Agrafil du 23 octobre 2024

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Manifestations: la FNSEA et les JA annoncent une action nationale «mi-novembre»

Alors que les actions se multiplient sur le terrain, «nous envisageons de repartir en mobilisation à partir de la mi-novembre», a annoncé Pierrick Horel, président national des Jeunes agriculteurs (JA) le 22 octobre. «Ce qui vient faire déborder le vase déjà bien rempli, c’est le sujet Mercosur», a-t-il expliqué en conférence de presse, devant la perspective de plus en plus crédible d’une signature de l’accord commercial UE-Mercosur (assorti, selon des rumeurs, d’un fonds de compensation agricole). «La date [de la mobilisation] n’est pas totalement arrêtée», a indiqué le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, rappelant que le tandem majoritaire attend, à court terme, des prêts garantis et bonifiés par l’État. Après un ultimatum lancé à la nouvelle ministre de l’Agriculture dès sa nomination, M. Rousseau exige des réponses «à la fin de cette semaine au plus tard». Concernant le fonds d’urgence de 75 M€ pour compenser les pertes dues à la FCO-3, «on a besoin qu’il englobe la FCO-8 et surtout qu’on nous dise à quel moment les premiers éleveurs vont être indemnisés», martèle-t-il. À moyen terme, la FNSEA et les JA demandent aussi des mesures de simplification, ainsi que l’aboutissement de la loi d’orientation agricole (LOA) et des mesures en faveur de l’agriculture prévues dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2025.

Mercosur: les organisations agricoles de l’UE ne veulent pas d’un fonds de compensation

L’idée émise par certains à la Commission européenne de créer un fonds de compensation visant à apaiser la colère des agriculteurs vis-à-vis de l’accord commercial avec le Mercosur est perçue comme une provocation par le secteur agricole, préviennent dans un communiqué commun du 22 octobre les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), les producteurs de sucre (CEFS, CIBE), de volaille (EUWEP) et de maïs (CEPM). Les négociations techniques entre l’UE et le Mercosur s’intensifient ces dernières semaine avec l’objectif de finaliser les termes de l’accord de libre-échange lors de la réunion du G20 à Rio (les 18 et 19 novembre). Mais les organisations agricoles estiment que la Commission européenne ne répond pas à leurs préoccupations concernant l’impact pour les secteurs sensibles et l’absence de réciprocité des normes de production. Elles l’appellent à prendre au sérieux les conclusions du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture qui recommandent une révision complète de la stratégie commerciale de l’UE. Le 21 octobre lors de la réunion des ministres de l’Agriculture des l’UE, la ministre Annie Genevard a réaffirmé que la France était opposée à la conclusion d’un accord avec le Mercosur – «en l’état» précise-t-on dans son entourage.

Pac: les ministres de l’Agriculture réaffirment leur attachement au financement de la Pac

Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont adopté le 22 octobre, à l’issue de deux journées de négociation menées par la présidence hongroise du Conseil, des conclusions sur la future Pac post 2027. Seule la Roumanie qui exigeait un engagement ferme en faveur de la convergence du niveau d’aides à l’hectare entre les États membres, n’a pas soutenu le compromis final (comme cela avait déjà été le cas au mois de juin pour les conclusions similaires préparée par la présidence belge). Le texte indique que «des ressources et des instruments distincts, dédiés et appropriés sont nécessaires à la Pac afin de répondre efficacement à ses multiples objectifs». Une manière, pour les ministres, de dénoncer les rumeurs de renationalisation du budget de la Pac. Ils précisent qu’une répartition équitable des aides de la Pac, en particulier des paiements directs entre les États membres, est une question sensible et qu’une solution adéquate devrait être recherchée. Les Vingt-sept appellent à protéger la souveraineté alimentaire et comptent sur la future stratégie européenne de résilience sur l’eau. Leurs conclusions rappellent la nécessité d’assurer le bon équilibre entre durabilité économique, sociale et environnementale en rendant la contribution aux services écosystémiques attrayante. Il s’agit d’un «message important adressé à la Commission européenne», a indiqué le ministre de l’Agriculture hongrois Itsvan Nagy qui espère que celle-ci en tiendra compte au moment de présenter sa vision pour l’avenir de l’agriculture, attendue vers le mois de mars.

