Agrafil du 30 août 2024

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Après le PLOA, la FNSEA propose un «projet de loi pour entreprendre en agriculture»

Alors que les députés nouvellement élus n’ont pas démarré leurs travaux et qu’Emmanuel Macron n’a pas encore nommé le nouveau Premier ministre, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) ont présenté, lors d’une conférence de presse le 29 août, leur «projet de loi pour entreprendre en agriculture». Ce texte «clés en main», selon le président de JA Pierrick Horel, reprend le projet de loi d’orientation pour l’agriculture (PLOA), déposé par le gouvernement et «suspendu depuis la dissolution de l’Assemblée», comme le rappelle son homologue de la FNSEA Arnaud Rousseau. Les deux syndicats y ont ajouté des «engagements» de l’exécutif obtenus après les manifestations de début 2024, ainsi que leurs revendications portées à cette occasion. Le projet de texte comprend 39 articles répartis en six titres: souveraineté alimentaire, transitions, revenu, attractivité du métier, installation-transmission et simplification. Les seuls thèmes qui ne sont pas abordés sont le foncier – qui avait été exclu du PLOA – et le statut d’agriculteur actif – qui relève du niveau européen. Entre autres mesures, le «projet de loi» FNSEA-JA comporte de nombreuses dispositions fiscales (transmission, dotation pour épargne de précaution, défiscalisation du cheptel bovin, etc.). Sur les pesticides, les syndicats majoritaires proposent notamment d’inscrire le principe «pas d’interdiction sans solution» dans le Code rural et d’abroger le conseil stratégique obligatoire, ainsi que la séparation entre vente et conseil.

Cognac: la Chine constate un dumping de l’UE, mais n’imposera pas de droits provisoires

Dans un contexte de tensions commerciales sino-européennes en forte croissance, le ministère chinois du Commerce a dévoilé, le 29 août, les résultats préliminaires de son enquête antidumping sur les importations de spiritueux obtenus par distillation de vin de l’UE lancée en janvier. Parmi les principaux éléments, Pékin constate notamment que les brandies importés de l’UE exercent bien un dumping, que son industrie subit donc une menace de préjudice substantiel, et qu’il existe une relation de causalité entre le dumping et la menace de préjudice substantiel. La marge de dumping a été fixée entre 30,6% et 39,0%. Néanmoins, l’empire du Milieu n’imposera pas de mesures antidumping provisoires sur le cognac importé depuis l’UE, pour le moment. De son côté, la Commission européenne prend note de l’annonce et continuera de suivre les suites de l’enquête pour s’assurer que les dispositions de l’OMC sont respectées. Et Bruxelles d’ajouter qu'elle prendra les mesures nécessaires pour défendre les exportateurs européens.

Pommes: l’ANPP demande une revalorisation de 0,10 €/kg des prix payés aux producteurs

À l’occasion du lancement de la campagne pommes et poires 2024, le 28 août, l’ANPP (Association nationale pommes et poires) a estimé la récolte française de pommes «satisfaisante en volume et en qualité», dans un contexte européen «historiquement déficitaire». La récolte française s’établit ainsi à 1,463 Mt, stable par rapport à la moyenne, alors que, au niveau européen, «2024 sera la deuxième plus petite récolte de la décennie». Concernant la récolte française de poires, elle devrait s’établir à 119 000 t, soit une augmentation de 15% par rapport à 2023, quand la récolte au niveau européen devrait quant à elle être «loin de son potentiel», souligne Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP. Malgré ces prévisions de récoltes «correctes», l’association s’inquiète de l’augmentation des coûts de production depuis 2022, «qui peinent à être compensés». C’est pourquoi elle souligne notamment la «nécessité absolue» de revaloriser de 0,10 €/kg les prix payés aux producteurs de pommes. L’évènement a également été l’occasion pour l’ANPP, à l’origine de la création du label Vergers écoresponsables en 2010, d’annoncer l’entrée de la prune dans le cahier des charges pour une labellisation des prunes françaises agréées pour la récolte 2025.

