Bovins : le gouvernement va assouplir les tirs de défense contre les loups
Le gouvernement va permettre aux éleveurs bovins d’opérer des tirs de défense contre les loups pour protéger leur troupeau même lorsque celui-ci n’aura pas été déjà attaqué, un nouvel assouplissement avant le déclassement de l’espèce, a annoncé le 28 mai la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Au Sénat, la ministre a annoncé la mise en consultation d’un arrêté jusqu’au 10 juin, qu’elle signera avec son homologue de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher. Ce texte «permettra de pouvoir opérer des tirs, dans les espaces où les troupeaux sont menacés, même lorsqu’il n’y aura pas (eu) d’attaque pour qu’on entre vraiment dans une logique de régulation», a-t-elle déclaré. Auparavant, le troupeau devait avoir été attaqué au moins une fois dans les 12 derniers mois. Cet arrêté viendra en application de la LOA qui prévoit que «compte tenu de l’absence de moyens de prévention efficaces disponibles, des tirs contre les loups peuvent être autorisés pour la protection des troupeaux de bovins, d’équins et d’asins (ânes), sous réserve que des démarches en matière de réduction de la vulnérabilité de ces troupeaux aient été engagées par les éleveurs».
Jeunes bovins: des députés plaident pour simplifier les contrats
Les députés Thierry Benoît (apparenté Horizons & Indépendants, Ille-et-Vilaine) et Christophe Barthès (RN, Aude) ont présenté, le 28 mai le rapport de leur mission d’information « relative aux problèmes économiques de l’abattage dans le contexte de réduction des cheptels », plaidant pour une variété de structures d’élevage et des capacités d’abattage adaptées aux circuits longs et courts. Sur le plan de l’élevage, ce rapport recommande de lutter contre la décapitalisation et d’encourager à la production (notamment l’engraissement des jeunes bovins) en promouvant la contractualisation auprès des éleveurs. À ce titre, il s’agit de « simplifier le contenu obligatoire des contrats pour s’en tenir à l’objet et au prix », a formulé Christophe Barthès. Il s’agit aussi d’accélérer les mesures du Plan de reconquête de l’élevage. Par ailleurs, le rapport se positionne pour que la future Pac soutienne l’élevage sur prairies. En matière d’abattage, le rapport préconise la modernisation et la stabilité réglementaire. Les rapporteurs ont volontairement écarté la question du financement mais ils demandent un contrôle détaillé des abattoirs ayant bénéficié d’aides publiques sous les mandatures des ministres Julien Denormandie et Marc Fesneau.
Produits laitiers : les exportations françaises en hausse de 2,4% en 2024
Pour la 6e année consécutive, les exportations de produits laitiers français ont été en hausse en 2024 pour atteindre 9,2 Md€, à +2,4% en valeur par rapport à 2023, annonce FranceAgriMer le 23 mai. Une performance principalement tirée par « deux familles de produits laitiers, le beurre et les fromages, même si les envois en valeur de yaourts et de crème ont également été haussiers. » Alors que le solde de beurre est structurellement déficitaire, le pays a tout de même exporté. Un phénomène qui s’explique par la « bonne demande de 2024, dans un contexte de retrait des disponibilités mondiales ». Pour les fromages, la hausse des envois en valeur a été générée par une hausse en volume, notamment sur les fromages à pâte molle et à pâte fraîche. Les envois français ont augmenté vers les États membres de l’Union européenne (+ 4,7 % en valeur), représentant près de 70% des exportations. A noter des baisses : vers la Chine (-8%), par la moindre demande de ce pays pour les poudres de lait, engagée depuis plusieurs années, et vers l’Algérie (-33% en volume comme en valeur) à cause « des tensions politiques » franco-algériennes. La balance commerciale, excédentaire, s’est pourtant dégradée à 3,2 M€ (-2 %) par rapport à 2023, pénalisée par « le solde déficitaire des échanges de beurre et MGLA (beurre concentré, NDLR), ainsi que de poudre infantile et de poudre de lait entier. »
Porc: en Espagne, Vall Companys, Serlopi et Cañigueral reprennent Inga Food
Une opération de concentration dans l’intégration de l’élevage porcin en Espagne a été annoncée le 20 mai par les groupes Vall Companys, Serlopi (maison mère d’Incarlopsa) et Cañigueral : celles-ci reprennent 100 % du capital d’Inga Food auprès de son actionnaire actuel, le Néerlandais Nutreco. Inga Food travaille avec plus de 650 élevages porcins en Catalogne, Aragon, Estrémadure, dans les deux Castilles et la région de Levante. Cette société réalise plus de 325 millions d’euros de chiffre d’affaires en faisant élever 85 000 truies (blanches et ibériques) et produire 1,5 million de porcs blancs et plus de 120 000 porcs ibériques. Elle « continuera à opérer comme l’une des grandes entreprises d’intégration porcine en Espagne, désormais soutenue par trois acteurs solides et innovants de l’industrie carnée nationale », dit le communiqué. Nutreco « continuera à promouvoir des solutions durables et innovantes en matière de nutrition animale » précise-t-il. L’intégration est la caractéristique de l’élevage porcin espagnol et les opérateurs tendent à se concentrer pour faire face aux défis environnementaux et économiques. La transaction est soumise à l’autorisation de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC).
