Taxes américaines : face au « Liberation Day » de Trump, l’UE dévoile sa stratégie
« Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles, mais nous disposons d'un plan solide pour le faire si nécessaire », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen 1er avril lors de la séance plénière du Parlement européen à Strasbourg. Et d’ajouter : « Nous avons tout ce qu'il faut pour protéger nos citoyens et notre prospérité ». A la veille du « Liberation Day » de Donald Trump et l’avalanche de droits de douane sur les produits importés promise par le locataire de la Maison Blanche (comme les droits réciproques et les taxes sur l’agriculture), l’Allemande a détaillé aux eurodéputés une stratégie se fondant sur « trois piliers ». Le premier est une réponse unie au niveau de l’UE (incluant les chefs d’Etat et de gouvernement et le Parlement européen) avec pour objectif de parvenir à une solution négociée tout en n’excluant pas la possibilité de rétorsions le cas échéant. Le deuxième pilier de Bruxelles est la diversification. « L'Europe a déjà conclu des accords commerciaux avec 76 pays et nous continuerons d'étendre ce réseau », a promis Ursula von der Leyen. Enfin, la stratégie de l’exécutif européen passe par la simplification du marché unique de l'UE. « Il y a trop d'obstacles qui entravent nos entreprises. Et nous devons faire notre part du travail », a-t-elle indiqué.
Taxes américaines : un projet de droits sur les navires chinois suscite des craintes
Le projet du bureau du représentant américain au commerce (USTR) d'imposer certains frais et restrictions sur les services de transport maritime liés aux opérateurs de navires chinois et aux navires construits en Chine suscite des inquiétudes dans le secteur agricole outre-Atlantique. En amont de l’audition publique qui se déroulait du 24 au 26 mars, Peter Friedmann, directeur général de l'Agriculture Transportation Coalition (transporteurs agricoles), prévenait : « Nous savons que ces taxes augmenteront le coût des ventes à l’exportation de produits agricoles américains, ce qui sera suffisant pour nous évincer de nombreux marchés étrangers ». Même sentiment du côté de la fédération des exportateurs américains de viande qui met aussi en avant une réduction des services et des escales dans les principaux ports américains. De son côté, le Farm Bureau, principal syndicat agricole américain, évalue entre 372 et 930 millions de dollars les coûts de transport annuels supplémentaires pour les exportateurs de produits agricoles en vrac. Et de conclure : « Ces politiques [..] auraient pour conséquence inattendue de compromettre sérieusement la capacité des agriculteurs américains à être compétitifs sur les marchés mondiaux ».
Environnement: Bruxelles promet de continuer à financer les ONG mais avec des gardes fous
La Commission européenne a publié, le 1er avril, une déclaration dans laquelle elle assure rester pleinement engagée à soutenir les ONG dans le cadre du programme LIFE pour l’environnement, dans le but «de garantir une société civile saine et dynamique, notamment en soutenant son fonctionnement et sa participation à l’élaboration des politiques». La veille, une objection portée par la droite et l’extrême droite au Parlement européen s’opposant au financement d’ONG par LIFE a été rejetée de justesse (40 pour, 41 contre et 2 abstentions) lors d’un vote en commission de l’Environnement. Bruxelles admet toutefois que, dans certains cas, les programmes de travail soumis par les ONG ces dernières années «ont pu contenir des actions de plaidoyer visant certaines institutions ou élus spécifiques et des activités de lobbying indues». Pour rassurer la droite qui qualifie cette situation de scandale, l’exécutif promet avoir pris des mesures pour prévenir de tels cas à l’avenir. Des orientations sur le type d’activités à exclure des financements de LIFE ont déjà été publiées. Et la Commission envisagera d’autres solutions suite à la publication prochaine de recommandations de la Cour des comptes européenne. À l’inverse, les groupes politiques centristes et de gauche dénoncent une croisade contre les ONG environnementales avec la volonté de bâillonner la société civile.