Haies: vers une revalorisation du bonus haies de l'éco-régime, très peu sollicité

À l'occasion d'une réunion préparatoire avec les syndicats agricoles le 18 octobre, la DGPE (ministère de l'Agriculture) a présenté son projet de modification annuelle du PSN (déclinaison nationale de la Pac) pour 2025, incluant une revalorisation du montant unitaire du bonus haies de l'éco-régime, à 20€/ha, contre 7€/ha actuellement. Le ministère de l'Agriculture a observé «une dynamique relativement faible» du nombre de demandes et d'hectares sur la campagne 2023 (707 000 ha, 3% des demandeurs de l'éco-régime). Cette mesure était portée par l'Afac-Agroforesteries, qui y voir «une bonne nouvelle qui permet de passer un signal positif permettant de soutenir les pratiques de gestion durable des haies». Paradoxalement, le budget du Plan haies pourrait diminuer drastiquement l'an prochain, d'après les propositions faites par Bercy pour le projet de loi de finances (PLF) pour 2025. Le Plan haies y voit son budget passer de 110 M€ sur 2024 à 30 M€ sur 2025, alors que le gouvernement envisageait initialement de pérenniser l'enveloppe. L'Afac-Agroforesteries a dénoncé quelques jours plus tard un «signal désastreux». Le cabinet de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait précisé qu'il s'agissait d'une proposition de Bercy qui n'avait pas encore été arbitrée au sein du gouvernement – les marges de manœuvre seraient toutefois faibles, rapportent les professionnels. Le projet de modification du PSN pour 2025 doit être présenté officiellement aux parties prenantes ce 24 octobre.

BCAE Zones humides: le gouvernement fera évoluer la cartographie «d’ici à 2027»

Le «zonage» des zones humides et tourbières qui sera mis en place le 1er janvier dans le cadre de la BCAE2 de la PAC, et qui doit être présenté ce 22 octobre aux professionnels, «n’est pas satisfaisant» car «il impactera des démarches territoriales de protection et de valorisation des zones humides», a reconnu la ministre déléguée chargée de l’énergie Olga Givernet le 22 octobre, au Sénat, lors d’une session de questions au gouvernement. «Il a vocation à évoluer rapidement, dès que nous aurons complété la connaissance des zones humides effectives», a-t-elle ajouté. «L'objectif est d'aboutir progressivement d'ici à 2027 à un inventaire fiabilisé sur l’ensemble du territoire, avec les acteurs de terrain», a précisé Mme Givernet. Dans un communiqué diffusé le même jour, plusieurs associations de défense de l’environnement dont le WWF, FNE et la LPO, demandent au gouvernement de «revoir» l’application de la BCAE2 en considérant l’ensemble des zones humides effectives répertoriées dans le Réseau partenarial des données sur les zones humides (RPDZH). Elles demandent aussi de compléter les zones de tourbières considérées, soulignant des oublis importants en Bourgogne-Franche-Comté et dans les Hauts-de-France. De source professionnelle, le zonage actuellement retenu inclurait 0,75% de la SAU quand celui répertorié par le RPDZH couvre «moins de 4% de la SAU», selon les associations. 