Coopératives : en congrès, les JA vont plancher sur la gouvernance des coops
« Remettre l’agriculteur au cœur des structures coopératives et mutualistes » : tel est l’intitulé du rapport d’orientation au congrès des Jeunes agriculteurs les 3, 4 et 5 juin. Le syndicat veut apporter des pistes d’amélioration sur la gouvernance, le contrôle et l’expansion « souvent jugée excessive », notamment via la multiplication des filiales. JA réclame un coup de pouce à la formation des administrateurs avec un cursus personnalisé. Objectif : assurer une gouvernance « plus éclairée et responsable ». Appelant à « réinventer la gouvernance des coopératives agricoles », le corapporteur Romain Deleris propose de nouveaux mécanismes fondés sur « une répartition équilibrée des pouvoirs et un contrôle renforcé de la gouvernance des filiales, afin de garantir plus de transparence et de cohérence avec les attentes des agriculteurs ». S’agissant du mutualisme, les JA alertent sur la méconnaissance du fonctionnement du système de protection sociale. Le syndicat préconise une rationalisation du nombre de délégués à la MSA, afin de leur conférer « de véritables moyens d’action et une représentativité plus efficace ». Concernant le mutualisme économique, Romain Deleris juge essentiel « qu’il s’adapte à des enjeux contemporains comme l’exploitation et le portage du foncier par les coopératives, l’entrée des banques dans le capital des exploitations, ou la gestion des risques climatiques et sanitaires ».
Syndicalisme : les Jeunes agriculteurs mettent en chantier leur offre syndicale
Le congrès des Jeunes agriculteurs les 3,4 et 5 juin à Auch (Gers) est l’occasion d’un point d’étape sur le travail d’introspection mené par l’organisation. Une « refonte de notre offre syndicale » est en cours, a déclaré le 28 mai le président Pierrick Horel, lors d’une conférence de presse. « Il s’agit de remettre en question notre mode de fonctionnement, nos méthodes de travail », selon lui. Les réponses sont programmées l’an prochain, à l’occasion du congrès 2026 dans l’Ain. D’ici là, le syndicat invite l’ensemble des adhérents à participer au chantier. « Tout doit être posé sur la table », insiste Pierrick Horel, citant en guise d’exemple la communication interne et externe, la vie syndicale au quotidien. Les récentes élections aux chambres d’agriculture ont bousculé les JA. « On est challengé par une nouvelle forme d’engagement syndical, quelque chose de plus radical », explique-t-il en référence aux succès de la Coordination rurale. « Notre public change avec des profils non-issus du monde agricole et hors cadre familial qui ont une vision différente. » Et Pierrick Horel d’inviter tout le réseau à participer au chantier de refonte de l’offre syndicale JA. « Quand les grandes idées viennent toujours de Paris, c’est difficile à porter sur le terrain », selon lui.