FCO/ovins: prochaines doses de vaccins pour le sérotype 8 «au plus tôt en octobre» (FNO)

Dans un message envoyé à la presse le 29 août, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) indique que «les prochaines doses de vaccins contre le sérotype 8 [de la fièvre catarrhale ovine, FCO] sont annoncées au plus tôt pour le mois d’octobre». Lors d’une conférence de presse le 27 août, la présidente de la FNO Michèle Boudoin avait alerté sur une «rupture» de ce vaccin (Syvazul 4-8), alors que la FCO-8 a décimé des milliers d’ovins dans le sud de la France. «Les éleveurs sont démunis et nous attendons des pouvoirs publics des réponses à la hauteur du séisme», poursuit la FNO, à la veille d’un déplacement de Marc Fesneau sur ce sujet. Le 27 août, le syndicat avait dénoncé un manque d’anticipation de l’État sur la FCO-8: «La FNO a alerté depuis des mois le ministère sur les coûts et la disponibilité des vaccins et l’absence d’accompagnement sur la surveillance de la maladie», lit-on dans le message du 29 août. Une mise en cause qui ne vaut pas pour le sérotype 3, arrivé plus récemment en France, précise le syndicat. Même si les éleveurs de la FNO déplorent que «la vaccination arrive alors que la maladie est déjà là», ils tiennent à «souligner que l’État a joué pleinement son rôle pour obtenir et prendre en charge les doses de vaccin de manière à protéger les cheptels».

Ovins: Pac et «souveraineté» au menu du congrès de la FNO, le 13 septembre dans l’Aube

La FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) tiendra son congrès les 12 et 13 septembre à Troyes, dans l’Aube, alors que la France fait face à deux sérotypes de la fièvre catarrhale ovine (FCO), le 3 au nord et le 8 au sud. À cette occasion, «nous allons demander des décisions politiques» au ministre de l’Agriculture démissionnaire, a martelé la présidente de la FNO Michèle Boudoin en conférence de presse le 27 août. «Nous allons demander haut et fort des aménagements» sur l’aide couplée ovine pour les éleveurs touchés par la FCO. Avec «15 à 30% de mortalité en plus» par rapport à la normale, les pertes dues à la maladie peuvent faire passer certains producteurs sous le seuil de chargement minimal pour bénéficier des aides, les privant de subventions en 2025. Par ailleurs, la FNO placera son congrès sous le signe de la souveraineté alimentaire. Lors d’une table ronde, le syndicat présentera son «plan de réarmement» pour les filières ovines. Alors que les élevages français couvrent 47% de la consommation de viande d’agneau, la FNO veut «passer à 55%». Pour cette table ronde, la FNO a invité le député Julien Dive (Droite républicaine, Aisne) et l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau.

Alimentation animale: Denkavit lance un aliment d’allaitement à l’huile d’insecte

Au prochain Space, à Rennes, Denkavit présentera un aliment pour veaux laitiers dans lequel les matières grasses exotiques (huile de palme et huile de coprah) sont remplacées par des huiles de tournesol, de lin, de colza et d’insectes. «Nous voulons montrer que nous pouvons garantir un sourcing entièrement européen et les mêmes résultats techniques, sur les plans de la dilution, de la croissance, etc. qu’un aliment standard», indique à Agra Presse le directeur commercial pour la France Julien Fily. «L’huile d’insecte a un profil en acides gras correspondant à celui de l’huile de coprah», explique-t-il. Denkavit a prouvé aux Pays-Bas des propriétés zootechniques identiques, «notamment pour la bonne santé du microbiote», précise la présentation sur le site internet de Denkavit. Julien Fily souligne qu’un des piliers RSE de l’entreprise consiste à s’approvisionner en matières premières de l’Union européenne. Par ailleurs, 100% des protéines de cet aliment, nommé Denkamilk Origin, sont d'origine laitière. Son lancement se fait à l’échelon européen, et il se trouve que le Space est le premier salon sur le calendrier. Il importe, selon le directeur commercial français, d’offrir le premier aliment pour veaux à l’huile d’insecte.

Blé: récolte catastrophique en France, marché mondial équilibré

La récolte 2024 de blé «catastrophique» en France, touchée par des pluies excessives, ne devrait pas peser sur un marché mondial qui «reste équilibré», a indiqué le 29 août Argus Media. La production française est estimée à 25,17 Mt par le cabinet, confirmant son estimation de début août. Une production «au plus bas depuis 1983», a déclaré l’analyste Maxence Devillers. L'impact de cette récolte sera lourd pour les céréaliers, qui «souffriront à la fois de la chute historique de la production et des prix non rémunérateurs», tirés vers le bas par le marché mondial où l'abondance des grains pèse sur les cours, a-t-il expliqué. Cette faible récolte va peser sur l'activité à l'export. Les expéditions vers les pays tiers devraient chuter de 60%, à 4,1 Mt, au plus bas depuis 2001-2002, selon l'estimation d'Argus Media. Cette «perte de chiffre d'affaires à l'export pour la France est évaluée à 1,4 Md€», a estimé M. Devillers. Au niveau international, le marché reste équilibré, avec une stabilité des disponibilités exportables chez les huit grands acteurs mondiaux, selon l'analyste. «États-Unis, Canada, Kazakhstan, Australie et Argentine ont ou vont bénéficier de bonnes à très bonnes récoltes», qui viennent presque compenser les baisses de volumes sur le continent européen, a relevé l'analyste.