PPL Entraves/pesticides : le texte serait examiné finalement fin mai (presse)
La proposition de loi sur les Entraves sera bien examinée fin mai à l'Assemblée, a décidé le gouvernement, mettant fin aux espoirs des syndicats agricoles de voir le calendrier accéléré, a appris l'AFP le 1er avril de source parlementaire. Pour ce texte chaud incluant les dossiers de l'acétamipride, de la séparation de la vente et du conseil des pesticides ou de l'Anses, le ministère des Relations avec le Parlement (MRP) avait envisagé il y a deux semaines d'avancer l'examen du texte la semaine du 28 avril, ce qui aurait conduit par un jeu de dominos à reculer d'une semaine l'examen des textes sur la fin de vie, aujourd'hui prévu les semaines des 12 et 19 mai. Sondés par le MRP – même si rien ne l'y obligeait –, la majorité des présidents des groupes de l'Assemblée, y compris le Modem Marc Fesneau, s'étaient dits opposés, mardi 25 mars en conférence des présidents, à cette accélération du calendrier, de même que les présidentes des commissions des Affaires économiques et du Développement durable. Quoiqu'il en soit, la date n'aura pas incidence sur le recours à l'acétamipride pour la récolte de noisette 2025, puisque « les temps d’instruction » sont au minimum de « 120 jours » et « au maximum 18 mois » selon le type de procédure suivie, d'après l'Anses, et que les traitements commencent au 20 avril.
Phytos : le risque des nanopesticides pour la santé n’est pas assez évalué (étude)
Des chercheurs français concluent au « manque de données » sur les effets potentiels des nanopesticides sur la santé des mammifères, dans une revue de littérature scientifique publiée le 20 mars. « Des études approfondies sont encore nécessaires pour garantir leur sécurité, en particulier pour la santé humaine, avant leur application à grande échelle », indiquent-ils dans le journal scientifique Science of the total environment (Stoten). Ces travaux avaient été annoncés en novembre dans notre dossier sur les nanopesticides par deux des co-auteurs de l'étude, Jérémie Pourchez et Emmanuel Flahaut, respectivement directeurs de recherche à l’Inserm et au CNRS. Finalement, ils n’ont retenu que 27 articles scientifiques correspondant à cette thématique de santé, sur les 2102 articles initialement repérés dans les bases de données PubMed et Web of sciences. « Jusqu'à présent, cet aspect a été négligé car les études se concentrent principalement sur la synthèse et l'efficacité cible du produit. Des enquêtes approfondies sur le devenir dans l'environnement, la toxicité et les conséquences à long terme de leur utilisation sont nécessaires », précisent-ils.
Pesticides/CEPP : le taux de couverture a progressé de 16 points en deux ans
Dans un avis publié au Bulletin officiel du 27 mars, le ministère de l'Agriculture a dressé un « bilan de la mise en œuvre du dispositif de certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques » pour la campagne 2022-2023. Sur cette période, 1 973 entreprises « obligées » ont été soumises au dispositif de CEPP et 171 d’entre elles ont atteint leurs obligations. Le taux moyen de couverture des obligations pour l'ensemble des entreprises obligées passe de 30,6 % en 2021 à 48 % en 2022 et 2023. En 2023, douze nouvelles actions standardisées ont été publiées par arrêté, ainsi que 541 nouvelles références commerciales, pour un total, au 31 décembre 2023, de 131 actions standardisées et 3 772 références commerciales. Le recours à des méthodes alternatives (produits de biocontrôle notamment) est le levier donnant lieu au plus grand nombre d’actions standardisées (54 %). Suivent la mise en œuvre de nouvelles pratiques agronomiques (18 %), le recours à des équipements performants pour réduire les quantités utilisées (12 %), l’utilisation de variétés résistantes ou tolérantes aux maladies (8 %) et l’abonnement à des OAD (8 %). (Anne Gilet) *Distributeurs de produits phytos et de semences traitées, prestataires de services ayant une activité de traitement de semences, agriculteurs ayant acheté des produits à l’étranger.
