Agrafil du 26 février 2024

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Elevage: le gouvernement dévoile son plan, 400 M€ de prêts garantis en juillet

Le gouvernement a présenté le 25 février son plan sur l'élevage dont plusieurs mesures avaient déjà été présentées, comme les avantages fiscaux et sociaux à hauteur de 150 millions d'euros pour les éleveurs bovins déjà promis par Gabriel Attal courant février. En matière de soutien financier, le gouvernement annonce un plan visant à fournir 400 millions d'euros de prêts garantis au secteur de l'élevage dès juillet. Concernant l'étiquetage, il promet la publication fin février du décret protégeant les dénominations utilisées pour désigner les denrées alimentaires d'origine animale. Le gouvernement veut aussi obliger la restauration collective à intégrer dans ses menus 100% des produits «durables et de qualité» pour les viandes et poissons. Autre objectif: protéger l'image du secteur, l'un des principaux postes émetteurs de gaz à effet de serre de l'agriculture, avec les engrais. La consommation de viande par exemple ne «doit pas être stigmatisée», selon le plan. «La réduction de la taille de notre cheptel d'élevage en France n'a jamais constitué et ne saurait constituer un objectif de politique publique», affirme aussi le document. «Les baisses d'émissions du secteur de l'élevage à l'horizon 2030 identifiées dans la planification écologique (...) peuvent être atteintes sans réduire la taille du cheptel par rapport à 2023, en agissant sur les autres leviers», comme l'alimentation animale, ajoute-t-il. Autres mesures proposées: une campagne de communication de 3 millions d'euros sur les métiers agricoles. Enfin un groupe de travail interministériel se penchera par ailleurs sur les manuels scolaires «pour objectiver si des raccourcis conduisant à des stigmatisations ou informations inexactes à l'aune des connaissances scientifiques existantes sont présents, et le cas échéant, inviter à les corriger».

«Prix planchers»: Conf' et CR satisfaites, FNSEA et Coopération agricole circonspectes

Réagissant à l'annonce le 24 février par le Président de la république de mettre en place «prix plancher» pour les agriculteurs, a Confédération paysanne, a salué une mesure s'apparentant à sa revendication d'un prix minimum garanti.  «Il faut qu'on m'explique les yeux dans les yeux comment on peut être contre ça», a déclaré la porte-parole de l'organisation, Laurence Marandola le jour-même lors d'une conférence de presse. La Confédération paysanne veut que ce prix plancher permette de couvrir non seulement les coûts de production mais aussi la protection sociale des agriculteurs (santé, retraites). «On est pour le principe des prix planchers mais on attend de voir», dit de son côté à l'AFP Véronique Le Floc'h, à la tête de Coordination rurale. «Je ne pense pas que le souhait du président, vu la politique économique qu'il a menée depuis le début, soit de soviétiser l'économie», a remarqué de son côté le président du syndicat majoritaire FNSEA sur RTL et M6 samedi, expliquant avoir «demandé quelques éclairages». Le vocabulaire hérisse l'organisation: «Prix plancher, ça laisse entendre qu'il y a une sorte de conférence annuelle ou trimestrielle où on dirait La viande, elle vaut tant», souligne Arnaud Rousseau. «Je n'ai pas le mode d'emploi, je n'ai pas la baguette magique qui me permette de faire fonctionner des prix planchers», déclare à l'AFP M. Chargé, président de la Coopération agricole. «Pour garantir des prix planchers», il faut être en mesure de les répercuter dans le prix de vente, «ou qu'une puissance publique vous garantisse de couvrir la différence», dit-il.

OMC: appels à la conférence ministérielle pour sauver le coton africain

 Des pays africains producteurs de coton ont dénoncé dimanche les «distorsions» causées aux échanges commerciaux de coton par les grands pays industriels, appelant l'OMC à trouver une solution lors de la réunion ministérielle qui s'ouvre le 26 février à Abou Dhabi. La 13e Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce se tient la semaine prochaine dans la capitale des Emirats arabes unis, mais le dossier agricole, dont fait partie le coton, a peu de chance d'avancer tant les divergences sont fortes. Le 24 février, la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, et le patron de la Fifa, Gianni Infantino, ont annoncé le renforcement du partenariat de ces deux organisations afin d'aider les pays africains à participer aux chaînes de valeur du coton. Le C4 et la Côte d'Ivoire ont soumis à l'OMC un projet de Décision ministérielle sur le coton en vue de la conférence. Mais, a indiqué le ministre tchadien, «le C4 constate avec regret que ce projet de décision qui met en évidence des modalités réalistes, pour plafonner et éliminer progressivement toutes formes de soutien ayant des effets de distorsion des échanges (...) n'a pas été pris en compte». Pourtant, a-t-il relevé, l'agriculture, en particulier le coton, «constitue un secteur stratégique non seulement pour la création d'emplois, mais aussi pour la sécurité alimentaire», avant d'ajouter que «si l'on développe cette filière du coton» en Afrique, «cela contribuera énormément à la paix».

