Agrafil du 3 avril 2025

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Trump annonce des taxes douanières de 34% pour la Chine et 20% pour l'UE

Donald Trump a lancé le 2 avril sa bagarre commerciale généralisée en annonçant ce qu'il a qualifié de «droits de douanes réciproques» à travers le monde, afin selon lui de faire «renaître» l'industrie américaine et de mettre fin au «pillage» des Etats-Unis. «Dans quelques instants je vais signer un décret historique instituant des droits de douane réciproques sur des pays du monde entier», a-t-il déclaré au début d'un discours très attendu. Le républicain a parlé d'une «déclaration d'indépendance économique» et promis à nouveau un «âge d'or» à son pays. Le président américain Donald Trump a ensuite annoncé des droits de douane massifs sur les produits entrant aux Etats-Unis: 34% sur les produits chinois, 20% sur ceux en provenance de l'Union européenne ou encore 46% pour le Vietnam. Il a aussi annoncé plus largement un droit de douane plancher, d'au moins 10%, sur tous les produits entrant dans le pays. Les nouvelles taxes sur les importations dévoilées par Donald Trump sont prévues en deux temps, a précisé un responsable de la Maison Blanche à la presse: le 5 avril à 04H01 GMT pour les droits de douane d'au moins 10% sur tous les produits entrant aux Etats-Unis, et le 9 avril à 04H01 pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l'Union européenne.

Taxes américaines : le filières françaises demandent un accès facilité aux marchés asiatiques

Le Collectif export et souveraineté alimentaire du CNPA (promotion des produits agricoles) appelle la France et l’Europe à renforcer l’accès des filières à des marchés alternatifs aux Etats-Unis et à la Chine protectionnistes, dans son communiqué du 2 avril. Il désigne les marchés « où les besoins sont importants et où la demande est susceptible de progresser, pour des raisons démographiques et économiques » et mentionne les pays de l’Asean (Asie du sud-est). Le Collectif suggère aux pouvoirs publics français de simplifier les procédures, d’améliorer la coordination des actions des acteurs publics de l’export, ou encore de rendre plus opérationnels les dispositifs d’accompagnement dans les pays cibles ; des propositions déjà présentées en février 2025. Il revendique « la vocation exportatrice de la France comme grande puissance agricole et alimentaire » et souhaite que soit prise en compte dans les négociations de l’UE avec les pays tiers « la dimension stratégique des exportations des secteurs alimentaires et agricoles européens ». Il demande à l’UE de défendre un libre accès aux marchés de ces pays et de rétablir les dispositifs d’accompagnement et les budgets européens dédiés à export.

Spiritueux : la Chine prolonge au 5 juillet son enquête antidumping visant l'UE

La Chine a annoncé le 2 avril prolonger son enquête antidumping sur les importations de brandys en provenance de l'UE pour trois mois, quelques jours après le report de l'application définitive de droits de douane supplémentaires chinois sur le cognac. Dans un communiqué, le ministère chinois du Commerce a expliqué qu'« étant donné la complexité de l'affaire », l'enquête était prolongée jusqu'au 5 juillet. A l'automne, Pékin avait annoncé l'imposition de « mesures antidumping temporaires » sur les brandys importés de l'UE, dont le cognac, vues comme une riposte à une procédure similaire de Bruxelles sur les subventions aux voitures électriques produites en Chine. Ces mesures antidumping temporaires de Pékin imposent aux importateurs de brandys européens de déposer auprès des douanes chinoises une caution, qui peut prendre la forme d'une garantie bancaire depuis la mi-novembre. Un coup dur pour le cognac. La filière est particulièrement dépendante des exportations, qui représentent 98% de ses ventes, pour un montant de 3,35 Md€, avec comme premier client les Etats-Unis (38% des expéditions), devant la Chine (25%). Ses pertes, avec celles de l'armagnac, sont évaluées à 50 M€ par mois depuis l'instauration à l'automne des taxes antidumping chinoises. 

