Agrafil du 4 avril 2025

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Taxes américaines : Bruxelles veut négocier mais se prépare aussi à des rétorsions

A la suite des annonces du « Libération Day », la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réagi, le 3 avril. Selon les premiers éléments d’analyse, l’ensemble des mesures annoncées pourrait engendrer jusqu'à 80 milliards d’euros de droits additionnels pour les exportations de l’UE. Conformément à sa stratégie en place depuis janvier, l’UE tente de trouver un fragile équilibre entre la menace et la solution négociée. « Nous avons toujours été prêts à négocier avec les États-Unis pour supprimer les obstacles restants au commerce transatlantique », souligne-t-elle. Le commissaire au Commerce international, Maros Sefcovic, en charge du dialogue avec les États-Unis, devait justement s’entretenir avec ses homologues américains le 4 avril. Mais l’exécutif européen n’exclut pas pour autant la possibilité de mesures de rétorsion le cas échéant. « Nous sommes déjà en train de finaliser un premier paquet de contre-mesures (dont l'adoption est prévue le 9 avril pour une entrée en vigueur le 15 avril) en réponse aux tarifs douaniers sur l’acier », précise l’Allemande, tout en se préparant à « de nouvelles contre-mesures, pour protéger nos intérêts et nos entreprises si les négociations échouent ». Sur ce point, l’exécutif européen analyse encore de manière approfondie ses possibilités de réaction.

Taxes Trump : les alcools français craignent un recul à l’export de 800 M€

La filière française des vins et spiritueux craint un recul d'environ 800 M€ de ses exportations à cause des droits de douane de 20 % imposés aux marchandises de l'UE par l'administration Trump. Cette décision américaine aura « des conséquences extrêmement lourdes sur le secteur des vins et spiritueux français et européens », selon un communiqué de la FEVS (exportateurs) le 2 avril. En 2024, la France a exporté quelque 2,3 Md€ de vin et 1,5 Md de spiritueux aux Etats-Unis, son premier marché à l'exportation (25 %). De son côté, la Cnaoc (vignerons d'appellation d'origine) estime à « plusieurs centaines de millions d'euros pour la filière » l'impact des nouvelles taxes douanières américaines. Pour les eaux-de-vie (cognac et armagnac), « c'est une catastrophe d'une ampleur inimaginable. En addition du conflit avec la Chine, ces taxes vont mettre en très grande difficultés notre filière », souligne le vice-président Anthony Brun, cité dans le communiqué. La filière des vins de Bordeaux est également très touchée : « Les Etats-Unis sont notre premier marché à l’exportation en volume et en valeur (près de 30 millions de bouteilles pour plus de 435 M€) », ajoute le secrétaire général adjoint Jean-Marie Garde et président de la FGVB à Bordeaux.

Taxes américaines: le Copa-Cogeca appelle à une désescalade du conflit

L’annonce de la mise en place par les Etats-Unis des droits de douane réciproques suscite des craintes chez les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Dans un communiqué publié le 3 avril, le Copa-Cogeca « tire la sonnette d’alarme » et appelle à la « désescalade ». Le principal lobby agricole de l’UE estime que de telles taxes auront « des conséquences économiques importantes pour le secteur agricole » des deux côtés de l’Atlantique. Elles soulignent notamment les risques de perturbation des chaînes d'approvisionnement mondiales, d’inflation et de limitation de l'accès au marché. Le président du Copa, l’Italien Massimiliano Giansanti, estime que « les agriculteurs et les coopératives agricoles européens sont déjà confrontés à des difficultés croissantes, qu'il s'agisse de l'augmentation des coûts de production ou des pressions liées au climat ». Et d’ajouter : « Ces nouveaux droits de douane ne feront qu'accroître l'incertitude et la pression financière qui pèsent sur notre secteur, affectant à la fois les producteurs et les consommateurs ». De son côté, le président de la Cogeca, Lennart Nilson, prévient : « les mesures commerciales de rétorsion ne profiteront ni aux agriculteurs de l'UE ni à ceux des États-Unis ».

