Agrafil du 4 septembre 2024

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Semences: RAGT Semences en passe d’acquérir Deleplanque/Strube

Alors que des négociations étaient entamées depuis plusieurs semaines, RAGT Semences et le groupe Deleplanque annoncent, le 3 septembre 2024, avoir conclu un accord. Sous réserves des approbations réglementaires nécessaires, RAGT Semences devrait, d’ici à la fin de l’année, acquérir la totalité des actions du groupe Deleplanque/Strube. «Cette opération stratégique permettra d’élargir notre portefeuille de produits, explique Laurent Guerreiro, le président du directoire du groupe RAGT. Deleplanque/Strube possède une expertise reconnue dans le domaine des betteraves sucrières. En combinant les complémentarités des deux structures, aussi bien en sélection variétale qu’en production, l’objectif est de répondre de la meilleure façon possible aux attentes de nos clients.» Deleplanque, qui a acquis 100% de Strube en mai 2024, est reconnu pour son expertise dans la multiplication, la sélection et la distribution de semences de betteraves à sucre et de potagères. RAGT Semences développe quant à elle une activité multi-espèces dans près de 21 stations de recherche dans le monde. «Cette intégration par RAGT permettra à Deleplanque et ses entités Strube et van Waveren de développer de nouvelles perspectives, de consolider sa sélection et d’investir plus massivement dans la recherche», explique Éric Verjux, président du groupe Deleplanque. Les deux entreprises annoncent d’ores et déjà de futures synergies sur d’autres espèces comme les céréales ou le tournesol. (Anne Gilet)

Colza: Pékin va enquêter sur le canola canadien, soupçonné de dumping

Le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 3 septembre, le lancement prochain d’une enquête sur les importations canadiennes de canola, soupçonnées de dumping et de concurrence déloyale. Cette enquête intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre la Chine et le Canada sur les importations de véhicules électriques. Dans le même esprit que Bruxelles et Washington, Ottawa a ainsi annoncé, en août, la mise en place d’un droit de 100% sur les importations de véhicules électriques et de 25 % sur l’acier et l’aluminium importés de Chine. Pékin a donc répliqué en utilisant la même stratégie que celle qu’elle adopte vis-à-vis de l’UE, à savoir : le lancement d’enquêtes antidumping. Concrètement, se basant sur des informations provenant de son industrie, l’empire du Milieu précise que les importations de canola canadien se sont élevées à 3,47 Md$ en 2023, «avec une augmentation de 170% en volume d'une année sur l'autre et une baisse continue des prix», entrainant des pertes pour les producteurs chinois. «L'attitude de la Chine est claire», déclare le ministère chinois du Commerce, «elle prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre les droits et les intérêts légitimes des entreprises chinoises».

Volailles de chair: la Cour des comptes appelle à clarifier la stratégie

Dans son rapport sur les «soutiens publics à la filière volaille de chair» publié le 3 septembre, la Cour des comptes réclame une «clarification de la position de l’État, des régions et des professionnels» sur leur stratégie pour l’avenir du secteur. Cette réflexion devra porter sur quatre enjeux, selon les magistrats: couverture du marché national; «adaptation de la production» aux «marchés les plus dynamiques», «adaptation des modes de production» (environnement et bien-être animal); risques sanitaires. Les Sages de la rue Cambon pointent le «caractère foisonnant» des démarches lancées ces dernières années: pacte Ambition 2025 d’Anvol (en 2020), réflexion sur «l’élevage avicole de demain» (fin 2022), ou encore chantier interministériel «Horizon Agro 2040» (fin 2023). Historiquement peu soutenus par la Pac, les élevages avicoles français n’ont eu qu’un «accès limité» aux aides à l’investissement du PCAE (5% du total entre 2015 et 2022), «en décalage avec les besoins de la filière». Autre recommandation phare: la Cour exhorte l’État à «porter auprès des autorités européennes» une obligation d’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés, ainsi que «la pérennisation de l’étiquetage de l’origine des viandes de volailles» en RHD.

