Manifestations: les ministres de l'Agriculture de l'UE demandent davantage à Bruxelles
Les ministres de l’Agriculture de l’Agriculture de l’UE réunis le 26 février à Bruxelles se ont globalement soutenu les premières mesures mise sur la table par la Commission européenne pour répondre aux protestations agricoles, mais souhaitent aller plus loin notamment en rouvrant l’acte de base de la Pac. Aux abords du bâtiment où se tenait la réunion, plusieurs centaines de tracteurs ont défilé, aspergeant les rues de lisier, ce qui a conduit à des échauffourées avec les forces de l’ordre. À moyen terme, les ministres attendent des propositions de règlements pour déroger à certaines obligations de la conditionnalité (BCAE), simplifier les contrôles et assouplir les conditions de modification des plans stratégiques nationaux. La Belgique, qui préside le Conseil de l’UE, espère que ces propositions pourront être examinées avant les élections européennes. Mais les Vingt-sept ont aussi demandé à Bruxelles un relèvement du plafond des aides d’État de minimis (pouvant être accordées sans notification préalable). La présidence belge a également indiqué qu’elle présenterait un document compilant les réflexions des États membres sur l’avenir de la Pac afin d’alimenter le dialogue stratégique lancé par la Commission européenne. Le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a émis l'idée de supprimer les BCAE 6 (couverture des sols), 7 (rotation des cultures) et 8 (jachères) pour en faire des éco-régimes. «Mieux vaut encourager les agriculteurs avec des mesures incitatives volontaires que les contraindre», estime-t-il. Une proposition à laquelle, selon le ministre belge, les États membres sont favorables. Mais il faudra pour cela rouvrir la Pac.
Simplification : Marc Fesneau veut que le Green deal soit aussi un «Production deal»
Intervenant en amont de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE du 26 février, qui doit passer en revue les propositions de la Commission européenne pour simplifier la Pac et améliorer le revenu des agriculteurs, Marc Fesneau s’est fermement prononcé pour que le Green deal européen soit également un «Production deal». Pour lui, il est nécessaire que le Pacte vert assure aussi la capacité de production de l’UE sinon, «on perd ce que nous voulons», ajoute-t-il. Et d'ajouter que le risque est d'avoir «une agriculture soucieuse des sujets environnementaux, mais qui est incapable de produire ce dont on a besoin». Au-delà de ce sujet, Marc Fesneau a insisté sur «le besoin de réconcilier les agriculteurs avec leur Pac». En dépit des élections européennes, il estime qu’il faut continuer à préparer les textes pour la simplification afin de poser les jalons d’une Pac qui rassure. À ce titre, s’il estime qu’il y a de l’espace dans le texte actuel pour des adaptations (notamment via des actes délégués), il n’écarte pas la possibilité de modifier l’acte de base. «L’important, c’est d’avoir un texte sur la table, même si les élections au Parlement européen vont retarder l’adoption», indique-t-il.
Simplification: Bruno Le maire veut supprimer les documents Cerfa
Dans le cadre du futur projet de loi de simplification, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire propose notamment «la suppression des Cerfa», a-t-il expliqué à l'occasion d'une table ronde avec les acteurs du secteur agricole le 26 février. «Prenez les Cerfa, ça sert encore à quelque chose les Cerfa? Vous ne pensez pas qu’on peut se passer des Cerfa? Voilà une réflexion que l'on peut ouvrir. Les Cerfa, c’est le boulot de l’administration, ça ne doit pas être le boulot d’un paysan. La suppression des Cerfa, voilà quelque chose sur quoi je pense qu'on peut travailler». Les documents Cerfa sont des documents administratifs normalisés qui permettent à l'administration de disposer de toutes les informations nécessaires à chaque demande. Lors de sa visite au Salon de l'élevage, en octobre, Bruno Le Maire avait invité le secteur agricole à partir aux Assises de la simplification, qui devraient aboutir à un projet de loi de simplification. A l'issue des manifestations agricole de février, le Premier ministre avait annoncé une série de simplifications pour le secteur agricole, dont le «contrôle administratif unique» en matière d'environnement, face auxquels les fonctionnaires demandent des éclaircissements. Lors de sa conférence de presse au Salon de l'agriculture, le Président de la république a quant à lui promis à «droit à l'erreur», là encore à préciser.
