Présidentielle: les attentes des syndicats agricoles pour le second quinquennat Macron
«Le choix d’une France forte, portant une ambition pour l’Union européenne a prévalu et nous nous en félicitons», salue la FNSEA dans un communiqué du 25 avril après la réélection d’Emmanuel Macron comme président de la République. Rappelant ses trente propositions formulées lors de la campagne, le syndicat majoritaire demande au chef de l’État de «confier» leur mise en œuvre au «prochain ministre de plein exercice en charge de l’agriculture et de l’alimentation». De son côté, la Confédération paysanne juge dans un communiqué «impossible de repartir dans la cogestion gouvernement-FNSEA, portée à son paroxysme dans le précédent quinquennat». Le syndicat minoritaire prévient qu’il sera mobilisé «dès le 1er mai» et dans la campagne des législatives. Contacté par Agra Presse, le président de la Coordination rurale Bernard Lannes demande de privilégier la «souveraineté alimentaire», ainsi qu’une «écologie pragmatique et non idéologique». Quant aux Jeunes Agriculteurs, ils insistent sur la loi d’orientation promise par M. Macron, qui devra à leur sens comporter «cinq axes»: promotion du métier; formation; point d’entrée unique pour l’installation; transmission; et foncier. Enfin, alors que son syndicat avait – comme la Conf’ – appelé à faire «barrage à l’extrême droite», le président du Modef Pierre Thomas exprime son «soulagement», mais qui ne constitue «pas un blanc-seing» pour M. Macron.
Présidentielle: des ONG peu crédules quant au virage écologique de M. Macron
Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé, entre les deux tours de l’élection présidentielle, vouloir nommer un Premier ministre en charge de la «planification écologique», les principales ONG de protection de l’environnement restent sceptiques. Le futur locataire de Matignon devra avoir «un poids politique important avec la volonté de faire respecter et renforcer le droit de l’environnement», revendique France nature environnement (FNE) dans un communiqué le 25 avril. Le réseau d’associations – qui demande une «grande loi de santé environnementale» en début de quinquennat – rappelle avoir «souligné de grandes lacunes dans le volet environnemental du programme du candidat Macron». «Nous sommes lucides sur son bilan, mais pas découragés et toujours ouverts au dialogue», réagit le président de FNE Arnaud Schwartz, cité dans le communiqué. De son côté, dans une série de tweets, Greenpeace France estime qu’«au regard du bilan et programme d’E. Macron, il y a de quoi être pessimiste quant à sa volonté de mener des réformes en profondeur face au péril climatique et à l’effondrement de la biodiversité». Même son de cloche chez les Amis de la Terre, pour qui «les cinq prochaines années sont la promesse de sabotages climatiques, de violences sociales et d’impunité des puissants».
Lait: le prix du lait conventionnel rejoint celui du lait bio (Idele)
Le prix du lait conventionnel devrait «temporairement» rattraper le prix du lait bio en avril-mai, selon les estimations de l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa publication mensuelle Tendances parue le 20 avril. Les deux courbes devraient donc se croiser dans les prochaines semaines, en raison de plusieurs facteurs. D’abord, la forte croissance du prix du lait conventionnel, portée par les cours élevés des ingrédients laitiers. Ensuite, la «très forte saisonnalité» du prix du lait bio, qui chute habituellement au printemps du fait d’un pic de collecte. L’écart moyen entre avril et novembre est de 80 €/1000 l, précise l’Idele. De plus, si «la plupart des opérateurs secondaires» maintiennent le prix du lait ces derniers mois malgré la mauvaise conjoncture sur les marchés du bio, les quatre principaux collecteurs de lait bio (Biolait, Lactalis, Sodiaal et Agrial, qui représentent 70% de la collecte nationale) appliquent déjà «des baisses comprises entre 5 et 15 €/1000 l par rapport à l’an dernier». Résultat: le prix du lait bio décline depuis plusieurs mois. En février, il s’établissait à 469 €/1000 l, soit une baisse d’environ 3 € par rapport à février 2021. Un prix du lait conventionnel égal ou supérieur au lait bio: la situation serait inédite. «La portée symbolique de cet événement pourrait marquer les esprits, même s’il ne s’agira que d’une inversion passagère», soulignent les auteurs.
Affichage environnemental: vers un indicateur du champ à l’assiette (Itab/PADV)
L’association Pour une agriculture du vivant (PADV) et l’institut technique de l’agriculture biologique (Itab) travaillent depuis septembre avec plusieurs entreprises sur «la complémentarité de leurs outils Indice de régénération et Planet score pour accompagner la massification et la valorisation des pratiques agroécologiques», indiquent les deux structures à Agra Presse. Dans le détail, l’Indice de régénération porté par Pour une agriculture du vivant pour évaluer les exploitations agricoles viendrait alimenter la partie amont de l’affichage environnemental porté par l’Itab et soutenu par les ONG, nommé Planet score. «Nous avons encore quelques points à travailler, mais nous observons une vraie convergence des critères», souligne Anne Trombini, directrice de PADV. Une étude menée par l’Itab sur une exploitation en viticulture et grandes cultures, illustre-t-elle, a notamment permis de montrer que l'évaluation de l'effort de transition selon l'Indice de régénération est reflété dans le Planet Score, notamment par rapport à des cas plus classiques de type bio ou conventionnel. «Les acteurs des filières sont très enthousiastes», estime Anne Trombini. Le renforcement de la continuité entre les deux cadres a été partagé avec les participants des Défis de l’agroécologie organisés à Beauvais les 12 et 13 avril.
