Foncier : élu président de la FNSafer, Thierry Bussy s’inscrit dans la continuité
La FNSafer a annoncé le 27 août l’élection de Thierry Bussy comme président. Son prédécesseur Emmanuel Hyest avait été évincé le 19 juin. Thierry Bussy, président de la Safer Grand Est depuis 2021, est éleveur à Maffrécourt (Marne), avec deux exploitations (polyculture et élevage). Le nouveau patron de la FNSafer s’inscrit « dans la continuité de notre engagement : défendre et valoriser l’intérêt général », selon un communiqué de l’organe de régulation du foncier. « Je souhaite par ce mandat poursuivre le travail engagé par nous tous sous l’impulsion d’Emmanuel Hyest avec comme priorité le renouvellement des générations en agriculture », déclare-t-il, cité dans le document. Et de s’engager pour « des Safer transparentes, ouvertes, éthiques et responsables ». Soulignant les difficultés du monde agricole et « le contexte mouvant » dans lequel elles évoluent, Thierry Bussy estime que « les Safer doivent anticiper les évolutions de leurs missions : pour l’agriculture et la forêt, pour la protection du foncier, l’aménagement du territoire, le déploiement des énergies renouvelables, l’adaptation aux effets du changement climatique... »
Eau : dans les Pyrénées-Orientales, une association d’irrigants condamnée en appel (ONG)
Selon une note de France nature environnement (FNE) Occitanie Méditerranée du 22 août, la cour d’appel de Montpellier a aggravé, le 8 juillet, la condamnation de l’association syndicale autorisée (ASA) de la plaine du Lentilla, qui irrigue 600 ha de terres agricoles de quatre communes des Pyrénées-Orientales. Cette dernière avait été condamnée pour non-respect du « niveau minimum d’eau à laisser dans la Lentilla » visant à préserver son débit minimum biologique, explique la fédération. « Ce constat avait été effectué à deux reprises durant l’été 2021 », précise-t-elle. La cour a décidé de faire passer l’amende à l’encontre de l’association d’irrigants de 2 000 € à 8 000 € (dont 3 000 € avec sursis). Son président, Hervé Vidal, a également vu sa sanction s’alourdir. La cour a en effet jugé les circonstances aggravantes : l’agriculteur a indiqué être « prêt à récidiver dans les mêmes circonstances », et s’était montré « outrageant » envers les inspecteurs de l’OFB, relate FNE dans sa note. Il doit s’acquitter d’une amende de 5 000 €, contre 1 000 € précédemment (dont 2 500 € avec sursis). Les prévenus n’ont pas engagé de pourvoi en cassation, ajoute la fédération.
Déforestation : la justice brésilienne rétablit un moratoire sur le soja
La justice brésilienne a rétabli provisoirement le 25 août la validité d'un moratoire visant à ne pas commercialiser le soja cultivé dans les zones de l'Amazonie touchées par la déforestation, après sa suspension vivement critiquée par les ONG. Une juge fédérale a décidé de suspendre la décision du régulateur brésilien de la concurrence, le Conseil administratif de la défense économique (Cade). Ce dernier avait annoncé le 18 août la suspension à titre provisoire du moratoire, au motif que cette mesure datant de 2006 était anticoncurrentielle et nuisait aux exportations de soja. Selon le texte de la décision judiciaire obtenu par l'AFP, la suspension du moratoire par le Cade est « disproportionnée et prématurée » et n'a pas tenu compte des critères techniques et juridiques, ni des avis d'organismes publics tels que le ministère de l'Environnement. La décision s'appliquera dans l'attente de l'avancement de la procédure administrative ouverte au sein du Cade, selon le document. Les signataires du moratoire – une trentaine d'entreprises exportatrices dont des géants mondiaux comme l'américain Cargill ou le français Louis Dreyfus – se sont engagés à partir de 2008 à ne plus commercialiser de soja provenant de terres déboisées.
