Victimes de pesticides: le gouvernement envisage d’indemniser les riverains
Le gouvernement «envisage» la mise en place d’un «dispositif d’indemnisation des riverains» victimes des pesticides, selon une version récente du plan Ecophyto 2030 qu'Agra presse a pu consulter, et que le gouvernement doit présenter lundi 6 mai. Ce dispositif pourrait éventuellement bénéficier à «d’autres catégories de personnes ayant contracté une maladie d’origine non-professionnelle, en lien avec l’exposition prolongée et répétée aux produits phytopharmaceutiques». Le gouvernement évoque «un dispositif différent» du fonds d’indemnisation des victimes professionnelles de pesticides (FIVP) notamment pour la «présomption d’imputabilité». Début mars, une action collective en justice a été lancée par le cabinet de l’avocate et ex-ministre de l’environnement, Corinne Lepage, pour réclamer des indemnisations pour les riverains victimes des pesticides. Son cabinet prône la mise en place d’un dispositif similaire au FIVP pour indemniser les résidents situés à moins de 150m de zones d’épandage. En mai 2023, un rapport du député Paul Christophe (Horizons, Nord) appelait à consolider le FIVP, observant que non seulement les riverains mais aussi certains professionnels exposés aux pesticides en étaient exclus (agents de la fonction publique ou de la SNCF…).
Ecophyto 2030: «d'autres indicateurs» subsisteront «à côté» du HRI 1
«Seront également suivis d’autres indicateurs à côté de l'indicateur européen» HRI 1, récemment choisi pour être l'indicateur du plan Ecophyto 2030, en lieu et place du Nodu, prévoit le gouvernement dans une version récente du plan de réduction des pesticides, qui doit être dévoilé ce lundi 6 mai. Pas d'annonce d'abandon du calcul du Nodu, comme craint par les associations environnementales, mais pas de garantie non plus de sa survie: charge à «chaque ministère, dans son domaine de compétence» d'alimenter «le suivi de ces indicateurs de pilotage de la Stratégie», avec pour objectif «de disposer d’une analyse plus complète de l’évolution des risques et usages de produits phytopharmaceutiques». En matière d'indicateur, le gouvernement confirme qu'une mission va être confiée à l'Inrae avec pour objectif «l'amélioration» de l'indicateur HRI 1, dans une «démarche d’amélioration continue et de convergence européenne», précise le document. L'objectif de diminution de «l'utilisation» de 50% est maintenu à horizon 2030, mais avec une référence à la période 2011-13, et non plus 2015-2017 comme prévu il y a quelques mois. Début février, Générations futures avait rappelé les biais du HRI 1. Pour justifier le changement d'indicateur, Marc Fesneau soulignait que le Nodu (nombre de doses unités) n'était pas un indicateur européen, et qu'il ne prenait en compte que «l’usage» des produits, et non pas leur «impact» sur la santé ou l’environnement. Une analyse battue en brèche par le comité scientifique et technique (CST) du plan Ecophyto dans un texte de décryptage.
Ecophyto 2030: 90M€ pour «l'accompagnement de la prise de risques»
Dans une version récente du plan Ecophyto 2030 qu'Agra presse a pu consulter et qui doit être dévoilée le 6 mai, le gouvernement prévoit une nouvelle mesure «d’accompagnement de la prise de risques» pour un budget de 90 M€ en 2024. Pas de précision sur la nature des mesures financées. Le financement provient d'une enveloppe de 300 millions d'euros issue de France 2030 - en novembre dernier, cette enveloppe était annoncée autour de 250 millions d'euros. Il est également prévu dans le document que des financements supplémentaires seront alloués par les agences de l'eau au bénéfice des filières bas intrants (ex. miscanthus). Mais les montants ne sont pas précisés. Cet hiver, le cabinet du ministre avait rappelé qu'Ecophyto serait comme habituellement financé par la redevance pour pollution diffuse (RPD), à hauteur de 71 millions d’euros (M€) par an ; le pilotage des fonds nationaux «sera amélioré dès 2024», promet désormais le gouvernement, qui veut en passer par «une programmation pluriannuelle du financement des actions structurantes, reconduites d’une année sur l’autre, qui en contrepartie pourraient être assorties d’objectifs de résultat, et des appels à projets thématiques». La somme de 71 M€ somme avait été complétée de 250M€ prévus dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2024.
Vin: Bruxelles valide l'aide à la trésorerie de 80 M€ pour les viticulteurs français
La Commission européenne a autorisé, le 3 mai, en vertu du cadre temporaire de crise et de transition récemment prolongé, un régime français d'aides d’Etat d'un montant de 80 millions d'euros (M€) destiné aux viticulteurs du sud de la France. L’exécutif européen précise que ce régime consistera en des montants limités d’aide de maximum 280 000 € par bénéficiaire, sous forme de subventions directes, qui devront être accordés au plus tard le 30 juin. Selon Bruxelles, l’objectif de ce régime est «d’aider [ces viticulteurs] à surmonter le contexte économique difficile, aggravé par la guerre en Ukraine, et qui est susceptible de mettre en cause la pérennité de nombreuses exploitations». Début février, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau avait annoncé sur Sud Radio un fonds d’urgence de 80 M€ et des aides à l’arrachage de 150 M€ en réponse à la crise viticole. En marge de son congrès le 25 avril, le président de la Cnaoc (vignerons en AOC) Jérôme Bauer s’est montré impatient de voir la France notifier à Bruxelles un dispositif national d’arrachage.