Taxes Trump : réactions contrastées des organisations agricoles américaines

Les annonces tarifaires du président des Etats-Unis, le 2 avril, ont donné lieu à des réactions contrastées dans le secteur agricole américain. Ethan Lane, vice-président de la National Cattlemen's Beef Association (éleveurs bovins), était présent lors du discours de Donald Trump et il soutient cette politique. Reprenant la rhétorique « trumpienne », celui-ci a déclaré : « Pendant trop longtemps, les agriculteurs et les éleveurs américains ont été maltraités par certains partenaires commerciaux dans le monde ». Mais ce n’est pas le cas d’autres organisations. Zippy Duvall, le président du Farm Bureau américain, principal syndicat agricole américain, fait remarquer que plus de 20 % du revenu agricole américain provient des exportations. Le Farm Bureau souhaite donc une résolution rapide des désaccords commerciaux « afin d’éviter les tarifs qui placent les agriculteurs et les éleveurs dans la ligne de mire des représailles ». De son côté, Rob Larew, président de la NFU (petits agriculteurs), estime que « les décideurs politiques doivent reconnaître que les conséquences de ces décisions vont bien au-delà de l'exploitation agricole : c'est l'ensemble de notre système alimentaire et des communautés qu'il soutient qui est en jeu. »

Nutrition/climat: un objectif de «limiter» la viande dans la Snanc, mais sans chiffre

Dans sa nouvelle stratégie 2025-2030 pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui sera mise en consultation le 4 avril 2025 et dont Agra a pu se procurer le projet (télécharger), le gouvernement rappelle les impacts de la consommation de viande sur la santé et l’environnement. Le texte indique que les produits d’origine animale comptent pour 61% de l’empreinte carbone alimentaire française, le deuxième poste d’émission de gaz à effet de serre (GES) après les transports. Pour autant, et malgré les protestations d’associations, la stratégie gouvernementale n’avance pas d’objectif chiffré de réduction de consommation de viande. L’objectif 5, parmi les 20 objectifs du texte, promeut « une consommation suffisante et limitée de poisson et de produits laitiers, une limitation de la consommation de viande et de charcuterie et une réduction de la consommation de viande importée. » La Snanc affirme cependant s’appuyer sur le programme national nutrition santé PNNS), qui recommande une consommation maximum de 500 g de viande hors volaille et de 150 g de charcuterie par semaine pour un adulte. (Elena Blum)

Affichage environnemental : vers un dispositif volontaire, agenda incertain

Dans sa nouvelle stratégie 2025-2030 pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui sera mise en consultation le 4 avril 2025 et dont Agra a pu se procurer le projet (télécharger), le gouvernement prévoit une déploiement de l'affichage environnemental sous une forme «volontaire» dans l'alimentation. L'agenda reste incertain. Pour l'heure, « le dossier semble complètement bloqué au niveau ministériel », confiait Anna Cohen, cheffe de projet à France Nature Environnement (FNE), avant que nous prenions connaissance du projet de Snanc. Même impression du côté du WWF. Les associations n’ont obtenu aucune information de calendrier. La méthode qui se dessine est en tout cas « décevante », selon Anna Cohen, qui salue cependant les « avancées » permises sous l’influence du ministère de la Transition écologique. Aux dernières nouvelles, le mode de calcul (Ecobalyse) incluait, en plus de l’ACV Agribalyse et de la méthode Environnemental Footprint « corrigé en augmentant l’indicateur éco-toxicité eau douce », « cinq services écosystémiques » afin de prendre en compte les externalités positives. « La présence de haies », liste Anna Cohen, « la taille des parcelles, la diversité culturale, les prairies permanentes et le chargement (densité d’animaux sur une surface) ». 

Egalim 4: vers une «transparence» de la part des produits «durable/qualité» en GMS et restauration

Dans sa nouvelle stratégie 2025-2030 pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui sera mise en consultation le 4 avril 2025 et dont Agra a pu se procurer le projet (télécharger), le gouvernement annonce qu'il souhaite «imposer» aux enseignes de la distribution et de la restauration commerciale une «transparence des pourcentages d’achats» de produits "durables et de qualité" tels que définis dans la loi Egalim. Elle serait imposée dans la loi. Par ailleurs, l'exécutif veut «construire» avec les professionnels concernés «une trajectoire nationale de développement» d’une offre de ces mêmes produits «durables et de qualité ». Ici le levier évoqué est «incitatif puis réglementaire si nécessaire». En matière de restauration collective, le gouvernement veut financer une aide renforcée de l’Etat à la mise en place de tarifs préférentiels dans la restauration scolaire pour les enfants issus des familles les plus précaires (Pacte des solidarités) et au dispositif de Crous à 1 euro. Il souhaite aussi «soutenir des expérimentations de lutte contre la précarité alimentaire», dont les «chèques alimentation durable locaux» et «l’accessibilité à des produits à des prix différenciés, les groupements d’achats avec tarification sociale.»