Plan trésorerie: Bruno Le Maire attend des «propositions plus ambitieuses» des banques
Lors d'une visite le 26 février au Salon de l'agriculture, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a appelé banques et assurances, à l'occasion de la réunion programmée le lendemain, à «faire des propositions plus ambitieuses de façon à ce que nos paysans puissent avoir accès plus facilement à des crédits, à des taux qui soient les plus attractifs possible». Dans un communiqué paru plus tard dans la journée, le groupe BPCE a annoncé «quatre nouvelles initiatives», auxquelles les agriculteurs peuvent accéder après «étude personnalisée de sa situation»: la «mise en place d’un financement court terme (jusqu’à 10% du chiffre d’affaires) dans des conditions exceptionnelles, à taux préférentiel et pour une durée maximum de 18 mois» – sans préciser les conditions en question –; des «propositions d’adaptation des échéances des prêts existants»; un «renforcement de notre action visant à limiter le recours aux garanties personnelles via la mise en place d’enveloppes de garantie», là encore sans précisions chiffrée ; et enfin des «actions proactives dans la recherche de revenus additionnels pour les agriculteurs». À la suite de sa rencontre avec les représentants nationaux des syndicats agricoles, le 24 février au Salon de l'agriculture, le président de la République avait annoncé, lors d'un point presse, un «plan de trésorerie d'urgence», et qu'à cette fin, un recensement soit fait des exploitations en difficultés.
«Prix plancher»: Bercy pilotera un «chantier» avec les organisations professionnelles agricoles
Le président de la République a réuni, ce 26 février, le Premier ministre et six ministres – dont ceux de l'Agriculture, de l’Économie et de la Transition écologique – pour évoquer ses annonces lors du Salon de l'agriculture deux jours plus tôt. Emmanuel Macron «a demandé à Bercy de lancer un chantier sur les prix plancher avec l'ensemble des organisations professionnelles agricoles», avec l'objectif d'aboutir en vue du futur projet de loi que le Premier ministre Gabriel Attal a promis de présenter d'ici l'été sur le revenu des agriculteurs. Selon ses services, Emmanuel Macron a demandé le 24 février aux syndicats agricoles «d'aboutir à quatre ou cinq revendications assez fortes pour structurer les échanges». Il espère leur retour «dans les dix jours» afin de «travailler sur ces revendications» en vue du nouveau rendez-vous qu'il leur a donné dans trois semaines à l'Élysée. Derrière cette demande, il y a «la volonté de poser un cadre de référence commun», «d'avoir quelques mesures identifiées par l'ensemble des acteurs», a expliqué un conseiller. «Il faut maintenant clore la crise et se mettre d'accord sur les quelques mesures fondamentales pour faire la différence pour les agriculteurs et permettre aux agriculteurs de rentrer chez eux tranquillement et d'avoir été entendus», a ajouté une autre conseillère.
OMC: attentes faibles sur l'agriculture pour la conférence ministérielle qui s'ouvre mardi
Les négociations à la conférence ministérielle de l'OMC à Abou Dhabi sur la pêche et l'agriculture entrent dans le vif du sujet le 26 février, mais elles s'annoncent difficiles, avec en ligne de mire l'Inde, dont l'arrivée du ministre se fait attendre. Le dossier agricole, hautement sensible comme l'ont montré les récentes manifestations d'agriculteurs en Europe et en Inde, sera également âprement négocié, mais les attentes sont très faibles. Pour l'instant, «nous ne sommes pas parvenus à une convergence sur le texte», a indiqué aux journalistes le directeur de la division agriculture à l'OMC, Edwini Kessie. Les ministres ne devraient même pas se mettre d'accord sur un programme de travail. La directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, les a pourtant presque suppliés de le faire. «Étant donné le caractère central de la question cette semaine, je vous implore de parvenir à un résultat en matière d'agriculture même s'il s'agit d'établir une plateforme» en vue de discussions ultérieures, a-t-elle dit. «La question la plus difficile est celle des stocks publics de denrées alimentaires» pour assurer la sécurité alimentaire des populations, a indiqué M. Kessie. Plusieurs pays, l'Inde en tête, demandent qu'un accord temporaire à ce sujet trouvé en 2013 devienne permanent.