Céréales/vignes: le tébuconazole nuit à la reproduction des moineaux (étude)
Une étude du CNRS publiée le 8 mars, dans le journal Environnemental research, démontre que le fongicide tébuconazole nuit à la reproduction et à la survie des oiseaux, annonce l’organisme de recherche dans un communiqué le 31 mars. Les chercheurs ont comparé l’effet du tébuconazole, « un des fongicides les plus utilisés en agriculture en Europe », sur la reproduction de moineaux domestiques exposés, par rapport à un groupe témoin. Ils ont constaté des effets « néfastes » sur la descendance, notamment chez les femelles. Les poussins exposés via leurs parents étaient « près de 10 fois plus petits » que le groupe témoin. De plus, les jeunes moineaux présentaient « un taux de mortalité deux fois plus élevé » après envol du nid, ce taux « passant de 20 à 47% ». Le tébuconazole est principalement utilisé sur le blé, l’orge, l’avoine et la vigne, selon l’association Générations futures. Cette substance, classée CMR2 (suspectée d’effets cancérogène, mutagène et reprotoxique), est candidate à la substitution. Son approbation à niveau européen expire le 15 août 2026.
Céréales : la mise en service du canal Seine-Nord Europe décalée à 2032
Lors de la conférence des parties prenantes de l’Alliance Seine-Escaut le 31 mars 2025, le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot a annoncé le recul de deux ans de la mise en service du canal Seine-Nord Europe, initialement prévu pour 2030, rapportent nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier (article payant). « L’État entérine l’échéance de 2032 au lieu de 2030 pour la mise en service du canal et maintient le financement à Voies navigables de France (VNF) », a-t-il déclaré dans un message vidéo. Ce report est justifié par le délai d’instruction de l’autorisation environnementale, qui a pris quinze à dix-huit mois de plus par rapport à ce qui était prévu. L’autorisation a été finalement accordée le 9 août dernier. Néanmoins, « l’UE maintiendra son financement dans la durée, et une nouvelle tranche de 730 millions d’euros est prévue pour la période allant jusqu’à la fin 2027 », a expliqué Jérôme Dezobry, président du directoire de la Société du Canal Seine-Nord Europe. Pour rappel, le projet est jugé essentiel par la filière céréalière, permettant notamment d’optimiser la circulation des grains, notamment les exports vers les pays clients du Nord-UE.
Vin : la société d’ingénierie Cical synergies rachète Ingevin
L’expert alsacien en ingénierie industrielle Cical synergies étend sa présence sur le marché viti-vinicole avec le rachat d’Ingevin, a annoncé le 1er avril la maison mère KS groupe. Leader en conception de chais et centres de conditionnement, ce bureau d’ingénierie montpelliérain gère des projets de vinification, d’embouteillage et d’œnotourisme. Ingevin compte 17 salariés dans cinq familles de compétences : œnologues, architectes, anciens directeurs de sites de vinification et conditionnement, ingénieurs en process vinicoles et agroalimentaires, selon le communiqué. L’innovation est présentée comme le moteur de ce rapprochement avec Cical synergies, visant à accompagner le secteur viti-vinicole dans de « profondes mutations » telles que l’adaptation au changement climatique, la transition énergétique, l’optimisation des process et l’évolution des attentes des consommateurs, souligne KS groupe.
Vin : plombé par le champagne, Vranken-Pommery accuse une chute de son bénéfice
La maison Vranken-Pommery a vu son bénéfice net s'effondrer de 87 % à 800 000 euros en 2004, année « particulièrement défavorable » plombée par des baisses de volumes de vente de champagne. Le chiffre d'affaires a, lui, chuté de 10,2 % à 304 M€ « dans un contexte de réduction des volumes sur le marché du champagne et de rendements de récolte plus faibles dans tous les vignobles - Champagne, Provence, Camargue et Douro » au Portugal, selon un communiqué. La maison se félicite pourtant du fait d'avoir dégagé du bénéfice « malgré la combinaison d'une baisse des ventes et de taux d'intérêt plus élevés au cours du premier semestre ». « Cela reflète la résilience de Vranken-Pommery dans un environnement défavorable », selon la même source. Après une année « particulièrement défavorable en 2024 », le groupe envisage cette année de poursuivre le développement à l'international avec l'ouverture d'un bureau en Corée du Sud et des projets de création d'une filiale en Espagne. Vranken-Pommery Monopole s'est concentré sur la poursuite du développement du segment premium et de l'international.
