Agrafil du 22 août 2025

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Droits de douane américains : pas d’exemption pour le vin et les spiritueux

Les États-Unis et l'UE ont finalisé le 21 août leur accord commercial instaurant des droits de douane plafonnés à 15 % sur les produits européens, y compris les vins et spiritueux. « Malheureusement, nous n'avons pas réussi à ce que ce secteur » soit inclus dans les exemptions, a déclaré le commissaire européen Maros Sefcovic lors d'une conférence de presse en présentant les détails de l'accord commercial noué entre l'UE et l'administration Trump fin juillet. Il a ajouté que les discussions se poursuivraient et que « ces portes n'étaient pas fermées pour toujours ». Cette exemption aux droits de douane de 15 % pour les vins et spiritueux était vivement réclamée, en particulier en France et en Italie. Après des mois de négociations très âpres, Bruxelles et Washington ont scellé fin juillet un accord commercial basé sur des droits de douane de 15 % sur les produits européens qui arrivent aux États-Unis. C'est bien plus que le taux en vigueur avant le retour au pouvoir du président américain – autour de 4,8 %. Mais c’est moins que ce que le milliardaire républicain menaçait d'imposer au Vieux continent faute d'accord. Dans un court message posté sur X, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué un texte qui offre « prévisibilité pour nos entreprises et nos consommateurs ».

Vins/spiritueux : face aux taxes Trump, « immense déception » pour les exportateurs

La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a fait part de son « immense déception » le 21 août après que l'UE a annoncé avoir échoué à obtenir une exemption pour le secteur, qui sera taxé à 15 % à son entrée aux États-Unis. « Il y a une immense déception, parce qu'on a travaillé énormément pour obtenir l'exemption et elle était à portée de main. Nous avons la certitude que cela entraînera de grosses difficultés pour la filière des vins et spiritueux », a déclaré à l'AFP le président Gabriel Picard. D’après lui, ces 15 % s'ajouteront aux « 15% d'effets de change que la filière observe déjà » en exportant aux États-Unis, son premier marché, du fait de la faiblesse actuelle du dollar par rapport à l'euro. L’effet combiné « pourrait aboutir à une réduction d'un quart de nos ventes aux États-Unis, soit une perte de 1 Md€ », avait estimé le 1er août la FEVS. En 2024, la France y a écoulé 2,4 Md€ de vin et 1,5 Md€ de spiritueux (environ 25 % de ses exportations). « La défense de nos secteurs à l'export reste notre priorité. L'accord laisse ouverte la possibilité d'exemptions additionnelles, nous y travaillerons », a réagi pour sa part le ministre français du Commerce extérieur Laurent Saint-Martin.

Raisin de table : trop de produits importés en GMS, selon la FNSEA et les JA du Vaucluse

Dans un communiqué de presse du 21 août, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs du Vaucluse tirent la sonnette d’alarme sur les rayons des grandes surfaces largement occupés par des raisins de table étrangers (Espagne, Chili, Égypte), alors que la saison du produit français débute. « L’adaptation à la production précoce liée au changement climatique ne repose pas uniquement sur les producteurs. Les grandes surfaces jouent un rôle déterminant pour valoriser le raisin de table français, garantir sa visibilité dans les rayons et offrir aux consommateurs des fruits frais et de qualité », argumentent les deux syndicats. Ils rappellent par ailleurs que le consommateur français dispose d’« un pouvoir d’action en privilégiant les produits locaux et en vérifiant les étiquettes ». La FDSEA et les JA de Vaucluse demandent aux GMS « d’assumer leur responsabilité en valorisant réellement la production française » et envisagent une action en grande distribution dans le département. Le Vaucluse est le premier producteur français de raisins de table, représentant environ 70 % de la production nationale, soit environ 30 000 t par an.

Pistaches : le projet Pistamed retenu dans le cadre du Plan Agriculture Méditerranée

Le projet Pistamed, qui vise à poursuivre la structuration de la filière pistaches en France, a été retenu le 24 juillet dans le cadre du Plan Agriculture Méditerranée (PAM), a appris Agra Presse le 21 août. Il s’inscrit sur le territoire de l'Aire agricole de résilience climatique (AARC) Pistache, labellisée en juin. « Nous sommes en attente de l’instruction finale qui définira le niveau de financement. Pistamed a pour objectif d’assister les agriculteurs désirant développer une production de pistaches comme diversification agricole : accompagnent technique, formation et aide à l’acquisition de matériels pour les opérations post récolte », précise Benoit Dufaÿ, coordinateur de France Pistache, contacté par Agra Presse. La production de pistaches en France reste limitée : environ 800 kg bruts en 2024, un volume qui sera reconduit cette année à cause d’un printemps pluvieux et d’une mauvaise pollinisation. « 2026 pourrait voir une augmentation notable des volumes, les vergers plantés en 2020 entrant en production », souligne Benoit Dufaÿ. La pistache est cultivée sur 500 ha, dont environ 300 ha en Paca : « La dynamique de plantations est de 50 à 80 ha par an », avec des développements en Occitanie (principalement dans l'Aude et les Pyrénees-Orientales), en Corse et dans le sud de l'Auvergne-Rhône-Alpes (Ardèche et Drôme).

