Bio : Bruxelles propose une liste d’importations classées à « haut risque »
La Commission européenne a ouvert, le 27 juillet et jusqu’au 24 août, une consultation publique sur un projet de règlement d'exécution établissant, pour la première fois, une liste de produits biologiques et en conversion importés considérés comme « à haut risque ». Il prévoit d'imposer des contrôles renforcés sur un certain nombre de produits originaire de cinq pays : Chine, Pérou, Equateur, Togo et Turquie. Entre 5 à 20 % des lots seront contrôlés au départ et à l’arrivée pour protéger l'intégrité du label bio européen. La Chine est la plus concernée, avec trois produits dans la ligne de mire: le gingembre, le thé et le soja. Sont également concernées les avocats, le cacao et les bananes du Pérou, les bananes d’Equateur, le soja du Togo et les raisins secs de Turquie. Une fois adoptée (théoriquement au troisième trimestre 2026), cette liste sera réexaminée au moins une fois par an sur la base des non-conformités constatées, des alertes enregistrées dans le système d’information sur l’agriculture biologique (OFIS) et des contrôles réalisés par les États membres.
Agriculteurs en difficulté : assouplissement dans l'attribution de l'aide au redressement
Dans un décret paru au Journal officiel le 29 juillet, la ministre de l'Agriculture assouplit les conditions d'accès à l'audit et à l'aide au redressement des exploitations agricoles (Area), dont l'enveloppe est régulièrement sous-consommée et a été réduite dans le projet de loi de finances (PLF) 2026. Annie Genevard prend trois décisions : la condition d'exercer depuis plus de trois ans pour obtenir l'aide est supprimée ; la quantité maximale de main-d'œuvre salariée pour bénéficier de l'aide et de l'audit passe de 10 à 50 équivalents temps plein (ETP). Enfin, la ministre supprime l'une des trois conditions financières d'accès à l'aide. Cette conditionnalité est basée sur les quatre indicateurs financiers suivants : taux d'endettement, niveau de trésorerie, EBE/produits, revenu disponible par UTH non salariée. Concernant la situation financière, la ministre ne conserve que les critères basés sur les pertes de capital social ou de fonds propres, ainsi que la conduite préalable de l'audit, avec plan d'action et perspective de retour à la viabilité. Interrogée par Agra Presse, l’association Solidarités Paysans s'inquiète d'une « ouverture à tout-va du dispositif », qui élargirait davantage le nombre de bénéficiaires de l'audit que le nombre de bénéficiaires de l'aide. L’organisation ne demandait pas la suppression des critères financiers d'accès à l'aide décidée par la ministre, mais surtout une facilitation de leurs calculs. Elle se dit désormais attentive aux textes d'application du décret.
Agrivoltaïsme : crainte d'une baisse des soutiens publics (organisations professionnelles)
Dans un communiqué paru le 28 juillet, la FNSEA et la Coopération agricole «dénoncent les orientations envisagées pour les prochains appels d'offres photovoltaïques de la Commission de régulation de l’énergie (CRE)». Selon les deux organisations agricoles, la commission prévoit «d'abaisser les niveaux de soutien» et de «mettre l'agrivoltaïsme en concurrence sur le seul critère du prix», ce qui menacerait «directement des centaines de projets agricoles partout en France.» Elles appellent le gouvernement «à suspendre les évolutions annoncées et ouvrir une concertation urgente avec les représentants du monde agricole», pour «garantir dès maintenant, une place spécifique et identifiable à l'agrivoltaïsme dans les futurs appels d'offres» ; «préserver les conditions de développement des projets déjà engagés» ; «retrouver une simplicité de réalisation pour le photovoltaïque sur bâtiments agricoles » ; et «donner rapidement de la visibilité sur les volumes et calendriers des futurs appels d'offres.»
