Crises: Bruxelles lance un plan qui prévoit un stockage de nourriture et d’eau
La Commission européenne a présenté le 26 mars une Stratégie de l’UE pour la préparation aux situations d’urgence afin de soutenir la capacité des États membres réagir aux menaces émergentes (catastrophes naturelles, catastrophes d’origine humaine, cyberattaques, crises géopolitiques…). L’alimentation n’est pas au centre de ce plan mais, parmi la trentaine d’actions annoncées, la Commission proposera une stratégie de stockage à l’échelle de l’UE pour renforcer l’accès aux ressources essentielles comme les équipements énergétiques, les produits agroalimentaires et l’eau. Bruxelles entend «combiner les réserves centralisées à l’échelle de l’UE avec les contributions des États membres, soutenues par des partenariats public-privé, afin de garantir l’efficacité, l’évolutivité et la rentabilité» du dispositif. Des mesures sont aussi envisagées pour préserver les ressources hydriques (y compris pour la production agricole). Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen s’est toutefois dit «ravi que cette stratégie de préparation de l’Union place la sécurité alimentaire au cœur de ses préoccupations. Il est clair que garantir une alimentation de qualité et abordable est vital pour notre stabilité et notre autonomie».
Biogaz/biocarburants: les députés votent en commission la suppression des ZFE
La commission spéciale chargée d'étudier le projet de loi de «simplification» a voté le 26 mars la suppression des «Zones à faibles émissions» (ZFE), censées pousser les automobilistes à acheter des véhicules moins polluants, mais qui pénaliseraient les ménages modestes selon certains politiques. Leur développement profite aux véhicules électriques, mais également aux camions roulant au bioGNV et au B100 (biocarburant à 100 %). Mise en difficulté par la flambée des prix du gaz en lien lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, la filière GNV avait d’ailleurs contesté l’obtention de la vignette Crit’Air 1 par le B100. Ce 26 mars, les députés ont adopté, contre l'avis du gouvernement, des amendements identiques de LR et du Rassemblement national, avec certaines voix des groupes macronistes, Horizons et des indépendants de Liot, et l'abstention de plusieurs députés de gauche. Initiées en 2019 et étendues en 2021, ces ZFE affichent l'objectif d'améliorer la qualité de l'air et de limiter les émissions de particules fines, responsables de maladies respiratoires et de 40.000 décès par an selon Santé Publique France. Le ministre de l'Industrie et de l'Énergie Marc Ferracci a appelé à «se doter d'évaluations» avant de légiférer.
PPL Agrivoltaïsme : en commission, instauration d’un bail à clauses agrivoltaïques
Lors de l'examen de la proposition de loi (PPL) Agrivoltaïsme le 26 mars en commission, les députés ont instauré un bail rural à clauses agrivoltaïques. L’amendement du rapporteur démocrate Pascal Lecamp vise à la fois à « assurer le bon fonctionnement de l’installation agrivoltaïque et protéger la pérennité de l’activité agricole », selon l’exposé. Cette évolution du texte va dans le sens de la PPL déposée le 10 septembre par le sénateur centriste Franck Menonville « tendant à créer un bail rural à clauses agrivoltaïques ». Les clauses peuvent notamment prévoir les modalités selon lesquelles l’installation apporte à la parcelle un des services (amélioration agronomique, adaptation au climat, protection contre les aléas, bien-être animal) mentionnés dans la loi Aper de 2023. Elles peuvent aussi prévoir les conditions dans lesquelles les parties s’assurent périodiquement de « l’adéquation des conditions d’exploitation des projets agricoles et agrivoltaïques, et mettent en place les adaptations nécessaires ». Une autre évolution du texte, voté le 26 mars, concerne la relation entre le propriétaire et l’énergéticien, régie par un bail emphytéotique. « L’emphytéote est seul tenu à l’obligation de démantèlement », selon l’amendement.