Syndicalisme: la Confédération paysanne va créer une commission communication
Dans un entretien accordé à Agra presse le 21 mai, les trois nouveaux porte-parole de la Confédération paysanne dressent le bilan des élections et leur feuille de route. Le syndicat veut travailler sur sa communication pour mieux de faire entendre. «Nous avons du mal à nous faire entendre au niveau médiatique (...), explique Thomas Gibert, maraîcher en Haute-Vienne. La stratégie va être d’utiliser des canaux nouveaux, pour que le monde paysan ait accès à nos propositions. Nous allons créer une commission communication qui va y travailler. L’idée est d’aller davantage sur Internet, et changer du traditionnel communiqué de presse.» Le syndicat, qui a adopté son rapport d'orientation à l'unanimité - une première selon les trois élus - assure avoir dépassé les anciens clivages entre ses deux pôles, contestataire dans le sud et réformiste au nord-ouest. « C’était vrai il y a quinze ou vingt ans, mais cela a beaucoup bougé, explique Fanny Métrat, éleveuse d'ovins en Ardèche. Il n’est plus possible de dire que tel ou tel département serait d’une tendance particulière. Et pour les jeunes générations, ce n’est plus un débat. Ces deux jambes - d’un côté, le travail d’action, de désobéissance, et de l’autre, tout ce qui est institutionnel, plaidoyer – doivent être équilibrées, je crois que c’est très clair.»
PPL Entraves : Duplomb tient à la version du Sénat sur l'OFB et l'eau, ouvert sur le reste
En vue de la commission mixte paritaire (CMP), l'auteur de la proposition de loi Entraves, le sénateur LR Laurent Duplomb, a indiqué à Agra presse, le 28 mai, ses priorités, qui annoncent des négociations rudes sur la question de l'eau (intérêt général majeur du stockage de l'eau, et zones humides) et des agents de l'OFB (office français de la biodiversité). Sur ces deux points, il demande à s'en tenir à la rédaction du Sénat. Sur la séparation de la vente et du conseil des pesticides, le sénateur souhaite que le conseil stratégique global soit rendu facultatif, et non obligatoire comme proposé par les députés de la Coméco. Quand à la facturation séparée du conseil et de la vente, il n'y est certes pas favorable, mais n'en fera pas un objet de discussion. Concernant l'Anses, Laurent Duplomb semble ouvert à l'écriture des députés de la Coméco, y compris à l'idée que la priorisation des dossiers soit établie par des scientifiques. Pour la réautorisation dérogatoire de l'acétamipride, le sénateur se dit aussi prêt à accepter la durée de validité de trois ans, et l'interdiction d'une culture mellifère après son usage, mais une année seulement. Concernant les installations classées en élevage, le sénateur se réjouit de voir le ministère de la Transition écologique se résoudre à un régime dédié, mais souhaite obtenir l'ordonnance avant la CMP, pour pouvoir l'intégrer ou à minima l'encadrer.
PPL Entraves: vers une commission mixte paritaire fin juin-début juillet
Rejetée par l’Assemblée nationale sans examen dans l’hémicycle, la proposition de loi (PPL) Entraves doit désormais être examinée en commission mixte paritaire (CMP), dont la date reste à fixer. A l'instar du président de la FNSEA Arnaud Rousseau, les parlementaires de droite souhaitent qu'elle se tienne au plus vite, par exemple la semaine du 10 juin, comme demandé le député LR Julien Dive. Mais la décision doit être prise d'un commun accord entre les présidents des commissions des affaires économiques du Sénat et de l'Assemblée. Chez les députés, c'est Aurélie Trouvé (LFI) qui préside cette commission, et dont les équipes indiquent que l'agenda est «complet» jusqu'à fin juin-début juillet. De quoi inquiéter ceux qui, comme la FNSEA, ou le sénateur Duplomb, souhaitent que le texte puisse être adopté avant la pause estivale. Or la date de cette pause n'est pas encore fixée. «J'ai compris que le ministère des relations avec le Parlement souhaitait des cessions jusqu'au 15 juillet», explique-t-on chez Aurélie Trouvé. Un terrain d'entente parait donc possible. Selon Julien Dive, la CMP pourrait avoir lieu le 24/25 juin, ou le 1er juillet, et le vote la semaine suivante.