Influenza aviaire : un troisième élevage touché en Bretagne

Un élevage d’environ 350 volailles, situé à quelques kilomètres de la presqu’île de Crozon (Finistère), vient d’être confirmé atteint par l’influenza aviaire hautement pathogène, a rapporté notre confrère Réussir Volailles, le 2 septembre. Cette infection survient, souligne-t-il, quelques jours à peine après la découverte de goélands retrouvés morts sur cette presqu’île de la pointe de Bretagne. La commune d'Hanvec, où est l’élevage touché, comporte une façade maritime et fait partie d’une zone à risque particulier. Les deux précédents foyers confirmés sont un élevage de 4 650 dindes, le 20 août dans le sud du Morbihan (proche de la Loire-Atlantique), à Camoël, et un élevage de 500 volailles de différentes espèces, le 12 août en d’Ille-et-Vilaine à Combourg, entre Rennes et Saint-Malo. A l’occasion de ces deux premiers cas, le ministère de l’Agriculture avait rappelé la nécessité de protéger les élevages des risques de contamination par les oiseaux marins. L’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) a recensé des goélands atteints du virus H5NI à Batz-sur-Mer et Donges dans les Pays-de-la-Loire (aux environs de Saint-Nazaire), à Langueux en Côtes-d’Armor (près de Saint-Brieuc), au Guilvinec dans le Finistère (pointe sud), et sur la presqu’île de Crozon.

Lait/protéines alternatives : Nutella lance une pâte à tartiner «vegan» en Europe

Le groupe Ferrero (Nutella, Kinder, Tic Tac) a annoncé, dans un communiqué du 3 septembre, le lancement d’une version «certifiée vegan» de sa célèbre pâte à tartiner aux noisettes Nutella. Elle sera commercialisée dans plusieurs pays européens dont la France. Le lancement interviendra le 4 septembre en Italie, pays d'origine du groupe et de la marque, en France et en Belgique, ont précisé des porte-parole à l'AFP. Pour éviter tout ingrédient d'origine animale, l'entreprise «supprime le lait et ajoute des ingrédients végétaux tels que les pois chiches et le sirop de riz» dans sa recette, selon le communiqué. Ferrero assure n'avoir fait «aucun compromis sur le goût». Le groupe précise que «le produit n'est pas consommable par les personnes allergiques aux protéines de lait, car ce produit est fabriqué dans un établissement manipulant du lait». «Aujourd'hui, de plus en plus de consommateurs choisissent de réduire ou d'éviter les produits d'origine animale, que ce soit pour des raisons de régime alimentaire ou de mode de vie», souligne l'entreprise dans le communiqué. (Ferrero: 47000 salariés, 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice 2022/2023)

Coriandre bio (erratum) : la Fnab favorable à un plafonnement de l'aide

La Fnab (agriculteurs biologiques) dément l'information de La Dépêche, relayée hier dans Agrafil, affirmant que l'association les Bio du Gers (GABB32) allait déposer un recours auprès du tribunal administratif contre un arrêté préfectoral limitant les sommes imparties à la reconversion d’exploitations dans la production de coriandre bio. «L'association GABB32 n'a en aucun cas fait une telle déclaration», précise la fédération. Sur le fond, la Fnab est, au contraire, favorable au plafonnement décidé pour l'année 2024, dénonçant un «contournement» des aides publiques. Elle estime que l'essor des surfaces de coriandre bio depuis trois ans (de 158ha à 2036ha entre 2020 et 2023) serait le fait de producteurs de grandes cultures, notamment en Occitanie, «attirés par les hauteurs de rémunération de l’aide Conversion (900€/ha pour la coriandre)». Selon le syndicat, cette coriandre «n’est pas ramassée, il n’y a aucune intention de la commercialiser». Alors que «la bio connait une crise sans précédent, détourner des aides qui auraient pu bénéficier aux producteurs bio relève d’un cynisme effroyable», estime le syndicat. Pour l'année 2025, la Fnab indique que «l'ensemble des familles professionnelles tentera d’identifier les autres cultures susceptibles de faire l’objet de détournement des aides sans mise en marché». 

Olive : dérogation pour le nombre d'applications du Spinosad (interprofession)

France Olive vient d’obtenir une dérogation d’utilisation du Syneis Appat (Spinosad) pour lutter contre la mouche de l'olive, explique l’interprofession dans son bulletin hebdomadaire. La dérogation porte sur le nombre maximum d'applications : il passe de quatre à huit applications sur la période du 1er août 2024 au 29 novembre 2024. France Olive rappelle néanmoins le risque de résistance au Spinosad en cas d’usage répétée sur une même parcelle, confirmée par plusieurs études réalisées dans des vergers à Chypre, en Grèce et en Californie, est-il expliqué. Elle conseille d'alterner avec des préparations à base de substances actives de familles chimiques différentes ou à modes d'action différents. : barrières minérale à base de kaolin et dispositifs de piégeage massif en bio et pyréthrinoïdes pour les production en PFI ou conventionnelles. «Le nombre d’applications maximum autorisé dans le cadre de cette dérogation ne doit être mis en œuvre que dans les situations d’absolue nécessité. Dans tous les cas, afin de limiter préventivement l'apparition d'éventuelles résistances, les traitements à base de Spinosad ne doivent pas cibler plus de deux générations de la mouche de l'olive par an», souligne l’interprofession. 