Nutrition/climat: vers une «semaine de l’alimentation durable favorable à la santé»

Dans sa nouvelle stratégie 2025-2030 pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui sera mise en consultation le 4 avril 2025 et dont Agra a pu se procurer le projet (télécharger), le gouvernement prévoit, d'ici 2030, de mettre en place chaque année une «semaine de l’alimentation durable favorable à la santé», durant laquelle les cours des élèves seraient centrés autour de «l’alimentation durable et de la nutrition». Cette semaine se conclurait «par de grandes portes ouvertes à tous les citoyens, en favorisant les visites au plus près du terrain, notamment d’exploitations agricoles, d’activités de pêche, d’industries agro-alimentaire et de commerces durables». Cette semaine concurrencerait la célèbre Semaine du gout. Initialement créée en 1990 par les industriels français du secteur du sucre en partenariat avec le journaliste culinaire Jean-Luc Petitrenaud, la Semaine du goût a été rachetée en 2009 par une société événementielle, Le Public Système (devenu le groupe Hopscotch), rappelle le ministère de l'Agriculture, partenaire de l'évènement: «Les guides et des dépliants y sont notamment distribués dans les écoles afin d’encourager la consommation de sucre, pourtant décrié par les nutritionnistes».

Produits gras, salés, sucrés: le gouvernement menace d'objectifs réglementaires

Dans sa nouvelle stratégie 2025-2030 pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui sera mise en consultation le 4 avril 2025 et dont Agra a pu se procurer le projet (télécharger), le gouvernement évoque la possibilité d'instaurer des «objectifs réglementaires», en cas de non-atteinte d'objectifs de réduction des taux de sel, de sucres, de gras dans l'offre alimentaire. L'exécutif rappelle qu'il souhaite établir de nouveaux plans de réduction volontaires avec les filières les plus contributrices. Ces plans seront déterminés dans les six prochains mois, sur trois ans, avec des objectifs intermédiaires à deux ans, précise le gouvernement. Dans un communiqué commun paru le 26 février, les ministères de l'Agriculture et de la Santé avaient annoncé fin février qu'ils souhaitaient désormais signer un accord collectif de filière par an dans l'agroalimentaire afin d'améliorer la qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments. Les ministères ne précisaient pas quelles filières sont concernées, mais soulignaient que les professionnels de la filière boulangerie-viennoiserie-pâtisserie avaient«déjà indiqué entamer des travaux de réduction des teneurs en sucre».

Produits gras, salés, sucrés: pas d'interdiction de la publicité aux enfants dans la Snanc

Dans sa nouvelle stratégie 2025-2030 pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), qui sera mise en consultation le 4 avril 2025 et dont Agra a pu se procurer le projet (télécharger), le gouvernement n'emprunte toujours pas la voie de l'interdiction pour limiter l'exposition des enfants aux publicités pour des produits gras, salés et sucrés. L'exécutif s'en remet une nouvelle fois à la charte alimentaire signée sous l'égide de l'Arcom, existante depuis 2009 et mise à jour en décembre pour sa version 2025-2029. Le ministère de la Santé promet d'«étudier chaque année les rapports de l’Arcom pour évaluer la réduction de l’exposition des enfants à ces publicités.» Le gouvernement n'obligera pas non plus, mais «incitera» (sans précision) les annonceurs à apposer le Nutri-score et l'affichage environnementale. Enfin, il va «encourager» des engagements volontaires concernant les communications commerciales des marques dans le secteur alimentaire, en mobilisant notamment le dispositif des « contrats climats » prévus par la loi Climat.