Beurre : pas de risque de pénurie, selon le Cniel
« Il n'y a pas de risque de pénurie de beurre » en France, malgré des tensions récentes sur les prix mondiaux et l'épidémie de fièvre catarrhale ovine (FCO) qui pourrait avoir un impact sur la collecte laitière, a expliqué le 27 août à l'AFP Jean-Marc Chaumet, économiste au Cniel (interprofession). Des craintes de rayons vides ont émergé ces derniers jours, certains éléments semblant être réunis pour créer des tensions : baisse du cheptel depuis des années, épizootie de FCO en Bretagne, cours du beurre élevés, etc. Mais les chiffres montrent que la collecte de lait et la fabrication de beurre, en France comme au niveau mondial, devraient être à la hauteur de la demande. « On a certes eu cette année un pic saisonnier un peu retardé au printemps, mais pas inexistant », explique l'économiste du Cniel. En outre, « les stocks de beurre ne sont pas très élevés », en raison d’une consommation à la traîne depuis le début de l'année (-3,5% sur les ventes au détail). Selon l'expert, la collecte de lait sur l'année devrait être « comparable » à 2024. « Même si on n'a pas forcément plus de lait, on peut faire plus de beurre et c'est en train de se passer en France », ajoute-t-il. Selon Agreste, la production de beurre des cinq premiers mois de 2025 était en hausse de 1,7 % sur un an (à 162 629 t), quand la collecte laitière reculait de 0,9 %. [Lire notre enquête dans Agra Presse hebdo]
Vin : la filière champagne renonce à imposer la coiffe sur ses bouteilles
La filière champagne renonce à imposer la coiffe sur ses bouteilles, estimant que l'absence de cet habillage, souvent en aluminium ou en plastique, ne menace ni l'image ni les ventes de l'appellation, selon un communiqué du 25 août. Depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation européenne en 2023, l'apposition des coiffes sur les bouchons des vins effervescents est devenue facultative, rappelle l’interprofession. Chaque AOP peut toutefois décider de maintenir cette obligation dans son cahier des charges. À titre conservatoire, la filière champagne avait engagé une procédure en ce sens auprès de l'Inao, le temps de mener une étude. Ses résultats montrent que la coiffe est perçue par les consommateurs comme un « signe identitaire fort du champagne ». Elle « influence leur choix, les conduisant généralement à préférer une bouteille coiffée ». Pour autant, l'absence de coiffe n'entraîne pas un « risque significatif, ni pour l'image ni pour les ventes globales de la filière ». Le Comité Champagne a ainsi décidé d'abandonner la procédure auprès de l'Inao, étant donné que « le choix de ne plus apposer de coiffe peut présenter un risque individuel, mais ne constitue pas un risque collectif pour l'appellation champagne ». Certains vignerons réclamaient l'abandon de la coiffe, pour des raisons écologiques, mais aussi par souci d'indépendance.
Légumes : le hollandais The Greenery et le belge BelOrta s’associent dans FreshAlliance
La coopérative néerlandaise The Greenery et la belge BelOrta ont officiellement confirmé leur partenariat avec la création de FreshAlliance, d'après un communiqué de presse du 26 août. Les deux entreprises avaient déjà signé une déclaration d’intention en juin 2024. Il ne s’agit pas d’une fusion, mais d'une « mutualisation des forces », expliquent les deux parties qui ont opté pour la création d’une union transnationale d'organisations de producteurs (TUPO). FreshAlliance deviendra une coopérative de droit belge. Trois administrateurs de chaque organisation siégeront au conseil d'administration. Les deux coopératives continueront de fonctionner indépendamment, conservant leur propre structure, leur propre base de membres et leurs propres marques. « La collaboration se concentrera sur les domaines où elle offre une valeur ajoutée, tels que les ventes, le développement durable, l'innovation et les données », est-il expliqué. Elles espèrent ainsi renforcer leur couverture géographique et leurs profils de risques. « Il n'y a aucune raison impérieuse de collaborer ; nous souhaitons rechercher progressivement des opportunités et des possibilités qui créent une situation gagnant-gagnant dans des domaines qui profitent à nos producteurs et à nos clients », explique Philippe Appeltans, p.-d.g. de BelOrta.