Bio : Carrefour et Intermarché soupçonnés de pratiques anti-concurrentielles

L'Autorité de la concurrence a adressé à Carrefour et Intermarché en fin d'année 2024 une « notification de grief », acte d'accusation adressé aux entreprises ou organismes à qui elle reproche, après enquête, des pratiques anticoncurrentielles présumées. Carrefour, dont les filiales concernées sont Sobio, Greenweez et CSF (Carrefour), a expliqué dans son document d'enregistrement universel pour 2024, consulté le 2 avril par l'AFP, qu'il leur était reproché de « s'être coordonnées, à compter de novembre 2016, pour mettre en place une stratégie collective » avec d'autres enseignes. L'objectif de cette stratégie présumée était de « segmenter artificiellement, selon les marques, la distribution des produits biologiques entre, d'une part, le canal de distribution spécialisé (les magasins et sites de e-commerce bio, NDLR) et, d'autre part, le canal de distribution conventionnel (les magasins et sites généralistes, NDLR) », détaille Carrefour. Ce dernier dit avoir répondu en février à l'Autorité, « contestant tous les griefs notifiés ». Le groupement des Mousquetaires/Intermarché, qui détient l'enseigne spécialisée les Comptoirs de la bio, indique que « certaines sociétés du groupement ont reçu en fin d'année dernière, une notification de griefs de l'Autorité de la concurrence, concernant une prétendue stratégie collective de différenciation artificielle entre canaux de distribution ». Des griefs fermement contestés par les Mousquetaires.

Bio: vers un rejet au Conseil d'Etat de la contrainte de réaliser les objectifs de SAU

En séance publique du Conseil d’Etat le 2 avril, le rapporteur public s’est prononcé pour « le rejet » de la requête de la Maison de la bio et trois de ses membres : Synabio (transformateurs et grossistes), Synadis bio (distributeurs spécialisés bio) et Cosmebio (cosmétiques bio). Ils demandaient à l’Etat de reconnaître que les objectifs de surface agricole utile (SAU) bio en 2020 (20% dans la loi Grenelle) et en 2022 (15% dans le Programme Ambition bio 2022) n’ont pas été atteints. De plus, ils demandaient à l’Etat de prendre les mesures utiles pour atteindre les objectifs de SAU bio en 2027 (18% selon le PSN) et en 2030 (21%, objectif inscrit dans la Planification écologique et réaffirmé dans la LOA). Le rapporteur public a estimé que le programme Ambition bio, le PSN et la stratégie européenne de la Ferme à la table ne rendent « pas normatives les dispositions purement programmatiques ». Dans le même sens, il a indiqué que la loi Grenelle stipule que « l’Etat favorisera » la bio, une formulation « insuffisamment prescriptive ». In fine, il a estimé l’Etat ne peut « se lier à lui-même » et que les objectifs doivent être vus comme des indicateurs de performance.

Bio : la Fnab demande les chiffres 2024 pour éventuellement reflécher des aides

La Fnab (producteurs bio) « presse » le ministère de l’Agriculture de publier les chiffres sur les surfaces bio en 2024, dans un communiqué le 2 avril. Inquiète d’une nouvelle baisse des surfaces, après un recul inédit en 2023, la Fnab estime qu’il faudrait profiter de la révision annuelle du plan stratégique national (PSN), d’ici l’été, pour envisager de « réallouer les fonds fléchés sur la conversion vers la consolidation des fermes existantes ». « Si, comme on le pressent des retours du terrain, les surfaces continuent à baisser en 2024, un reliquat budgétaire de l’ordre d’un milliard d’euros va être disponible sur l’enveloppe de la conversion Bio. Le ministère doit réaffecter cette enveloppe pour soutenir le patrimoine bio français constitué ces vingt dernières années par les gouvernements de tout bord politique », estime la Fnab. Le 27 février au salon de l’Agriculture, l’Agence bio évoquait «des remontées inquiétantes en grandes cultures» sur l’année 2024. Une observation confirmée par le président de la commission bio de la FNSEA, Brice Guyau, qui estimait alors que ce serait «environ 10% de surfaces en grandes cultures en moins au niveau national».