Soja : Toulouse et Strasbourg le bannissent de la restauration collective municipale

Toulouse et Strasbourg ont décidé de retirer les aliments à base de soja des restaurants collectifs municipaux, dont les cantines scolaires, suivant une recommandation de l'Anses du 24 mars dernier. La mairie de Toulouse a annoncé le 2 avril dans un communiqué que les « repas servis par la cuisine centrale dans les écoles publiques [ou] les restaurants seniors solidaires municipaux » ne contenaient plus d'aliments à base de soja depuis le 26 mars. « Au sein des crèches municipales (...) il n'y avait déjà aucun produit servi à base de soja », a-t-elle ajouté. « Il vaut mieux retirer le soja, en attendant que l'industrie agroalimentaire s’adapte », a déclaré à l'AFP l'adjoint au maire de Toulouse en charge de la Restauration, Jean-Jacques Bolzan. « Le soja était surtout utilisé pour apporter de la variété dans les menus végétariens, avec du tofu et des boules de soja », a-t-il affirmé. La ville de Strasbourg a aussi décidé d'exclure les aliments à base de soja dans les cantines scolaires à compter du 9 avril. Le soja était « rarement » au menu dans les cantines et déjà « interdit » dans les crèches, a précisé la municipalité de Strasbourg dans un communiqué.

Coopératives : Vivadour et Terres du Sud discutent d'une fusion

Dans un communiqué commun du 3 avril, Vivadour et Terres du Sud annoncent être entrées dans une période de discussions exclusives en vue d’un rapprochement qui « prendrait la forme d’une fusion » des coopératives. Cette annonce suit la validation par les conseils d’administration d’une étude sur le projet et l’information des instances représentatives du personnel des deux groupes agricoles et agroalimentaires. Les coopératives entendent faire jouer leurs complémentarités territoriales et « renforcer des services dédiés aux agriculteurs en conservant la proximité ». Elles veulent « valoriser ensemble, tout le potentiel agricole, agroalimentaire et distribution de terroirs unifiés » et relever ainsi les défis de promotion des filières agricoles régionales. En amont elles conserveront « un modèle durablement engagé dans des activités agricoles » et en aval disposeront « d’outils agroalimentaires à taille humaine » proposant « des produits qualitatifs à forte identité régionale ». D’ici à une convocation des associés-coopérateurs en assemblée générale extraordinaire prévue fin 2025, les coopératives prévoit d’organiser des points d’information sur l’avancée du projet, avec les agriculteurs, salariés et partenaires des groupes.

PPL Agrivoltaïsme : report de l’examen du texte, attendu « normalement en juin »

A cause d’un « ordre du jour trop chargé », la proposition de loi (PPL) Agrivoltaïsme n’a pu être examinée comme prévu le 2 avril à l’Assemblée, indique à Agra Presse l’entourage du rapporteur Pascal Lecamp (Les Démocrates), envisageant désormais son examen « normalement en juin ». « La PPL n’a pas été discutée en séance publique par manque de temps. » Son passage dans l’hémicycle est attendu « normalement en juin », indique la source, précisant que « rien n’est encore officiel ». Examiné le 26 mars en commission, le texte paraît « assez bien stabilisé ». Peu d’amendements nouveaux ont d’ailleurs été déposé pour la première lecture à l’Assemblée nationale. La PPL transpartisane limite à 10 MWc (contre 5 MWc initialement dans le texte) la puissance installée par exploitation, dont la parcelle concernée ne peut excéder 30 % de la SAU. Ces plafonds peuvent être modulés à la baisse en CDPenaf. Un fonds de redistribution territorial est prévu, entièrement fléché vers « des projets visant à la structuration économique des filières agricoles (…) ou s’inscrivant dans un projet alimentaire territorial ». Enfin, le texte instaure un bail rural à clauses agrivoltaïques.

Biogaz : la production progresse en France malgré un ralentissement des nouvelles installations

La production de gaz renouvelable en France, principalement par méthanisation, a augmenté de près de 30 % en 2024 en dépit d'un net ralentissement des nouvelles installations, selon le dixième panorama des gaz renouvelables publié le 3 avril. La France a produit 11,6 térawattheures (TWh) de biométhane l'an dernier, contre 9,1 TWh en 2023 (+27 %). C'est l'équivalent de la consommation d'énergie de 756 000 foyers ou 40 000 camions et bus, précise le rapport annuel de la filière (Syndicat des énergies  renouvelables - SER -,  Gaz et Territoires, GRDF, Natran et Teréga). La production de gaz issu de la méthanisation de biodéchets (agricoles, ménagers, boues de stations d'épuration, stockage de déchets non dangereux) et injecté dans le réseau en 2024 représente 3,2 % de la consommation française de gaz naturel. Les acteurs notent toutefois « un net ralentissement des mises en service » : 79 nouvelles installations en 2024 (sur un total de 731), « un niveau équivalent à 2019 » après 139 mises en service en 2023, 149 en 2022 et 151 en 2021. Cela « résulte de la révision des tarifs d'achat en 2020, aggravée par les crises sanitaires et énergétiques successives », explique le document, qui prédit que « la tendance se prolongera en 2025 ».

