries lactiques (Lactobacillus farciminis CNCM-I-3699 et L. rhamnosus CNCM-I-3698) pour la stimulation des plantes s’appliquant à tous les pays du continent européen. Dans le cadre de cet accord, STI Biotechnologie fournira une licence de distribution exclusive à Corteva pour des produits brevetés agissant sur la plante afin d’améliorer la santé des sols et l’assimilation des nutriments. À noter que ces technologies fonctionnent aussi bien au champ que dans les serres. «Cet accord avec une multinationale telle que Corteva […] va permettre de répondre à la demande croissante des agriculteurs pour des solutions naturelles augmentant la résilience des cultures et la santé des sols», a déclaré Renaud Domitile, p.-d.g. du groupe spécialisé en alimentation animale Idena (dont fait partie STI biotechnologie) Les termes de l'accord n'ont pas été divulgués.

Légumes de France envisage la contractualisation pour absorber les charges fixes

Le syndicat Légumes de France (FNSEA) «entame une réflexion sur la contractualisation», a annoncé son président Jacques Rouchaussé à l’occasion du congrès national des producteurs le 21 octobre à Avignon. «Appliquons l’accord de modération des marges à l’ensemble des fruits et légumes pendant cette période énergétique afin d’éviter les abus de certains distributeurs», a lancé M.Rouchaussé depuis la tribune, précisant que cette demande a été formulée lors du dernier conseil spécialisé fruits et légumes de FranceAgriMer. «Mettons en place des indicateurs de coûts de production pertinents, et retravaillons par rapport au seuil de revente à perte (SRP)», a-t-il ajouté. Pour autant, il ne s’agit pas de rendre la contractualisation obligatoire. «L’objectif est d’avoir 30% de contractualisation pour pouvoir absorber les charges fixes qui pèsent sur nos exploitations, mais c’est toujours dans [l’optique de] la contractualisation volontaire», a expliqué en coulisses Jacques Rouchaussé. «On ne va pas faire entrer de force des gens dans un dispositif», a renchéri le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau tout en estimant que la contractualisation «est une bonne chose» à la fois pour les producteurs, les transformateurs et les distributeurs afin de défendre «la souveraineté alimentaire».

Influenza aviaire: la maladie de retour en Dordogne, dans un élevage de poulettes

Un foyer d’influenza aviaire a été confirmé le 20 octobre à Lunas (Dordogne), à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Bergerac. «Le cas a été détecté dans un élevage de poulettes» futures pondeuses, indique France Bleu Périgord, qui précise que «la suspicion forte remonte à ce mercredi», soit le 19 octobre. Il s’agit du premier cas en Dordogne depuis le printemps. Avec 59 foyers en élevage, le département avait été durement touché lors de la deuxième vague de l’épisode 2021/2022. «Entre avril et juin dernier, environ 300 000 volailles ont été abattues dans le Périgord», rappelle la radio locale. Par ailleurs, d'après Ouest-France, un foyer a été confirmé dans un élevage de 10 000 canards en Sarthe, à Malicorne, tout près d’un précédent cas détecté fin septembre à Mézeray. Au niveau national, le ministère de l’Agriculture comptabilisait 25 foyers d’influenza dans les élevages au 18 octobre, dont plus de deux tiers en Bretagne et Pays de la Loire. Les pouvoirs publics y ont décrété le 19 octobre des mesures de prévention supplémentaires, dont la mise à l’abri des volailles. Le ministère avait rehaussé le niveau de risque à «modéré» pour l’ensemble du territoire métropolitain le 1er octobre. L’influenza a montré des signes d’endémisation en France, avec de nombreux cas durant l’été chez des oiseaux sauvages non migrateurs, et de premiers cas au sein des élevages dès fin juillet.

Loups: en déplacement dans le Doubs, Fesneau veut «interroger les niveaux de prélèvement»

Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau s'est rendu le samedi 22 octobre au «super comice» de Pontarlier (Doubs), où il devait évoquer le sujet de la prédation. La présidente de la FNSEA Christiane Lambert était également annoncée. Ce déplacement intervenait alors que les attaques de loups se multiplient dans le département, en particulier sur des bovins: depuis début août, quinze animaux auraient perdu la vie au cours de vingt attaques, relève L’Est républicain. Au niveau national, «le plan loup va être rediscuté cet hiver pour une mise en application à l’été 2023», rappelle le ministre dans un entretien au quotidien local, citant «plusieurs questions» qui seront abordées à cette occasion: les moyens de protection «en particulier dans les territoires où le loup revient à peine»; la «nécessaire protection des bovins qui étaient jusqu’à présent épargnés»; les indemnisations que «certains peuvent juger trop lentes» et le renforcement de «l’accompagnement de la protection». Alors que la population de loups est estimée à 921 individus, au-dessus du seuil de viabilité de l’espèce, «il faut sans doute interroger les niveaux de prélèvement», estime M. Fesneau. Dans un communiqué du 21 octobre, plusieurs ONG environnementales (dont Ferus, FNE et la LPO) ont demandé à rencontrer le ministre à Pontarlier.