Guerre en Ukraine: des prix alimentaires élevés jusqu’en 2024 (Banque mondiale)
En raison de la guerre en Ukraine qui a provoqué un choc majeur sur les marchés des produits de base, «les prix vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024», indique la Banque mondiale dans un rapport publié le 26 avril. Les auteurs ajoutent qu’«il s’agit du plus grand choc sur les produits de base que nous ayons connu depuis les années 1970 (période notamment marquée par les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979)». Une situation qui est en outre aggravée, comme l'estime Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale, par «la hausse des restrictions à l’exportation des denrées alimentaires, du carburant et des engrais». Des restrictions qui font courir le risque d’une «stagflation», prévient celui qui est en charge du pôle Croissance équitable, finances et institutions. Par ailleurs, l’organisation basée à Washington, inquiète de la situation, souligne que «les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années et, en cas de guerre prolongée ou de nouvelles sanctions contre la Russie, ils pourraient devenir encore plus élevés et plus volatils que ce qui est actuellement prévu.» Avant d’alerter sur les dommages collatéraux importants engendrés par ces hausses de prix en termes de coût humain et économique.
Guerre en Ukraine: l’arrêté sur le broyage des jachères en consultation
Après la publication de l’arrêté autorisant les semis de printemps sur les surfaces en jachère fin mars, les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture ont mis en consultation le 25 avril un second arrêté levant l’interdiction de broyage et de fauchage de ces surfaces. Suspendant le premier article de l’arrêté de 2004, le nouveau texte autorisera temporairement les agriculteurs à broyer ou faucher leurs jachères entre le 1er mai et le 15 juillet. Pour remédier aux hausses des cours des produits agricoles dues à la guerre en Ukraine, «il convient d’accroître le potentiel de production agricole de l’Union européenne, tant pour l’alimentation humaine que pour l’alimentation animale», rappellent les ministères. Également soumis à l’avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage (CNCFS), l’arrêté sera en consultation jusqu’au 16 mai 2022. Les jachères représentent 450 000 ha en France, dont seulement 200 000 ha cultivables, a indiqué la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, lors d'un échange avec la presse le 26 avril.
Négociations commerciales: des premières hausses passées sur les viandes (FNSEA)
En réunion hebdomadaire de suivi des renégociations commerciales, «certains industriels annoncent qu’ils ont réussi à passer des hausses», notamment sur les viandes, indique Christiane Lambert le 26 avril. Lors d’un échange avec la presse, la présidente de la FNSEA a cité les volailles, pour lesquelles des hausses de tarifs de 16% auraient été actées, alors qu’«il faudrait 25% pour certaines espèces». En steak haché, produit phare du rayon viandes rouges, des hausses «sont en train de passer». Quelques jours avant la prochaine réunion hebdomadaire, le 28 avril, la responsable syndicale décrit une «foire d’empoigne épouvantable», notamment avec la poursuite de l’application des pénalités logistiques par certaines enseignes, malgré leur interdiction. «Certains distributeurs osent parler de réversibilité des hausses», s’offusque-t-elle, tandis que «Michel-Édouard Leclerc conteste la flambée des coûts due à la guerre en Ukraine.» «Cela fait des mois qu’on me dit que le plus mauvais distributeur en termes d’achat, c’est Carrefour», tacle encore Christiane Lambert, notant que l’enseigne n’a «pas changé de logiciel». Toutefois, la présidente de la FNSEA estime que les lois Egalim 1 et 2 ont globalement «produit des effets», tout en soulignant le «courage» du gouvernement dans son arbitrage des négociations commerciales.
Présidentielle: Christiane Lambert dresse son portrait du futur ministre de l’Agriculture
Lors d’un échange avec la presse le 26 avril, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a dressé son portrait idéal du futur ministre de l’Agriculture: quelqu’un «qui ait de la conviction, du charisme, et qui porte un élan pour l’agriculture». Mme Lambert souhaite aussi qu’il soit «solide, engagé, connaisseur des sujets», et qu’«il puisse très vite reprendre le flambeau» de l’actuel locataire de la Rue de Varenne. «Julien Denormandie a engagé un certain nombre de chantiers que nous voulons voir aboutir», notamment dans le cadre de la présidence française de l’UE, qui s’achève en juin. Les deux sujets que la FNSEA veut voir traités en priorité s’inscrivent dans ce cadre: «donner corps aux clauses miroirs» et «repositionner la stratégie européenne De la fourche à la fourchette». «Cela ne veut pas dire tourner le dos aux transitions», a-t-elle précisé, mais «reconsidérer ses objectifs en pensant à la souveraineté alimentaire en même temps que l’atteinte des objectifs environnementaux». Une orientation dessinée par Julien Denormandie et Emmanuel Macron lors du dernier congrès de la FNSEA. Interrogée sur la volonté du président réélu de nommer un Premier ministre en charge de la «planification écologique», Christiane Lambert a répondu: «Une annonce est une chose, trouver la personnalité à qui confier ce poste en est une autre».
