Agrafil du 3 septembre 2024

hero

BCAE Zones humides: vers une définition basée sur les «zones effectives»

A l'issue de réunions interministérielles courant juillet, la DGPE (ministère de l'Agriculture) a présenté le 18 juillet au monde agricole son projet de BCAE 2 consacrée aux zones humides, une nouvelle conditionnalité de la Pac dont la mise en oeuvre a été retardée d'un an, au 1er janvier 2025. Selon le document de la DGPE, qu'Agrapresse a pu consulter, la cartographie serait basée sur deux définitions: les «zones humides effectives», croisant les inventaires du RPDZH (réseau partenarial des zones humides) et le zonage dit Ramsar (du nom de la convention internationale de protection) ; et «certaines tourbières correspondant aux habitats tourbeux identifiés dans les inventaires du RPDZH». De source professionnelle, ce zonage inclurait 0,75% de la surface agricole utile (SAU) de la France, contre 29% si le gouvernement avait choisi les zones humides potentielles, comme craint par le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau en début d'année. Ces zonages devaient faire l'objet de concertations régionales sous l'égide des préfectures cet été. Le gouvernement prévoit d'assortir ces zonages de trois obligations: interdiction de nouveaux réseaux de drainage, avec possibilité d'entretien de l'existant ; interdiction de «remblais et de dépôts» (hors fumure et matière organique ou boues de curage) ; sur les tourbières, interdiction de prélèvement et de brulage, sauf dérogation dans le cadre d'un plan de gestion écologique. Le gouvernement souhaiterait envoyer sa notification à la Commission européenne au «début de l'automne», en vue d'une application au 1er janvier

Phytos: l'Anses s'autosaisit sur la présence de nanoparticules

Interrogée par Agra Presse, l'Anses confirme s'être auto-saisie récemment «sur la présence de nanoparticules dans des produits phytopharmaceutiques et des produits biocides». L'agence sanitaire précise que cette autosaisine «fait suite aux nombreuses déclarations dans la base R-nano de la présence de nanoparticules dans les produits phytopharmaceutiques». Dans son bilan 2022 des déclarations de substances (produites, importées ou distribuées) à l’état nanoparticulaire, le ministère de la Transition écologique classait les pesticides en tête des catégories de produits les plus souvent déclarées, devant les cosmétiques/produits de soin et les revêtements/peintures/solvants/diluants. Selon l'Anses, l'objectif de cette analyse sera «d’analyser les résultats d'une étude exploratoire dont l’objectif était de mesurer la présence de nanoparticules dans ces produits, afin de proposer, le cas échéant, des mesures de gestion». L'agence prévoit que l'expertise terminera ses travaux «pour le courant de l’année 2025». Interrogée en 2018, Phyteis (ex-UIPP) indiquait que les phytos pouvaient contenir plusieurs types de nanoparticules: silice, kaolin (argile blanche), pigment. Selon les industriels, leur intérêt tenait, alors, notamment à la texture ou à la coloration qu’elles apportent – Bayer assurait que les matières actives elles-mêmes n'étaient pas concernées.

Futur Premier ministre: Cazeneuve et Bertrand consultés, la piste surprise Beaudet

Alors que le président de la République recevait, ce 2 septembre, l'ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, et le président (Les Républicains) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, la piste de Thierry Beaudet, président du CESE, était évoquée par plusieurs médias en vue de la nomination, prévue le mardi 3 septembre, d'un nouveau Premier ministre. Peu connu, cet ancien président de la Fédération nationale de la Mutualité française serait proche de la gauche, selon Le Monde. Du côté des députés spécialistes des questions agricoles, le socialiste Dominique Potier fait partie des députés proches des idées de Bernard Cazeneuve; il faisait partie des 400 signataires d'une tribune parue en 2022 sur la social-démocratie. «C'est quelqu'un que je connais bien, et avec qui je dialogue», indique le parlementaire à Agra Presse. Quant à Xavier Bertrand, le député «agricole» qui en est le plus proche est certainement Julien Dive, qui lui a succédé dans sa circonscription de l'Aisne en 2016, après son élection à la présidence de la région Hauts-de-France. Avec le sénateur Laurent Duplomb, Julien Dive fait partie des deux parlementaires à travailler sur une proposition de loi agricole, dans le cadre du «pacte législatif» annoncé fin juillet. Les deux hommes devaient travailler cet été et se rencontrer pour une synthèse, en vue d'une présentation à la rentrée. De son côté, Laurent Duplomb doit terminer ses travaux autour du 10 septembre.

