Conférences de la souveraineté alimentaire : Genevard veut les lancer « avant l’été »
La ministre de l’Agriculture a fait part, le 24 avril, de son intention de lancer « avant l’été » les « Conférences de la souveraineté alimentaire » récemment créées par la loi d’orientation agricole (LOA). Une déclaration faite lors d’un déplacement consacré à la lutte contre la « francisation » des produits alimentaires dans une grande surface du Val-d’Oise, avec la ministre déléguée au Commerce Véronique Louwagie. Dans les prochaines semaines, « je vais demander à chacune des filières de nous faire un plan de reconquête de la souveraineté alimentaire », a ajouté Annie Genevard. Et de préciser que la démarche vise à « lever avec les filières tous les freins qui dégradent la souveraineté alimentaire », notamment via des « réponses d’ordre réglementaire en matière de simplification ». Prévues par la LOA (dans son article 1), les Conférences de la souveraineté alimentaire « sont organisées en 2026 » sous l’égide de FranceAgriMer. Y participent « les représentants des filières siégeant dans les conseils spécialisés » de l’organisme public, ainsi que ceux des interprofessions reconnues. Chaque filière doit définir « une stratégie assortie d'objectifs, notamment de production, à l'horizon de dix ans, en vue de l'amélioration de la souveraineté alimentaire de la Nation ou au moins d'assurer sa non-régression ».
PSN/bio : les arbitrages d’Annie Genevard attendus sur les reliquats d’aides (presse)
D’après Contexte, la ministre de l’Agriculture devrait présenter le 13 mai ses arbitrages sur la répartition du reliquat des aides européennes, en particulier celles à la conversion bio. Contacté par Agra Presse, le cabinet d’Annie Genevard n’a pas confirmé cette date. Paris doit soumettre à Bruxelles avant le 31 mai sa proposition de révision à mi-parcours du Plan stratégique national (PSN, déclinaison nationale de la Pac). En raison de la crise du bio, 257 M€ d’aides à la conversion n’ont pas été consommées en 2023 et 2024. La ministre a dit publiquement être favorable à ce que ces fonds reviennent aux agriculteurs bio, sans s’engager sur l’intégralité de l’enveloppe. Toujours selon Contexte, elle envisagerait de rehausser l’éco-régime bio, comme demandé par la Fnab (producteurs bio). Le syndicat propose aussi d’augmenter et de prolonger le crédit d’impôt bio (à 6000 € au lieu de 4500 €). Mais les reliquats pourraient aussi être mobilisés pour d’autres politiques du 2d pilier de la Pac: aides à l’investissement (régions), MAEC ou prédation. «L’argent de la bio doit aller en priorité aux agriculteurs et agricultrices bio», martèle la Fnab dans un communiqué le 24 avril, appelant la ministre à redistribuer «la totalité du reliquat envisagé» sur l’ensemble de la programmation Pac, soit «1 Md€ sur cinq ans».
Pesticides/santé : l’Anses alerte sur les pyréthrinoïdes, notamment chez les enfants
Dans le cadre de son dispositif de phytopharmacovigilance, pour surveiller les effets des produits phytopharmaceutiques « dans les conditions réelles d’utilisation », l’Anses a publié, le 24 avril, son analyse de l’expertise collective de l’Inserm (2013, mise à jour en 2021) sur les liens entre pesticides et santé humaine. Elle identifie « plusieurs signaux sanitaires », « dont un signal fort concernant la famille des pyréthrinoïdes », très utilisés « aussi bien pour des usages professionnels agricoles que pour des usages biocides professionnels et amateurs » (p.ex. : anti-moustiques, anti-poux). Le « principal signal » pour cette famille concerne les « troubles du comportement de type internalisé chez les enfants de mères exposées pendant la grossesse » – le repli sur soi ou l’anxiété font partie de cette catégorie de troubles, par opposition aux troubles dits externalisés. Par ailleurs, la deltaméthrine (famille des pyréthrinoïdes) est « associée à un risque accru de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire en lien avec une exposition professionnelle, avec un niveau de présomption moyen ». Pour aller plus loin, l’Anses a aussi analysé une étude épidémiologique récente (Qi et al., 2022). Résultat : « Une exposition aux pyréthrinoïdes pendant la grossesse peut produire des effets néfastes sur le neurodéveloppement des très jeunes enfants ».