Engrais : après le lancement de son aide, Genevard appelle à la responsabilité sur les prix
Quelques jours après le lancement du guichet d'aide à l'achat d'engrais, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard appelle, dans un communiqué du 28 juillet, « à la responsabilité de tous quant aux prix pratiqués depuis l’annonce de l’aide à l’achat d’engrais, destinée à sécuriser la campagne 2027 ». A l'issue d'une réunion de la filière engrais (importateurs, producteurs etc.) le même jour, la ministre fait état « de premières remontées faisant état de possibles tensions sur les prix». Au cours de cette réunion, elle a souligné «sans préjuger de leur réalité (...) la nécessité d’une vigilance collective afin que le soutien public bénéficie pleinement aux agriculteurs », peut-on lire dans le communiqué. Annie Genevard a aussi rappelé « l’effort exceptionnel de 145 M€ consenti par la Nation et la Commission européenne » pour inciter les producteurs à couvrir leurs besoins. Ainsi, l’aide « ne saurait alimenter des marges supplémentaires ou des comportements opportunistes ». Le ministère de l’agriculture s’engage à suivre l’évolution des prix des engrais azotés simples durant la période d’éligibilité du dispositif, courant jusqu’au 30 septembre prochain. Un point sera réalisé le 1er octobre pour décider d’un éventuel prolongement du dispositif d’aide. Rappelons que bon nombre de professionnels de la filière ont critiqué cette fenêtre d’éligibilité aux aides, la jugeant bien trop courte pour être efficace.
Irrigation/sécheresse : FNE veut une réaction «ferme» face à l'appel de la CR à désobéir
Six jours après que la Coordination rurale a appelé les agriculteurs à ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation émises par les préfectures, FNE estime, dans un communiqué paru le 28 juillet, que la réaction du gouvernement n'a pas été assez « ferme » et demande « des contrôles des respects des arrêtés sécheresse dans les territoires. » Questionné sur l'appel de la CR, par nos confrères de Ouest France le 23 juillet, la ministre de l'Agriculture avait répondu, sans précision : « Ce n'est pas possible ». Annie Genevard a par ailleurs annoncé qu'un plan de soutien des agriculteurs était prévu «pour la rentrée». Dans son communiqué, FNE demande par ailleurs « une application immédiate et concrète de l’instruction du 3 juillet 2026, dans l’ensemble des départements». Cette instruction enjoint les préfets de département à prendre les arrêtés de restriction temporaire des usages de l’eau «dans un délai maximum de trois jours ouvrés à partir du franchissement des seuils de gravité prévus par l’arrêté cadre départemental», rapporte l'association, qui signale des retards dans la région Hauts-de-France (départements de la Somme, de l'Aisne et de l'Oise).
Céréales : la Commission européenne revoit à nouveau les rendements en baisse
Dans son bulletin mensuel du 27 juillet, l’observatoire des cultures de la Commission européenne (Mars) a encore revu à la baisse ses prévisions de rendements 2026 pour les cultures céréalières et oléagineuses d’hiver et d’été de l’UE. Les rendements en blé tendre sont désormais attendus à 5,88 t/ha, contre 6 t/ha le mois antérieur, 6,34 t/ha en 2025 et 5,88 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années. Notons que l’organisme estime la productivité française moyenne cette année à 6,8 t/ha, contre 7,05 t/ha en juin dernier et 7,42 t/ha en 2025. En orge, le rendement moyen européen est attendu à 5,02 t/ha ce mois-ci, contre 5,09 t/ha le mois antérieur, et 5 t/ha en moyenne cinq ans. En maïs, il est projeté à 6,93 t/ha, contre 7,38 t/ha en juin et 7,14 t/ha en 2025 (7,08 t/ha en moyenne sur les cinq dernières années). Celui en France est attendu à 7,7 t/ha, contre 8,61 t/ha en 2025. En tournesol, la productivité moyenne est attendue à 1,94 t/ha, contre 2,08 t/ha en juin, 1,87 t/ha en 2025 et 1,99 t/ha en moyenne sur les cinq dernières années. « Les conditions chaudes et sèches devraient persister en Europe occidentale, augmentant le risque de nouvelles réductions de rendement », peut-on lire dans la publication.
Colza : la filière satisfaite de la récolte française 2026
Dans un communiqué commun du 28 juillet, Terres Univia (interprofession), Terres Inovia (institut technique) et la FOP (producteurs d’oléagineux, FNSEA) se sont réjouis de « premiers résultats de récolte satisfaisants malgré une campagne très marquée par le changement climatique » en colza. Témoin d’une certaine hétérogénéité selon les secteurs, le rendement moyen est pour le moment estimé à 33,4 q/ha, en baisse par rapport à l’année 2025 exceptionnelle (36,6 q/ha), et en recul de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale (33,6 q/ha). Sur 1,417 Mha, les volumes français s'afficheraient donc autour des 4,7 Mt, dans un contexte de récolte particulièrement précoce. En termes de qualité, les fortes chaleurs ont certes conduit à des petits poids de mille grains (PMG), impliquant « quelques adaptations au niveau des opérations de trituration ». Mais le bon ensoleillement du printemps aurait permis des teneurs en huile élevées, à « 45-46 % d’après les premières analyses disponibles, mais moindres après une excellente année 2025 ». La marge prévisionnelle moyenne nationale serait proche de la campagne précédente, comprise entre 900 €/ha pour un rendement de 29 q/ha, et 1 100 €/ha pour 33,4 q/ha, en considérant un prix de vente indicatif de 520 €/t.
