Agrafil du 28 août 2024

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FCO/ovins: la FNO dénonce un manque d’anticipation de l’État

Qu’il s’agisse des sérotypes 8 ou 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO), «les pouvoirs publics n’ont pas su anticiper la diffusion» de la maladie, a déploré Michèle Boudoin, la présidente de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), en conférence de presse le 27 août. Concernant la FCO-8, «il y a le feu partout», alerte-t-elle, avec environ «800 suspicions dans le sud». Et de poursuivre: «Il y a rupture sur le vaccin», qui est pris en charge par les éleveurs eux-mêmes. «Si le laboratoire (Syva, NDLR) ne produit pas de nouvelles doses de Syvazul 4-8, on ne pourra pas faire de rappel et on va anéantir le protocole» vaccinal, prévient l’éleveuse du Puy-de-Dôme. À titre d’exemple, l’Aveyron, important bassin laitier, compte 800 000 brebis, alors que «seules 250 000 doses sont disponibles pour la France entière». Or, la FCO-8 est «connue du ministère», fait valoir Michèle Boudoin: ce sérotype est présent en France depuis 2007, et une nouvelle souche est apparue dans le Massif central à l’été 2023, causant une «forte mortalité». Concernant le vaccin contre la FCO-3, financé par l'État, «les 600 000 premières doses [pour ovins] livrées après le 12 août sont déjà utilisées», affirme la présidente de la FNO. Les pouvoirs publics ont passé une deuxième commande de 500 000 doses qui «n’arriveront qu’en septembre, après le coup de feu», déplore-t-elle.

FCO: triplement du nombre de foyers en trois semaines en Belgique

La fièvre catarrhale ovine (FCO) touche désormais près de 1200 élevages en Belgique (pour moitié des bovins et pour l’autre des ovins), trois fois plus qu'il y a trois semaines, selon les chiffres communiqués le 27 août  par l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Il est estimé qu’environ 11 000 ovins et 6000 bovins sont déjà morts des suites de la maladie. Et «les conditions météorologiques sont favorables au développement du moucheron. Par conséquent le nombre d'élevages infectés risque d'augmenter dans les jours qui viennent», ajoute l’agence belge. Une situation observée également dans les pays voisins: en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, premier pays européen où le nouveau sérotype 3 du virus a été décelé en septembre 2023. Le ministre belge de l'Agriculture David Clarinval a proposé, mi-août, de reconnaître l'élevage bovin et ovin comme secteurs en crise en raison de l'épizootie de FCO, ce qui permettra aux agriculteurs de bénéficier de facilités de paiement pour leurs cotisations sociales.

Céréales/vin: le gouvernement précise les modalités de dégrèvement de la TFPNB

Le ministère de l’Économie a précisé par communiqué le 27 août les modalités du dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB), l’une des mesures de soutien annoncées le 12 août dans un contexte de moisson catastrophique. Les dégrèvements «pourront être effectués par zones et natures de cultures», ils suivront la procédure «applicable en cas de perte de récoltes sur pied, consécutive à un évènement climatique exceptionnel» (article 1398 du Code général des impôts). L’ampleur du dégrèvement «dépend du taux de perte constatée» au niveau local. Au préalable, les DDT (préfectures) élaboreront un zonage «afin d’établir localement le périmètre des parcelles touchées et les taux de perte définitifs». Les propriétaires concernés bénéficieront d’office des dégrèvements, «sans démarche individuelle» et devront en faire bénéficier les fermiers le cas échéant. Le but : soulager les trésoreries en raison des «pertes significatives» enregistrées en blé et orge notamment. Mais ces difficultés «risquent de concerner également d’autres types de cultures» comme la vigne, prévient Bercy. Dans un communiqué du 26 août, la préfecture de Nouvelle-Aquitaine annonce que les viticulteurs de 25 communes de Gironde (secteurs du Médoc et de Fronsac-Pomerol) touchées par la grêle les 17 et 18 juin bénéficieront de cette aide.

Machinisme: la FNCuma réclame une mission parlementaire sur le fonctionnement du marché

La FNCuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole) a réclamé le 27 août une mission parlementaire sur le fonctionnement du marché des agroéquipements. C’est l’une de ses sept propositions «pour une mécanisation agricole qui conjugue compétitivité et sobriété». L’idée est de «rééquilibrer les relations entre les acheteurs et les fournisseurs en étudiant notamment les avantages et les inconvénients du contrat d’exclusivité» entre constructeur et concessionnaire. En parallèle, la fédération reprend une proposition parlementaire visant à étendre les missions de l’Observatoire des prix et des marges au secteur amont, notamment aux agroéquipements. Une autre proposition phare consiste à inclure dans la Planification écologique un objectif de 30% de mutualisation du parc de machines. Cela passe par l’instauration d’«un crédit d’impôt mécanisation collective», évalué à 17 M€ par an. La FNCuma préconise aussi une démarche stratégique pour le conseil et l’accompagnement en agroéquipement, comme l’a recommandé le CGAAER (ministère) dans un rapport en avril 2021. Autres propositions des Cuma: inclure un volet mécanisation dans les diagnostics du parcours à l’installation; soutenir le reconditionnement de matériel agricole et une conversion énergétique «réaliste» du parc de machines.