PPL Agrivoltaïsme : en commission, fléchage du fonds de redistribution vers l’agricole
Lors de l'examen de la proposition de loi (PPL) Agrivoltaïsme le 26 mars en commission, les députés ont fléché le fonds de redistribution territorial entièrement vers l’agriculture. L’amendement du rapporteur démocrate Pascal Lecamp prévoit de flécher la totalité des contributions versées par les énergéticiens à ce titre vers « des projets visant à la structuration économique des filières agricoles (…) ou s’inscrivant dans un projet alimentaire territorial ». Cette contribution est versée « à un fonds géré par la chambre d’agriculture » du département où est implanté le projet, ajoute le texte. Un décret précisera les modalités d’organisation et de fonctionnement du fonds, « qui pourrait s’inscrire dans un groupement d’utilisation de financement agricoles (Gufa) » préexistant, selon l’exposé. Par ailleurs, un autre amendement de Pascal Lecamp, adopté le 26 mars, prévoit de doubler à 10 MWc (contre 5 MWc initialement dans le texte) la puissance maximale par exploitant. Les députés ont voté, contre l’avis du rapporteur, un amendement socialiste donnant aux CDPenaf la possibilité de réduire ce plafond lorsque les terres concernées le justifient, « notamment en raison de leur valeur agronomique, de leur rôle en matière de biodiversité ou de leur contribution aux équilibres territoriaux ». La PPL doit être examinée en séance publique les 1er et 2 avril.
PPL Entraves : finalement pas inscrite à l'ordre du jour de la semaine du 28 avril
Nouveau retard dans le calendrier annoncé pour l'examen de la proposition de loi Entraves. Contrairement à ce qui avait été indiqué par Matignon à l'AFP il y a cinq jours, la conférence des présidents de l'Assemblée nationale n'a pas inscrit le texte à l'ordre du jour de la semaine du 28 avril – qui est inscrite comme une semaine dédiée au contrôle de l'action gouvernementale. Interpelée dans l'Hémicycle, la ministre de l'Agriculture n'a pas indiqué de nouvelle date. Interrogé sur la probabilité qu'il soit examiné d'ici fin mai, son cabinet répond positivement, sans certitude. À partir du 12, mai, l'agenda de l'Assemblée nationale prévoit trois semaines à la main du gouvernement. Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau avait déploré le 18 mars l'« incertitude » autour de ce texte, quand le rapporteur à l'Assemblée Julien Dive (Les Républicains) s'est alarmé des rumeurs de report fin mai, qui laisserait selon lui « des filières définitivement en situation d'impasse pour la campagne 2025 » – référence à l'acétamipride, pesticide pour lequel le texte prévoit une dérogation d'usage. Un temps prévu pour le mois de juin, l'examen du texte avait été annoncé pour début avril, avant que le gouvernement n'y renonce face au risque d'obstruction de l'opposition. Au centre du jeu, le président du groupe Modem Marc Fesneau avait dénoncé ces promesses, et appelé les parties prenantes à se mettre autour de la table, pour réduire le périmètre du texte en commission afin de faciliter son adoption.
Chambres d’agriculture : en Loir-et-Cher, le président annonce sa démission (presse)
Arnaud Bessé, reconduit à la tête de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher début mars, a annoncé qu’il démissionnera de ce poste au 30 avril, indique la Nouvelle République le 25 mars. Une décision annoncée dans un courrier aux syndicats du département, dont aucun n'a souhaité réagir, selon le quotidien régional. Adhérent FDSEA, M. Bessé a été réélu alors que la Coordination rurale a remporté la majorité des voix du collège 1 (chefs d’exploitation) début janvier. La CR a déposé un recours, et M. Bessé a indiqué qu’il « ne commentera pas sa décision avant le résultat » de cette procédure. Dans un contexte de fortes tensions, le président de la chambre prévient que « toute forme de menaces individuelles ou collectives […] fera l’objet d’un dépôt de plainte ». Quelques jours plus tôt, les trois têtes de liste aux élections dans le département – Arnaud Bessé, Édouard Legras (CR) et Élise Guellier (Confédération paysanne) – se sont engagées à « une possible nouvelle élection du président dans le délai légal le plus court », ainsi qu’à « travailler à la reconfiguration du bureau où chaque syndicat pourrait être représenté » (y compris les syndicats de salariés). Une décision prise lors d’une réunion à l’initiative du préfet du Loir-et-Cher, encore selon la Nouvelle République.