Maraîchage : rapprochement dans la production de plants pour créer un leader français
Deux acteurs majeurs du plant maraîcher pour professionnels, Thomas Plants-Provence Plants (30 M€ de chiffre d'affaires) et Tecnosem-Biosem (20 M€), qui recherchait un repreneur, ont décidé de se rapprocher pour former le groupe Flore, nouveau leader français du secteur, confirme à Agra Presse le président de Thomas Plants et du groupe Flore, Nicolas Paul, qui a repris la société il y a sept ans. « Nous devons faire grandir nos sociétés, comme le font nos clients les agriculteurs et nos fournisseurs les maisons de semences », explique celui-ci. L'autre acteur majeur du secteur, le groupe René Briand, revendique 44 M€ de chiffre d'affaires, selon la presse locale. Au cours de cette opération, le groupe Flore a renouvelé son actionnariat : Galiena Capital devient l'actionnaire majoritaire à la place de Trajan Capital, qui reste minoritaire. BPI France signe également son entrée au capital. « Le secteur du plant maraîcher se porte plutôt bien », indique Nicolas Paul. « Les deux entreprises dégagent une croissance de 8 à 10 % par an. » Les épisodes de canicule récents ont occasionné de la casse chez les clients, mais n'ont pas bouleversé l'activité. Avec le rapprochement de Thomas Plants et Tecnosem, le groupe Flore dispose désormais de quatre sites de production, dont trois en Bretagne, répartis sur 62 ha de cultures.
Vétérinaires : un décret encadre les délégations d’actes aux salariés et étudiants
Dans le cadre de l’application de la loi d’orientation agricole promulguée en mars 2025, le ministère de l’Agriculture a fait paraître au Journal officiel, le 28 juillet, un décret encadrant la délégation de certains actes vétérinaires. Il s’agit d’actes de médecine et de chirurgie, que les praticiens peuvent déléguer à des salariés non vétérinaires (auxiliaires spécialisés vétérinaires, ASV) ou à des « élèves vétérinaires salariés d’un établissement de soins vétérinaires ». Le texte vient « légaliser et encadrer une évolution des pratiques déjà engagée », rappelle l’exécutif dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 27 juillet. Rappelant l’existence de « tensions fortes sur le maillage vétérinaire », le décret vise à « optimiser l’organisation du travail dans les établissements de soins vétérinaires ». Dans le détail, la délégation devra s’effectuer « en présence d’au moins un des vétérinaires exerçant dans l’établissement ». Pour devenir « délégataires certifiés », les ASV devront suivre une formation obligatoire dans un centre habilité par le ministère de l’Agriculture, et obtenir un « certificat complémentaire de compétences ». Les ASV réalisant déjà ces actes seront dispensés de la formation (clause d’antériorité). Enfin, le Conseil national de l’ordre des vétérinaires devra tenir une liste des délégataires certifiés.
Antibiotiques : le Brésil défend son système d’inspection et attend l’évaluation de l’UE
Dans une déclaration publiée le 23 juillet, le ministère de l’Agriculture brésilien assure avoir transmis à l’UE « une documentation technique complète détaillant les mécanismes d'inspection officiels et les garanties gouvernementales pour chacune des filières de production » dans le cadre des discussions techniques sur contrôle de l’utilisation des antimicrobiens dans la production animale. Et d’affirmer que celle-ci permet de démontrer « objectivement » que le système brésilien est conforme aux exigences de l’UE tandis que la déclaration définitive de Bruxelles n’a pas encore été transmise. Le Brésil se montre toutefois confiant malgré sa possible exclusion de la liste des pays autorisés à exporter de la viande vers l'UE à compter du 3 septembre et attend un signe de la part de la Commission européenne. « Le Brésil exporte des produits animaux vers plus de 150 pays, y compris des marchés réputés pour leurs exigences élevées, grâce à la crédibilité internationale son système officiel de défense sanitaire agricole et animale », affirment les autorités brésiliennes dans leur communiqué. En parallèle, le pays sudaméricain assure n’avoir sollicité « aucun assouplissement des réglementations sanitaires européennes » et rappelle qu’il s’engage à « respecter pleinement les exigences des marchés importateurs, comme il le fait depuis des décennies ».
