Elargissement : l’UE valide son mandat de négociation en vue de l’adhésion de l’Ukraine
Comme prévu, le Conseil de l’UE a formellement validé, le 21 juin à l’occasion d’une réunion des ministres de l’Economie et de finances, le cadre de négociation en vue du lancement des discussions d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a immédiatement salué cette décision en indiquant que «l'Ukraine revient en Europe, où elle a sa place depuis des siècles, en tant que membre à part entière de la communauté européenne». La présidence belge du Conseil de l’UE a confirmé, dans un message posté sur X, que la première réunion de la conférence intergouvernementale, qui doit démarrer formellement le processus, se déroulerait le 25 juin. Le lancement officiel des pourparlers était une priorité pour la Belgique alors qu’elle doit, à compter du 1er juillet, passer le flambeau de la présidence tournante du Conseil de l’UE à la Hongrie qui a exprimé des réticences à l’adhésion ukrainienne par le passé. Les questions agricoles promettent d'être l'un des principaux défis des pourparlers qui s’annoncent. En mars, Bruxelles a publié une communication dans laquelle elle précise notamment qu’une «évaluation approfondie de ses effets à long terme sur la viabilité et la durabilité des politiques agricoles dans une UE à 30+» est nécessaire et qu’il faudra «garantir des conditions de concurrence équitables pour le secteur agricole entre les États membres actuels et futurs».
Parlement européen: aucun centriste centriste Français en vue pour siéger en Comagri
La course à la place de troisième force politique du Parlement européen tourne à l’avantage des conservateurs eurosceptiques du groupe ECR (dont font partie Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni et Reconquête) avec 83 membres au détriment des centristes de Renew qui viennent de perdre sept élus tchèques (le parti Ano 2011 ayant quitté le groupe) et ne sont plus que 74. Au sein de la commission de l’Agriculture (Comagri), le groupe Renew devrait disposer de 5 sièges dont la plupart semblent déjà attribués à Elsi Katainen (Finlande), Asger Christensen (Danemark), Christine Singer (Allemagne) et Benoît Cassart (Belgique). La dernière place semblait réservée au le tchèque Martin Hlavacek mais son parti ayant quitté Renew il reste un siège à prendre. L’agriculteur irlandais Billy Kelleher pourrait le récupérer. Jérémy Decerle n’ayant pas été réélu, aucun Français ne semble réellement intéressé. La délégation centriste française devrait se contenter d’une ou deux places de suppléants. La présidence de la Comagri pourrait une nouvelle fois être assurée par l’Allemand Norbert Lins du PPE (droite), tandis que la présidence de la commission de l’Environnement (occupée par le centriste Pascal Canfin lors de la précédente mandature) devrait revenir au parti social-démocrate.
Versement des aides : les syndicats de fonctionnaires abrègent une réunion avec la DGPE
Alors que la colère gronde dans les services instructeurs des aides Pac des préfectures, et que les aides bio et des Maec accusent plusieurs mois de retard de versement, une réunion de la formation spécialisée (FS) du conseil social d'administration (CSA) du ministère de l'Agriculture a été «écourtée», le 18 juin, sur décision des organisations syndicales, rapportent-elles dans un communiqué. «Face aux alertes répétées sur la situation dramatique des agents des services d’économie agricole (SEA), réitérées encore ce jour avec vigueur par l’ensemble des organisations syndicales, l'administration n'a apporté aucune mesure concrète, aucune proposition immédiate, pour améliorer le quotidien de ses agents, déplorent les neuf organisations syndicales. Elle s’y était pourtant engagée au CSA Forêt et Agriculture du 14 mai.» Sur son blog, l'Unsa a précisé le lendemain que les syndicats ont obtenu l'installation d'un groupe de travail «consacré à élaborer des actions en réponse au mal-être ambiant qui secoue les SEA, sur la base du plan d'action mis en œuvre en 2015». Le 13 mai, le SEA de la DDT d'Isère s'était mis en grève. Un mois plus tôt, une lettre signée de «cadres» des SEA avait été adressée au ministre de l'Agriculture pour l'alerter sur «des conditions professionnelles extrêmement dégradées» depuis 2023, auxquelles s’ajoute «depuis janvier 2024 un contexte de crise et de tensions agricoles d’une ampleur exceptionnelle».