Pac post-2027 : lancement des concertations françaises le 15 avril

Annoncée au Salon de l'agriculture par Annie Genevard pour dans «les prochains mois», la « conférence des parties », qui doit alimenter la réflexion de la France sur la Pac post-2027, sera organisée le 15 avril, indique-t-on de source syndicale, confirmant une information du média spécialisé Contexte. Au-delà des questions budgétaires déjà abordées, les débats sur le contenu n'en sont qu'à leurs prémices, explique-t-on à la FNSEA, où les discussions internes sont encore en cours. La Commission européenne doit présenter début juillet sa proposition de cadre financier pluriannuel (2028-2034), qui sera suivie de près par une proposition législative sur la future Pac. En matière de Pac, le dossier le plus chaud concerne le projet de révision du plan stratégique national (PSN) pour 2026, que la France doit livrer d'ici fin juillet. Parmi les sujets à arbitrer : l'usage du reliquat d'aides bio – le débat interne est toujours en cours à la FNSEA ; et potentiellement l'application des nouvelles mesures européennes de simplification promises par le commissaire à l'Agriculture. La Commission européenne doit présenter « fin avril-début mai » un paquet de simplification de la Pac qui portera notamment sur la conditionnalité.

Fièvre aphteuse : trois nouveaux cas en Hongrie et en Slovaquie, extension de la maladie

Un cinquième foyer de fièvre aphteuse a été détecté en Slovaquie le 30 mars, marquant une progression de 60 km vers le nord-ouest, indique la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) le 1er avril. Selon son bulletin hebdomadaire, la maladie a touché un élevage de 3 526 bovins situé à Plavecký Štvrtok, à environ 10 km de la frontière avec l’Autriche. « Cette exploitation pourrait être en lien épidémiologique avec le second foyer hongrois », avance la plateforme ESA, se basant sur des déclarations des autorités sanitaires locales dans les médias. Et de préciser que « la souche isolée en Slovaquie est identique à la souche (…) isolée en Hongrie », elle-même proche de souches isolées au Pakistan en 2017-2018. De son côté, la Hongrie a déclaré le 1er avril « deux nouveaux cas le long du Danube », portant le total à quatre dans le pays, selon une note spécifique de la plateforme ESA. Les élevages infectés comprennent plus de 3 500 bovins, qui s'ajoutent aux « 6 566 bovins en Slovaquie et 4 446 en Hongrie » dans les foyers précédents, selon l’Anses. « Cette situation est susceptible d’évoluer rapidement », prévient l’agence sanitaire française sur son site web. La fièvre aphteuse est « hautement contagieuse », touche de nombreuses espèces d’élevage (porcins, bovins, ovins, caprins) et peut se propager de manière indirecte, via les transports ou le matériel.

Fièvre aphteuse : des lacunes dans le dispositif slovaque de contrôle de la maladie

Alors qu’un nouveau foyer de fièvre aphteuse s’est déclaré en Slovaquie, un rapport des services vétérinaires de la Commission européenne pointe certaines failles dans le dispositif des autorités slovaques pour faire face à l’épidémie. Globalement, le rapport des experts de l’UE, qui se sont rendus sur place entre le 24 et le 27 mars (suite à la découverte des premiers foyers), indique qu’aucune lacune majeure «n'a été identifiée dans la stratégie globale de lutte contre la maladie mise en œuvre» par la Slovaquie. Mais ils notent des retards dans la collecte et le traitement systématique d'informations épidémiologiques importantes (par exemple, le suivi des résultats de traçage, la mise en relation des résultats de laboratoire avec l'enquête épidémiologique, etc.) ainsi que l’absence d’un organe central de contrôle des maladies. La presse locale a aussi relayé des vidéos montrant des camions transportant les animaux abattus dans des conteneurs partiellement ouverts suscitant des inquiétudes chez le voisin tchèque.