Syndicalisme : la FNSEA adopte un taux plancher de féminisation de ses instances
À l'occasion de son congrès à Grenoble, le 26 mars, la FNSEA a adopté, malgré quelques abstentions et votes contre, une motion visant à imposer un pourcentage de 25 % de femmes dans ses instances, y compris régionales et départementales, rapportent les congressistes en marge de l'évènement qui se déroulait en huis clos jusqu'à 18h. Un changement de méthode motivé par les obligations en vigueur dans les organisations paritaires, avait expliqué Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, le 18 mars en conférence de presse. Ce plancher sera inscrit dans les statuts, et une clause de revoyure de deux ans a été adoptée. En congrès, le président de la FNSEA a rappelé que de premières dispositions non coercitives avaient été prises en 2019, sans effet jusqu'ici. Les débats ont porté non pas sur l'opportunité d'augmenter le nombre de femmes parmi les élus, mais sur les moyens à employer, certains rejetant le principe de l'obligation, ou parfois seulement le terme de quotas. « Il ne s'agit pas de quotas mais d'une démarche positive », expliquent plusieurs congressistes, assurant soutenir la motion. « L'objectif n'est pas d'imposer des quotas, mais d'encourager les femmes à s'engager », assure un autre. Sur 25 élus, le bureau de la FNSEA ne compte qu'une seule femme. Au conseil d'administration, douze femmes siègent parmi les 89 élus. La ferme France compte 26 % de femmes exploitantes selon les chiffres de la MSA de 2021, un chiffre qui stagne depuis les années 2000.
Syndicalisme: en congrès, la FNSEA discute de son positionnement, sans acter de virage
Réunis à huis clos les 25 et 26 mars notamment pour une séquence de bilan des élections aux chambres d'agriculture, les congressistes de la FNSEA ont discuté du positionnement du syndicat, après la chute de son score au profit de la Coordination rurale. Ils n'ont toutefois pas acté de virage dans la stratégie du syndicat, ni remis en cause le bilan de l'équipe dirigeante en place. L'équilibre entre une posture historique de «syndicat constructif» ou de «syndicat de solutions», mais qui ne verserait toutefois pas dans la «cogestion» a traversé les débats, relatent les congressistes en marge de l'évènement. «On restera un syndicat de solution, mais il faut être plus affirmé quand ça ne va pas», indique l'un d'eux. Une partie de la journée du 26 mars a été consacrée à la restitution du chantier dit de «transformation» interne du syndicat. Sur dix-sept groupes de travail, qui vont de la communication, aux ressources humaines, en passant par le financement, six ont présenté des résultats intermédiaires. Des propositions ont été présentées, qui seront toutefois retravaillées. Après un scrutin compliqué, la FNSEA a évité d'entamer plusieurs débats brulants à la fois. Mais pointent déjà le bout de leur nez les questions épineuses des cotisations internes, et des aides Pac, qui devraient animer le réseau dans les prochains mois.
PPL SRP+10 : en commission, le Sénat revient presque au texte initial
Sans surprise, les amendements ajoutés par les députés en séance publique le 17 mars, à la proposition de loi (PPL) SRP+10 (augmentation du seuil de revente à perte de 10 points) ne sont du goût des sénateurs. La commission des affaires économiques réunie le 26 mars, «a recentré» la proposition de loi «en prenant le soin d’harmoniser les durées d’expérimentation jusqu’au 15 avril 2028, qu’il s’agisse donc du SRP+ 10 comme de l’encadrement des promotions, pour lesquelles il est préférable de conserver les taux en vigueur en valeur et en volume (34 % et 25 %) », indique un document publié sur le site du Sénat. Supprimant les autres dispositions adoptées par les députés, la commission est tout de même favorable à un rapport sur les marges des distributeurs. Concernant les sanctions en cas d’infraction au SRP ou de non-transmission d’informations, les membres de la commission sénatoriale ont jugé que celles votées de l’Assemblée nationale sont « disproportionnées ». Ils ont donc décidé qu’elles pourront aller jusqu’à 100 000 euros pour une personne physique et 500 000 euros pour une personne morale, un montant supérieur à ce qu’avait prévu le texte initial mais inférieur à ce qu’avaient décidé les députés. A noter qu’en cas de non-transmission d’informations, seuls les distributeurs seront concernés par les sanctions.