Agroalimentaire: le nouveau président de l’Ania veut «rassembler» autour de «sujets communs»
Fraîchement élu à la présidence de l’association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-François Loiseau (Intercéréales, Axéréal) a affirmé, dans un entretien au journal L’Opinion (article payant), vouloir «rassembler les industries agroalimentaires sur leurs sujets communs et faire entendre leur voix efficacement». L’organisation accuse les départs des laiteries (Fnil) et des brasseurs annoncés ces dernières semaines. «L’institution dysfonctionne», reconnaît Jean-François Loiseau, élu le 20 juin pour succéder à Jean-Philippe André (Haribo). «Les syndicats qui la composent s’épuisent, ne se font plus entendre», ajoute-t-il. Selon les informations du journal Les Echos (article payant), d’autres syndicats sectoriels pourraient quitter l’Ania. «Il y a un manque d’écoute des uns et des autres, des incompréhensions, et finalement, le sens de l’intérêt commun s’est perdu. Les sujets importants pour nous tous ne sont plus portés dans le débat public. Il y a un trou béant entre la production agricole et la distribution», déplore le nouveau président. Parmi ses priorités, il cite «redorer l’image des industries alimentaires», la «compétitivité de nos entreprises», les «relations commerciales», le «rayonnement international» et la «durabilité».
Porc: les frondeurs de la Cooperl échouent à faire révoquer le conseil d'administration
Plus de 300 éleveurs entendaient réclamer le 21 juin la révocation du conseil d'administration lors de l'Assemblée générale de la coopérative à Saint-Brieuc mais leur projet n'a pas abouti. «Les 14 candidats soutenus par le conseil d'administration actuel ont été (ré)élus», a annoncé dans la soirée la direction dans un bref communiqué. «Ce vote est le résultat d'un débat démocratique qui voit la stratégie actuelle de la Cooperl confirmée et renforcée», a-t-elle ajouté, sans plus de précision. Lors de cette AG, fermée à la presse, un groupe de 308 éleveurs frondeurs sur les 3.000 producteurs adhérents de la coopérative, voulaient soumettre au vote une liste pour un nouveau conseil. Selon les statuts, 10% des adhérents suffisent pour procéder à cette éventuelle révocation. Les contestataires, qui se présentent sous la dénomination «Les nouveaux coopérateurs», demandent notamment, dans leur programme consulté par l'AFP, le «retour au Marché du porc breton» (MPB) à Plérin (Côtes-d'Armor). Un des moments clés de cette AG devait être l'examen d'une résolution pour considérer comme adhérents 1.660 membres supplémentaires de la coopérative, privant de fait les 308 frondeurs des 10% de voix requises. La direction a fait état très récemment de ces nouveaux adhérents, après l'annonce publique de la contestation interne.
Olive: l’Espagne supprime la TVA sur l'huile d'olive face à la flambée des prix
Le gouvernement espagnol a annoncé la suppression de la TVA sur l'huile d'olive, dont le prix s'est envolé ces dernières années, a indiqué à l'AFP le ministère du Budget le 21 juin. Cette mesure, qui devrait être adoptée le 25 juin lors du prochain conseil des ministres, permettra à l'huile d'olive de bénéficier du taux de TVA réduit déjà en place pour plusieurs produits de première nécessité (pain, fruits et les légumes). Celui-ci, habituellement fixé à 4%, peut être réduit à zéro en cas de forte inflation depuis la fin 2022. Le gouvernement avait déjà ramené le taux de TVA sur l'huile d'olive de 10% à 5% en 2023, sans succès sur la hausse de prix. Selon l'Institut espagnol de la statistique, l’huile d’olive était en mai 63% plus chère qu'à la même période en 2023 et trois fois plus onéreuse qu'en janvier 2021. Cette flambée des prix tient à la forte chute de production nationale (50% de la production mondiale) sur les deux dernières campagnes, à cause des vagues de sécheresse dans le pays, et notamment en Andalousie, principale région de production. En 2022-2023, la récolte a plafonné à 660 000 tonnes (contre 1,48 million de tonnes en 2021-2022) et ne devrait pas dépasser les 850 000 tonnes en 2024. L'Espagne est le premier consommateur au monde d’huile d’olive, avec près de 14 litres par habitant et par an.