Assurance: AXA Climate lance Altitude Agriculture pour quantifier le risque climatique
Le 26 février, Axa Climate a annoncé par communiqué le lancement d’une nouvelle plateforme digitale, Altitude Agriculture, qui entend quantifier l’impact du changement climatique sur les productions agricoles à horizon 2030 et 2050. À partir des données du Giec, elle tient compte des spécificités locales de l’exploitation, de la typologie des sols et des cultures, et anticipe les besoins en eau, mesure l’impact du stress hydrique et d’aléas climatiques précis sur les rendements, tout en testant différents scenarii d’adaptation. Altitude Agriculture permet aussi de définir les mesures d’adaptation les plus efficaces (variétés plus résilientes, décalage des périodes de production, amélioration de la qualité des sols, optimisation de l’irrigation…). L’outil simule la variation des rendements et la marge financière de l’exploitant agricole selon le scenario d’adaptation, et est capable de projeter des rotations optimales dans un contexte climatique futur. «Face au changement climatique et à ses conséquences croissantes, Altitude est un véritable outil d’aide à la décision, fondé sur des données scientifiques solides. C’est le type d’initiatives dont devra s’emparer le secteur agricole pour faire face aux transformations qui s’annoncent», affirme Lucile Dauger, agronome et spécialiste de la transition agricole chez AXA Climate.
Pesticides: l’Anses affirme que l’harmonisation des calendriers est son cap
«Aligner quand cela est possible» les calendriers européens et français en matière de produits phytosanitaires «est clairement un objectif, parce que selon la législation européenne, le dispositif doit être harmonisé», a déclaré Charlotte Grastilleur, directrice des produits réglementés à l’Anses, en conférence de presse au Salon de l'agriculture le 26 février. Elle répondait aux questions des journalistes sur la volonté du gouvernement de renforcer la coordination calendaire, indiquée par le Premier ministre Gabriel Attal le 1er février et déjà annoncée un an plus tôt par sa prédécesseur Élisabeth Borne. Par le passé, a ajouté le directeur général Benoît Vallet, la France n’a pas été «à ce point décalée» sur les «chantier européens». «Beaucoup de choses qui ont été anticipées [par la France sur l’Europe] étaient plutôt des décisions politiques que sanitaires», a-t-il affirmé. «Les circonstances sur lesquelles on a été en avance de phase, je pense qu’elles se comptent sur les doigts d’une main», a renchéri Charlotte Grastilleur. Selon elle, l’Anses a impulsé les dossiers diméthoate, phosmet et S-métolachlore à cause du «risque» des produits, car «on était tenus de le faire selon l’article 44 du règlement [européen] n°1107-2009». En revanche, les dossier néonicotinoïdes et glyphosate relevaient davantage du politique, a-t-elle glissé.
Bananes: l'UGPBan renonce à son projet de filière bio avec la variété Pointe d'or
À l'occasion d'une conférence de presse le 26 février au Salon de l'agriculture, les groupements de producteurs antillais de bananes de l'UGPBan ont annoncé avoir renoncé à leur projet de filière bio associée à la variété Pointe d'or. Résistant à la cercosporiose noire, ce bananier développé par le Cirad avait été implanté depuis 2020 sur 40 ha en vue de développer une filière bio. «Nous avons fait des essais avec Carrefour, mais nous avons abandonné fin 2022», a annoncé Pierre Monteux, directeur général de l'UGPBan. Les essais en rayons se seraient révélés non concluants en raison de la couleur de la banane, jaune avant d'être mûre, virant vers le noir à maturité, ont expliqué les professionnels. En France, les bananes bio proviennent essentiellement de l'étranger. Ce marché aurait légèrement reculé en raison de l'inflation, après avoir atteint 15% des ventes dans les grandes surfaces françaises, selon l'UGPBan. Les professionnels français sont le plus souvent à l'offensive contre cette filière. Après avoir affiché le message «la Banane française, mieux que bio c’est possible» lors du Sia 2018, l’UGPBan avait notamment perdu le procès qui l’opposait aux importateurs de bananes bio étrangères.