Bovins : les prix insuffisants des JB pourraient favoriser l’export des broutards (FNB)

Depuis deux semaines, la hausse des prix des jeunes bovins (JB) engraissés en France connaît un coup d’arrêt, un contexte qui pourrait s’avérer favorable à l’autre débouché potentiel de ces animaux : l’export en vif de jeunes bovins maigres (broutards). Dans une tribune publiée le 25 mars, Cédric Mandin, le secrétaire général de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), dénonce des « signaux de prix à la baisse » dans l’Hexagone, à rebours des autres pays européens. D’après les indicateurs d’Interbev (interprofession), en semaine 12 (du 17 mars), le cours du JB U atteignait 6,35 €/kg, quand celui du JB U était de 6,13 €/kg. « On atteint tout juste, sur les dernières semaines, des prix payés aux producteurs couvrant le coût de production, après déduction des frais d’approche », relève M. Mandin. Et de menacer : « Si la filière s’entête avec ces baisses pour le cheptel français, alors les éleveurs continueront de pousser les animaux à l’export ». Alors que la décapitalisation et les épizooties de FCO et de MHE provoquent un manque d’animaux, l’Idele constatait en début d’année que « les engraisseurs français sont parvenus à stabiliser leurs achats en 2024 » au détriment de l’exportation des broutards. Une donne qui pourrait s’inverser, sachant que les prix des broutards sont élevés et que l’Italie et l’Espagne, premières destinations, viennent d’assouplir les conditions sanitaires d’importation.

Lait de chèvre : la collecte de l’OP Agrial s'annonce stable en 2025, mais insuffisante

« La collecte de l’OP lait de chèvre d’Agrial s’annonce stable en volume en 2025, autour de 160 millions de litres comme en 2024 », a indiqué Mickaël Lamy, son président. « On pourrait être légèrement en dessous que l’année passée en raison de la mauvaise qualité des fourrages, résultat d’un temps particulièrement humide en 2024 », a-t-il poursuivi. Le prix moyen du lait payé aux éleveurs de l’OP atteint 920 euros/1000 litres en 2025, identique à 2024, mais en hausse par rapport à 2023 (900 euros). Face à un marché du lait de chèvre orienté à la hausse, l’OP qui totalise 600 éleveurs, compte sur une augmentation de la taille des troupeaux pour collecter des volumes plus importants. Les volumes de lait de chèvre produits par l’OP étant insuffisants pour couvrir les besoin d’Agrial, des achats sont faits en Belgique et en Espagne afin de pouvoir fabriquer les produits, notamment sous marques de distributeurs. L’OP Agrial est de loin le premier collecteur de lait de chèvre en France, après Lactalis et Savencia (environ 100 millions de litres chacun).

Betterave à sucre : nouvelle dérogation cette année pour le Movento (institut)

Dans un communiqué publié le 31 mars et repéré par la France agricole, l'institut technique de la betterave (ITB) indique que le ministère de l'Agriculture a de nouveau accepté la demande de dérogation de 120 jours pour l'usage du Movento (spirotétramate), avec trois passages autorisés comme l'an passé. «L'objectif de cette dérogation est de compléter l'application unique de la matière active flonicamide dans la lutte contre les pucerons verts et les jaunisses virales», explique l'ITB. L'an passé, une dérogation pour trois passages avait été accordée par Agnès Pannier-Runacher, voire cinq dans les zones les plus atteintes. A l'instar de la filière noisette, les producteurs de betterave à sucre demandent la réautorisation de l'acétamipride, un néonicotinoïde autorisé ailleurs en Europe. La proposition de loi sur les Entraves prévoit une dérogation d'usage sous condition pour ce produit. Elle sera examinée courant mai selon l'AFP, de source parlementaire. Une fois obtenu le feu vert de l'Assemblée, il faudra au minimum 120 jours pour obtenir celui de l'Anses. La FNSEA et les JA ont appelé leurs réseaux à rencontrer les députés pour les convaincre de voter le texte tel qu'adopté au Sénat.