Biogaz: le gouvernement va proposer de recentrer l'obligation de ZFE, autour de Paris et Lyon

Alors que la droite et le RN à l'Assemblée nationale comptent supprimer les zones à faibles émissions (ZFE), via le projet de loi de simplification, le gouvernement a indiqué à l'AFP qu'il allait proposer de conserver une obligation a minima pour les agglomérations parisienne et lyonnaise. Parce que c'est un «dispositif qui a fait ses preuves», dans la lutte contre la pollution de l'air, selon le cabinet de la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, le gouvernement va déposer un amendement pour rétablir dans le texte une version modifiée de ces fameuses ZFE, dont le développement a profité aux filières biogaz et biocarburant. Lors de l'examen dans l'hémicycle, qui doit démarrer la semaine prochaine, la ministre proposera de ne les rendre obligatoire que pour des agglomérations qui dépassent des seuils réglementaires de qualité de l'air pendant trois années sur les cinq dernières années, selon l'amendement consulté par l'AFP. Une mesure qui aurait pour effet de cantonner à ce stade l'obligation aux agglomérations parisienne et lyonnaise, selon le cabinet de la ministre. L'amendement supprimerait l'obligation d'en instaurer dans toutes les agglomérations de plus de 150.000 habitants, laissant la main aux élus locaux.

Ours : 96 individus dans les Pyrénées, risque de consanguinité malgré la croissance

Les Pyrénées – françaises et espagnoles – comptaient au moins 96 ours en 2024, selon le rapport annuel de l’OFB (Office français de la biodiversité) publié le 3 avril. En croissance, la population d’ursidés avait d’abord été estimée à 83 individus en 2023 (« effectif minimal détecté », EMD). Un chiffre qui a été réévalué à 90 (« effectif minimal retenu », EMR), en ajoutant sept ours non repérés à l’époque. Ce comptage en deux temps va « devenir de moins en moins adapté », souligne l’OFB, du fait de « l’augmentation de la taille de la population ». Une autre méthode, baptisée CMR (« capture-marquage-recapture »), est appelée à « remplacer progressivement l’EMD et l’EMR » ; elle donne un effectif de 104 individus en 2024 (intervalle de crédibilité de 97 à 123 individus). Entre 2006 et 2023, la population d’ours a augmenté de 11,12 % par an dans les Pyrénées. Mais l’OFB rappelle la « diminution de la diversité génétique constatée ces dernières années », qui pourrait « altérer cette dynamique dans les années futures ». Côté dégâts, en 2024, la responsabilité de l’ours n’a pas été écartée dans 310 attaques sur des animaux domestiques dans les Pyrénées françaises (-39 en un an), pour 565 victimes (+13 en un an). Les dégâts sur les ruches sont en augmentation, avec 14 attaques (+7), pour 71 ruches détruites (+46).

Grands prédateurs: la Slovaquie ordonne l’abattage de 350 ours

Le gouvernement slovaque a approuvé le 2 avril l’abattage de 350 ours estimant qu’ils représentent un danger pour l’Homme. Le ministre de l’Environnement, Tomas Taraba, a souligné qu’il y avait plus de 1 300 ours en Slovaquie, et que 800 était un «nombre suffisant» car leur population continue de croître. En 2024, 144 abattages avaient été autorisés pour, au final, un total de 93 ours abattus. La Roumanie, qui compte 8 000 ours, la plus large population en Europe hors Russie, a également autorisé l’an dernier l’abattage de près de 500 individus, malgré les critiques des défenseurs des animaux qui jugent ces décisions illégales au regard de la directive européenne Habitats. La Commission européenne est en train de procéder au déclassement du statut de protection du loup en Europe le rétrogradant d’espèce «strictement protégée» à «protégée». Mais, malgré des demandes portées par la Slovaquie et la Roumanie notamment, Bruxelles a jusqu’à présent refusé d’en faire de même avec l’ours (ou d’autres espèces comme le lynx, le glouton ou le cormoran). Les prochaines données sur l’état de conservation de la faune dans l’UE seront communiquées par les États membres en 2025 et un rapport sera publié en 2026. C’est sur cette base que l’UE pourrait décider de réviser (ou non) le statut de protection de ces animaux.