Bananes: la filière attend des plants NBT résistants à la cercosporiose noire d'ici «3-4 ans»
À l'occasion d'une conférence de presse le 26 février au Salon de l'agriculture, les groupements de producteurs antillais de bananes de l'UGPBan ont indiqué qu'ils espéraient que des plants résistants à la cercosporiose noire soient disponibles d'ici «trois à quatre ans». «Nous espérons beaucoup de la recherche variétale, il existe une voie très prometteuse avec les NBT, a indiqué le directeur de l'UGPBan, Pierre Monteux. Plusieurs laboratoires travaillent dessus, nous espérons qu'un plant résistant sera prêt d'ici trois à quatre ans.» Une fois disponible, la filière prévoit de renouveler l'intégralité de sa sole (7000 hectares) en trois à quatre années. Pour cela, il faudra que la réglementation autorise ces variétés en France. Le Parlement européen a adopté, le 7 février, sa position sur la réforme de l'encadrement des NBT. Les producteurs de bananes s'attendent à une entrée en vigueur de la réglementation d'ici deux ans. Grâce aux rendements attendus de ces variétés, la filière espère revenir à un niveau de production de 250 000 t (contre 200 000 tonnes attendues en 2024). De son côté, le gouvernement australien a délivré mi-février la première licence de commercialisation pour une banane de variété Cavendish génétiquement modifiée pour résister à la maladie TR4 (maladie de Panama).
Lait: Sunlait trouve un accord sur 60 millions de litres de lait avec le groupe MLC
En différend avec son acheteur Savencia, l’association d’organisations de producteurs (AOP) Sunlait a annoncé le 26 février avoir trouvé un accord avec le groupe Les Maîtres laitiers du Cotentin (MLC) et sa filiale Yéo Frais pour la livraison de 60 millions de litres de lait, soit un dixième de la production des élevages de l’AOP. Cet accord est «un bol d’air pour les deux protagonistes, l’industrie s’assurant de livraisons de lait et les producteurs d’un nouveau transformateur», affirme un communiqué commun. Il assure un débouché pour la production de près de 300 exploitations laitières. Les livraisons débuteront fin 2024. Le contrat entre Savencia et certaines OP membres de Sunlait devait prendre fin début mars; l’industriel et l’AOP ont prolongé in extremis le 20 février leur accord jusqu’au 31 octobre, après une décision du comité de règlement des différends commerciaux agricoles. Les volumes concernés par l’accord avec MLC seront livrés à la société Yéo Frais, située à Toulouse (rachetée par MLC en 2017). L’industriel, qui est l’un des derniers fabricants de produits laitiers ultra-frais du Sud-ouest, est confronté à une forte déprise laitière dans la région (-6,3% de livreurs sur un an en décembre 2023). Le site transforme 110000 tonnes de lait en yaourts, crèmes et lait de consommation chaque année.
Lait: en Italie, Lactalis sanctionné pour «pratiques déloyales» sur le prix du lait
Le géant laitier Lactalis s'est retrouvé dans le viseur du ministère italien de l'Agriculture, qui lui a infligé une première amende de 74 000 € pour «pratiques déloyales», lui reprochant d'avoir abaissé en 2023 de manière «unilatérale» le prix du lait payé aux producteurs. Une accusation qui a été réfutée par Lactalis, dont la filiale Italatte compte faire appel de cette amende et d'éventuelles autres sanctions futures, considérant «le préjudice économique allégué comme totalement infondé», selon un communiqué du groupe du 26 février. L'an dernier, «les modifications contractuelles proposées ont permis aux agriculteurs de gagner 40 millions d'euros» de plus qu'en 2022, soit «10% de plus que ce qui était initialement prévu, à un prix conforme au marché», fait valoir Lactalis. La multinationale «a profité de sa position dominante en Italie pour réviser unilatéralement les contrats conclus avec nos producteurs de lait, ce qui a entraîné une baisse de leurs revenus», avait au contraire affirmé le 24 février le ministre de l'Agriculture Francesco Lollobrigida. «Lactalis doit respecter les règles de ce pays, nos producteurs et nos coûts de production», a-t-il déclaré lors d'un forum à Saturnia (centre). En tout, 100 procédures pour des «pratiques déloyales» concernant le prix du lait payé aux éleveurs sont ouvertes en Italie contre Lactalis.