Raisin de table : les producteurs européens lancent une étude sur leur besoin en phyto
Le groupe de contact européen «raisin de table» (France, Italie, Portugal, Espagne) réuni à Avignon le 18 juin, a décidé de développer une étude commune afin de déterminer les matières actives utilisées par les producteurs des quatre pays qui demeureraient indispensables à la filière, rapporte la Fepex (exportateurs espagnols) sur son site internet le 21 juin. Une étude de ce type serait en cours en France, et les associations de producteurs italiens et espagnols ont décidé de s’y joindre. «De cette façon, lorsqu'un produit est autorisé, par exemple en Espagne, il sera automatiquement autorisé dans tous les pays de la zone sud qui se trouvent aujourd’hui dans la zone C selon le Règlement 1107/2009 relatif à la commercialisation des produits phytopharmaceutiques», espère la Fepex. Par ailleurs, le comité a également accepté sa proposition que soit poussée l’idée selon laquelle les autorisations de produits phytopharmaceutiques soient effectuées au niveau régional et non par État membre, «afin d'avoir une plus grande disponibilité de ces produits». Pour la prochaine récolte, les associations de producteurs demeurent prudentes : une saison normale et de bonne qualité est attendue, mais elle dépendra aussi du climat des mois à venir.
Menus végétariens: Lille reconnue «précurseure» en restauration scolaire
La ville de Lille a reçu le label "Assiettes vertes" de l’association Assiettes végétales pour son action favorisant les alternatives végétales dans les cantines scolaires, selon un communiqué le 21 juin. C’est la 7ème ville de France, après Montpellier, Saint-Rémy-de-Provence, Mouans-Sartoux, Paris 11ème, Lyon et Pessac, à obtenir cette reconnaissance. L’association qualifie Lille de «précurseure en matière de réduction de la consommation de viande et de poisson dans les restaurants scolaires». La ville nordiste et les communes associées de Hellemmes et Lommes ont instauré deux menus végétariens hebdomadaires en 2018, après avoir introduit un menu végétarien par semaine dès 2014. «Lille participe à la démocratisation et à la normalisation des menus végétariens. Ces menus ont toute leur place aujourd’hui en restauration collective car ils permettent d’agir efficacement pour notre planète, pour la santé des convives et pour la réduction de la souffrance animale», salue la chargée de développement de l’association Marine Fahy, citée dans le communiqué.
Cuir: Christophe Dehard (SVA Jean Rozé) élu président d’Alliance France cuir
Directeur de la valorisation du cinquième quartier chez SVA Jean Rozé, Christophe Dehard a été élu président d’Alliance France cuir, à l’occasion de l’assemblée générale de l’organisation le 20 juin. Arrivé en 2012 dans le groupe Les Mousquetaires (enseigne Intermarché), «il apporte une expérience riche sur l’amont de la filière [cuir], incluant l’élevage et la préparation des peaux», précise un communiqué. M. Dehard est aussi président de la Fédération française des cuirs et peaux (abattoirs et négociants), depuis 2018, ainsi que vice-président du Comité professionnel de développement économique cuir (institut technique). Il succède à Franck Boehly, qui avait annoncé en mars qu’il ne se représenterait pas. Alliance France cuir est l’interprofession du cuir (ex-Conseil national du cuir); elle regroupe 21 fédérations du secteur.