Sécurité sociale: trois articles agricoles adoptés et amendés en commission

Plusieurs articles agricoles du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) ont été adoptés le 21 octobre par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Ce fut le cas pour l’article 3 qui prévoit «l’alignement de l’effort contributif des non-salariés agricoles sur celui des travailleurs indépendants dans le cadre de la réforme du mode de calcul de la pension de retraite de base», adopté en l’état. L’article concernant la pérennisation du TO-DE, très attendu par la filière fruits et légumes, a lui aussi été adopté. Les membres de la commission des affaires sociales ont néanmoins retenu plusieurs amendements: maintien du TO-DE hors de la modification de la réduction générale des cotisations et contributions patronales prévue à l’article 8 du PLFSS ; extension du dispositif aux entreprises de travaux forestiers et aux Cuma. L’article prévoit aussi le relèvement du plafond d’exonération totale de 1,20 à 1,25 Smic. Concernant l’article 5 («Cumul de l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs et des taux réduits de droit commun des cotisations maladie et famille), les travaux de la commission ont permis de faire évoluer l’article initial, supprimant la référence aux agriculteurs «de quarante ans au plus» comme bénéficiaires, pour le terme «nouvellement installés dans la profession». Ainsi rédigé, l'article a été voté à une très grande majorité.

Noisettes : récolte grevée de moitié chez Unicoque, «premier déficit de son histoire» annoncé

La coopérative Unicoque (Lot-et-Garonne) annonce, dans un communiqué le 22 octobre, qu'elle projette une perte de plusieurs millions d’euros sur son exercice 2024/2025, «premier déficit de son histoire». La raison est liée à une crise de la matière première. En effet, des «attaques massives de punaises diaboliques et de balanin (ver de la noisette) ont dévasté la récolte cette année en parallèle d’une météo défavorable », rapporte l'entreprise. Sur un potentiel de 13 000 tonnes, seules 6500 tonnes ont pu être récoltées. De plus, en septembre, l’analyse des premiers lots livrés ont révélé que près de 30% des noisettes étaient non commercialisables à cause des ravages de la punaise diabolique. «La majorité des lots ne permettent pas de fournir des produits finis conformes aux normes internationales de commercialisation», explique Unicoque, qui réalise 55% de son chiffre d’affaires à l’export. La coopérative pointe du doigt l’absence de molécules phytos efficaces ayant une autorisation d’usage et «la politique ultra-restrictive» en la matière de la France: «Nous demandons toutes les procédures nécessaires face à l’urgence phytosanitaire qui nous emporte ainsi que l’harmonisation des règles entre la France, l’Espagne et l’Italie».

Pomme de terre fécule: vers un doublement du montant unitaire de l'aide couplée

À l'occasion d'une réunion préparatoire avec les syndicats agricoles le 18 octobre, la DGPE (ministère de l'Agriculture) a présenté son projet de modification annuelle du PSN (déclinaison nationale de la Pac) pour 2025, incluant une revalorisation de l'aide couplée à la production de pommes de terre féculières. Le montant unitaire devrait passer de 84 €/ha à 173 €/ha. Cette hausse provient de la division par deux des surfaces éligibles, engendrée par la fermeture, à partir de la campagne 2024-2025, de l'usine d'Haussimont (Marne), l'une des deux féculeries françaises. L'été dernier, la filière avait obtenu une aide exceptionnelle de 5 millions d'euros, qui n'avait pas empêché l'annonce de fermeture d'Haussimont quelques semaines plus tard. La filière demandait depuis plusieurs mois un système d’aides exceptionnelles aux planteurs, évalué à 500 €/ha de pommes de terre féculières, soit une enveloppe globale de 8 à 9 M€ par an pour les années 2023 et 2024, pour l’aider à faire face aux sécheresses à répétition et à la baisse des surfaces. Le projet de modification du PSN pour 2025 doit être présenté officiellement aux parties prenantes ce 24 octobre.