Abricots : retour à la normale attendu pour la récolte française 2025 (Medfel)
Le salon Medfel a partagé sur son site les traditionnelles prévisions de récolte pour les abricots : 104 785 t en France (+31 % par rapport à 2024, +1 % par rapport à la moyenne 20219-2023), 199 566 t en Italie, 136 190 t en Espagne et 67 750 t en Grèce. Soit un total de 508 291 t, en recul de 10 % par rapport à 2024, mais en hausse de 1 % par rapport à 2019-2023. Plus précisément, en France, on attend 52 000 t en Rhône-Alpes, 34 423 t en Languedoc-Roussillon, 18 362 t en Paca. Bruno Darnaud, président de l’AOPn Pêches et abricots, explique dans la même publication que « la production française d’abricots retrouvera sans doute un niveau satisfaisant cette année, après une récolte 2024 amputée de près de 40 % ». L’offre « sera cependant modérée, [à la suite d'une] chute physiologique importante en raison de la pluie en période de floraison ». La précocité est « plus faible que l’an passé », avec « une période de récolte maxi du 15/20 juin au 10 juillet ». Fait « notable » cette année : « l’hétérogénéité des situations, au sein parfois d’une même exploitation », avec « des parcelles chargées, d’autres peu ». « L’abricotier réserve des mystères, même aux producteurs les plus chevronnés », admet-il, annonçant le lancement prochain d’une étude (Inrae, CTIFL, GRCETA…) qui se penchera sur « la physiologie de l’espèce », alliant « intelligence humaine et artificielle ».
Fruits et légumes/tomates : Français et Marocains vont « renforcer leur coopération »
Une déclaration commune a été signée durant le week-end de Pâques à Meknès (Maroc) par Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France, et Khalid Saïdi, président de l’Association des producteurs et expéditeurs de fruits et légumes marocains, en présence de Rachid Benali, président de la Comader (syndicat de producteurs), au 17e Salon de l’agriculture au Maroc, où la France était l’invitée d’honneur. Objectifs : « instaurer un dialogue structuré et pérenne entre les filières fruits et légumes des deux pays », résume un communiqué, « notamment autour de la tomate », et « renforcer leur coopération » sur trois enjeux : « adaptation au changement climatique », « amélioration des pratiques culturales » et « recherche de complémentarités durables ». Un mail de Légumes de France à la presse souligne toutefois l’absence de référence à la notion de saisonnalité, alors qu’une première version du communiqué évoquait le « respect de la saisonnalité et des calendriers de production réciproques ». Il s’agira entre autres de « faire renaître de ses cendres l’accord de partenariat signé en 2017 entre la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes marocaine et Interfel », « gelé par le Covid », et de « créer un cadre politique favorable à des discussions constructives entre les acteurs économiques français et marocains de la tomate ». Pour rappel, un accord avait été annoncé durant le Salon de l'agriculture à Paris, puis démenti quelques semaines après.
Tomates Label rouge : jusqu’à 400 t de tomates cerises grappes espérées cette saison
Labellisées en juin 2023, les tomates Label rouge prévoient une deuxième saison « ambitieuse », visant 350 à 400 t de tomates cerises grappes et 50 à 60 t de tomates grappes gustatives, annonce un communiqué. En 2024, 139 t ont été commercialisées : 59,8 % de tomates cerises grappes, 26,5 % de tomates rondes grappes, 12,3 % de tomates allongées cœur et 1,4 % de tomates cerises en vrac. Actuellement, 11 producteurs sont engagés dans la démarche : six en Lot-et-Garonne et d’autres en Corrèze, dans les Landes, les Pyrénées-Orientales, le Gard et le Vaucluse, dont deux qui cultivent des tomates en pleine terre. Les tomates Label rouge sont en vente depuis fin mars et jusqu’à fin octobre dans les GMS, chez les grossistes et primeurs, et la filière prévoit une « stabilité » des prix cette saison, « avec un positionnement environ 20 à 25 % au-dessus de celui des tomates classiques ». Ce label, « c’est notre manière de nous différencier des produits d’importation », affirme dans le communiqué Frédéric Marchesin, producteur et président de la section tomates à l’AIFLG (association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne), qui a aussi accompagné la création de la marque « Tomate de Marmande » en 2020, et qui soutient le projet d’IGP « Tomate de Marmande ».