Produits laitiers AOP: les Français continuent de les consommer, mais moins fréquemment
«Il y a un peu moins de produits laitiers AOP dans les paniers des Français», constate Romain Le Texier, directeur des études du Cniel (interprofession laitière). Dans un contexte fortement inflationniste, les AOP laitières ont perdu des parts de marchés en 2023, de l’ordre de 0,5% en volume pour les fromages au rayon libre-service et de 0,2% à la coupe. «Les Français achètent moins souvent, mais ne sont pas moins nombreux à le faire», observe le Cnaol, qui réunit les 51 AOP laitières. Quelque 95% des foyers sont consommateurs de produits laitiers AOP, un chiffre constant sur les cinq dernières années. Le segment a notamment souffert de la baisse de fréquentation des rayons à la coupe (près de 40% des ventes en hyper et supermarchés). «Les animations ont été moins nombreuses. Certains distributeurs ont même fait le choix de fermer des rayons», note Romain Le Texier. Les ventes de fromages à la coupe (toutes qualités confondues) ont reculé de 15% entre 2021 et 2023. Un peu moins de 254 000 t de produits laitiers AOP sont commercialisées chaque année. Les ventes sont en progression de 12% sur les dix dernières années, mais ont marqué un recul de 2% entre 2021 et 2022. Selon un baromètre Kantar pour le Cnaol, 65% des Français connaissent le logo AOP, contre 19% en 2014. De plus, parmi ceux qui connaissent le label, 80% lui font confiance.
Blé ukrainien: Canada et Pologne songent à exporter vers des pays «dans le besoin»
La Pologne et le Canada discutent des exportations des céréales ukrainiennes vers des pays en ayant besoin, a déclaré le Premier ministre polonais le 26 février, alors que des agriculteurs polonais bloquent des passages frontaliers et déversent des cargaisons ukrainiennes. «Nous avons discuté de la manière dont le Canada et la Pologne pourraient accroître considérablement les possibilités d’exportation des céréales ukrainiennes vers les pays qui connaissant la famine et qui sont dans le besoin», a déclaré le chef du gouvernement polonais Donald Tusk à l’AFP. Et d’ajouter que Varsovie était «prête à participer activement, et même à cofinancer de telles activités», à l’occasion d’une conférence de presse avec son homologue canadien Justin Trudeau. Selon M. Tusk, de telles actions «pourraient être d'un grand secours pour les agriculteurs polonais et européens, pour l'Ukraine et pour ceux qui attendent des denrées alimentaires bon marché dans d'autres régions du monde». Depuis plusieurs semaines, nombreux sont les agriculteurs polonais, ainsi que d'autres pays européens, à protester en masse contre les importations de denrées agroalimentaires ukrainiennes, jugées non-conformes aux normes européennes et bien moins chères que les produits locaux.
Exportations françaises: les investissements étrangers amélioreraient leur performance
À l’occasion du Salon de l’agriculture, FranceAgriMer a présenté le 26 février une étude sur les effets des investissements directs étrangers (IDE), entrants comme sortants, sur les exportations de produits agricoles et agroalimentaires. L’objectif étant de mieux appréhender lesdits effets, pour savoir s’il existe un intérêt à favoriser ou non les IDE. Menée par le cabinet Oco global pour le compte de l’établissement public, l’étude souligne «qu’une corrélation semble exister entre les IDE et l’amélioration de la performance à l’export», rapporte Vincent Raufast, directeur du bureau parisien d’Oco global. Evaluant la période 2003-2022, l’étude révèle que le nombre d’IDE, tous secteurs confondus, a été multiplié par 1,8 dans le monde. Le secteur agroalimentaire n’est pas en reste, puisqu’au cours de la même période, il a été multiplié par 1,5 et a représenté 5% du flux d’IDE. «En Europe, les investissements étrangers proviennent des marchés les plus proches», précise M. Raufast. Par exemple en France, près de deux tiers des investissements agroalimentaires proviennent de pays européens. À l’échelle mondiale, l'Hexagone se classe par ailleurs à la 6e place des pays les plus attractifs et à la 7e place des pourvoyeurs, où trois secteurs représentent 52% des IDE sortant d’entreprises agroalimentaires: produits laitiers (24%), céréales et oléagineux (15%) et fruits et légumes (13%).