Alimentation : épargne élevée et inflation pèsent sur les ventes au détail
Les ventes du commerce de détail alimentaire restent assez déprimées en France, selon une étude réalisée par Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg School of Management (Paris et Lille) publiée le 26 mars. « Le volume des ventes du commerce de détail alimentaire stagne presque en France et restait encore, en janvier 2025, inférieur de 2,7% à son estimation de janvier 2022 », constate l’auteur qui avance plusieurs facteurs explicatifs. Tout d’abord, un taux d’épargne des ménages qui a fortement augmenté (au 4e trimestre 2024, le taux d’épargne des ménages était de 18,4% contre 14,9% au 4e trimestre 2019), restreignant les liquidités disponibles pour des achats du quotidien. Autre explication : la crise inflationniste. « La hausse des prix des produits alimentaires et tabac a été de 21,9% contre 11,1% pour les autres biens et services de consommation hors énergie », peut-on lire. Cette baisse des volumes de ventes alimentaires peut sembler paradoxale au premier abord alors que la population française augmente (+0,99% entre janvier 2022 et janvier 2025) et que le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages a augmenté de 3,2% en France (entre 4e trimestre 2021et le 4e trimestre 2024).
Livraisons de repas à domicile : l'organisation du travail nuit à la santé des livreurs (rapport)
L'Anses a examiné les conditions de travail des livreurs à deux-roues et leurs expositions pour son avis d'« évaluation des risques liés à l'activité des livreurs des plateformes de livraison de repas à domicile » rendu public le 26 mars. Une intelligence artificielle attribue les livraisons « sans interaction humaine directe », décrit l'agence, livrant un panorama inédit d'une « organisation du travail à risque » pour la santé des livreurs. « Évaluation des prestations par les consommateurs, évolutions des modalités de rémunération, règles d'attribution des courses » et même « sanctions » : tout est géré par des processus automatisés, avec des problèmes de santé physique et mentale en cascade, à court, moyen et long termes. En découlent des accidents de la route, des chutes, des troubles musculo-squelettiques et des atteintes à la santé mentale : « stress, fatigue, épuisement liées à la pression constante des notifications, à l'isolement et à l'absence de relations professionnelles stables ». Les livreurs des plateformes souffrent aussi de troubles du sommeil, de maladies métaboliques, respiratoires ou cardiovasculaires liées à l'activité exercée en horaires atypiques, dans un environnement de travail difficile : pollution urbaine, bruit... Sans oublier les conséquences socio-familiales : pour s'assurer un niveau de vie décent, les livreurs vont accepter un grand nombre de courses et donc avoir des amplitudes d'horaires importantes, travailler parfois 7 jours sur 7.
Fièvre aphteuse : un quatrième cas en Slovaquie, l’état d’urgence décrété
Quelques jours après la confirmation de trois premiers cas de fièvre aphteuse en Slovaquie, un quatrième foyer a été détecté le 24 mars dans le pays, à 7 km d’un élevage déjà touché, ont annoncé les autorités. Cette fois, c’est un élevage de 279 bovins qui a été touché, s’ajoutant aux 2 771 bovins présents dans les trois fermes précédemment infectées. Selon la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA), « les autorités sanitaires locales ont mis en place des mesures de vaccination des animaux sensibles » dans deux des élevages concernés. « Un dépeuplement préventif est également en cours dans la zone de protection » (rayon de 3 km) autour d’un troisième foyer. Le 24 mars, le gouvernement slovaque a décrété l’état d’urgence, ce qui permettra une meilleure « coordination des ressources et du personnel », et donc une réponse plus rapide, selon le ministre de l’Intérieur Šutaj Eštok. Selon le média Euractiv, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Robert Fico a indiqué que les dégâts étaient actuellement impossibles à estimer, mais qu’ils pouvaient « augmenter de manière astronomique », provoquant potentiellement une pénurie de viande ou de lait. Selon le chef du gouvernement, l’épidémie pourrait menacer le pays tout entier. En Hongrie, après un premier cas début mars, un second foyer a été détecté le 25 mars, dans un élevage de de 3 000 bovins situé à 7 km de la frontière autrichienne, selon la plateforme ESA.