Oignons doux : Origine Cévennes s’attend à une belle récolte, mais reste prudent

La coopérative Origines Cévennes table sur un potentiel en oignons doux entre 1 900 et 2 000 tonnes commercialisables pour la campagne 2025-2026. « Nous sommes optimistes mais prudents », relativise Thomas Vidal, le directeur de la coopérative, contacté par Agra Presse. En 2024, la coopérative avait prévu 2 000 t de produits, mais en avait récolté seulement 1 600 t à cause des fortes pluies. Cette année, les emblavements sont légèrement supérieurs à l’an passé (35 à 38 ha repiqués cette année). Le début de la commercialisation de l’oignon doux AOP devrait débuter le 8 septembre. Pour mémoire, 35 % des volumes partent en GMS, le même pourcentage vers les marchés de gros. L’export se développe : 18 %, contre 15 % en 2024 (Italie, Suisse). La coopérative avance aussi sur son étude de faisabilité pour la création de 20 bassins (retenues de 3 000 à 4 000 m3, uniquement en captage du ruissellement, sans pompage) lancée en 2023. « Les travaux sur le terrain débuteront après la récolte. Une douzaine de projets ont été déposés par les producteurs. Il s’agira de bien identifier les exploitations, procéder aux repérages topographiques, etc. Des travaux qui s’étaleront sur une bonne année », explique Thomas Duval.

Viande bovine : l’Indonésie élargit l’accès du Brésil à son marché

Le Brésil peut désormais exporter en Indonésie « de la viande bovine avec os, des abats bovins, des produits carnés et des préparations à base de viande », ont annoncé les ministères brésiliens de l’Agriculture et des Affaires étrangères dans un communiqué commun le 19 août. L’exécutif y précise que « les gouvernements brésilien et indonésien ont convenu des exigences sanitaires » s’appliquant à ces produits. Le premier exportateur mondial de viande bovine (3,44 Mtéc en 2024, +26 % en un an) expédie déjà de la viande bovine en Indonésie, sous d’autres formes. Placé dans le top 5 des fournisseurs du pays asiatique, le Brésil se situe loin derrière les deux premiers, l’Australie et l’Inde, selon le bilan annuel de l’Institut de l’élevage français (Idele). Quatrième pays le plus peuplé au monde (283 millions d’habitants), l’Indonésie est un marché « stratégique pour les protéines animales », selon les autorités brésiliennes. Il s’agit du 11e importateur mondial de viande bovine (270 000 téc en 2024), et « la consommation de viande bovine dans le pays a augmenté ces dernières années ». Plus largement, l’Indonésie « a importé en 2024 pour 4,2 Md$ de produits agricoles brésiliens », selon le communiqué gouvernemental (sucre, céréales, fibres et produits textiles).

Déforestation : au Brésil, la surface brûlée en Amazonie chute de 65 % en juillet

L'Amazonie brésilienne a enregistré une diminution de 65 % de sa surface de forêt détruite par des incendies en juillet par rapport à la même période l'année dernière, marquée par une sécheresse historique, selon les données publiées le 20 août par le réseau de surveillance Mapbiomas. Les données recueillies par satellites et compilées par Mapbiomas montrent que 143 000 ha ont brûlé en juillet dans la plus grande forêt tropicale de la planète. « Après deux années de sécheresse sévère en Amazonie en 2023 et 2024, quand nous avons observé des incendies record dans ce biome, la réduction de la surface brûlée en 2025 peut être attribuée (...) notamment au retour des pluies, d'une saison humide plus intense et prolongée », explique Felipe Martenexen, de l'Institut de recherches de l'Amazonie (Ipam), cité dans un communiqué. Au total, 748 000 ha ont été touchés par des incendies en juillet dans l'ensemble du Brésil (-40 % par rapport à juillet 2024). Le Cerrado, savane riche en biodiversité, est le biome qui a le plus brûlé au Brésil en juillet, avec 571 000 ha (-16 % en un an). Felipe Martenexen souligne par ailleurs que « les dégâts environnementaux et économiques de 2024, associés à une surveillance accrue, ont pu inciter les agriculteurs et les habitants à davantage de prudence ».

Contamination au cadmium : gare à l’abus de chocolat, avertit l’UFC-Que choisir

Le chocolat contient une quantité « non négligeable » de cadmium, métal lourd aux effets nocifs pour la santé, met en garde le 21 août l'UFC-Que Choisir, qui préconise de « modérer sa consommation », en particulier chez les enfants. Selon l'association, déguster dans la même journée deux biscuits fourrés Bjorg, un bol de Chocapic et une tasse de chocolat chaud Poulain apporte à un enfant de dix ans « près de la moitié de la dose maximale quotidienne de cadmium » à partir de laquelle un risque sanitaire est possible. La valeur toxicologique de référence (VTR) de ce métal qui s'accumule dans l'organisme et expose à un risque accru de pathologies cardiovasculaires et de cancer a été fixée à « 0,35 microgramme (μg) de cadmium par kilogramme de poids corporel par jour » par l'Anses. Début juin, des médecins libéraux avaient alerté sur la contamination massive des Français – principalement les enfants et les femmes – au cadmium via des engrais phosphatés, qui se retrouvent notamment dans les céréales du petit déjeuner, le pain ou les pommes de terre. L'Anses indiquait début juin qu'elle devrait publier « en fin d'année » ses travaux en cours visant à évaluer l'exposition humaine au cadmium, afin de définir « des leviers d'action pour réduire l'imprégnation de la population française ».

Agenda de la semaine agricole du 25 août 2025

Jeudi 28 août
Lancement de la campagne pommes-poires
Conférence de presse d’Argus Média sur le marché du blé

Vendredi 29 août
Foire de Châlons (jusqu’au 8 septembre)

À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.