Volaille de chair: l'activité de LDC a progressé, y compris les ventes de volailles

Le leader français de la volaille LDC (Le Gaulois, Maître Coq, Loué), aussi présent au rayon traiteur (Marie), a annoncé le 3 avril une légère hausse de ses ventes annuelles, à 6,32 milliards d'euros, sur son exercice 2024-2025, grâce à des acquisitions et une hausse des volumes. Cela représente une augmentation de 2% par rapport à l'exercice 2023/2024  (6,2 milliards d'euros), mais à taux de change et périmètre constants, c'est-à-dire en excluant notamment l'effet des acquisitions, le chiffre d'affaires est en légère baisse de 1,6%. L'activité volaille France, qui représente près de 70% des ventes du groupe, a baissé de 1,1% en valeur, à 4,40 milliards d'euros, mais a augmenté de 3,2% en volumes. LDC a bénéficié de l'attrait non démenti des Français pour la volaille, devenue pour la première fois en 2024 la viande la plus consommée dans le pays par habitant, devant le porc, selon l'interprofession (Anvol). Après des années d'inflation, la filière a plusieurs fois souligné que les Français s'étaient un peu détachés des labels ou du bio pour privilégier le poulet conventionnel. Son activité traiteur (marque Marie) a vu ses ventes bondir de 6,5%, à 970,9 millions. 

Influenza aviaire : l’élevage exposé à de nouveaux oiseaux vecteurs de transmission (étude)

De nouvelles espèces d’oiseaux sauvages s’imposent comme nouveaux vecteurs de transmission de l’influenza aviaire entre continents et pays, selon une étude de l’université australienne de South Wale Sidney, dont les auteurs recommandent plus de vigilance en élevage. Cette étude publiée dans GeoEalth le 27 mars analyse plus de vingt ans (de 1997 à 2023) de données enregistrées à travers le monde sur les cas sauvages et les foyers en élevage. Alors que l’influenza était à l’origine basée en Asie et qu’elle se transmettait surtout par les palmipèdes sauvages, elle se concentre aujourd’hui en Europe et aux Etats-Unis, et des oiseaux comme les pélicans et faucons pèlerins en sont devenus vecteurs. L’auteure Raina Macintyre tire les conclusions pratiques de la difficulté de surveiller les oiseaux sauvages à l’échelle mondiale : « Nous pouvons en faire plus au sujet des facteurs qui entrent dans notre contrôle — l’agriculture et l’élevage », estime-t-elle, citée dans le communiqué de presse de l’Agu (American geophysical union), précisant que l’élevage en plein air mérite une vigilance accrue et qu’il vaut mieux tenir éloigné les porcs et volailles afin d’éviter une recombinaison génétique chez les premiers.  

Élevage : la Conf’ veut accélérer la recherche sur les maladies, notamment la FCO

Dans une lettre ouverte publiée le 3 avril, la Confédération paysanne demande à la ministre de l’Agriculture d’accélérer la recherche sur les maladies animales, et en particulier sur la fièvre catarrhale ovine (FCO). « Nous avons un besoin urgent de connaître les facteurs et les pratiques pouvant expliquer la réaction différenciée des troupeaux et des animaux à l'exposition à la maladie », expose le syndicat. Sur le terrain, l’impact sanitaire de la FCO s’avère très variable, y compris dans des élevages proches ou avec des systèmes similaires. La Conf’ compte aussi sur la recherche pour « caractériser les immunités naturelles, acquises et vaccinales, à l'échelle de la vie de l'animal voire à l'échelle de plusieurs générations ». Concernant la prévention, la Confédération paysanne estime que la vaccination « ne peut pas être présentée comme la seule solution, devant la multiplication de ces variants et du nombre de vaccins qui deviendraient nécessaires ». Et d’exhorter la ministre à lancer des recherches avant la conclusion des Assises du sanitaire, prévue avant la fin 2025. « Les éleveurs et les éleveuses ont besoin de ces informations au plus vite », martèle le syndicat, alors que « le réchauffement des températures a déjà sonné le retour » de la FCO.