Foncier : le chantier de l'A69 reprend à partir de mi-juin, annonce le ministre des Transports
La justice administrative a tranché : le chantier de l'autoroute Toulouse-Castres, fortement contesté depuis deux ans par les écologistes, va pouvoir reprendre à partir de mi-juin, après trois mois d'arrêt. La cour administrative d'appel de Toulouse a prononcé le 28 mai « un sursis à l'exécution des jugements rendus le 27 février annulant les autorisations environnementales délivrées par l'Etat ». Cette décision « constitue un véritable soulagement », a réagi le ministre des Transports Philippe Tabarot. « Le juge a reconnu comme sérieux l'argument en faveur de l'existence d'une raison impérative d'intérêt public majeur du projet ». « Les travaux reprendront à partir de mi-juin de manière progressive », a-t-il ajouté, tout en appelant à rester « vigilants », « sur la prise en compte des enjeux de protection de l'environnement ». La cour se prononçait sur un recours en urgence déposé par l'Etat, visant à redémarrer ce chantier de l’A69. Elle doit encore trancher sur le fond dans plusieurs mois. Cette décision intervient avant l'examen, le 2 juin à l'Assemblée nationale, d'une proposition de loi dite de « validation » adoptée au Sénat à une large majorité le 15 mai. Le texte prévoit d'autoriser la poursuite du chantier, sans attendre que la cour d'appel administrative se prononce sur le fond.
Commission européenne : Elisabeth Werner va prendre la tête de la DG Agriculture
Comme annoncé par Agra, la Commission européenne a nommé, le 28 mai, l’Autrichienne Elisabeth Werner au poste de Directrice générale de la DG Agriculture, effective au 1er juin. Elle va donc remplacer à ce poste, un autre Autrichien, Wolfgang Burtscher, qui a quitté ses fonctions le 1er mai et fait valoir ses droits à la retraite. Elisabeth Werner, qui a rejoint la Commission européenne en 1996, est actuellement secrétaire générale adjointe au secrétariat général de la Commission européenne en charge de la Coordination des politiques. Dans son communiqué, la Commission européenne souligne « la capacité de Mme Werner à travailler de manière intersectorielle et à aligner les politiques, les financements et les outils de mise en œuvre sera essentielle pour faire progresser une approche intégrée de l'agriculture qui soutienne les agriculteurs, renforce les communautés rurales et réponde aux ambitions de l'UE ».
Pac: un vaste détournement de fonds agricoles déjoué en Italie
La police italienne a annoncé, le 27 mai, la saisie pour 1,14 million d'euros de biens appartenant à «un groupe criminel» soupçonné de détournement de fonds de la Pac à Salerne, près de Naples. Plusieurs entreprises auraient obtenu illégalement des financements «fondées sur des données mensongères» avec la «complicité de techniciens agricoles et de fonctionnaires de la région de Campanie» en échange d'un pourcentage sur les montants détournés, selon le communiqué des carabiniers. D'après les derniers chiffres publiés par le Comité de lutte contre la fraude à l'encontre de l'Union européenne (COLAF), organisme dépendant du gouvernement italien, environ 22,7 millions d'euros de fraudes et irrégularités au détriment des fonds de la Pac ont été signalés en 2023 en Italie, ce qui représente 9,17% du total des fraudes estimées au niveau européen.
Pac: le parquet européen révèle une fraude aux aides à l'hectare en Grèce
Le ministre grec de l’Agriculture, Costas Tsiaras, a confirmé le 26 mai la découverte d’une fraude présumée aux subventions de la Pac distribuées par l'Opekepe, l’Agence grecque des aides de la politique agricole commune. Il avait déjà licencié, quelques jours auparavant, le chef de l'Opekepe, Nikolaos Salatas, après une perquisition des responsables du Bureau du parquet Européen (EPPO) à Athènes et sur l'île de Crète. Ces perquisitions ont été effectuées dans le cadre d'une enquête sur une fraude présumée concernant des subventions agricoles distribuées par l'Opekepe, a indiqué dans un communiqué le parquet européen. Selon celui-ci «un nombre important de personnes» avaient obtenu des aides agricoles entre 2019 et 2022 pour des pâturages principalement en revendiquant à tort des terres publiques. Au cours des années suivantes, jusqu'en 2024, les mêmes individus ont continué à soumettre de fausses déclarations leur permettant ainsi d’activer et maintenir leurs droits au paiement. Le ministre de l’Agriculture a promis une «nouvelle ère de transparence totale».