Viande bovine/RHD: la FNB et Metro renforcent leur démarche «Éleveur & engagé»
La FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) et le grossiste Metro France ont signé, le 26 février au Salon de l'agriculture, une nouvelle version de leur convention de partenariat «Éleveur & engagé», qui établit des conditions de fixation de prix pour des animaux destinés au spécialiste de la restauration. Une signature à laquelle ont aussi participé les Jeunes agriculteurs, deux abatteurs (Puygrenier et EVA), ainsi que le réseau d'organisations de producteurs Elvéa Île-de-France. Lancée en 2019, la démarche devient compatible avec les dispositions de la loi Egalim 2. Le prix versé aux éleveurs dépend à 80% du coût de production (indicateur interprofessionnel révisé tous les six mois) et à 20% du prix de marché. S'y ajoutent des frais d'approche établis à 18 ct€/kg. La convention porte sur des bovins de race charolais, avec des critères de qualité (âge, conformation, état d'engraissement). Charge ensuite aux acteurs locaux de passer des contrats basés sur ce cadre national. Par ailleurs, les partenaires ont annoncé que les dix «halles» (points de vente) franciliennes de Metro intègrent la démarche, avec un objectif de cinq bêtes par semaine en rythme de croisière. En 2023, quinze halles participaient déjà au niveau national, pour un total 163 bêtes vendues sous la marque «Éleveur & engagé».
Élevage: une campagne de la Coopération agricole pour sensibiliser sur la biosécurité
La Coopération agricole Nutrition animale va communiquer à partir d'avril sur les réseaux sociaux LinkedIn et X afin de sensibiliser les professionnels à la biosécurité en élevage et à la sécurité des opérateurs, a-t-on appris le 26 février au Salon de l'agriculture. Une campagne qui sera répétée à la faveur de temps forts du secteur (Space, Sommet de l'élevage, etc.). En une dizaine de messages, elle abordera des moments-clés pour la sécurité/biosécurité, comme la livraison d'aliment, la collecte de lait et les enlèvements d'animaux, ainsi que la sécurité au travail dans usines de nutrition animale. «La biosécurité et la sécurité des personnes sont souvent traitées de manière distincte alors que ces sujets sont liés, notamment en termes d'organisation ou de logistique», indique-t-on à la Coopération agricole. Cette campagne intervient dans le cadre du projet «Biosécurité et sécurité des intervenants en élevages» lancé début 2023. Après un recensement des bonnes pratiques, il a notamment débouché sur la proposition de plusieurs axes d'amélioration: optimiser la gestion des flux dans les exploitations agricoles, fournir des solutions pour mettre en œuvre les bonnes pratiques ou encore améliorer la sensibilisation.
Ovins: la France accueille les Ovinpiades mondiales fin mai, sous le signe du renouvellement
Du 25 mai au 1er juin 2024, la France accueillera les Ovinpiades mondiales (concours destiné aux étudiants de la filière), ont annoncé les responsables du programme français interprofessionnel Inn'Ovin le 26 février. L'événement se déroulera sous forme d'un «tour de France», afin de «montrer la diversité des élevages ovins français», avec des épreuves et des visites dans des lieux emblématiques du secteur: ferme expérimentale du Ciirpo (Haute-Vienne), filière roquefort dans l'Aveyron, ferme de Fedatest (Haute-Loire), Charolles (Saône-et-Loire). Les Ovinpiades s'achèveront par la remise des prix le 31 mai à la Bergerie nationale de Rambouillet (Yvelines). Une trentaine de participants sont attendus, en provenance de quinze pays – tous les continents seront représentés. L'événement sera placé sous le thème du renouvellement des générations, qui sera notamment abordé lors d'une conférence/débat (en cours d'organisation) prévue le 31 mai. En France, les taux de remplacement des départs à la retraite dépassent les 90% en ovins lait et viande. Mais le président d'Interbev ovins (interprofession) Patrick Soury appelle à «ne pas baisser la garde»: si le nombre d'installations tend à se stabiliser, les cheptels et les volumes produits sont en recul.