Irrigation : dans le Sud-est, la nouvelle redevance eau potable suscite des craintes

Dans une question au gouvernement publiée le 1er avril, le député Frédéric Boccaletti (Var, RN) alerte sur « les effets dévastateurs que va avoir l'application de la réforme de la redevance consommation en eau potable pour les usages agricoles, la nouvelle taxe étant fixée à 0.43 euros/m³ » (taux 2025 de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, publié au JO). Il explique qu’en région Paca, « la majorité des agriculteurs bénéficiaient jusqu'alors de contrats dits agricoles à tarifs préférentiels (0,0035 euro/m³), puisque l'eau potable qu'ils utilisaient était rendue à la terre, sans autre traitement ». Dans le cadre de cette réforme, rappelle une synthèse des Agences de l’eau, trois nouvelles redevances sont créées : sur la « consommation d’eau potable », pour la « performance des systèmes d’assainissement collectif » et pour la « performance des réseaux d’eau potable », et elles se substituent aux redevances existantes pour pollution de l'eau d'origine domestique et pour modernisation des réseaux de collecte. Particuliers, professionnels, industriels et agriculteurs sont assujettis à la redevance « consommation d’eau potable » sans distinction (cependant les volumes d'eau utilisés pour l'élevage sont exclus de l’assiette s'ils font l'objet d'un comptage spécifique).

Eaux usées traitées : 21 nouvelles collectivités littorales lauréates d'un programme d’accélération

Vingt-et-une nouvelles collectivités intègrent le programme d’accélération de la Réutilisation des eaux usées traitées (Réut) en littoral, a annoncé le Cerema le 31 mars dans un communiqué, qui porte ce programme depuis 2024 aux côtés de l’Anel (Association des élus des littoraux) dans le cadre du Plan Eau. « Au stade d'étude d'opportunité, nous conseillons aux collectivités de regarder l'ensemble des usages sur les territoires, à ce titre les usages agricoles sont pleinement visés », précise à Agra Presse le Cerema. En 2024, douze lauréats avaient déjà été sélectionnés et « tous étudient l'opportunité de la Réut agricole ». A la clé : un accompagnement à la réalisation d’études d’opportunité et de faisabilité de Réut grâce à un appui technique du Cerema (outils pratiques, appui personnalisé…) et un accompagnement au montage des dossiers de subventions pour faire financer jusqu’à 80 % de ces études par les Agences de l’Eau, la Banque des Territoires et l’OFB. Au total, il y a donc 33 lauréats (liste complète sur ce lien), qui couvrent toutes les façades littorales : 24 en Hexagone, neuf en outre-mer, soit cinq communes, 19 intercommunalités, deux départements, sept syndicats mixtes d’eau et d’assainissement. 288 stations d’épuration sont concernées par les périmètres des études.

Négoces : Nau et CIC fusionnent et donnent naissance au groupe Nau

Depuis décembre 2018, les négoces Nau (Charente) et CIC (Gironde) étaient déjà dirigés par le même binôme Philippe et Bérangère Landriaud. Depuis le 21 mars, une nouvelle étape a été franchie avec la fusion des deux entreprises pour donner naissance au groupe Nau. « Un nouveau nom et une nouvelle identité visuelle pour marquer un vrai tournant dans notre histoire, explique Bérangère Landriaud, interrogée par Agra Business. L’idée est avant tout de simplifier le quotidien et de renforcer notre communication autour d’une seule marque, pour être plus visible. » Avec un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, le groupe Nau compte 33 salariés, dont neuf commerciaux, et accompagne plus de 4000 clients, agriculteurs, viticulteurs et professionnels des espaces verts, sur les départements de Nouvelle-Aquitaine et de Midi-Pyrénées. Ce négoce propose une offre de services très large, tournée notamment vers des solutions novatrices à l’image de l’hydromulching, une technique permettant de semer des mélanges de variétés, par projection au sol, en semis direct avec, à la clé un gain de temps et une réduction de la pénibilité. Le groupe Nau expérimente aussi différentes alternatives aux produits phytosanitaires. (Anne Gilet)