Pologne: des agriculteurs bloquent un important passage frontalier avec l'Allemagne

Des agriculteurs polonais ont commencé à bloquer le 25 février un important poste frontalier avec l'Allemagne, à Slubice, pour protester contre des régulations européennes et les importations des produits hors-UE qu'ils jugent non conformes aux normes européennes. «Le blocage a bien commencé à 13h00 (12H00 GMT), les deux voies de l'autoroute A2 sont coupées», a déclaré à l'AFP Ewa Murmylo, porte-parole de la police locale. Les agriculteurs avaient prévu initialement 25 jours de blocage mais après des entretiens avec la population locale, des hommes d'affaires et des transporteurs, ils ont décidé de «débloquer le passage probablement demain», lundi, a précisé à l'AFP Dariusz Wrobel, un des organisateurs du mouvement. «Cela dépend des choses qu'on ne peut pas prévoir», a-t-il dit, à la veille du conseil des ministres de l'Agriculture des pays de l'UE, lundi à Bruxelles. «Il faut qu'on se mette à nous prendre au sérieux», a lancé M. Wrobel. «Nous protestons contre le Pacte vert européen, il faut maîtriser enfin les importations des produits agro-alimentaires en provenance des pays hors UE, et il faut qu'on prenne soin de la production agricole dans l'UE», a-t-il précisé. Selon lui, les agriculteurs polonais «s'identifient» avec l'ensemble du mouvement de protestation de fermiers à travers le continent. Des protestations d'agriculteurs se déroulent depuis plusieurs semaines en Pologne, les agriculteurs bloquant des routes à travers le pays et les postes frontaliers avec l'Ukraine.

Pologne: huit wagons de maïs, probablement ukrainiens, déversés sur une voie ferrée

Huit wagons contenant du maïs, en provenance d'Ukraine selon Kiev, ont été ouverts et leur contenu déversé le 25 février sur une voie ferrée en Pologne, ont annoncé le gouvernement ukrainien et la police polonaise. L'incident, qui s'est produit dans la matinée, semble être un nouvel épisode des protestations des agriculteurs polonais contre les importations de denrées agro-alimentaires ukrainiennes, jugées non-conformes aux normes européennes et bien moins chères que les produits locaux. Le vice-Premier ministre ukrainien Oleksandr Koubrakov a dénoncé sur son compte X «160 tonnes de céréales ukrainiennes détruites», alors qu'elles étaient «en transit vers le port (polonais) de Gdansk, puis vers d'autres pays». «Quatrième cas de vandalisme dans les gares polonaises», s'est-il insurgé en appelant le gouvernement polonais à mettre fin à ce genre d'actes d'«impunité et d'irresponsabilité». Lors de sa conférence de presse consacrée le 25 février au 2e anniversaire de l'agression russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé qu'il était «injuste d'utiliser l'Ukraine pour faire pression sur les institutions européennes». «Il est très important pour nous de préserver l'union avec la Pologne. Mais si aucune mesure n'est prise (par Varsovie), nous protégerons nos entreprises», a-t-il assuré. Interrogée par l'AFP, la police polonaise a confirmé qu'un incident avec du maïs ukrainien «a bien eu lieu» alors que le train était en arrêt «sur une voie ferrée auxiliaire à Kotomierz», à près de 300 km au nord-ouest de Varsovie.

Vin : la filière lance un «parcours innovation» face au dépérissement de la vigne

Le Cniv (interprofession des vins d’appellation et sous IG) a lancé le 25 février une initiative pour accompagner l’innovation face au dépérissement de la vigne. Cela consiste à «favoriser le développement de solutions répondant aux nouveaux enjeux auxquels le vignoble est confronté: aléas climatiques, pathogènes, baisse des rendements, etc.», selon l’invitation envoyée à la presse. L’initiative, baptisée «parcours innovation», fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt. Elle s’inscrit dans le cadre du Plan national dépérissement du vignoble, dirigé par le Cniv en collaboration avec l'Etat. Entreprises privées et apporteurs de solutions du public sont invités à entrer dans le parcours «pour tester (leurs) solutions sur le terrain, entrer en contact avec (leurs) premiers clients viticulteurs testeurs, maturer (leur) innovations et se propulser dans le marché viti-vinicole», selon la plaquette explicative. Un soutien technique est proposé à travers l’accès à un réseau de parcelles d’expérimentation, la mise à disposition de techniciens et d’experts. Le «parcours innovation» inclut aussi un accompagnement vers la mise en marché et un accélérateur de développement technique et de chiffre d’affaires.