Équarrissage: retour à la normale en cours, mais plus lent que prévu

La collecte d'animaux morts reprend lentement son rythme normal dans le nord, l'est et l'ouest de la France, après des retards importants causés par la saturation des usines d'équarrissage, ont indiqué l'entreprise d’équarrissage Atemax et des responsables du secteur à l'AFP. «L'État nous a aidé à faire du délestage sur d'autres usines», permettant de réduire les stocks, a expliqué le 30 août Sophie Grégoire, directrice de la communication d’Atemax. En raison d'une surmortalité des animaux d'élevage et de pics de chaleur, deux usines Atemax sont saturées à Vénérolles (Aisne) et Saint-Langis-lès-Mortagne (Orne), et l'entreprise comptait initialement sur un retour à la normale d'ici le 2 septembre. «Il y a une amélioration», note Jennifer Humbert, de la chambre d'agriculture de l'Aube et de la Haute-Marne. Selon elle, seuls quatre animaux attendaient encore d'être ramassés le 29 août en Haute-Marne, contre 231 une semaine auparavant. Mais elle précise que les délais de collecte sont toujours supérieurs à la normale: «minimum une semaine, contre 48 h d'habitude». Pour Sophie Grégoire, le rythme de collecte devrait revenir à la normale cette semaine dans le nord-est de la France. La situation est plus complexe dans l'Ouest, où les demandes sont plus nombreuses.

Prairies: l’équivalent d’une année de pousse déjà réalisée au 20 août (Agreste)

Grâce aux «conditions climatiques favorables», la pousse d’herbe cumulée des prairies permanentes françaises au 20 août est «déjà supérieure de 2% à celle atteinte normalement sur une année entière» (moyenne 1989-2018), d’après le dernier bilan d’Agreste. «Normalement, seulement 80% de la production annuelle est réalisée à cette date», rappelle le service statistique du ministère de l’Agriculture dans sa note de conjoncture. La production cumulée est «excédentaire de 29% par rapport à la normale observée [au 20 août] sur la période 1989-2018». La pousse est «excédentaire presque partout» en France, constate Agreste, hormis la bande pyrénéenne de Toulouse à la Méditerranée, la seule à afficher des résultats négatifs par rapport à la normale. C’est dans le Grand Est que l’excédent est le plus important (+50%); dans la majorité de l’Hexagone, il est «souvent compris entre 20% et 40%». La Normandie et la Bretagne sont les régions les moins en avance, avec respectivement +14% et +16%. «Les pluies fréquentes et le maintien de températures supérieures aux normales de saison permettent une pousse continue et abondante», explique le ministère. Toutefois, «l'herbe n'a pas été entièrement valorisée au printemps», rappelle Agreste, «du fait des difficultés d'accès aux prairies».

Grandes cultures/vignes: le négoce Issipa en passe de racheter Truchon Diffusion

Le groupe de négoce Issipa est entré en négociation exclusive pour racheter son homologue marnais Truchon Diffusion, ont-ils annoncé le 30 août. L’opération porte sur «100% du capital» de Truchon Diffusion, spécialiste de l’agriculture et la viticulture, et de Nutaco, expert en palissage de la vigne, selon un communiqué commun. Elle permet à Issipa (négoces Asel, Brie Alternative, Semences de l’Est, Traitaphyt) de «posséder une large palette de métiers, notamment l’ouverture au monde de la viticulture». «Ce rapprochement permettra à nos activités de grandes cultures de bénéficier des avancées technologiques de la vigne en termes de biocontrôle et de biostimulant», soulignent-ils. Les deux entités ont par ailleurs «la même volonté de conserver une direction et des capitaux familiaux». Créée par Alain Truchon, l’entreprise éponyme pèse 9 M€ de chiffre d’affaires dans l’agriculture (semences, produits de protection des plantes, engrais, adjuvants, etc. et services) et la viticulture (produits de protection des vignes, fertilisants, mulch, écorces, composts, semences, matériel, etc. et services). Détenu et dirigé par Olivier Bidaut et ses deux fils Simon et Paul, le groupe Issipa réalise un chiffre d’affaires de 60 M€ dans l’approvisionnement, auquel s’ajoute la collecte de 100 000 t de céréales. Son territoire s’étend du Centre-Val de Loire à la Bourgogne-Franche-Comté, en passant par les Hauts-de-France, l’Île-de-France et le Grand Est.