Pommes: Pink Lady lance une analyse du cycle de vie au niveau européen
Le 26 février, à l’occasion du Salon de l’agriculture, Pink Lady Europe a annoncé le lancement d'une analyse du cycle de vie (ACV) de sa pomme au niveau européen. Celle-ci doit préparer le producteur à répondre à l’obligation d'affichage environnemental prévue pour 2025 et éditer une nouvelle version de sa charte d’engagement. «Une première ACV avait été menée en 2022 avec L’Ademe, mais elle restait au niveau français, a expliqué Thierry Mellinote, directeur général de Pink Lady Europe à Agra Presse. Ici, il s’agit de la mener au niveau aussi bien de l’Europe, des pays européens producteurs de Pink Lady et des bassins de production, ce qui est novateur.» Pink Lady va procéder à un échantillonnage au sein de son réseau européen (plus de 3000 producteurs, 80 stations de conditionnement, 13 distributeurs agréés) pour recueillir les données nécessaires. «Cette ACV va nous permettre de déployer un plan d’action au niveau de l’exploitation, le producteur étant en attente de solutions pragmatiques sur les sujets d’avenir comme la gestion de l’eau ou l’impact du climat (anticipation de la floraison)», explique Stéphanie Roguet, chef de projet RSE. Cette analyse sera menée par Agrosolutions.
Tomates/lait: Savéol et Sill se font accompagner par EDF sur la transition énergétique
La coopérative finistérienne Savéol et le groupe laitier Sill ont signé un partenariat avec EDF visant à accélérer leur transition énergétique, à l’occasion du Salon de l’agriculture le 26 février. Lancée concrètement le 1er septembre, la démarche prévoit plusieurs actions de la part de l’énergéticien: audits énergétiques, recommandation de pilotage et de maîtrise de la consommation, développement de solutions renouvelables comme le photovoltaïque, la chaleur fatale et la géothermie (deux projets sont en cours chez Savéol), et enfin propositions de montages financiers. «Ce partenariat va nous permettre, par exemple, de modéliser un parc photovoltaïque adapté aux besoins de nos entreprises, et de réinjecter de l’électricité dans le réseau EDF si possible, a expliqué Pierre-Yves Jestin, président de Savéol. Par ailleurs, nous travaillons avec Dalkia Analytics sur l’intelligence artificielle pour développer des modèles prédictifs de notre consommation.» Sill et Savéol travaillent de concert depuis 2020 sur le sujet du développement de production d’énergie renouvelable, avec certaines concrétisations (vente de gaz issu de la méthanisation des éleveurs de Sill à certains maraîchers voisins) et d’autres en étude (utilisation de l’énergie fatale des tours de séchage de Sill). Savéol vise l’objectif de 40% de ses serres en énergie renouvelable d'ici 2030.
Fruits et légumes: toujours confiants, les Français veulent plus d’informations (Interfel)
L'interprofession Interfel (fruits et légumes frais) a présenté, le 26 février au Salon de l’agriculture, la dixième édition de son baromètre de confiance des Français vis-à-vis des fruits et légumes, mené avec CSA et FranceAgriMer. Sujet de satisfaction pour la filière: celle-ci demeure bien ancrée, avec 94% de réponses positives. Les leviers de confiance sont l’origine (30%), l’aspect (26%) et la maitrise de l’approvisionnement (21%) – entendu comme l'achat auprès d’un acteur de confiance. En revanche, le sentiment d’être bien informé sur les fruits et légumes accuse une chute notable (54%, contre 61%). Un résultat à prendre en considération car, parallèlement, l’inquiétude face aux résidus de pesticides a progressé en un an (à 11% contre 7% précédemment), et ce même si les consommateurs les plus inquiets (34%) baissent régulièrement depuis 2019. Malgré tout, le prix demeure toujours le premier critère de choix, à 44% des réponses (contre 31% en 2021). La satisfaction par rapport au prix a décroché, avec 36% en 2023 contre 52% en 2020: l’inflation est passée par là. Un phénomène qui se confirme par les stratégies mises en œuvre par les consommateurs: 70% pratiquent la comparaison des prix (+13% en deux ans), 50% ont réduit leurs achats de produits sous Siqo, 34% ont réduit le nombre de variétés achetées. Et un quart des Français ont baissé leur achat de fruits et légumes.