Fruits et légumes : Interfel Centre-Val de Loire fait la tournée des collèges
Un communiqué diffusé par Interfel Centre-Val de Loire le 23 avril annonce des opérations de sensibilisation aux fruits et légumes dans huit collèges d’Indre et du Loiret du 22 avril au 2 juin. Depuis le début du mois d’avril, l’interprofession régionale, en partenariat avec les conseils départementaux, mène ces opérations « en parallèle » du programme « Fruits et légumes à l’école » financé par l’Union européenne, souligne le communiqué. Objectif : une vingtaine d’opérations régionales. Celles-ci se déroulent en deux temps : le matin à la récréation, distribution de fruits ; puis, à midi, « découverte sensorielle, pédagogique et professionnelle » par les soins de l’agence de communication La Fabrique du degré (Loir-et-Cher) et d’une diététicienne du réseau d’Interfel. Le but est de faire entrer dans les habitudes la consommation de fruits et légumes frais dans une région où elle reste en dessous de la moyenne nationale, selon le communiqué : 157 kg/an contre 168 kg/an en France (en moyenne de 2018 à 2020). De telles opérations ont déjà eu lieu en avril 2024 dans quelques collèges du Loiret.
Champagne : les ventes en berne, des vignerons en plein doute
En assemblée générale le 24 avril à Épernay, le SGV (vignerons) de Champagne a paru plongé dans le doute face aux mauvais chiffres de commercialisation. « Pourrions-nous être éjectés de notre position de leader sur le marché des vins effervescents ? », s’est interrogé le président Maxime Toubart. « Et si finalement nos problèmes de vente n’étaient pas conjoncturels mais structurels ? » En 2024, les expéditions de champagne sont tombées à 271,7 millions de bouteilles (-9,2 %) pour un chiffre d’affaires de 5,8 Md€ (-8,8 %). « Des indicateurs montrent que l’image du produit est en perte de vitesse », a-t-il poursuivi devant la presse. Aux États-Unis, où 27 millions de bouteilles ont été vendues l’an dernier, la moitié des volumes est consommée en cocktail, selon lui. Loin de vouloir être alarmiste, Maxime Toubart a livré aux congressistes un message d’audace. « Osons proposer de nouveaux moments de consommation. Osons porter de nouvelles façons de boire du champagne. » À l’inverse, le président des négoces de Champagne David Chatillon a tenu un discours plein de « gravité ». « Le stock au 31 juillet prochain va flirter avec le seuil inédit de 1,3 milliard d’équivalent bouteilles », a-t-il alerté. Une situation qui pousse à limiter la vendange 2025, selon lui.
Viandes : l’abattoir de Carentan est repris par le groupe Teba (presse)
L’abattoir public de Carentan (Manche) est repris par le groupe Teba dès le 16 avril, apprend-on dans Ouest-France, le tribunal de commerce de Coutances ayant validé son offre déposée le 8 avril – qui était la seule. Cet abattoir multi-espèces prestataire de services était en redressement judiciaire depuis le 19 mars 2024. Prestataire en abattage, découpe et transformation, le groupe Teba va faire jouer la complémentarité dans la Manche entre le site de Carentan et son atelier de Grandparigny (découpe, steaks hachés, saucissons et laboratoire d’analyses). Les deux outils sont unis dans la raison sociale Teba Baie du Cotentin. « Il y a une vraie complémentarité entre les sites. Cet abattoir permet au tissu rural d’avoir une boîte à outils », déclare son président Augustin Becquey à La Presse de la Manche. Dans le même article, Gilbert Michel, président de la Scic (société coopérative d’intérêt collectif) liquidée, estime que le seuil de rentabilité se situe à environ 2 500 t annuelles (contre 1 750 t estimées actuellement), et situe la capacité maximale à environ 3 000 tonnes. L’abattoir de Carentan était entré en service en 2021 en remplacement de l’outil de Cherbourg, vétuste.
Abattoirs/maltraitance animale : plainte de L214 contre un abattoir de la Loire
La préfecture de la Loire a annoncé le 23 avril qu'elle allait diligenter des investigations après le dépôt d'une plainte contre l'abattoir public multi-espèces de Charlieu (Loire) pour « cruauté envers les animaux » par L214. L'association abolitionniste a dénoncé, le même jour dans un communiqué, des « conditions d'abattage déplorables des animaux », relevant de la « maltraitance animale » et de « graves non-conformités », selon elle. La plainte de l’ONG pour « cruauté, sévices graves et mauvais traitements », a été enregistrée au tribunal de Roanne, près de Saint-Étienne, a confirmé ce dernier à l'AFP. « Les services de l'État dans la Loire diligenteront dans les prochains jours des investigations administratives approfondies », a déclaré la préfecture, exprimant sa « vive préoccupation » face aux éléments transmis par l'association. Dans une série de vidéos « immersives » filmées entre « janvier et avril » et consultées par l'AFP, L214 montre des animaux « égorgés conscients malgré l’étourdissement préalable » ou « frappés par des opérateurs » ainsi que des « moutons découpés encore vivants ». L'association soutient que la viande produite dans cet abattoir est distribuée dans les circuits de distribution standard, bio et Label Rouge, et notamment servie dans des écoles et des crèches.