Coriandre bio: dans le Gers, le Gab s'oppose au plafonnement d'une aide à la conversion

L’association Les Bios du Gers (GABB 32) a annoncé le 29 août qu’elle allait déposer un recours auprès du tribunal administratif contre un arrêté préfectoral limitant les sommes imparties à la reconversion d’exploitations dans la production de coriandre bio, rapporte La Dépêche (article payant). Publié le 19 août, l'arrêté fixe, pour les demandes d'engagement en conversion bio pour 2024, un montant maximum annuel d'aides de 2700 € par exploitation, plafonnées à 3 ha par exploitation. «Lors de la campagne Pac 2024, une augmentation importante des surfaces dédiées à la coriandre biologique et faisant l’objet de demandes d’aides à la conversion a été constatée en Occitanie. Les enveloppes budgétaires des cofinanceurs n’ont pas été pas suffisantes pour couvrir les demandes», est-il indiqué. Les surfaces ont bondi en Occitanie, passant de 1600 ha en 2023 à 12 000 ha en 2024 selon le GABB 32. «De nombreux producteurs (en grandes cultures) ont reporté avoir facilement effectué une déconversion-reconversion des parcelles en bio depuis plus de cinq ans auprès des certificateurs, notamment pour mettre de la coriandre», pointe le GABB 32 dans une note. La Draaf a estimé à 50 M€ les sommes engagés sur les surfaces déclarées en 2024.

Maraîchage: en Martinique, une confiance défaillante obère la structuration de la filière

Laurent Parrot (Cirad) et Thibaut Joltreau (Sciences Po Bordeaux) mettent en lumière les facteurs de performance des coalitions en agriculture en prenant en exemple le maraîchage en Martinique, dans un article paru dans l’édition de juillet-septembre d’Économie Rurale. Ils comparent empiriquement la filière rhum, organisée autour d’une coalition historiquement dominante et d’une alliance durable, avec la production légumière, dont les tentatives de structuration n’ont pas bénéficié d’une alliance d’acteurs pérenne. «La fragmentation des coalitions dans la filière maraîchère s’explique par un manque de confiance entre les acteurs, l’absence de but commun partagé, et par un ensemble de représentations partagées qui décrédibilisent le modèle coopératif», expliquent-ils. Concurrence entre groupement de producteurs, prégnance du secteur informel, manque de transparence, représentativité limitée de l’interprofession (l'Amafel, créée en 2019, ne représente que 65% de la production organisée) sont quelques caractéristiques de la filière. Les auteurs invitent à combiner de manière plus systématique les analyses relationnelles des coalitions en agriculture avec les analyses cognitives et émotionnelles (entretiens) pour disposer d’un cadre théorique qui contribuerait à la compréhension de l’émergence des coalitions d’acteurs.

Consommation: la dépense alimentaire des ménages rebondit légèrement de 0,3% en juillet

La consommation des ménages a connu un léger rebond en juillet, en hausse de 0,3% en volume par rapport au mois de juin, portée par l'augmentation de la consommation d'énergie et de la consommation alimentaire, indique l'Insee le 30 août. Cette hausse de la consommation des ménages en juillet fait suite à une baisse de 0,6% lors du mois précédent, d'après les données révisées par l'Insee. La consommation en énergie des ménages, qui pèse pour un cinquième des dépenses en biens des ménages, suit la même dynamique (+0,9%), après une chute importante en juin (-1,7%), sous l'effet d'une hausse de la consommation de carburants, en particulier de super sans plomb, analyse l'Insee. Du côté de l'alimentaire – près de deux cinquièmes des dépenses en biens des ménages –, le rebond est plus modéré: +0,4%, après -1,1% en juin. Une hausse attribuée principalement au redémarrage des dépenses en produits agroalimentaires, notamment de la viande, quand la consommation de produits agricoles non transformés, est en baisse pour le quatrième mois consécutif. Malgré ce rebond, sur un an, la consommation des ménages reste en baisse de 0,6%.

FranceAgriMer: Julie Brayer Mankor nommée d.g. adjointe, après le cabinet de Fesneau

Julie Brayer Mankor a été nommée directrice générale adjointe de FranceAgriMer, annonce l’organisme public dans un communiqué le 2 septembre, avec effet le jour-même. Sa prise de fonction intervient le lendemain de son départ officiel du cabinet du ministre de l’Agriculture, où elle était en charge des filières végétales. Diplômée de l’Enesad (Dijon) et d’AgroParisTech, Julie Brayer Mankor est ingénieure générale des ponts, eaux et forêt, indique FranceAgriMer. Sa carrière a été marquée de nombreuses expériences en Afrique de l’Ouest (Bénin, Sénégal Côte-d’Ivoire), dans le domaine des politiques agricoles. Elle a notamment été présidente du conseil de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) en 2017 et 2018. De retour en France, après un passage à la DDT (préfecture) des Ardennes, puis à l’ANCT (Agence nationale de cohésion des territoires), elle avait rejoint le cabinet de Marc Fesneau en juin 2022.