Plantes médicinales: une cueillette d’arnica difficile en 2024

2024 n’a pas été une année très propice à la cueillette d’arnica des montagnes, et ce constat est partagé dans les différents massifs, souligne l’Association française des professionnels de la cueillette de plantes sauvages (AFC) sur son site internet. La floraison est faible dans le Massif central et les Pyrénées, et les Alpes ne sont pas beaucoup mieux pourvus également, même si les sites à plus haute altitude semblent les moins touchés. De plus, la mouche de l’arnica, est très présente, entraînant un pourcentage important de capitules avortés sur de nombreux sites. Par ailleurs, la cueillette commerciale dans la région des Ballons des Vosges a été interdite pour la troisième année consécutive sur le Markstein, «même si une légère amélioration de la floraison est constatée», souligne l’AFC : «Les facteurs qui favorisent la floraison sont encore mal connus mais le froid hivernal est probablement impliqué, ce qui expliquerait la diminution de la floraison avec le réchauffement global et la douceur de l’hiver passé». L’AFC va étendre en 2025 son projet «cueilleurs-sentinelles» à l’arnica (déjà opérationnel pour le thym) : lancé en 2023, il vise à s’appuyer sur les observations et les connaissances des cueilleurs professionnels pour documenter et suivre l’état des ressources en plantes cueillies, principalement celles qui connaissent des tensions.

Agrivoltaïsme : dans les Landes, feu vert préfectoral au projet collectif Terr’Arbouts

La préfecture des Landes a délivré le 23 août les autorisations concernant le projet agrivoltaïque Terr’Arbouts d’un collectif de 35 exploitants, indique le spécialiste du solaire GLHD. Ce feu vert est assorti de «garanties contractuelles», selon un communiqué. La commission d'enquête publique avait relevé «l'insuffisance» des études d'impact environnemental et «l'absence de retour d'expérience» sur des projets similaires, réclamant un calendrier et des objectifs détaillés pour l'abandon des pesticides. Plusieurs conventions ont donc été signées. La première, établie entre le développeur GLHD et l’association d’agriculteurs Patav, «garantit la pérennité de l’activité agricole par un bail rural à clauses agrivoltaïques». Une autre convention, avec la régie Sydec, vise à mettre en œuvre une ORE (Obligation réelle environnementale) pour protéger la ressource en eau, notamment par le passage à un mode de production zéro-phyto. Le projet repose sur «une rotation de cultures fourragères, d’oléagineux et de cultures riches en oméga-3», explique le président de Patav Jean-Michel Lamothe. 700 ha sont concernés, avec des panneaux solaires sur environ 200 ha pour une puissance de 450 MWc. La mise en service «pourrait être envisagée pour 2028», selon le communiqué.

Vin et spiritueux : Eric Billhouet élu président des interprofessions de Charentes-Cognac

La Fédération des interprofessions du bassin viticole Charentes-Cognac a élu le 3 septembre Eric Billhouet comme président. Il succède à Florent Morillon, directeur des relations viticoles et des affaires institutionnelles chez Hennessy. Eric Billhouet est viticulteur à Segonzac. La fédération, créée en octobre 2007, rassemble le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), le Comité national du pineau des Charentes (CNPC), du Comité interprofessionnel des moûts et vins des Charentes (CIMVC) et le Syndicat des vins IGP charentais (SPPVPC). Eric Billhouet fixe des priorités communes aux trois filières: «gestion responsable de notre vignoble et de nos débouchés, poursuite de notre transition environnementale, collaboration étroite avec les pouvoirs publics et les autres bassins viticoles», selon le communiqué.

Vin: Estelle Thibaut nommée directrice du SGV (vignerons de Champagne)

Estelle Thibaut, qui a occupé le poste de directrice générale de la coopérative Scara (Aube) d’août 2020 à mars 2024, occupe depuis quelques jours la fonction de directrice générale du Syndicat général des vignerons de la Champagne. Pour rappel, c’est Céline Gillet qui, depuis fin juillet, a été nommée directrice générale de la Scara. (Anne Gilet)

Lait/alternatives végétales: Guillaume Debrosse devient le directeur général d’Olga

Guillaume Debrosse est le nouveau directeur général de l’entreprise Olga (ex-Triballat Noyal), annonce un communiqué du 20 août. Il succède à Solenn Douard qui a quitté la direction du groupe agroalimentaire breton (Sojasun, Sojade, Petit Billy, Vrai, Grillon d’Or) en juin. Guillaume Debrosse a occupé la fonction de directeur général de Bonduelle entre 2018 et 2023, après avoir rejoint le groupe en 2007. (Olga, 1350 salariés, 340 millions d'euros de chiffre d'affaires)