Récolte des tournesols: les pluies mettent agriculteurs et OS sous tension

Si le retard des chantiers de récolte des tournesols diffère selon les régions, il est, partout, assez exceptionnel. Chez Centre Ouest Céréales, dans la Vienne, «à peine 35% des tournesols sont récoltés», confirme Ulrich Housseau le directeur général. En Lorraine, ce pourcentage monte à 50%, avec toutefois de grandes différences, de 20 à 80% selon les secteurs. «Les fenêtres climatiques propices pour entrer dans les sols gorgés d’eau sont peu nombreuses, précise Aurore Baillet, de Terres Inovia. Les rendements aussi font le grand écart. La moyenne de certaines exploitations ne devrait pas dépasser les 10 q/ha. En cause notamment une forte nuisibilité des maladies, arrivées précocement. Cette situation génère beaucoup de stress chez les agriculteurs d’autant que la récolte du tournesol entre désormais en concurrence avec celle du maïs.» Chez les OS, la gestion de ces flux est compliquée, notamment pour les opérations de séchage, les volumes arrivant par vagues. Si l’idéal est de récolter des tournesols autour de 15% d’humidité, certaines parcelles l’ont été à 19 ou 20%. Ces décalages dans les chantiers de moisson d’automne compliquent bien évidemment ceux des semis de céréales. Chez COC, au 21 octobre, à peine 5% des blés étaient en terre, contre 50 % habituellement au 15 octobre. (Anne Gilet)

Volaille de char: LDC met un pied en Allemagne en rachetant ECF

La société allemande European Convenience Food (ECF), produisant des élaborés de volaille cuits et surgelés ainsi que des produits végétaux, est en passe d’entrer dans le groupe LDC, a informé le groupe français par un communiqué le 18 octobre. Sur les 80 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé, l'entreprise allemande en a réalisé 86% dans la RHD (Restauration hors domicile) en 2023. Sur ses 10% de CA à l’export, moins de 3 millions d’euros sont réalisés aujourd’hui en France, précise LDC pour Agra Presse. Par cette acquisition, LDC poursuit son internationalisation en Europe en entrant dans un nouveau pays, l’Allemagne, présenté dans le communiqué comme «premier marché agroalimentaire en Europe», et «sur le segment prometteur des produits surgelés à base de volailles et de produits végétaux». ECF est connue dans le foodservice allemand à travers ses marques Vegeta et Karl Kemper. Ses produits sont distribués par «plusieurs réseaux de grossistes spécialisés dans ce secteur». L’accord conclu avec les actionnaires d’ECF prévoit l’acquisition par LDC de la majorité du capital et un investissement du management de la société allemande dans le groupe français.

Bovins viande: vers la fin de l’abattage au site Bigard de Sablé, crucial pour l’Ouest

Le n°1 français de la viande bovine Bigard a annoncé la fin, dès 2025, de l’activité d’abattage de bovins à l’usine Charal de Sablé-sur-Sarthe, un site crucial pour les élevages des Pays de la Loire, d’après nos confrères de Réussir. D’une capacité d’environ 1200 bêtes par semaine, l’abattoir deviendra une plateforme logistique (avec congélation) et poursuivra une activité de découpe de têtes de porc, a indiqué Laurent Ragot, de la FDSEA de la Sarthe, à Agra Presse, après une réunion avec les dirigeants du site le 22 octobre. Responsable de la section bovine du syndicat, l’éleveur déplore une «décision stratégique» de l’industriel: celui-ci compte transférer les salariés et les animaux à Cholet (Maine-et-Loire) et à Cherré-Au (Sarthe). Deux sites actuellement en sous capacité, plus récents, mais aussi plus éloignés des élevages de Sarthe et de Mayenne. D’après Laurent Ragot, le groupe Bigard s’est engagé à «prendre en charge les frais de transport pour l’abattage familial et la boucherie traditionnelle», des débouchés où le transport est à la charge de l’éleveur. «Tous les éleveurs ne vont pas suivre [Bigard] à Cholet», prévient toutefois Laurent Ragot, ajoutant que les abattages de l’usine Elivia (Terrena) à Le-Lion-d’Angers «sont déjà à la hausse à la suite de l’annonce».