Cidre : ouverture de l'appel à projets annuel, jusqu'au 31 juillet
L’appel à projets pour le plan d’adaptation du verger cidricole en 2024-2025 est lancé, indique Unicid (interprofession cidricole) le 2 mai. Les candidatures doivent être adressées à FranceAgriMer au plus tard le 31 juillet. Cette aide, mise ne place depuis plus de 15 ans, vise à favoriser l'évolution variétale nécessaire pour adapter la production aux besoins quantitatifs et qualitatifs de la filière. Elle a également pour objectif de faire évoluer les exploitations vers des vergers «professionnels». «Les modalités (critères d’éligibilité et de priorité, essentiellement) et montants par ha ont évolué à plusieurs reprises, explique Jean-Louis Benassi, directeur de l’Unicid à Agra Presse. Les modalités en vigueur aujourd’hui existent depuis la campagne 2018-19 et le montant par ha a été porté à 1514 € à partir de la campagne 2020-21(c’était 1000 €/ha avant) et n’a pas varié depuis». Pour la campagne 2024-2025, deux modifications sont néanmoins introduites : la commission administrative DGPE / FAM est supprimée et surtout un justificatif supplémentaire est demandé pour déclencher le versement de l’aide : un plan cadastral des parcelles concernées par la réalisation de la plantation.
Ail : en Espagne, les surfaces continuent de reculer, 16% de moins en 2024
Selon le syndicat des producteurs d’ail espagnols (Mesa Nacional del Ajo), les surfaces mises en culture cette année devraient être en recul de 16%, rapporte le quotidien espagnol El diario. C’est particulièrement le cas pour l'Andalousie, deuxième région productrices derrière la Castille-La Mancha. En 2023, les superficies consacrées à l'ail avaient déjà reculé de 20 %. Parmi les principales causes de cette réduction, le syndicat pointe le manque de rentabilité pour les producteurs, les difficultés qu'ils ont à trouver de la main d'œuvre et les limitations d'accès à l'eau. Il évoque aussi le manque de matières actives pour lutter contre les mauvaises herbes à feuilles larges et les maladies qui augmentent les coûts de façon exponentielle. «Au niveau du marché, même si les prix ont augmenté, le bilan n'est pas positif en raison de l'augmentation des coûts de production», explique le syndicat de producteurs. La culture de l'ail en Espagne, principalement dédiée à l’exportation, totalisait plus de 29 000 ha avec une production de 286 694 tonnes en 2022. L’Espagne est le premier fournisseur d’ail en France : en 2023, 19 110 tonnes avaient été exportées en recul de 5% face à l’émergence d’autres opérateurs, l’Inde et l’Afrique du Sud en particulier.
Bien-être animal: la LFDA demande une «généralisation progressive de l’étiquetage»
Alors que l’Anses vient de publier ses lignes directrices sur le sujet, la Fondation droit animal (LFDA) appelle le gouvernement à «apporter son soutien à une généralisation progressive de l’étiquetage du bien-être animal», d’après un communiqué du 2 mai. La LFDA voit dans l’avis de l‘Anses une «validation» de l’Étiquette bien-être animal (EBEA), dont elle est un des membres fondateurs. L’association présidée par Louis Schweitzer «se réjouit» que l'EBEA «puisse servir de modèle dans la mise en œuvre d’une politique valorisant le bien-être animal à grande échelle». Et de rappeler que cette démarche a «suscité l’intérêt de la Commission européenne», qui planche sur une harmonisation européenne et a «considéré que l’EBEA était la seule à répondre à tous ses critères». Lancée il y a cinq ans en partenariat avec les filières, l’EBEA attribue une note de bien-être animal allant de A à E aux produits de ses adhérents. L’étiquette est aujourd’hui apposée sur «plus de 15% de la production française de poulet de chair» (3700 élevages, soit 40% des producteurs), indique un communiqué du 30 avril. L’AEBEA, l’association qui porte la démarche, précise que son référentiel pour le porc est «d’ores et déjà finalisé pour les niveaux A et B», tandis qu’un cahier des charges pour les poules pondeuses «devrait être accessible courant 2024».
Prix alimentaires mondiaux : les indicateurs de la FAO en «légère hausse»
Les prix mondiaux des denrées alimentaires sont «en légère hausse» de 0,3% pour le mois d’avril, rapporte la FAO dans son bulletin mensuel publié le 3 mai. C’est le deuxième mois consécutif où l’indice des prix alimentaires mondiaux s’accroît. Néanmoins, il reste en baisse de 9,6% par rapport à son niveau en avril 2023. Le prix de la viande est celui qui a le plus augmenté (+1,6%), tiré principalement par le prix des volailles, fortement importées au Moyen-Orient et dont la production mondiale est affectée par la grippe aviaire. De son côté, le prix des céréales a augmenté de 0,3%. Pour cause : l’augmentation du prix du blé, dont les prochaines récoltes seront affectées par des conditions météos défavorables dans certains pays de l’UE, en Russie et aux États-Unis. Le prix des huiles végétales est aussi en hausse de 0,3% par rapport à mars. Entraînées par les huiles de tournesol et de colza, c’est «son plus haut niveau depuis 13 mois», indique la FAO.