Corse : dix mois de prison ferme pour l'agresseur du directeur de la DDPP
Le jeune agriculteur qui avait agressé sur son lieu de travail le directeur de la DDT de Haute-Corse (préfecture) le 25 mars a été condamné deux jours plus tard à dix mois de prison ferme avec mandat de dépôt, indique la presse locale. Selon le journal Corse Matin, le jeune homme de 27 ans n'était pas inconnu des forces de l'ordre, la police judiciaire le présentant comme « proche d'une équipe criminelle de Haute-Corse ». L'agression a eu lieu lors d'un rendez-vous portant sur le blocage des aides Pac des exploitations familiales. Les parents de l'agresseur avaient été condamnés en 2019 à de la prison avec sursis et des amendes pour escroquerie aux subventions agricoles entre janvier 2013 et 2015, rapportait l'AFP le jour de l'agression. Le jour de l'audience, la FDSEA de Haute-Corse a appelé à un « rassemblement massif au tribunal de Bastia », qui s'est déroulé dans la calme selon la presse locale. À la sortie du tribunal, Joseph Colombani le président de la FDSEA de Haute-Corse, a déclaré a nos confrères d'Ici (ex-France Bleu) qu'il allait solliciter un rendez-vous au ministère de l'Agriculture pour remettre sur la table « les dossiers corses d'aides de la Pac bloqués ».
Corse: l'agriculteur assassiné «n'était pas un lanceur d'alerte», assure Via Campagnola
«Il n'a jamais en aucun cas dénoncé quiconque»!: Pierre Alessandri, producteur d'huiles essentielles tué par balles mi-mars sur son exploitation en Corse-du-Sud, «n'était pas un lanceur d'alerte» comme affirmé par l'association anticorruption Anticor, a assuré le 1er avril son syndicat agricole Via Campagnola. Fondateur en octobre 2004 du syndicat Via Campagnola Corse-du-Sud, dont il est devenu le secrétaire général, puis en 2007 le porte-parole, Pierre Alessandri «n'était pas un lanceur d'alerte», assure le syndicat dans un
communiqué, précisant que «si notre syndicat s'est souvent élevé contre certaines dérives inhérentes à notre métier, ni notre président ni notre syndicat n'ont jamais dénoncé des individus nommément». Anticor avait indiqué dans un communiqué que Pierre Alessandri «était un des lanceurs d'alerte dans l'affaire des fraudes aux subventions européennes en Corse», ce que conteste Via Campagnola. «En Corse, plus qu'ailleurs, les mots ont un sens et la perversion des mots: des conséquences», a martelé le syndicat agricole, insistant sur le fait que si «un lanceur d'alerte est une personne qui dénonce les dérives d'un système auquel elle appartient, Pierre (Alessandri) n'a jamais fait partie d'aucune administration qui lui aurait permis de connaître les "dossiers" des agriculteurs».