Influenza : FranceAgriMer a ouvert le guichet des indemnités au titre de 2023-2024
Depuis le 24 mars et jusqu’au 5 mai 2025 à 14 h, les aviculteurs des zones réglementées pendant l’épizootie d’influenza aviaire de 2023-2024 peuvent remplir leur demande d’indemnités en ligne, annonce FranceAgriMer dans un communiqué le 24 mars. Sur décisions du ministère de l’Agriculture et du directeur général de l’Office, une enveloppe de 10 millions d’euros est réservée à l’indemnisation à 90% des pertes de marge brute subies pendant les mesures de restrictions sanitaires ayant conduit à des vides prolongés. En cas de dépassement de cette enveloppe, un coefficient stabilisateur établira la rallonge. FranceAgriMer présente une liste d’environ 120 communes concernées, dans quatre départements (Morbihan, Vendée, Somme et Nord). L’indemnité d’au moins 1000 euros sera établie à l’aide d’un tableur et attestée par un comptable. En circuit long, la perte est établie à partir d’un forfait (marge brute sur coût alimentaire) et intègre les autres charges ; en circuit court, elle est estimée sur la base de factures ou d’une grille officielle. A partir de 10 000 euros d’aide, l'aide sera déclarée dans les six mois de l’octroi à la Commission européenne via le système de déclaration Transparency award module (Tam).
Vins/guerre commerciale : des expéditions déjà à l'arrêt vers les Etats-Unis (exportateurs)
La menace brandie mi-mars par Donald Trump de tarifs douaniers de 200% sur les alcools européens si l'UE ne renonçait pas à taxer le bourbon américain, a eu un «effet immédiat: ça a stoppé une grande partie des expéditions», décrit Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). «Les importateurs américains, dans l'incertitude, ont stoppé leurs retiraisons (expéditions, NDLR), y compris certains conteneurs quasiment en train d'être chargés sur le bateau. Cela touche l'ensemble des régions, petites exploitations, sociétés de négoce...» «Arrêtez tout envoi de vins européens», a «fortement conseillé» l'Alliance américaine pour le commerce du vin (USWTA) dans un courrier à ses adhérents. «Le risque de taxation est trop fort», souligne l'organisation professionnelle. Alors que la Commission européenne a repoussé à la mi-avril l'application de ses contre-mesures douanières, le monde du vin en France s'active donc de nouveau, à Paris et Bruxelles, pour tenter de sortir de ce mauvais pas. «Notre demande, claire depuis longtemps, est que ni le bourbon, ni les spiritueux ni les vins américains ne soient dans» la liste de rétorsions, explique M. Picard.
Cancers pédiatriques: trois nouveaux clusters identifiés près de La Rochelle (presse)
Une étude pas encore publiée du Registre des cancers de Poitou-Charentes a identifié trois nouveaux foyers de cancers pédiatriques près de La Rochelle, rapporte le journal Le Parisien le 21 mars (article payant). L’étude agrège le nombre de cancers survenus en Charente-Maritime chez les moins de 24 ans, entre 2008 et 2022. S’il n’y a pas d’excès de risque significatif à échelle départementale, des résultats inquiétants apparaissent à échelle communale. A Saint-Vivien, au sud de la Rochelle, on dénombre cinq cancers observés pour 1,1 cancer attendu. A Saint-Rogatien, foyer déjà sous surveillance dans la plaine d’Aunis, on dénombre sept cancers pour 1,8 cancer attendu. «Il existe un excès de risque à Saint-Rogatien et à Saint-Vivien» affirme le médecin pilote de l’étude, Thomas Systchenko. Le deuxième nouveau foyer est à L’Houmeau, au nord de La Rochelle, avec cinq cas observés pour 1,8 cancer attendu. Dans cette commune, la faiblesse des effectifs ne permet pas d’évoquer un «excès de risque». Enfin, un troisième foyer apparaît à l’ouest de Saintes, dans la zone agricole entre Sablonceaux, Cozes et Saint-Simon-de-Pellouaille. «Il existe un excès de cas dans les communes concernées : 54 observés pour 29 attendus. C’est un risque relatif augmenté de près de 90 %», indique Thomas Systchenko.