Fruits et légumes: la MSA et Aprifel vont échanger leurs informations en matière de santé
Aprifel, l'agence pour la recherche et l'Information en fruits et légumes, a signé une convention de partenariat avec la MSA, le 25 février au Salon de l’agriculture, visant au développement de la promotion des fruits et légumes après des adhérents de la caisse. La démarche prévoit des échanges réguliers entre les deux comités scientifiques sur leurs travaux engagés et la diffusion d’outils pédagogiques produits par Aprifel auprès du réseau MSA. Les économies sur le système de santé rendues possibles par une meilleure prévention au travers de la consommation de fruits et légumes et l’évaluation de la balance risque/bénéfice liée à une forte végétalisation de l’assiette sont les thèmes qui pourraient être abordés. «Les synergies entre la MSA et Aprifel nous sont apparues évidentes, confirme Christine Jullien, directrice de cabinet de la présidence de la MSA. Ce partenariat (...) va permettre de mettre en exergue les fruits et légumes auprès de nos 5,2 millions d’adhérents.» La présence de la MSA au niveau des territoires ruraux a d’ailleurs été un moteur pour ce partenariat, indique Aprifel. Un effort devrait être particulièrement fait au niveau des centres de formation agricoles, où il existe toujours un fort déficit d’information sur cette thématique.
Pommes de terre/commerce équitable: Brets s’engage dans le label Agri-Éthique
La marque de chips Brets, développée par l’entreprise bretonne Altho, a annoncé le lancement d’un partenariat avec le label Agri-Éthique à l’occasion d’une conférence de presse le 26 février au Salon de l’agriculture. L’objectif étant de «garantir un prix rémunérateur aux producteurs, et validé par ces derniers», précise Laurent Cavard, p.-d.g. d’Altho Brets. Pour ce faire, le label Agri-Éthique, créé en 2013, propose aux agriculteurs de «se déconnecter de la volatilité des matières premières» sur le marché. Ces derniers se voient propose un contrat «sur la base d’un volume pour une durée de trois ans au minimum», précise Ludovic Brindejonc, fondateur et d.g. d’ Agri-Éthique. Et d’ajouter que, en échange, «l’agriculteur ne bénéficiera pas des prix du marché lorsqu’ils sont très hauts en raison d’effets spéculatifs». En tout, 300 agriculteurs français travaillent aujourd’hui pour Altho Brets. Pour «éviter de lier les producteurs de pommes de terre d’un point de vue économique» à sa marque, l’entreprise bretonne met toutefois à leur disposition des arracheuses de pommes de terre, et s’occupe également du stockage des tubercules via une entreprise de travaux agricoles (ETA), précise M. Cavard. Une prestation annuelle qui s’élèverait à « 1000 €/ha tout compris », selon un producteur présent.
Distribution: le plan de sauvetage de Casino validé par le tribunal de commerce de Paris
Le tribunal de commerce de Paris a validé, le 26 février, le plan de sauvegarde du distributeur Casino, selon le jugement consulté par l'AFP, ouvrant la voie à la restructuration de sa dette et à sa reprise par un consortium emmené par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Le groupe négociait depuis des mois pour restructurer son endettement devenu intenable et était entré en sauvegarde accélérée fin octobre. «Il y a lieu d'adopter le projet de plan de sauvegarde accélérée présenté par la société» Distribution Casino France, a jugé le tribunal. Au total, sept entreprises appartenant au groupe Casino faisaient l'objet d'une procédure de sauvegarde accélérée. Cette restructuration est rendue possible par l'apport d'argent frais des repreneurs comptant aussi le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds d'investissement Attestor. «À partir du mois d'avril, l'équipe de direction, emmenée par son directeur général Philippe Palazzi, mettra en œuvre un plan ambitieux de réorganisation, d'investissement et de modernisation pour asseoir le développement des enseignes du groupe», notamment Monoprix et Franprix, ont réagi les repreneurs dans un communiqué. Casino cédera à ses concurrents Auchan, Intermarché et Carrefour 288 supermarchés et hypermarchés, en trois vagues successives entre fin avril et début juillet.