Fraise : pic de production en avril, l’AOPn en appelle à la distribution et au consommateur

L'AOPn Fraises Framboises de France appelle, dans un communiqué le 2 avril, à la mobilisation des consommateurs et de la grande distribution alors que la saison française entre désormais dans une phase de production intense. «Un pic record est attendu dès ce début du mois d'avril, avec plus de 1 000 tonnes de gariguettes récoltées cette semaine et la semaine prochaine, ainsi qu'une grande quantité de fraises rondes dès la semaine prochaine », est-il expliqué. En raison d'un hiver rigoureux affectant les cultures non chauffées, notamment dans le Sud-Est, les volumes de fraises françaises étaient restés limités jusqu'à présent. L'enjeu est d'autant plus important que la fraise espagnole devrait connaître, elle aussi - même si elle a été victime d'intempéries, un pic de production en même temps. L’AOPn assure que cette abondance ne se fera pas au détriment de la qualité. « Nous savons que la consommation de fraises est très météo-dépendante et que la météo ne s’annonce pas très favorable cette semaine. Pour autant, nous comptons sur les consommateurs pour être au rendez-vous », conclut Emeline Vanespen, directrice de l’AOPn Fraises Framboises de France dont les adhérents ont produit près de 30 000 tonnes de fraises en 2024 soit près de 50% de la production française.

Tomate : les ventes de l'italien Mutti dépassent les 100 M€ en France et Benelux

Mutti France (France et Benelux), filiale du producteur italien, a franchi le cap des 100 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2024, est-il annoncé dans un communiqué de presse le 2 avril. Cette « performance confirme la place de Mutti comme leader du marché des bases culinaires tomatées et troisième marque sur les sauces tomates premium » se félicite Sophie Badault, directrice générale France et Benelux. Le transformateur italien entend poursuivre son développement en renforçant sa présence aussi bien sur le marché de la grande consommation que sur celui de la restauration hors foyer. Sur ce marché, en 2025, Mutti identifie deux challenges: accroître la notoriété de ses innovations (cubes de tomates, pasta sauce) tout en poursuivant la valorisation de ses best-sellers (Polpa et sauce Pizza). Côté grand public, la marque entend aussi mettre un accent particulier au segment de marché des moins de 50 ans. Des efforts seront aussi portés sur l’offre de sauces cuisinés. Mutti mets en avant une offre 100% italienne (la marque travaille avec 800 producteurs majoritairement dans le nord du pays). A l’occasion de la journée du 100% Italie qui se déroule à Parme le 2 avril, son président, Francesco Mutti, a rappelé qu’il fallait « travailler pour que les importations incontrôlées (essentiellement chinoises), qui nuisent à une filière qui génère 5,5 milliards de chiffre d'affaires, puissent trouver une fin définitive ».

Machinisme : le constructeur Claas cède ses concessions dans le Grand Est

Le constructeur allemand de machines agricoles Claas a cédé ses concessions dans la région Grand Est, indique-t-il dans un communiqué le 1er avril. Cette opération fait figure de «virage stratégique» pour le constructeur, selon la France agricole. Claas Est, composé de quatre sites dans les départements de Moselle, Meurthe-et-Moselle et Bas-Rhin, a été repris le 1er mars par Collet Agri, déjà distributeur de la marque. L’entité quitte ainsi le réseau détenu par Claas, fort de 59 concessions jusque-là sur le territoire national. Une nouvelle enseigne est créée sous le nom de Collet Est. Auparavant distributeur Claas avec six agences dans l’est de la Marne, le nord de la Haute-Marne, les Ardennes, la Meuse et le nord de la Meurthe-et-Moselle, Collet regroupe désormais une dizaine de sites dans le Grand Est. Le groupe emploie aujourd’hui 170 personnes.