Contrôles administratifs : les propositions de la CFDT face aux violences
À l'occasion du comité social d’administration ministériel des 18 et 19 mars, les fonctionnaires du Spagri-CFDT ont établi une liste de neuf propositions pour « protéger ses agents et garantir leur santé et sécurité au travail », après notamment que le directeur de la DDT de Corse a été agressé par un agriculteur, ou encore que les JA de la Manche ont diffusé une vidéo « humoristique » mettant en scène le meurtre d'un agent de l'OFB. Le syndicat de fonctionnaires propose de faciliter les contrôles en binôme, de mutualiser les « bonnes pratiques » entre services déconcentrés, une communication interne des incidents dont sont victimes les inspecteurs, et de l'état de santé des exploitations et des exploitants, des « consignes de fermeté » pour sanctionner les « comités d’accueil » en exploitation, un « dépôt de plainte systématique » en cas d'agression ou de menace, et une application « systématique » de la protection fonctionnelle (y compris en cas d'attaque de chien). Enfin, ils demandent une « prise de parole publique » et une intervention de la ministre auprès des syndicats agricoles lors de « chaque acte de violence », et rappellent leur souhait que des représentants des contrôleurs soient associés dans la gouvernance des chartes contrôleurs/contrôlés.
Vente directe : naissance d'une association nationale des magasins de producteurs
La Fédération nationale des magasins de producteurs en vente directe (Femap) tiendra son assemblée générale (AG) constitutive le 2 avril à Paris. Son objectif sera de défendre les spécificités des magasins de producteurs auprès des autorités, structurer un réseau national et sensibiliser le grand public à ce circuit de distribution, explique-t-elle dans un communiqué. L’idée est aussi d’appuyer ce mode de distribution et d’encourager à l’ouverture de plus de magasins de producteurs en privilégiant le partage des bonnes pratiques, sans vouloir concurrencer les structures d’accompagnement existantes. La démarche est portée par « une petite cinquantaine de magasins », selon Florian Pascal, président du réseau des magasins de producteurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur (16 magasins), à l’initiative du projet avec Loïc Jeanjean, président du réseau des boutiques paysannes d’Occitanie et Marie-Odile Smets, présidente de l’association des magasins de producteurs des Hauts-de-France. « Notre objectif est d’atteindre une centaine d’adhérents d’ici la fin de la l’année 2025 », indique Florian Pascal.
PPL SRP+10: les sénateurs adoptent tel quel le texte issu de la Coméco
Réunis le 1er avril en séance publique, les sénateurs ont adopté largement (246 voix pour, 0 voix contre, 98 abstentions) la proposition de loi (PPL) SRP+10 (augmentation du seuil de revente à perte de 10 points) telle qu'elle avait été modifiée par la commission des affaires économiques quelques jours plus tôt. Une commission mixte paritaire (CMP) se réunira mardi 8 avril. En commission, les sénateurs avaient largement «recentré» le texte des députés, «en prenant le soin d’harmoniser les durées d’expérimentation jusqu’au 15 avril 2028, qu’il s’agisse donc du SRP+ 10 comme de l’encadrement des promotions, pour lesquelles il est préférable de conserver les taux en vigueur en valeur et en volume (34 % et 25 %) ». Concernant les sanctions en cas d’infraction au SRP ou de non-transmission d’informations, les membres de la commission sénatoriale ont jugé que celles votées de l’Assemblée nationale sont « disproportionnées ». Ils ont donc décidé qu’elles pourront aller jusqu’à 100 000 euros pour une personne physique et 500 000 euros pour une personne morale, un montant supérieur à ce qu’avait prévu le texte initial mais inférieur à ce qu’avaient décidé les députés.
Agroalimentaire : les industriels des pâtes alimentaires réintègrent l’Ania
Le Syndicat des industriels fabricants des pâtes alimentaires de France (Sifpaf) rejoint l’Ania à compter du 1er avril, conformément à son vote en conseil d’administration du 26 mars, a annoncé l’Ania. Le syndicat qui regroupe les industries de la transformation de la semoule de blé dur en pâtes alimentaires sèches et en couscous non préparé compte six adhérents : Panzani, Heimburger, Alpina Savoie, Tipiak, Pastacorp et Val Fleuri. Ceux-ci totalisent 10 usines en France et plus de 1 500 salariés, ayant produit, en 2024, 238 000 tonnes de pâtes dont 16% exportées et 71 400 tonnes de couscous non préparé dont 20% exportées. « La souveraineté alimentaire, la transition écologique, et la compétitivité de notre industrie font notamment partie des priorités de l'Ania et sont portées par les fabricants de pâtes alimentaires français depuis des années. (…) Cette adhésion constitue ainsi une étape structurante pour l’ensemble des maillons de la filière blé dur », déclare Albert Mathieu, président du Sifpaf. Cette adhésion est, en fait, un retour au sein de l’Ania puisque le Sifpaf avait été adhérent de l’Ania pendant quelques années jusqu’en 2007. L’Ania est parvenue récemment à garder deux autres syndicats professionnels qui avaient annoncé leur départ en 2024 : la Fnil (industries laitières) et Brasseurs de France.