Climat: un paysan péruvien débouté contre RWE, mais un précédent selon les ONG
En Allemagne, la cour d’appel de Hamm a reconnu le principe d'une responsabilité mondiale des énergéticiens dans les dommages liés au changement climatique, où qu'ils se produisent, le 28 mai. C’est un précédent juridique crucial, selon les défenseurs de l'environnement. Pour rappel, l'audience en mars opposait un paysan péruvien au géant de l’énergie RWE, le premier demandant au second de réparer les effets du changement climatique sur son terrain, menacé d’inondation selon lui. Bien que la plainte ait été rejetée en l’espèce, car « la collecte de preuves a montré qu'il n'y avait pas de danger concret pour son terrain », selon un communiqué du tribunal, ce dernier lui a donné raison au plan du principe. Si un risque est établi, « l'émetteur de CO2 peut être tenu de prendre des mesures » pour empêcher qu'il ne se concrétise. Et si cet émetteur refuse d'agir, « il est possible d'établir des coûts avant la réalisation » du risque, que le producteur d'énergie « doit compenser à hauteur de sa part dans les émissions ». Le seul argument de « la distance importante entre les centrales électriques » de RWE et le lieu de résidence du plaignant au Pérou « ne saurait constituer un motif suffisant pour considérer le recours comme non fondé ».
Assurances récolte/grêles : 7 M€ de récoltes perdues à cause de l’orage du 3 mai
Le violent orage de grêle du 3 mai, qui a frappé principalement Paris et l’Île-de-France, a causé « 7 millions d'euros de récoltes non engrangées », a chiffré France Assureurs auprès du Parisien puis de l’AFP. En tout, ces grêlons devraient coûter 334 millions d'euros aux assureurs, et plus de la moitié concerne l’automobile, avec 196 millions d'euros de dégâts sur plus de 61 000 voitures sinistrées, selon les déclarations à la mi-mai. « 196 millions d'euros, c'est la moitié du coût annuel de la grêle en assurance auto en moyenne sur la dernière décennie », a commenté dans Le Parisien Paul Esmein, directeur général de France Assureurs. « Un tel montant s'explique par la localisation de l'orage, en zone urbaine avec de nombreux véhicules garés en extérieur », a-t-il ajouté. S’ajoutent notamment les sinistres en habitation, qui devraient coûter 116,9 millions d'euros, et les dommages en biens professionnels (14 millions d'euros). Parmi les dégâts, certains ont été signalés en Champagne, en Lorraine et du côté de Lyon, d’après l’AFP.
Grêle: dans le Béarn, appel au dons pour déclencher plus souvent les canons anti-grêle
Le violent orage de grêle du 3 mai (7 M€ de récoltes non engrangées) a principalement touché l’Île-de-France mais des exploitations ont été affectées dans d’autres territoires, comme dans le Béarn (Pyrénées-Atlantiques). Des agriculteurs béarnais ont témoigné auprès de France 3 de leur incompréhension : des dommages auraient pu être évités, si les générateurs à vortex anti-grêle avaient été activés, ce qui n’a pas été le cas à cause d’un manque de moyens. L’Adelfa 64, l’association qui gère les générateurs localement, a lancé une campagne de dons sur HelloAsso relayée par la Chambre d’agriculture, où elle explique : « Notre association fonctionne avec un budget limité », ainsi « notre système est actuellement configuré pour se déclencher uniquement à partir d’un taux de risque de 30 % », or le 3 mai, « le niveau de risque était évalué à 28 % ». Les dons doivent permettre de « réduire le seuil de déclenchement des générateurs, de 30 % à 20 % » ou encore d’ « acquérir de nouveaux générateurs dans les zones exposées ». D’après France 3, les Pyrénées-Atlantiques comptent « 52 générateurs répartis dans les zones de culture », et « les dispositifs anti-grêle sont déclenchés à partir d'un risque de 20 % de grêle, mais pas dans le Béarn où le seuil est à 30 % ».
Engrais/directive Nitrates : la CR manifeste à Lille pour lever des contraintes
Une dizaine d’agriculteurs de la Coordination rurale et cinq tracteurs ont bloqué la cité administrative à l’entrée de Lille, le 28 mai après-midi, rapporte l’AFP. « CR59 on lâche rien », pouvait-on lire écrit à la peinture fluo sur un des tracteurs, en présence d’un important dispositif policier. Les agriculteurs protestaient contre une directive qui durcit les restrictions d’utilisation d’engrais. La DDTM a exhorté la profession, par courrier, à se conformer aux nouvelles mesures d’ici fin juin. La directive Nitrates, visant à réduire la pollution des eaux causée par les nitrates d’origine agricole, fixe notamment des calendriers d’épandage d’engrais azotés et d’effluents d’élevage, qui ont été modifiés mi-2024. « On nous demande encore de nous justifier sur la façon d’utiliser les engrais », a déploré Carlos Descamps, agriculteur à Vendeville (Nord) en polyculture, céréales et pommes de terre, assurant : « on fait déjà tout ce qu’on peut, on n’est pas là pour polluer ». Une mobilisation qui intervient alors qu’un bras de fer est engagé au Parlement sur la PPL Entraves, dont le sort sera finalement scellé en commission mixte paritaire.