Salade en sachet: Bonduelle annonce céder son activité en France et en Allemagne

Dans un communiqué du 29 août, le groupe Bonduelle a annoncé vouloir céder son activité de salade en sachet en France et en Allemagne, qui fait face à une baisse structurelle de consommation, aggravée par le contexte inflationniste. L’idée étant pour le groupe de se «focaliser sur l’accélération de ses activités sur le marché du traiteur frais, de la conserve et du surgelé». Des négociations exclusives ont d’ores et déjà été lancées avec Les Crudettes (LSDH) pour la reprise de l'activité en France, et avec Taylor Farms en Allemagne. En outre, le spécialiste français des légumes transformés a annoncé aux salariés de l’entreprise la cessation d’activité du site de Saint-Mihiel (Meuse), pour lequel il est à la recherche d'un repreneur. «Une quarantaine de salariés» sont également concernés par un plan de départs volontaires au siège de Bonduelle Frais, qui regroupe les activités de salade en sachet et le traiteur, un segment en plein essor, a souligné Céline Barral, directrice de la communication du groupe, auprès de l’AFP. Lancées en 1997, les salades en sachet de Bonduelle ont vu leur chiffre d’affaires décliner au cours des sept dernières années, avec une baisse estimée à 15%, selon le groupe.

Distribution: Auchan forme un binôme président/d.g. pour accélérer sa transformation

Guillaume Darrasse, directeur délégué du groupe Auchan depuis février 2024, est promu directeur général, conservant la présidence d’Auchan Retail France, a indiqué le groupe ce 29 août à l’AFP, qui décrit un remaniement de la gouvernance. Selon l'AFP, l’ancien directeur général délégué de Système U et de Teract forme désormais un binôme avec le président Yves Claude, qui perd sa fonction de directeur général. Cette organisation en binôme doit permettre d'accélérer la mise en œuvre des priorités stratégiques dans les mois à venir, selon une déclaration d’Yves Claude dans le communiqué d’Auchan. Fin juillet, rappelle l’AFP, ELO Groupe, maison mère du distributeur nordiste, avait dévoilé une perte nette de près d'un milliard d'euros sur le premier semestre 2024, nécessitant «une réaction forte», selon le groupe, et notamment la réduction des surfaces de vente, des baisses de prix et une meilleure «organisation opérationnelle».

Céréales: Théo Bouchardeau nommé directeur général adjoint de l’AGPB

Éric Thirouin, président de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), a annoncé le 28 août la nomination de Théo Bouchardeau au poste de directeur général adjoint de l’association spécialisée de la FNSEA. Présent dans les rangs de l’AGPB depuis 2014, il était jusqu’à présent responsable du pôle RSE, des transitions et des participations, après avoir débuté comme juriste responsable des affaires environnementales. Il assurera également les fonctions de directeur général de l’AGPB, dans l’attente de la désignation du successeur de Philippe Helleisen, qui a quitté son poste le 31 juillet. «Théo a toute ma confiance ainsi que celle du conseil d’administration de l’AGPB pour relever les défis à venir», a déclaré Éric Thirouin. Et d’ajouter que «son expérience sera précieuse pour nous accompagner dans notre mobilisation quotidienne au service de tous les céréaliers de France».

Agenda de la semaine agricole du 2 septembre 2024

Vendredi 30 août
Déplacement de Marc Fesneau en Saône-et-Loire sur le thème de la FCO

Lundi 2 septembre
Entretien avec Julien Denormandie à la Foire de Châlons

Mercredi 4 septembre
Conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole
Le Crédit agricole Alpes Provence et la Safer Paca lancent une initiative sur le foncier viticole

Jeudi 5 septembre
Assemblée générale d’Elvéa France (bovins viande), dans le Puy-de-Dôme
Conférence de presse de l’APLBC (association des producteurs de lait pour le bien collectif)
Conférence de presse du Space (salon de l’élevage), dans la Manche
Assemblée générale de l'Union des endiviers, à Arras
Initiative Pays de la Loire lance son nouveau Fonds régional agricole

Vendredi 6 septembre
Évènement à l’occasion de la récolte de la Compagnie des amandes, dans le Vaucluse
Les Terres de Jim, dans le Doubs, jusqu’au 8 septembre