Législatives: désaccords chez EE-LV sur la légitimité de Jean-Luc Mélenchon
À la veille des législatives, et après le score décevant de Yannick Jadot à la présidentielle, les représentants d’Europe Écologie – les Verts (EE-LV) semblent peiner à se mettre d’accord. Sur France Inter le 26 avril, Yannick Jadot s’est bien dit «favorable à une coalition» pour les législatives. Le candidat à la présidentielle a cependant tracé plusieurs lignes rouges. Cette alliance devra selon lui être «très ouverte» à l’ensemble des forces de gauche, et elle ne devra pas soutenir la «désobéissance européenne» chère à l’Union populaire (étiquette de M. Mélenchon pour la présidentielle). De son côté, ayant accusé Yannick Jadot «d’interférer dans les législatives» dans un courrier envoyé aux militants et dévoilé par l’Express (article payant), le secrétaire national d’EE-LV Julien Bayou n’hésite pas à reprendre le terme de «troisième tour» répété par Jean-Luc Mélenchon. «C’est à Jean-Luc Mélenchon de mener les discussions pour que cette alliance puisse voir le jour», a également salué Grégory Doucet, maire de Lyon, auprès de nos confrères de Lyon Capitale au soir du second tour. Dans une interview accordée au Journal du dimanche, Sandrine Rousseau, candidate malheureuse à la primaire des écologistes, estime même que Yannick Jadot doit faire «un petit chemin pour se repositionner sur quelque chose de plus ouvert à la gauche». Une rencontre entre EE-LV et l'Union populaire serait prévue pour le 27 avril, selon Franceinfo.
Tournesol: les industriels autorisés à changer d'huile sans modifier les emballages
L'État a autorisé le 26 avril les industriels à remplacer l'huile de tournesol dans leurs recettes sans changer leur emballage, en raison de difficultés d'approvisionnement dues à la guerre en Ukraine. De telles dérogations d’étiquetage seront accordées dès cette semaine, pour six mois maximum, a indiqué Bercy à l'issue d'une concertation avec industriels, distributeurs et associations de consommateurs. Les fabricants auront un délai de six mois pour changer leurs emballages, mais devront avant deux mois signaler sur le produit qu'un changement de recette a eu lieu, sans nécessairement préciser lequel. Dans le cas de l'ajout de produits allergènes, ou lorsque des allégations environnementales ne seraient plus vraies – comme «issu de l’agriculture biologique», «sans OGM» ou «sans huile de palme» –, l’information via des stickers doit en revanche être immédiate. L'ensemble des modifications de recettes ayant fait l'objet d'une dérogation seront référencées sur un site de la Répression des fraudes (DGCCRF). Selon Bercy, plusieurs centaines voire plusieurs milliers de références pourraient faire l'objet de ces demandes de dérogations.
Miel: les apiculteurs «plutôt satisfaits» en sortie d’hiver (Unaf)
«Dans la plupart des régions, les apiculteurs sont plutôt satisfaits de leur sortie d’hiver», indique Henri Clément, porte-parole de l’Unaf à Agra Presse. Alors que le syndicat collecte actuellement les chiffres auprès de ses adhérents, les pertes devraient selon lui être proches de la moyenne – et du niveau de pertes observé en 2020-2021 –, «aux alentours de 20 ou 25%». Localement, prévient toutefois le représentant syndical, de «très fortes mortalités» peuvent être observées, notamment dues aux utilisations de pesticides ou de produits vétérinaires. Alors que «l’environnement a été laissé de côté durant la seconde partie du quinquennat», selon Henri Clément, les apiculteurs espèrent que «le nouveau gouvernement sera plus sévère sur les pesticides». Estimant que Julien Denormandie «a été le porte-parole de la FNSEA», Henri Clément rappelle que de nombreux autres acteurs du secteur agricole ont été «très déçus» par son bilan. Pour la mandature qui s’ouvre, «il faut que l’on interdise vraiment les néonicotinoïdes, et renforcer l’arrêté abeille qui est insuffisant», demande M. Clément. Autant de sujets que les apiculteurs devraient porter lors du congrès européen de l’apiculture, que l’Unaf organise du 20 au 23 octobre à Quimper (Finistère), et auquel le président de la République a déjà été invité.
«Made in France»: un service des Douanes dédié s’implante en Auvergne
Le 2 mai, un service des Douanes dédié à l’origine et au «made in France» s’implantera à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour répondre plus efficacement aux demandes des entreprises de tous les secteurs dont l’agroalimentaire, et notamment des TPE-PME, a annoncé le ministère de l’Économie par voie de communiqué le 26 avril. Il sera pourvu de six agents douaniers et sera en charge de la délivrance des décisions et informations aux entreprises «à des fins de marquage de l’origine ou d’utilisation optimale des accords commerciaux». Ces missions sont assurées par la direction générale des douanes en Île-de-France depuis 2016. Les entreprises n’ont pas l’obligation de solliciter les Douanes pour apposer un marquage «made in France» sur leurs produits, mais un accompagnement gratuit et personnalisé leur permet d’obtenir des «informations sur le made in France» (IMF) et des «renseignements contraignants en matière d’origine» (RCO). La procédure IMF permet de déterminer, après analyse par les agents douaniers, si un produit est conforme aux règles d’origine pour l’apposition d’un marquage «made in France». Quant au RCO, il apporte une sécurité juridique aux entreprises qui souhaitent se développer à l’international et bénéficier des réductions de droits de douane prévues dans les accords commerciaux.