Bovins : l’Argentine autorise l’exportation d’animaux lourds
Le gouvernement de Javier Milei a dérogé une loi de 1973 qui interdisait d’exporter du bétail lourd depuis l’Argentine. La levée de cette interdiction lui ouvre la voie à un négoce potentiellement prometteur, si l’on se base sur les performances réalisés l’an dernier par le Brésil et l’Uruguay. Le Brésil a expédié près d’un million de têtes de bétail en 2024 et l’Uruguay 347 000. Mais l’Argentine est actuellement absente du commerce international de bétail, qu’il s’agisse d’animaux lourds ou destinés à être engraissés. Aucun protocole sanitaire bilatéral ne lui permet, pour l’instant, d’y prendre part. L’Argentine présente un potentiel important sur ce créneau, avec un cheptel allaitant de 50 millions de têtes. « Cette autorisation d’exporter du bétail lourd est un stimulus extraordinaire pour la filière au niveau de ses performances zootechniques et de la reconnaissance de notre génétique en races à viande », selon Víctor Tonelli, analyste reconnu du secteur de l'élevage. En Uruguay voisin, cette filière a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires à l’export de près de 300 M$. Ses principaux marchés sont la Turquie pour le lourd entier (non castré), et l’Iran, l’Irak, ainsi que l’Égypte pour du bétail jeune et léger. Enfin, l’Algérie a autorisé l’importation de bétail uruguayen le19 février, selon le ministère de l’Agriculture. (Marc-Henry André)
Pratiques commerciales : les détaillants de l’UE inquiets de l’application transfrontalière
Dans une lettre commune adressée le 22 avril aux membres clés des commissions de l’Agriculture et du Marché intérieur du Parlement européen, les détaillants indépendants (Indépendent Retail Europe) et les coopératives de consommateurs (EuroCoop) de l’UE expriment leurs craintes quant à l’application transfrontalière de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Selon ces organisations, ce texte contient « une faille majeure », puisque Bruxelles propose « un mécanisme de coopération transfrontalière pour faire appliquer des règles qui ne sont pas totalement harmonisées ». Elles estiment donc que cela pourrait compromettre « l’intégrité du marché unique des denrées alimentaires ». Cet appel intervient alors que le Parlement européen doit entamer prochainement ses travaux sur cette proposition présentée par la Commission européenne en décembre et destinée à renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs. C’est le socialiste italien Stefano Bonaccini qui sera chargé de rédiger le rapport pour la Comagri, compétente au fond. De son côté, le Conseil de l’UE, colégislateur, a d’ores et déjà validé validé sa position le 7 avril en comité spécial agriculture (CSA).
Lobbying : l’agriculture secteur le plus actif en 2024, année de ralentissement (presse)
L’année dernière, l’agriculture est devenue le premier secteur économique en termes d’activités de lobbying, selon les données de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), extraites et analysées par Politico. Parmi les activités de lobbying déclarées, 19,3% concernaient l’agriculture en 2024, devant l’économie (15,9%), la santé (15,7%) et l’environnement (15,4%). D’après les rapports d’activité de la Haute autorité, l’agriculture était le deuxième secteur en 2022 et 2023, derrière la santé. Pour les organisations agricoles, l’année dernière a notamment été marquée par le mouvement de colère de l’hiver 2023-2024, suivie de nombreuses annonces gouvernementales pour tenter de répondre à la crise. «C’est le moment ou jamais de pousser des idées. Je répète à nos adhérents que, par rapport à d’autres filières, nous avons un embouteillage de textes et une fenêtre de tir que d’autres nous envient», relève un lobbyiste agricole interrogé par Politico. D’autant que, tous secteurs confondus, le lobbying déclaré à la HATVP a reculé en 2024 pour la première fois depuis 2020 (-12%, à 16 400 activités). Un effet de la dissolution de l’Assemblée et de l’instabilité gouvernementale.