Forêt : le directeur par intérim du SGPE critique les politiques publiques forestières

Frédérik Jobert, directeur par intérim du SGPE (Secrétariat général à la planification écologique), émet de vives critiques sur la politique forestière, dans une note publiée par le think tank Terra Nova le 2 avril. « Trois croyances ont biaisé les politiques publiques des dernières années », écrit-il. Croyance n°1 : la forêt ne pousse pas seule. Il critique « la politique actuelle de plantations massives » (dont le plan lancé en 2022 par Emmanuel Macron visant à planter 1 milliard d’arbres en dix ans). « Le financement public se concentre à 95 % sur des plantations en plein », détaille-t-il, « sur des parcelles coupées à nu ou après incendies, sans considérer suffisamment d’autres modes de gestion et/ou la régénération naturelle. » Croyance n°2 : « une confiance exagérée dans la durabilité du bois-énergie », dont l’exploitation excessive peut « compromettre le stockage de carbone et la résilience des forêts ». Ainsi, son développement « doit accompagner celui des autres usages (bois d’œuvre, industrie) dans une logique d’usage en cascade ». Croyance n°3 : sans subventions, pas de transition. Il dénonce une « sur-dépendance aux subventions » qui « fausse le modèle économique de la filière ». « En subventionnant surtout des interventions lourdes et coûteuses (coupe à nu, labour des sols, plantation), l’État enferme la sylviculture dans un système rigide et peu adaptatif. »

Arboriculture : spécialiste de l’insecte stérile, la start-up française Terratis lève 1,5 M€

Spécialiste de la technique de l’insecte stérile appliquée aux moustiques tigres, Terratis vient de lever 1,5 M€ et se donne un an pour préparer le passage à l’étape industrielle, incluant au moins un, voire deux, insectes ravageurs agricoles dans son futur site. « Nous étudions différents scénarios possibles pour des insectes sur lesquels cette technologie est déjà appliquée dans d’autres pays », explique à Agra Innovation Clélia Oliva, cofondatrice de Terratis, « donc qui ne nécessitent pas vraiment de phase de développement, juste le passage à l’échelle industrielle. Ce projet concerne notamment la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata), qui s’attaque à de nombreux fruits dans le sud de la France et fait notamment des ravages sur les agrumes en Corse, et le carpocapse des pommes (Cydia pomonella). Nous finaliserons le choix des insectes cette année, selon l’intérêt des marchés ». Pour certains insectes ravageurs en fruits et légumes, notamment la drosophila suzukii, certaines étapes de la technologie doivent encore être adaptées et Terratis prévoit « d’avancer en partenariat avec des instituts de recherche, notamment l’Inrae pour déployer cette solution à l’échelle industrielle ».

Légumes : l’Anses alerte sur un risque d’intoxication suite à la consommation d’aspergette

Dans une note parue le 2 avril, l’Anses appelle à la vigilance dans la consommation de l’asperge des bois, ou aspergette, réputée en gastronomie et que l’on retrouve depuis quelques années sur les marchés ou dans certains supermarchés. Depuis plusieurs années, les centres antipoison (CAP) reçoivent des appels de personnes ayant présenté des symptômes après avoir consommé des asperges des bois (48 cas entre 2010 et 2020) : douleurs intenses du pharynx, un gonflement de la bouche ou la gorge, ainsi que des difficultés pour avaler, souvent trois heures après l’ingestion. En mai 2019, le CAP de Nancy a alerté l’Anses suite à la survenue d’une intoxication grave mettant en jeu le pronostic vital d’un patient. Une étude réalisée de 2022 à 2023 a mis en évidence la présence abondante de raphides d’oxalate de calcium, cristaux présents dans de nombreuses familles de plantes, notamment les Aracées dont le caractère irritant est connu. Les résultats permettront de diffuser des recommandations et de « prendre des mesures de gestion pouvant aller jusqu’à l’interdiction de vente ». L’aspergette pousse entre avril et juin sans presque toute la France hexagonale ainsi qu’en Corse et peut aussi être cultivée par des particuliers à partir de graines disponibles dans le commerce.