Veaux laitiers: la FCO perturbe le marché, les éleveurs dénoncent des abus

Entre rebond des naissances en août et restrictions à l’export en raison de la fièvre catarrhale ovine (FCO), le marché des veaux laitiers se grippe et les prix chutent, selon le bulletin Tendances publié par l’Idele le 21 octobre. «Le cours du veau mâle laitier de 45-50 kg a ainsi perdu 9 € en quatre semaines», note l’Institut de l’élevage. À 70 € par tête en semaine 41 (du 7 octobre), il reste «toutefois supérieur aux niveaux des trois dernières années». Pour pouvoir être exportés, les petits veaux laitiers doivent présenter un test PCR négatif pour la FCO; les animaux positifs (autour de 60% des cas) ne peuvent être écoulés que sur le marché français. Toutefois, l’export «ne représente que 25% des veaux français», rappelle la FDSEA du Cantal dans un communiqué le 21 octobre. «Le nombre de veaux positifs n’est pas suffisamment conséquent pour faire fluctuer le marché intérieur et justifier une baisse des prix», estime le syndicat, qui dénonce des «tentatives» dans ce sens. La FDSEA pointe aussi «les pratiques abusives de certains opérateurs qui ramènent les veaux positifs au sein des exploitations», ce qui fait courir un «risque sanitaire majeur pour les élevages». Et le syndicat d’exhorter: «En aucun cas les éleveurs [ne] doivent accepter de reprendre un veau sur leur exploitation».

Viande: la démarche «Viandes de Normandie» prend de l’ampleur

Nouveaux adhérents, officialisation d’une «synergie» avec le logo «Saveurs de Normandie»: lors du Fêno (Festival de l’excellence normande) le 18 octobre à Caen, la démarche interprofessionnelle «Viandes de Normandie» a franchi une étape dans son développement. La marque d’Interbev Normandie accueille plusieurs nouveaux adhérents, d’échelle industrielle (Socopa Gacé, Elivia) comme artisanale (Le Philou normand / boucherie Lemarinier). Ceux-ci vont commercialiser des produits floqués «Viandes de Normandie» dans «les semaines à venir», précise la marque à Agra Presse. Les premiers produits estampillés «Viandes de Normandie» sont déjà disponibles notamment dans la vingtaine de boutiques des Éleveurs de la Charentonne, partenaires historiques de la démarche au même titre que le grossiste Socodn ou les abattoirs EVA et Socopa Coutances. Créé en 2022, le label «Viandes de Normandie» garantit des animaux nés, élevés et abattus dans la région, ainsi que le respect des engagements du Pacte sociétal d’Interbev (démarche RSE). La marque concerne notamment les filières bovines (2,1 millions de têtes en Normandie en 2019) et ovines (84 000 animaux).

Exportations : un déficit d’organisation et de tutelle selon le président de l’Ania (presse)

Evoquant la perte de part de marché de l’industrie agroalimentaire française à l’export, le président de l’Ania Jean-François Loiseau, déplore, dans un article du Figaro, daté du 21 octobre, le manque d’organisation de l’industrie agroalimentaire française à l’export et le défaut de visibilité du fait que le secteur dépende de de plusieurs ministères. «Nous avons toujours du mal à nous organiser pour conquérir ensemble des marchés à l’étranger», dit le nouveau président de l’Ania, cité dans le quotidien. En matière de tutelle, l’article rappelle que l’Ania souhaite un délégué interministériel aux industries alimentaires. Dans son projet France 2030, l’Ania souhaite également que les PME de l’agroalimentaires soient davantage incitées à exporter grâce au crédit d’impôt, grâce à l’augmentation de l’enveloppe de cette mesure fiscale de 40 à 200 millions d’euros, afin d’augmenter le plafond d’aide pour un poste de responsable export de 40 000 euros à 200 000 euros. Un dîner, inscrit pour le 21 octobre à l’agenda d’Emmanuel Macron entre le président et des dirigeants d’entreprises françaises, se présentait comme l’occasion pour l’Ania de formuler des suggestions. 