Salades en sachet : Bonduelle confirme la vente de son activité allemande à Taylor Farms
Le groupe Bonduelle a confirmé la cession effective au 31 mars 2025 des actifs relatifs à l’activité de salade en sachet en Allemagne à l’entreprise américaine Taylor Frams, basée à Salinas (Californie), dans un communiqué le 1er avril. La réalisation de ce projet de cession avait été annoncé fin août 2024 dans le cadre du plan de transformation de l’entreprise baptisé « Transform to Win ». « Bonduelle reste présente sur le marché allemand le segment salade en sachet avec une licence de marque accordée à l’acquéreur », est-il souligné dans le communiqué. L’activité salade en sachet du groupe nordiste outre-Rhin, structurellement déficitaire, représentait un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. « La perte nette relative à la période du 1er juillet 2024 au 31 mars 2025 sera enregistrée dans les comptes consolidés du groupe au titre des activités non poursuivies conformément aux règles comptables IFRS et sera également enregistrée dans les comptes au 30 juin 2025 au titre des activités non poursuivies », est-il expliqué. Ce n’est pas le premier investissement de Taylor Farms en Europe. En décembre 2024, elle avait déjà investi dans le transformateur néerlandais Hessing (fruits et légumes) vendant sur les marchés allemand, belge, danois et hollandais.
Tomates d’industrie : vers une nouvelle hausse des surfaces en Italie cette année
En 2024, les surfaces dédiées à la transformation des tomates en Italie ont connu une forte augmentation (+11%), souligne une étude du cabinet italien Ismea. L'augmentation des hectares cultivés a touché à la fois le bassin Centre-Sud de l'Italie (+16%) et le bassin Nord (+7%). « Dans les deux macro-régions, les problèmes climatiques ont cependant provoqué une baisse des rendements de production par hectare, qui sont tombés à des niveaux historiquement bas », souligne l’Ismea. En conséquence, malgré l’augmentation des investissements, la production de tomates fraîches a diminué de 2,4 % par rapport à 2023 : 2,4 millions de tonnes (au lieu des 2,8 millions prévues). Pour la saison 2025-2026, les premières données fournies par l’Amitom (Association internationale méditerranéenne des tomates transformées) indiquent une augmentation de 6% de la production italienne, concentrée principalement dans le nord qui, à cause des récentes pluies, devrait enregistrer un retard de 10 à 15 jours dans les plantations. « Le nombre d’hectares plantés devrait être supérieur à celui de l’année dernière, mais ce nombre n’est pas encore connu car les contrats n’ont pas encore tous été signés », précise l’Amitom qui avance cependant un potentiel de 3 millions de tonnes pour cette campagne.