Dindes: Eureden se lance dans l’élevage «bien-être» en préau

La coopérative Eureden accélère le développement d’une démarche «bien-être» en production de dindes avec un second élevage équipé d’un préau, présenté à la presse le 27 août dans le Finistère. D’ici deux ans, le groupe breton vise une soixantaine de préaux, en réponse aux attentes sociétales et à des éleveurs soucieux d’améliorer leurs conditions de travail et de donner une valeur supplémentaire à leur élevage. Imaginé en 2017 en partenariat avec l’ONG Welfarm, ce concept applicable au neuf et à la rénovation prévoit des préaux représentant 40% de la surface des bâtiments auxquels ils sont accolés, ainsi que l’utilisation d’une souche à croissance lente et une densité d’animaux moindre, sans chargement supplémentaire. Eureden a mis du temps pour intéresser le marché. La filiale française du néerlandais Plukon s’est manifestée en 2022 pour le compte d’un distributeur hollandais. Ce contrat de sept ans donne une marge poussin-aliment réévaluée de 30% par rapport au standard. Un mécanisme qui doit permettre aux éleveurs d’amortir leur investissement – 170 000 € pour le préau de 600 m2 de l’élevage finistérien, dont 40% financés par Eureden – tout en améliorant leurs conditions de travail. Depuis, le marché se mobilise et Eureden négocie actuellement avec LDC. (Franck Jourdain)

Foncier: dans le Doubs, renforcement du contrôle des terres exploitées par les Suisses

La députée du Doubs Géraldine Grangier (RN) a été informée par la préfecture d’un renforcement du contrôle des terres exploitées par les Suisses, a-t-elle indiqué le 17 août. D’après son communiqué, les agriculteurs helvètes doivent maintenant déclarer «la totalité de leur foncier agricole (y compris en Suisse)» s’ils veulent exploiter des terres en France. «C’est une première victoire», salue la députée, pointant de «nombreuses (autres) problématiques, comme l’achat, les conditions d’exploitations notamment environnementales, le transport hors de nos frontières» des productions de ces ressortissants. Chaque agriculteur, au-delà d’un seuil de surface, doit obtenir une autorisation d’exploiter. Pour classer les concurrents sur de mêmes terres, un des critères est la surface déjà exploitée. Dans un courrier à Mme Grangier, qu’Agra Presse a pu consulter, le préfet du Doubs annonce donner «consigne aux services instructeurs d’exiger des agriculteurs suisses qu’ils déclarent l’ensemble de leurs surfaces exploitées», y compris dans leur pays. «Un agriculteur qui ne fournira pas ces éléments verra son dossier rejeté.» Le 11 avril, la députée Grangier avait déposé une proposition de loi (PPL) visant à contrôler l’achat de terres agricoles par des investisseurs étrangers.

Fraises: la saison 2024 a été globalement réussie (professionnels)

La fraise française a réussi à tirer son épingle du jeu en 2024, annonce l’AOPn Fraises Framboises de France dans un communiqué le 27 août: à la fin juin, environ 80% des 60 000 t de la production nationale annuelle ont été atteints (l’essentiel des volumes de fraises françaises est produit au printemps). Au 1er juillet, les services du ministère de l’Agriculture (Agreste) indiquaient eux aussi plutôt une bonne récolte. «La saison de la gariguette a duré plus longtemps cette année», souligne l’AOPn: «En général de fortes températures en juin forcent les producteurs à arrêter la production, alors que, cette année, ils sont nombreux dans le Sud-Ouest à avoir poursuivi la saison jusqu’à début juillet». De bonnes conditions météorologiques, des fruits à noyau en retard laissant la place dans les linéaires et une pression parasitaire modérée semblent avoir fait le reste. Les professionnels se félicitent par ailleurs de la bonne réaction des distributeurs et des consommateurs au moment des pics de production (avril et juin). «Actuellement les fraises belges sont présentes sur les étals, mais l’absence de canicule prolongée permet à la fraise française de se maintenir», précise l’AOPn. La saison se poursuit jusqu’au mois d’octobre avec les variétés charlotte, mara des bois, cijosée et autres fraises rondes.