Agroécologie: une coalition s’entend sur une définition rénovée
Chambres d’agriculture, industriels, coopératives, Agences de l’eau et agriculteurs: près de 200 acteurs réunis à l’initiative de l’Agence bio, de l’initiative «4 pour 1000» et de l’association Pour une agriculture du vivant ont réaffirmé une définition commune de l’agroécologie à l’occasion d’un événement organisé à Beauvais les 12 et 13 avril. «Nous nous sommes entendus sur deux points principaux. Tout d’abord, l’agroécologie n’est pas un label, mais bien une démarche de progrès qui n’est pas figée», précise Anne Trombini, directrice générale de Pour une agriculture du vivant. Deuxième point de consensus: «Cette transition se fera sur plusieurs axes dont la biodiversité et le stockage de carbone». La définition de l’agroécologie introduite dans la loi d’avenir de 2014 mériterait donc, selon elle, d’être «précisée, notamment par des indicateurs plus clairs». Autre résultat de ces «Défis de l’agroécologie» de Beauvais: une feuille de route nationale détaillant une quarantaine de solutions et projets à mener à court ou moyen terme. «Une déclinaison par filière et territoire sera mise en place», prévoit Anne Trombini. Alors que s’ouvre un nouveau quinquennat, les participants ont également identifié plusieurs chantiers politiques prioritaires, dont une réforme de la Pac, ainsi qu’une réglementation facilitant le financement de l’agroécologie.
Lait: à Paris, une manifestation de soutien aux salariés du site Candia de Campbon
Dans un communiqué du 25 avril, la CFDT Agri-Agro appelle «les salariés de tous les sites Candia» à se rassembler devant le siège de Sodiaal à Paris, mardi 26 avril, en soutien aux salariés de l’usine de Campbon (Loire-Atlantique). Le site de production, qui doit fermer en mars 2023, est à l'arrêt depuis le 18 avril en raison d'une grève. Les salariés demandent «une phase de négociation supplémentaire avec la direction parisienne», rapporte Ouest-France (article payant). Presque trois mois après l’annonce de la fermeture du site, la CFDT pointe «l’absence totale de volonté de la direction à avancer dans les négociations» et le «manque de concertation préalable sur les alternatives envisageables aux fermetures de sites». Sodiaal avait annoncé le 1er février la fermeture de la laiterie de Campbon (Loire-Atlantique) et du site Euroserum de Saint-Martin-Belle-Roche (Saône-et-Loire). Le groupe envisageait également l’arrêt de certaines activités à Malestroit (Morbihan), Bénestroff (Moselle) et Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Avec pour conséquence la suppression de 316 postes de CDI. Sodiaal avait pris l’engagement de proposer à chacun des collaborateurs concernés «au moins un emploi en interne dans le groupe, et le cas échéant de les accompagner dans une recherche extérieure».
Lait: Danone dément les rumeurs d’un éventuel rachat par Lactalis (presse)
Le groupe Danone dément la rumeur d’une éventuelle cession de ses activités à son concurrent Lactalis, indique le quotidien Les Échos (article payant) le 20 avril, . Dans son édition du même jour (article payant), La Lettre A rapportait qu’un rachat partiel ou total de Danone était à l’étude chez le numéro un mondial des produits laitiers. Selon nos confrères du média spécialiste de l’influence, Danone aurait missionné le d.g. de Rothschild à Paris, Olivier Pécoux, pour se pencher sur la question. Une information démentie par le géant de l’agroalimentaire, qui déclare n’avoir «aucune intention de céder quoi que ce soit», d’après une citation rapportée par Les Echos. «Nos trois métiers sont cohérents. Nous commençons à recueillir les fruits des actions engagées. Il n'y a aucun plan de cession en cours», assure un porte-parole. Le groupe Lactalis s’est, quant à lui, refusé à tout commentaire auprès de nos confrères du quotidien économique.
Biodiversité: 18 sites proposés pour un parc national Zones humides (CGEDD)
Dans un rapport publié le 25 avril, les experts du CGEDD (ministère de la Transition écologique) identifient 18 sites qui auraient le potentiel pour devenir un parc national dédié aux zones humides. Sologne, Val d’Allier, estuaire de la Loire, Brenne, Dombes, ou basse vallée du Doubs: ces dix-huit sites ont été retenus sur la base de deux études des chercheurs de l’unité Patrinat (OFB/Museum d’histoire naturelle/CNRS), et grâce aux données du ministère. Objectif: sélectionner des sites de 10 000 ha au moins, peu anthropisés, comprenant des espèces à forts enjeux de protection. Alors que la création d’un parc Zones humides a déjà échoué par deux fois, en 2009 puis en 2011, les auteurs esquissent une méthode pour faire enfin aboutir ce projet. Chaque site de cette première sélection devra s’engager d’après eux dans «un dialogue territorial» pour formuler des feuilles de route à trois ou cinq ans sur la protection. Fin 2022, charge reviendra alors au gouvernement de sélectionner un site qui réunira «l’envie» ainsi que les «conditions» pour créer ce parc.
Varenne: le poste de délégué interministériel institué par décret (JO)
Un décret, paru le 23 avril au Journal officiel, institue un délégué interministériel en charge du suivi des conclusions du Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique. Le poste est ouvert «pour une durée de trois ans, auprès du ministre chargé de l'Environnement et du ministre chargé de l'Agriculture», selon le texte. Parmi les missions définies, on note celle de «veiller à l'association de l'ensemble des acteurs concernés, notamment le ministère chargé de la Santé et les collectivités territoriales, afin de faciliter la mise en œuvre de la feuille de route issue du Varenne». Le futur délégué interministériel est aussi chargé de «faire vivre les principes du Varenne et en particulier de s'appuyer sur les instituts techniques, de recherche, l'expérimentation, et l'innovation technique; d'aider les préfets à encourager les dynamiques territoriales, et à favoriser l'aboutissement des projets territoriaux ainsi que l'élaboration des projets de territoire pour la gestion de l'eau».