Sucre : Tereos réalise le 3eme meilleur exercice financier de son histoire
Le groupe coopératif français Tereos (sucre, éthanol, amidon…) a indiqué avoir réalisé en 2024-2025 « le 3ème meilleur exercice financier de son histoire », via son directeur général Olivier Leducq, lors d’une conférence de presse à Paris le 28 mai. L’Ebitda est estimé à 801 M€, contre 1 128 M€ en 2023-2024 et 981 M€ en 2022-2023. « Les deux exercices précédents avaient été exceptionnels. […] Il s’agit de performances solides dans un contexte agricole actuellement dégradé », précise-t-il. Le dirigeant fait référence notamment à la chute des cours mondiaux du sucre, mais aussi et surtout en Europe. « Ils ont décroché de 20 % dans le monde et de 40 % en Europe », déplore Olivier Leducq. L’exercice 2025-2026 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Le directeur général de Tereos constate que la situation conjoncturelle du marché du sucre reste actuellement dégradée, et ne voit pas de rebond de prix avant septembre 2025. « L’exercice 2025-2026 aura donc déjà intégré les prix bas, tout en ayant très peu enregistré l’éventuel rebond de fin d’année », prévient-il.
Exportations agricoles et agroalimentaires: la France maintient son 6e rang mondial
Malgré un recul de ses envois, notamment de céréales, la France maintient son sixième rang d’exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires en 2024, indique FranceAgrimer dans un panorama du commerce extérieur français publié le 23 mai. La part de marché de la France est en recul de 0,1 point à 4,3%. Grace aux exportations de produits horticoles, fruits, beurre/graisse, et huile de cacao, les Pays-Bas ont pris la deuxième place du classement avec 7% de parts de marché, au détriment du Brésil (6,6%), qui voit les exportations de soja reculer. Les États-Unis restent leader avec près de 8,5 % de part de marché mais perdent 0,2 point de part de marché en raison d’un recul des exportations de fèves de soja (-11 %). La balance commerciale des produits agricoles et agroalimentaires de la France, bien que toujours excédentaire de 3,9 Md€, s’est encore repliée en 2024 (-26 %) . Elle a baissé de 1,4 Md€ en 2024 par rapport à 2023. Il s’agit de l’excédent le plus bas enregistré depuis 20 ans. « En 2024, la valeur des exportations françaises de produits agricoles et agroalimentaires est à peine meilleure que celle de 2023, 82,1 Md€ contre 81,4 Md€ », constate FranceAgriMer. La valeur des exportations a été pénalisée par les grandes cultures - des cours mondiaux en baisse et une faible production nationale - tandis que l’épicerie a progressé.
Emballages professionnels : pas de Responsabilité élargie du producteur avant janvier 2026
La filière REP (Responsabilité élargie du producteur) des emballages professionnels (servant aux industriels, logisticiens ou commerçants) ne se mettra pas en place avant la publication de trois textes de loi, soit au plus tôt début 2026, selon les fabricants engagés dans le projet d’éco-organisme Twiice. Un décret doit d’abord instituer cette REP. Selon Emma Le Four, en charge des affaires publiques de Twiice, le projet de décret inclut l’actuel REP des emballages pour la restauration et sa version définitive est en cours de rédaction. Un second texte établira le cahier des charges de l’éco-organisme (ses objectifs, son fonctionnement). Celui-ci est particulièrement attendu de Twiice, candidat concurrent de Citeo Pro. Enfin un arrêté définira les emballages concernés (en quoi ils se distingueront d’emballages ménagers). La REP Emballages professionnels devait être en place au 1er janvier 2025. « Il serait très étonnant que l’écotaxe [que devront payer les fournisseurs des professionnels] soit rétroactive », confie Emma Le Four. Cette dernière rappelle que Twiice est l’unique organisme dédié aux emballages professionnels ; emballages en plastiques lors de sa fondation en 2019 et aujourd’hui en tous matériaux.