Laine/commerce équitable : en Argentine, LVMH assure son appro en toison de vigogne
Le fabricant italien de laines fines Loro Piana, filiale du groupe LVMH, a conclu un accord commercial avec le gouvernement de la province de Catamarca (Argentine) pour encadrer le marché de la laine de vigogne. Dans cette région andine, la laine fine de ce camélidé est utilisée traditionnellement par les artisans textiles issus des communautés autochtones. Par cet accord signé à Buenos Aires en janvier, Loro Piana s’engage à acquérir les stocks de laine invendus à l’issue du cycle d’enchères qui clôt le rituel annuel de la tonte, lesquelles sont attribuées en priorité aux artisans du cru. Les volumes, mais aussi la distribution du produit de la vente des fibres, sont régulés. « 80 % du produit de la vente de la laine va à la province et 20 % à des organisations de communautés indigènes. Les stocks invendus sont dans leur totalité adjugés à Loro Piana », selon notre confrère basé au Catamarca, Carlos Arauz. Le prix salé de la toison de vigogne sur le marché mondial a amené les autorités de Catamarca à réguler ce marché dans le but de trouver un équilibre entre sa valorisation à l’export, et le maintien de l’accès à cette matière première au bénéfice de ses artisans. (Marc-Henry André)
Climat : des pays accusés de « jouer » avec les forêts pour réduire leur ambition (étude)
De grandes puissances surestiment la capacité d'absorption de CO2 de leurs forêts et s'en servent pour ralentir leur sortie des énergies fossiles, en prétendant tenir leurs objectifs climatiques, dénonce l'institut Climate Analytics dans une publication du 24 avril, qui épingle le Brésil et l'Australie. En effet, l’accord de Paris de 2015 permet aux pays de formuler leurs propres hypothèses de performance des puits de carbone, regrette auprès de l’AFP Claudio Forner, co-auteur de l'étude, et « sans règles, les pays ne font que jouer avec le système ». Ainsi, même si la quantité de CO2 absorbée par les sols, forêts et zones humides est difficile à calculer, l'Australie a, depuis 2018, plusieurs fois rehaussé ses estimations du CO2 absorbé par ses forêts, à tel point qu'elle assure avoir réduit son bilan carbone de 28 % entre 2005 et 2024, alors que ses émissions brutes de gaz à effet de serre n'ont baissé que de 2 %, selon le Climate Action Tracker. Le Brésil, lui, a annoncé qu'il réduirait sa pollution carbone dans une fourchette de 59 % à 67 % d'ici 2035 par rapport à 2005, mais sans définir la contribution des forêts dans la hausse de l'effort. Selon Climate Analytics, l'incertitude sur les performances des puits de carbone pourrait représenter jusqu'à 3 Mdt de CO2, soit environ les émissions annuelles de l'UE.
Presse agricole : Nicole Ouvrard nommée directrice générale de Réussir Agra
Dans un communiqué du 25 avril, Réussir Agra annonce « la nomination de Nicole Ouvrard en tant que directrice générale et présidente du directoire ». Mme Ouvrard succède à Vincent Viala, qui avait pris en janvier 2024 la direction du « groupe d’information B2B leader dans le monde agricole français ». Ingénieur agronome, Nicole Ouvrard était depuis 2022 directrice déléguée de l’agence Agra, après avoir occupé le poste de directrice des rédactions de Réussir Agra (2018-2022). Elle a assuré avant cela la rédaction en chef de plusieurs titres spécialisés (Agra Presse, Le betteravier français, Réussir Grandes cultures). Mme Ouvrard est par ailleurs « très impliquée » dans l’Afja (association des journalistes agricoles), qu’elle a présidée de 2015 à 2020. Citée dans le communiqué, la nouvelle d.g. de Réussir Agra (20 M€ de CA, 130 salariés) veut « donner un nouvel élan à Réussir et Agra, poursuivre la voie de la digitalisation, et mettre la data au cœur de notre stratégie, au service des acteurs du monde agricole ».
Agenda de la semaine agricole du 28 avril 2025
Vendredi 25 avril
Bonduelle lance une campagne de communication
Lundi 28 avril
Lancement du nouveau dispositif « Parisculteurs en toutes saisons », à Paris
Mardi 29 avril
Ateliers de la conso responsable (vrac et réemploi) de Linéraires
Conférence de presse de Biolait
Conférence de presse du CNPO (interprofession des œufs)
Les députés reprennent l’examen du PJL Simplification, jusqu’au 30
Mercredi 30 avril
Visite d’essais du CITFL sur les alternatives aux pesticides en maraîchage, en Guyane
Séminaire du Réfaur (réseau francilien des agricultures urbaines)
Conférence de presse du Cercle des économistes sur le système alimentaire