Autoroute A69 : une proposition de loi au Sénat le 15 mai pour reprendre le chantier

Une proposition de loi (PPL) de validation de l'autoroute A69, visant à redémarrer le chantier stoppé fin février par la justice administrative, va être examinée le 15 mai au Sénat, a appris l’AFP le 2 avril de sources parlementaires. « La proposition de loi va passer au Sénat dans le cadre de la niche parlementaire de l'Union centriste », indique le sénateur du Tarn Philippe Folliot. « À l'heure actuelle, il y a 92 cosignataires de cette proposition de loi, membres de six groupes parlementaires ». « La loi va ensuite passer, on l'espère, vers la mi-juin à l'Assemblée nationale », poursuit le sénateur, partisan de cette autoroute contestée par divers mouvements écologistes. Dans le texte adressé au Sénat par M. Folliot et Marie-Lise Housseau, autre sénatrice du Tarn, les parlementaires précisent que la PPL doit être « circonscrite à la reconnaissance de la légalité des arrêtés portant autorisation environnementale pour la liaison autoroutière, en tant qu'ils reconnaissent que la liaison répond à une raison impérative d'intérêt public majeur » (RIIPM). Le 27 février, le tribunal administratif de Toulouse avait estimé qu'il n'y avait pas de RIIPM justifiant la construction de l'A69. L’État a fait appel de cette décision.

OMC : le Pakistanais Ali Sarfraz Hussain, nouveau président des négociations agricoles

Comme prévu, les membres de l’OMC ont confirmé, le 1er avril, la nomination de l’ambassadeur pakistanais Ali Sarfraz Hussain en tant que nouveau président de la session extraordinaire du Comité de l’agriculture qui est l’organe chargé des négociations agricoles. Ali Sarfraz Hussain succède à l'ambassadeur turc Alparslan Alcarsoy, ancien représentant permanent de son pays auprès de l'OMC, qui assumait la fonction depuis janvier 2023. L’obtention d’un résultat significatif lors de la 14e conférence ministérielle de l’OMC, prévue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé (Cameroun), devrait constituer la priorité de son mandat. « Le temps restant étant limité, nous devons nous concentrer sur ce qui est à la fois réalisable et véritablement significatif », a-t-il justement déclaré. Il a d’ores et déjà annoncé qu'il rencontrerait les délégations et les coordinateurs de groupe au cours des prochains jours. Et après ces consultations initiales, il devrait inviter les membres à une réunion informelle de la session extraordinaire et à des sessions consacrées à la constitution de stocks alimentaires publics et au mécanisme de sauvegarde spéciale au cours de la troisième semaine d'avril.

Semences potagères : Jeanne Gautier prend la direction générale de Gautier Semences

Dans un communiqué paru le 2 avril, le groupe Gautier Semences, spécialiste des semences potagères, annonce la nomination de Jeanne Gautier au poste de directrice générale, où elle succède à son père Jacques Gautier. Représentant la «quatrième génération familiale», elle souhaite « faire de Gautier Semences le semencier de référence auprès des professionnels et des consommateurs en quête du meilleur du végétal – en matière de santé, de plaisir et de responsabilité ». La stratégie de développement de l'entreprise sera axée vers « l’innovation variétale et technologique, le renforcement de notre compétitivité à l’international, et une gouvernance agile tournée vers les enjeux agricoles et environnementaux de demain », indique-t-elle dans le communiqué. Concrètement, le groupe veut « renforcer sa présence sur les marchés stratégiques : high-tech à l'international (notamment en tomates et laitues) et low tech dans quatre pays cibles – France, Italie, Espagne, Maroc ».