Bovins : en 2024, les aléas climatiques accélèrent la baisse du cheptel européen
Le cheptel européen de bovins (laitiers et allaitants) a reculé de 2,6 % en 2024 (à 71,8 millions de têtes) marquant une accélération de sa baisse par rapport au rythme des dernières années, selon les chiffres publiés par la Commission européenne. Il s’agit d’une « baisse inédite » en Europe, relève Ilona Blanquet, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage (Idele), « alors que nous étions habitués à avoir une érosion lente et régulière du cheptel de l’ordre de 1 % » depuis au moins 2016. Dans une vidéo, au-delà des facteurs structurels (démographie, contraintes environnementales), elle attribue cette accélération aux « années successives d’aléas climatiques », qui ont conduit les éleveurs à « adapter la taille de leur troupeau ». Cas d’école : l’Irlande, qui a subi « des pluies incessantes de novembre 2023 jusqu’à mai 2024 ». Le cheptel bovin y fond de 3,3 % (-6 % pour les vaches allaitantes). En Espagne (-1,9 %), « pays offensif sur le marché de la viande », c’est l’enchaînement des sécheresses qui a poussé les éleveurs extensifs du centre du pays à réduire la voilure. La France, premier détenteur de l’UE, n’est pas épargnée : l’Hexagone perd 140 000 vaches (à 7,7 millions de vaches allaitantes et laitières), et son cheptel bovin recule de 2,2 %.
Bovins : la mesure fiscale sera rétroactive sur 2024, promet le gouvernement
« Le gouvernement entend autoriser les exploitants agricoles » à bénéficier de la provision pour augmentation de la valeur des stocks de vaches « dès les exercices clos à compter du 1er janvier 2024 », annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 1er avril. Pour cela, l’exécutif prévoit une « traduction législative dans le prochain projet de loi de finances » (PLF 2026). Annoncée à l’automne 2023, cette mesure fiscale avait été créée par la loi de finances 2025, avec application pour quatre ans à partir du 1er janvier 2025. Le projet de loi d’orientation agricole prévoyait d’avancer cette date au 1er janvier 2024, mais l’article concerné (n°56) a été censuré par le Conseil constitutionnel comme « cavalier législatif ». D’après l’article 73 A du Code général des impôts, les agriculteurs imposés au réel peuvent pratiquer une provision dont le montant correspondant à l’augmentation de la valeur de leurs vaches laitières ou allaitantes. Cette provision doit être réinjectée dans le résultat de l’exploitation au plus tard dans les six ans, avec exonération en cas de hausse du cheptel. Le but ? Favoriser la rétention des vaches dans un contexte de décapitalisation et de hausse des prix des animaux alourdissant la valeur des stocks. Une enveloppe de 150 M€ est prévue pour cette provision plafonnée à 15 000 € par exploitation.
Viande in-vitro : le Mississippi, troisième État américain à voter l’interdiction
Le Mississippi a adopté le 21 mars une loi afin de bannir la viande in-vitro sur son territoire. Plus précisément, il sera interdit, à compter du 1er juillet, de fabriquer, vendre ou distribuer des produits de viande in-vitro. Cette interdiction est assortie pour les contrevenants d’une peine pouvant aller jusqu’à 500 dollars et/ou trois mois d’emprisonnement. Elle fait suite à des décisions similaires dans deux autres Etats : le Floride et l’Alabama. En Géorgie et dans le Nebraska, des lois sont prévues pour prendre des décisions du même type, souligne Wired. Mais des tentatives d’interdiction dans d’autres Etats n’ont pas eu autant de succès, comme récemment dans le Wyoming et le Dakota du Sud. Les Etats-Unis, Israël et Singapour sont pour l'instant les seuls Etats à avoir délivré des autorisations pour des produits de viande in-vitro destinés aux humains. Au Royaume-Uni, un feu vert a été donné par la Food and Safety Agency pour l’alimentation des animaux de compagnie. Cette agence gouvernementale vient d’annoncer un programme de deux ans concernant 8 sociétés actives dans la viande cultivée afin de s’assurer que ces produits sont sans danger pour l’homme.
Vin : Fabien Castelbou élu président des Vignerons coopérateurs d’Occitanie
La Coopération agricole Occitanie a annoncé le 31 mars l’élection de Fabien Castelbou comme président de sa section des vignerons. Il succède à Ludovic Roux, qui a pris la tête de la chambre d’agriculture de l’Aude. Fabien Castelbou, viticulteur à Cournonsec (Hérault), est vice-président de la cave coopérative des Vignerons Montagnac-Domitienne.