Noisettes : en Italie, une récolte en forte baisse en Campanie
La production de noisettes en Campanie est annoncée en forte baisse, rapporte le Corriere Ortofruticcolo le 26 aout. La baisse serait en moyenne de 50 %, avec des pics pouvant atteindre 80 % dans de nombreuses exploitations. Dans le secteur d’Avellino, fortement producteur, la récolte ne devrait pas dépasser 4 000 tonnes. Au niveau régional, les pertes pourraient atteindre 26,4 millions d’euros. « La chute précoce des fruits n'est pas un incident isolé, mais plutôt le signe d'une faiblesse structurelle du secteur, aggravée par le changement climatique, des parasites comme la punaise marbrée et des déséquilibres nutritionnels. Des solutions immédiates et concrètes sont nécessaires », explique Stefano Di Marzo, président de la confédération agricole d’Avellino. Le syndicat agricole a avancé plusieurs revendications auprès de la région Campanie : reconnaissance immédiate de l'état de catastrophe naturelle, indemnisation et mesures incitatives pour les exploitations, adoption d'un plan régional pour les fruits à coque (existant déjà pour l’olive et l’horticulture), création d'un comité technique permanent. La province d'Avellino, avec environ 11 700 ha de noisetiers et 7 900 entreprises impliquées, représente plus de 10 % de la superficie nationale plantée en noisetiers.
Santé au travail : les institutions onusiennes pointent les fortes chaleurs (rapport)
Alors que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont publié, le 22 août, un rapport « mettant en lumière les problèmes de santé de plus en plus grands que la chaleur extrême pose aux travailleuses et aux travailleurs au niveau mondial », notamment dans les secteurs de l’agriculture. Ce document, qui s’appuie sur cinq décennies de recherches et de données, révèle qu’au-dessus de 20°C, la productivité diminue de 2 à 3 % par degré avec des risques « d’hypothermie, de déshydratation, des troubles rénaux et neurologiques », sans oublier des troubles du jugement, de la vigilance, de la dextérité et de la coordination. Pour relever ces défis, le rapport préconise la mise en œuvre de plans d’action « urgents et coordonnés », par région, en incluant les différentes parties prenantes : syndicats, professionnels de santé, autorités locales, experts... Parmi les recommandations listées : élaborer des politiques sanitaires dédiées, former et sensibiliser le personnel sur les symptômes du stress thermique... À l’échelle mondiale, plus de 2,4 milliards de travailleurs seraient, chaque année, exposés à une chaleur excessive, entraînant plus de 22 millions accidents du travail. (Anne Gilet)
Ministère de l’Agriculture : Serge Lhermitte nommé directeur par intérim de la DGPE
À partir du 1er septembre, Serge Lhermitte occupera le poste de directeur général par intérim de la DGPE (direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises, ministère de l’Agriculture), apprend-on dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 27 août. M. Lhermitte est actuellement directeur adjoint de la DGPE. Il remplacera temporairement Philippe Duclaud, qui a quitté la tête de la DGPE à la mi-juillet. Avant son arrivée au ministère de l’Agriculture en 2014, Serge Lhermitte était en poste en Aquitaine (commissaire au redressement productif, conseiller du préfet et chef de pôle à la Direccte), d’après sa page LinkedIn.
Coopératives : Anne Fauvel prendra la direction de la branche lait d’Agrial en 2026
À compter du 1er janvier 2026, Anne Fauvel, 50 ans, sera la nouvelle directrice générale de la branche lait d’Agrial. Elle remplacera Gilles Rabouille, qui fera valoir ses droits à la retraite fin décembre 2025, après 11 années passées au sein du groupe. Diplômée de l’ESA d'Angers, Anne Fauvel a rejoint Agrial en mai 2011 au sein de l’équipe Finances groupe, après une expérience laitière significative en contrôle de gestion et production chez Savencia et chez Lactalis. Elle a ensuite intégré la branche lait d’Agrial en mai 2012 en tant que directrice administrative et financière, avant d’élargir ses responsabilités à la direction des opérations. En vue de ses futures fonctions, elle intègrera le comité exécutif du groupe dès le mois de septembre. (Anne Gilet)
Syndicats : l’AGPB aurait trouvé sa nouvelle responsable des affaires publiques (presse)
D’après un article du 27 août du média Contexte, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) aurait trouvé sa nouvelle responsable des affaires publiques. Il s’agirait de Delphine Besson. Disposant d’une solide expérience politique, elle est passée par les cabinets de plusieurs ministres : Catherine Vautrin à la Décentralisation, Sarah El Haïry à la Biodiversité et Geneviève Darrieussecq aux Personnes handicapées. Elle remplacerait donc Lauriane Chamot, qui occupait le poste depuis trois ans. Contacté par Agra Presse, l’AGPB n’a, une nouvelle fois, pas souhaité confirmer l’information.
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.