Pesticides/cancers pédiatriques: une association appelle à améliorer la surveillance nationale
Choquée par la nouvelle de trois nouveaux clusters de cancers pédiatriques près de La Rochelle en Charente-Maritime (voir plus haut), l’association locale Avenir Santé Environnement est «en colère contre l’ARS et Santé Publique France qui en matière de prévention, d’épidémiologie et de recherche en santé environnementale ne font strictement rien sur notre territoire !», déclare son porte-parole Franck Rinchet-Girollet dans un communiqué le 22 mars. Née en 2018 après le décès d’une adolescente, l’association dénonce depuis la présence de pesticides dans l’air, les cheveux et urines d’enfants riverains de parcelles agricole. Elle demande à l’Etat la mise en place «au plus vite» d’un registre national des cancers car à peine un quart de la population est couverte par un registre général départemental. Elle souhaite que ce registre «devienne un outil d’alerte en temps réel», afin de lancer «systématiquement» des études en santé environnementale dès que des «sur-incidences de cancer» apparaissent. Des demandes sont s’est fait écho le député écologiste Benoît Biteau (Charente-Maritime) sur sa page LinkedIn. L’élu appelle également à «appliquer le principe de précaution» pour les molécules «cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et neurotoxiques» et à prendre en compte la toxicité «chronique» et « l’effet cocktail » sur la santé humaine.
Saisonniers/Champagne : le procès pour «traite d'humain» reporté au mois de juin
Le procès pour « traite d'êtres humains » concernant la société de prestations de services viticoles Anavim, initialement prévu le 26 mars à Châlons-en-Champagne (Marne), a été renvoyé au 19 juin, rapporte l’AFP. Le renvoi a été demandé par la défense des 57 travailleurs saisonniers recrutés par la société lise en cause pendant les récoltes 2023 en Champagne. La dirigeante d'Anavim devait comparaître aussi pour travail dissimulé, emploi d'étrangers sans autorisation de travail salarié, « soumission de plusieurs personnes vulnérables ou dépendantes à des conditions d'hébergement indignes » et avec une « rétribution inexistante ou insuffisante ». Deux hommes soupçonnés d'avoir contribué au recrutement des vendangeurs devaient aussi être jugés dans cette affaire, ainsi que la société Anavim et une entreprise viticole de la Marne, en tant que personnes morales. Pour la première fois dans un procès de ce type, le Comité Champagne était lui aussi partie civile. Les vendanges de 2023 dans la région avaient été émaillées d'incidents. Quatre personnes travaillant à la récolte du raisin étaient décédées lors d'un mois de septembre particulièrement chaud. Le Comité champagne avait, dans la foulée, présenté un plan d’actions pour améliorer la situation.
Pesticides/eau: le Sage Vilaine interdit les herbicides sur certaines parcelles de maïs
La commission locale de l’eau (CLE) du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) de la Vilaine, a voté l’interdiction de l’usage d’herbicides sur certaines parcelles de culture de maïs. La CLE a approuvé cette proposition le 21 mars, pour 39 voix pour, 0 contre et 18 abstentions. L’interdiction d’herbicides porte sur les parcelles « à risque fort de transfert de molécules », dans « les aires d’alimentation de captages prioritaires », « sauf impasse technique », indique un communiqué de presse. « Il sera essentiel de mettre en place une information efficace auprès des professionnels pour faire évoluer les pratiques, d’accompagner (financièrement et techniquement) le secteur agricole dans l’adoption de nouvelles pratiques » déclare le président d’Eaux & Vilaine, Jean-François Mary, cité dans le communiqué. « Nous devrons étudier les financements nécessaires pour mettre en place cette transition technologique », souligne-t-il. Le nouveau Sage entre à présent dans une phase de consultation administrative « jusqu’à cet été », puis dans une phase de consultation grand public « à l’automne ». La CLE devra se prononcer sur les modifications qu’elle apportera au cours de ce processus, avant de soumettre les documents du Sage révisé à l’approbation des préfets du territoire, qui s’étend sur 6 départements (Côtes d'Armor, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne et Morbihan) et 2 régions (Bretagne et Pays-de-la-Loire).