Fraises: l'AOPn vise à devenir mainteneur officiel de la variété gariguette

L’AOPn Fraises Framboises de France annonce être en attente du protocole administratif de la part du Geves (groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences) concernant sa volonté de devenir mainteneur officiel de la variété gariguette, annonce-t-elle dans un communiqué le 27 août. L’enjeu est de taille: cette variété, star des linéaires, présente un cinquième des volumes nationaux, qui totalisent à 60 000 t. «La maintenance de la variété gariguette a été abandonnée en 2021 par le CTIFL», explique l’association, qui vient de traverser trois ans de protocole visant à sélectionner les meilleures souches à maintenir. Par ailleurs, sur les sujets de protection des cultures, l’AOPn a débuté en 2024 le financement d’un projet de recherche visant à trouver une alternative aux acaricides. De plus, «le projet de la filiale Frais’Nat visant à élever et lâcher en serres des parasitoïdes contre le puceron du fraisier va quant à lui se poursuivre en 2025 pour consolider les premiers résultats obtenus cette année». 2024 marque enfin la fin de la phase d’échantillonnage d’un projet portant sur l’interaction entre le paysage et les populations d’auxiliaires et de ravageurs. Le projet entre désormais dans une phase d’analyse de la présence de la biodiversité dans l’environnement et les abords des serres.

Œufs: la «flexibilité» sanitaire se met en place pour les petits conditionneurs

Le ministère de l'Agriculture a édité début juillet une fiche détaillant les obligations sanitaires et techniques des petits centres de conditionnement d’œufs. Cette fiche vise à mettre en œuvre une «flexibilité au niveau du plan de maîtrise sanitaire» des centres d’emballage d’œufs (CEO). Elle a été élaborée entre les professionnels de l’œuf et le réseau Chambres d’agriculture France sous l’égide de la DGAL (ministère), apprend-on auprès des chambres d’agriculture, en vue de faciliter l’accès des producteurs à des circuits courts. Cette fiche concerne a priori une production allant jusqu’à 2000 œufs par jour (le seuil n’est pas précisément défini à l’heure actuelle, selon une responsable du dossier aux chambres d’agriculture). La flexibilité dans les CEO sera établie par une instruction technique officielle à venir et un dossier-type d’agrément attendu d’ici fin 2024, début 2025, de même source. Exemples de points de flexibilité: autorisation d’un local unique sous condition de marche en avant ou de séparation d’activités dans le temps; à défaut de sas d’entrée, séparation des vêtements civils et de travail; balance vérifiée faute d’être homologuée; mirage manuel des œufs; calibrage facultatif si les œufs commercialisés sont tous calibrés; évacuation des sous-produits avec les ordures si celles-ci sont incinérées.

Tomates: des biostimulants végétaux pour limiter l’impact de la sécheresse (étude)

Une nouvelle étude lancée par la start-up SugaROx (université d’Oxford) et l’institut scientifique Fera promet de repousser les limites des connaissances scientifiques sur l’impact de la chaleur et de la sécheresse sur la santé de la tomate. Elle entend aussi explorer le potentiel d’une technologie biostimulante innovante pour améliorer la résilience de la tomate au changement climatique et réduire l’empreinte carbone de la production. «Notre objectif est de développer des biostimulants scientifiques adaptables aux pratiques agricoles existantes», explique Bianca Forte, directrice du développement commercial de SugaROx. La start-up développe des formulations à molécule unique basées sur des principes actifs (IA) biochimiquement fonctionnels inspirés de molécules végétales. «Nous ciblons les goulots d’étranglement critiques de la biochimie et de la physiologie des plantes. Cela nous permet de diriger les processus métaboliques clés qui affectent le rendement et la résilience des plantes», explique la Dr Cara Griffiths, cofondatrice de SugaROx. La première IA trouvée est une version modifiée du tréhalose-6-phosphate (T6P), un sucre qui stimule l'utilisation et l'allocation du carbone. La technologie utilisée par SugaROx a été initialement développée pour le blé.

Miel: stocks records en 2023, résultat des difficultés de commercialisation (FranceAgriMer)

Les stocks de miel ont atteint en 2023 «le plus haut niveau constaté depuis le début de l’observatoire» en 2014, constate FranceAgriMer dans son bilan annuel de la production de miel. Comme le rappelle l’interprofession Interapi dans un communiqué le 26 août, «un des grands enjeux de 2023 a été la commercialisation des produits, couplée à l'augmentation des coûts de production». À tel point que le ministère a débloqué une aide de crise pour les apiculteurs. Totalisant 15 900 t en 2023, les stocks représentent plus de la moitié de la production de miel. Ils sont détenus à 71% par les apiculteurs exploitant plus de 200 ruches. L’année passée, les quelque 63 00 apiculteurs français ont produit 29 857 t de miel (dont 15% de miel bio). Une récolte qualifiée de «bonne» par Interapi, qui y voit «la troisième année avec la plus grande production depuis 2015». Toutefois, la production a légèrement reculé depuis 2022 (-4,9%), notamment en raison d’un «taux de remise en production des ruches plus faible» (pertes hivernales plus importantes). En 2023, la France a aussi produit 4 t de gelée royale. Enfin, pour la première fois, l’observatoire de FranceAgriMer a quantifié les production de pollen (80 t, soit en moyenne 55 kg par producteur) et de propolis (4,2 t).

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.