Viande bovine : le recul de la consommation de steak haché s’accélère en mai
En mai 2026, les achats de steak haché frais par les ménages français ont reculé de 17 % par rapport à mai 2025, alerte Patrick Rietmeyer, spécialiste des achats chez Carrefour, dans un message sur LinkedIn. Le recul de consommation s’accélère pour ce segment habituellement dynamique : les achats des ménages avaient cédé 8 % en avril (pour un chiffre d’affaires en hausse de 6 %), selon les derniers chiffres disponibles sur le site d’Interbev. L’acheteur de Carrefour évoque une « chute historique des volumes », et ce « malgré le fait que les distributeurs ont réduit leur taux de marge sur ce type de produit ». Il attribue cette baisse à la flambée de la viande bovine, qui a connu selon lui « une inflation de 16,5 % sur un an ». Plus largement, la consommation globale de viande bovine, calculée par bilan (ne comprenant pas les stocks des industriels), a reculé de 5,7 % en mai 2026 par rapport à mai 2025. En cumul depuis le début de l’année, la consommation reste stable sur un an (-0,6 %). Ce chiffre officiel est mis en avant par les éleveurs de la FNB (FNSEA), actuellement en mobilisation contre Bigard, pour contester les baisses de prix pratiquées par les abatteurs, « injustifiées » à leurs yeux.
Bois/incendies en Gironde un diagnostic de l'état de ressource bois encore difficile
Alors que le feu continue de consumer le massif landais en Gironde (42 000 hectares brûlés à ce jour), la présidente de France Bois Forêt, Anne Duisabeau, indique dans un entretien accordé le 28 juillet à l'AFP que le diagnostic de la ressource est encore difficile. Pour l'heure, la filière est «très engagée» dans la lutte, «à travers une mobilisation générale aux côtés du monde agricole qui intervient sur l’alimentation des camions et sur la mise en place de lignes d’appui et de pare-feux». Les forêts appartiennent majoritairement à des propriétaires privés, qui seront «touchés en premier lieu avec des pertes importantes mais ce n’est pas parce qu’il est brûlé que le bois ne peut pas être utilisé» Et de préciser que des assurances existent pour les propriétaires. Anne Duisabeau rappelle que «30 et 40% du sciage français à destination du secteur de la palette vient des Landes», et que la surface de 42.000 hectares est «très importante» dans l'absolu, mais à comparer à la superficie totale du massif landais, soit un million d’hectares. «Les entreprises s’approvisionnent dans plusieurs endroits, explique-t-elle. Mais après le passage du feu, on va plutôt orienter les capacités vers ces zones pour sauver le maximum de bois.» Le bois le moins endommagé pourra partir en scierie, le reste en bois d’industrie, pour la papeterie, des panneaux, etc. Et pour le plus endommagé en bois énergie.
Emballages professionnels : l'entrée en vigueur de la REP reportée au 1er janvier 2027
Initialement prévue pour entrer en vigueur au 1er juillet 2026, la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les emballages professionnels sera finalement mise en oeuvre au 1er janvier 2027, a indiqué le ministre délégué chargé de la Transition écologique, dans un communiqué paru le 29 juillet. Mathieu Lefèvre demande aux éco-organismes agréés de publier «dès le mois de septembre leur barème 2027», et assure que «l’ensemble des incertitudes relatives aux obligations sera levé par l’administration au plus tard en septembre 2026.» Le 25 juin, le ministre avait déjà annoncé à l’assemblée générale des Entrepreneurs (CPME), que l’entrée en vigueur de la REP pour les emballages professionnels serait « reportée de quelques mois ». Ce report « permettra aux entreprises une mise en œuvre opérationnelle plus sereine et mieux anticipée », avait commenté la CGF (grossistes) dans son compte-rendu. La REP pour emballages professionnels, qui englobe la REP pour emballages de gros format destinés à la restauration, consiste en un système « pollueur-payeur » dans lequel le « producteur » (conditionneur) d’un emballage (fût, caisse, film, palette, calage…) verse une éco-contribution à un éco-organisme chargé de gérer la fin de vie de ces emballages. A ce jour 3 éco-organismes sont agréés par l’Etat : Citeo Pro, Twiice et Léko Pro). Les producteurs de Légumes de France (FNSEA) étaient aussi demandeurs d’un moratoire afin de clarifier quel opérateur était « producteur ».
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.