Blé : le Maroc allonge son programme de subventions aux importations
L’Office marocain interprofessionnel des céréales et des oléagineux (ONICL), établissement public dépendant des ministères de l’Agriculture et des Finances, a annoncé l’allongement de son programme de subventions aux importations de blé, dans un communiqué du 24 mars. Il s’étend désormais jusqu’au 31 décembre 2025, contre fin avril précédemment. Le pays est en proie à une importante sécheresse, pénalisant les cultures locales, qui engendrerait d’importants besoins d’importations supplémentaires. L’observatoire des ressources agricoles de la Commission Européenne, Mars, confirment les craintes de baisse attendue de la production nationale. Dans son dernier rapport du 24 mars, il table sur un recul du rendement moyen marocain 2025 en blé de 18 % par rapport à 2024, à 1,14 t/ha, et de 27 % par rapport à la moyenne quinquennale. En orge, ils dégringoleraient à 0,75 t/ha, en repli de 21 % par rapport à 2024, et de 27 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les autorités ont pour habitude d’agir ainsi lorsqu’elles anticipent une mauvaise récolte. Le Maroc constitue actuellement le principal acheteur de blé tendre français hors UE, spécialement depuis la dispute diplomatique avec l’Algérie.
Coopératives : Océalia et la Scar se rapprochent pour étudier les synergies
Le 26 mars, Océalia (932 M€ de CA, 930 000 t de collecte, 7000 adhérents) et la Scar (50 M€ de CA, 107 000 t de collecte, 1350 adhérents) annoncent avoir engagé une réflexion stratégique pour s’associer. À partir du 1er juillet 2025, elles fonctionneront en « coopérative associée » : un schéma, validé à l’unanimité par les deux conseils d’administration, qui permet à la Scar, implantée en Dordogne, de « sécuriser son fonctionnement tout en préservant son autonomie et sa gouvernance locale. » Le directeur général, Éric Gazagnes, arrivé en juillet 2024, reste en place tout comme l’ensemble de l’équipe. Les deux coopératives précisent « partager des valeurs communes » et souhaiter « une stabilité pour leurs adhérents ». Via cette nouvelle organisation, elles comptent étudier toutes les synergies possibles pour profiter de « capacités de développement optimisées », « mutualiser les ressources », « bénéficier d’économies d’échelle et d’une force de négociation plus importante », « saisir de nouvelles opportunités », « construire des filières nouvelles »... En nutrition animale, les complémentarités industrielles entre Alicoop, filiale du groupe Océalia et l’usine d’aliments de Coutures de la Scar, qui a récemment bénéficié d’investissements significatifs, permettront de gagner en efficacité commerciale. (Anne Gilet)
Outils numériques : un céréalier sur deux les juge utiles en protection des cultures (étude)
D’après une étude élaborée en 2024 par le cabinet ADquation et le représentant français des producteurs de pesticides Phyteis, un céréalier sur deux juge les outils numériques utiles en protection des cultures. L’enquête quantitative a été réalisée à partir d’un échantillon de 200 producteurs, cultivant au moins plus de 50 ha chacun. « Malgré le caractère relativement récent de certaines solutions liées au numérique, près de la moitié des répondants considèrent déjà le numérique comme utile pour la protection des cultures », a commenté lors d’une visioconférence présentant l’étude le 26 mars Julien Durand-Reville, responsable santé et agronomie digitale de Phyteis. Toutefois, 29 % des interrogés les estiment « pas du tout utile », signe d’un maintien d’une certaine réticence. Le représentant de Phyteis précise qu’il n’y a « pas d’écart significatif de résultats selon l’âge ou le mode de production (bio ou conventionnel) ». Un des principaux intérêts des outils numériques pour les agriculteurs est l’économie d’usage d’intrants. La principale critique est son coût élevé, complète l’étude.
Cabinet d’Annie Genevard : départ du directeur de cabinet Philippe Gustin
Philippe Gustin, le directeur du cabinet de la ministre de l’Agriculture, quitte son poste pour devenir conseiller maître en service extraordinaire à la Cour des comptes, à partir du 28 avril, selon le compte-rendu du Conseil des ministres du 26 mars. Il avait été nommé au cabinet d’Annie Genevard en octobre 2024, après un peu plus d’un an comme préfet de la région Bretagne. Proche de la droite, cet énarque de 64 ans a notamment été administrateur de l'UMP en 2014, préfet de Guadeloupe, puis directeur du cabinet du ministre de l'Outre-mer, Sébastien Le Cornu, qu'il a ensuite suivi au ministère des Armées. Il avait auparavant été ambassadeur de la France en Roumanie et directeur de cabinet de Luc Chatel (à l’Éducation nationale et au Secrétaire d’État à l’industrie et à la consommation).