Installation : «slasheurs-cueilleurs», un nouveau site pour promouvoir la double-activité

Rendre plus compréhensibles et accessibles les métiers agricoles, via le temps partiel : c’est l’objectif de la plateforme Slasheurs-cueilleurs (un slasheur est une personne exerçant plusieurs activités professionnelles en même temps). Créé en 2024 par Julien Maudet et Lola Dubois, le site vise à promouvoir une double activité, non plus entre chasse et cueillette mais entre secteur tertiaire et agriculture, pour faciliter des installations souvent peu rémunératrices. Aujourd'hui, «un quart des chefs d'exploitation sont double actifs» et environ «40 % de ceux qui commencent en agriculture gardent un métier à côté», affirme le cofondateur Julien Maudet. «On vient inverser ce constat. Cette double activité doit permettre à des gens qui ne sont pas issus du monde agricole, en gardant leur métier pour se sécuriser, d'y aller de façon sereine, sans changer radicalement de mode de vie.» Depuis peu, Julien Maudet et Lola Dubois animent des formations à Paris, entre conseils pour gérer ses deux métiers et sa vie personnelle, et informations sur les différents statuts d'exploitation. Signe que l'initiative est attentivement scrutée par les pouvoirs publics, la mairie de Paris a décidé le 18 octobre de subventionner les formations slasheurs-cueilleurs.

Transmission : les vignerons d’appellation pour une moindre fiscalité sur le foncier

En marge de l’examen par les députés du budget de l’Etat pour 2025, les vignerons d’appellation (Cnaoc) ont plaidé le 22 octobre pour une moindre fiscalité sur la transmission du foncier. «Le modèle viticole familial est menacé», a déclaré en conférence de presse le président du SGV de Champagne Maxime Toubart, pointant «des transmissions de plus en plus difficiles». «Nous sommes obligés de vendre pour payer la succession», a expliqué le patron de la Cnaoc Jérôme Bauer. Leur demande, exprimée conjointement avec les fédérations régionales de Bourgogne et Bordeaux, consiste en «un Pacte Dutreil agricole», à savoir dont le périmètre intègre le foncier. Aujourd’hui, seule la transmission de l’exploitation bénéficie entièrement du dispositif d’abattement de 75 % sur les droits de succession. Les terres, non inscrites à l’actif du bilan, se voient appliquer un plafond d’exonération (500 000 euros), à condition d’être louées par bail à long terme. Avec une valeur des vignes qui s'envole, la fiscalité de la transmission empêche la nouvelle génération de prendre la suite, selon les professionnels. «On est en train de perdre des joyaux» que seuls des investisseurs financiers ou des grands groupes ont les moyens de reprendre, a déclaré Jérôme Bauer.

Agricultrices: Julie Avril enseignante coordinatrice de la chaire «Agricultures au féminin»

L'École supérieure des Agricultures (Esa) d’Angers annonce la nomination de Julie Avril comme enseignante coordinatrice de la chaire «Agricultures au féminin» depuis le 1er septembre. Annoncée en février, cette nouvelle chaire est dédiée à «la promotion de l'égalité de genre dans les secteurs agricoles et agroalimentaires», selon un communiqué. Julie Avril, actuellement responsable de la formation BTS Productions animales et enseignante en zootechnie à l’Esa, est notamment chargée de «mettre en lumière les contributions des femmes en agriculture à travers divers événements, cours et campagnes de sensibilisation». Sa mission vise aussi l’«attractivité»: encourager les jeunes femmes à envisager des carrières dans le secteur agricole, en collaborant avec les lycées et collèges.

Cabinet du ministre de l'industrie: un nouveau conseiller à l'agroalimentaire

Par un arrêté paru au Journal officiel de ce 22 octobre, le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, s'est doté d'un nouveau conseiller en charge des industries de santé, ainsi que des biens de consommation et de l’agroalimentaire. Il s'agit de Louis Culot, qui était jusqu'ici Chef de projets souveraineté sanitaire - décarbonation des industries de santé à Bercy.