Champignons : une fausse « négociante » condamnée à rembourser 110 k€ à l’Urssaf (presse)

Ce 1er avril, le tribunal correctionnel de Tulle (Corrèze) a condamné une quadragénaire à rembourser l’Urssaf à hauteur de 110 444 € « au titre des cotisations sociales éludées», et d’« infraction de travail dissimulé », rapporte Centre Presse Aveyron reprenant des informations de La Montagne. Elle a aussi été condamnée à six mois de prison avec sursis, une interdiction de gérer une entreprise pendant trois ans et une amende de 1 500 €. Entre janvier 2017 et décembre 2020, elle s’est fait passer pour une négociante en champignons. Il s’agit d’une activité légale mais encadrée qu’il faut impérativement déclarer. La quadragénaire a pratiqué la revente de girolles, de cèpes et d’autres champignons, générant des revenus considérés comme importants. L’absence de déclaration de chiffres d’affaires sur la période concernée - et donc de cotisations sociales - avait alerté les services de l’Urssaf. L’organisme a alors alerté le parquet de Tulle, qui avait lancé une enquête pour travail dissimulé grâce au commissariat d’Ussel et du GIR (Groupement interministériel de recherche) de Limoges (Haute-Vienne).

Fruits et Légumes : Ramón Fernández-Pacheco Monterreal nouveau président de l’Arefhl

Ramón Fernández-Pacheco Monterreal a été élu président de l’Assemblée des régions européennes fruitières, légumière et horticoles (Areflh) à l’occasion de son assemblée générale le 2 avril à Valence (Espagne). Il succède à l’italienne Simona Caselli (région Emilie Romagne) qui est restée à la tête de l’association pendant neuf années. Depuis juillet 2024, Ramón Fernández-Pacheco est ministre régional de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Eau et du Développement rural du Gouvernement régional d'Andalousie. Par ailleurs, le Français Jean-Louis Moulon (IDFeL Val de Loire), président du collège des producteurs et vice président de l'Areflh a passé le double témoin à Lisa Martini, directrice de l’AOP italienne F.In.A.F. (First International Association Fruit), première association transnationale d'organisations de producteurs de fruits et légumes créée en 2001 par l’italien Apo Conerpo et le français Conserve Gard.

Lait : Yoann Lézé, élu président de l’Association des producteurs de lait Bel de l’Ouest

Yoann Lézé, éleveur en Mayenne, vient d’être élu président de l’APBO, l’Association des producteurs de lait Bel de l’Ouest. Il succède à Frédéric Dorilleau, qui avait annoncé, le 20 mars lors de l’assemblée générale, son souhait de quitter le conseil d’administration. Yoann Lézé est, depuis plusieurs années déjà, investi dans l’APBO et dans l'AOP Poplait, association de neuf organisations des producteurs de lait du grand Ouest. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 7 avril 2025

Samedi 5 avril
Mise en œuvre du premier volet des droits de douane réciproques américains
Marche contre les pesticides à Paris, par Extinction rebellion et Association avenir santé et environnement

Lundi 7 avril
Conférence sur la valorisation des nutriments excrétés par les Franciliens
Conférence Biosécurité ports élevages et matières premières, par le port de Montoir-de-Bretagne

Mardi 8 avril
Commission mixte paritaire (CMP) sur la PPL SRP+10
Les députés examinent en séance publique le PJL Simplification 
Conférence de presse de la Feef sur le label PME+ (RSE)
Présentation du Baromètre du pouvoir d'achat des Français 2025
Visioconférence sur la qualité de l'air de l'Ineris
Conférence de presse d'Even (lait) dans le Finistère
Conférence de presse des Vignerons coopérateurs sur le bio et la HVE

Mercredi 9 avril
Mise en œuvre du second volet des droits de douane réciproques américains
Les sénateurs examinent la PPL Chlordécone
Les sénateurs examinent la PPL Épandage de pesticides par drone
Assemblée générale de Felcoop (coopératives fruits et légumes)
Table ronde organisée par la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA)
Conférence de presse de Citeo sur les enjeux de la réglementation emballages
Présentation d'un rapport parlementaire sur l’agriculture, le climat et la biodiversité
Présentation du rapport parlementaire sur l’artificialisation des sols

Jeudi 10 avril
Assemblée générale d'Anvol (interprofession des volailles de chair), à Angers
Assemblée générale de l’Apef (producteurs d'endives), à Arras (Pas-de-Calais)
Visioconférence de FNH sur la baisse des achats de bio en grande distribution
Journée technique de l'Idele sur les drones en ruminants (Haute-Vienne)