Bio/équitable : chiffre d'affaires en hausse de 30% pour Bio Equitable France
Le label Bio Equitable en France annonce un chiffre d’affaires en hausse de 30% sur an, à 162 millions d’euros (M€) en 2024, selon un communiqué le 27 mai. Plus de 800 produits français bio et équitables ont été commercialisés sous cette bannière, soit une hausse de 20% par rapport à l’an passé, hors fruits et légumes de saison. Cette croissance « remarquable » est portée par le secteur frais : les ventes de viandes (poulet, bœuf) et charcuterie « ont doublé » pour atteindre 50M€ , et celles de produits laitiers « ont bondi de 45% » pour atteindre 31M€. Les ventes de fruits et légumes sont en hausse de 20% pour atteindre 35M€. « En cinq ans, nous avons démontré qu’un autre modèle est possible : une bio accessible, produite de manière durable et équitable, porteuse de sens pour les agriculteurs, les entreprises, les magasins et les consommateurs », se réjouit son directeur Vincent Rousselet, cité dans le communiqué. Créé en mai 2020, le label certifie des produits bio issus de circuits courts, avec peu d'intermédiaires aux marges « réduites ». Il embarque 5 000 fermes et 60 entreprises de la bio (transformateurs et distributeurs).
Spiritueux : nouveau DG chez Rémy Cointreau, freiné par le cognac
Le groupe de spiritueux Rémy Cointreau a annoncé le 28 mai la nomination de Franck Marilly au poste de directeur général, où il succèdera à Eric Vallat, démissionnaire, à compter du 25 juin. Franck Marilly, a notamment exercé des responsabilités d'encadrement chez Unilever, Chanel et Shiseido, est-il précisé dans le communiqué du groupe. « Nous sommes convaincus qu’il apportera une nouvelle dynamique, et saura aborder avec confiance, dans un contexte macroéconomique et géopolitique complexe, les nouveaux enjeux de la croissance du groupe », déclare Marie-Amélie de Leusse, présidente du conseil d'administration de Rémy Cointreau, citée dans le communiqué. Lors de la publication des résultats de son exercice annuel décalé 2024-2025 fin avril, Rémy Cointreau avait fait état d'un recul de 17,5 % de son chiffre d'affaires annuel, sous l'effet de « conditions de marché complexes » en Chine et d'une baisse des ventes aux Etats-Unis. Le groupe Rémy Cointreau est très dépendant du cognac, qui représente près des deux tiers de son chiffre d'affaires, et notamment de la demande des Chinois pour cette boisson haut de gamme. Sur ses deux gros marchés, la Chine et les Etats-Unis, le groupe est aujourd'hui affecté par l'application de mesures douanières inédites.
Agenda de la semaine agricole du 2 juin 2025
Lundi 2 juin
L’OFB fête les 10 ans de sa marque Esprit parc national
Mardi 3 juin
Congrès des JA jusqu'au 5 juin, à Auch
Congrès de la FNCuma, jusqu'au 5 juin, à Beaune
Assemblée générale de l'Acta (instituts techniques)
Conférence annuelle SIMV (médicaments vétérinaires)
Conférence du Sommet de l'élevage
Voyage de presse Semae sur le plant de pomme de terre certifié
Mercredi 4 juin
Présentation de la stratégie de l'UE sur la résilience en eau par la Commission européenne
Conférence de presse presse de présentation du salon Tech et Bio (à Lyon)
Conférence du RMT Filarmoni sur les «enjeux sociétaux»
Assemblée générale Anamso (multiplicateurs de semences)
Conférence sur l'Accord UE-Mercosur à l'Assemblée nationale
voyage de presse du Snia (alimentation animale)
Jeudi 5 juin
Assemblée générale de la Fnil (industrie laitière)
Examen au Sénat de la PPL Vignes en friche
Symposium Gestion des parasites en élevage laitier (Ceva)
Rencontre sur le min de Rungis des acteurs agroalimentaires de l'Axe Seine
Visioconférence de l'OFB sur le dialogue territorial dans les aires de captage
Conférence de presse des producteurs de Mirabelles.
Vendredi 6 juin
Bourse aux céréales de Paris
Journées nationales de l'agriculture, jusqu'au 9 juin