Agrafil du 30 janvier 2026

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Ovins viande : Interbev vise un tiers d’agneaux supplémentaires en 2030

Dans le cadre des Conférences de la souveraineté lancées en décembre par Annie Genevard, la section ovine d’Interbev s’est fixé l’objectif d’un million d’agneaux supplémentaires d’ici 2030, a indiqué son président Patrick Soury à Agra Presse le 29 janvier. Soit une croissance de près d’un tiers, alors que 3,045 millions d’agneaux ont été abattus en 2024. Un plan « ambitieux », assume M. Soury, sachant que la production et la consommation de viande ovine sont en érosion tendancielle ces dernières années. Au-delà de son travail en cours sur le renouvellement des générations et sur la consommation, l’interprofession compte « optimiser le potentiel de production de chaque élevage » grâce à un « accompagnement technique individualisé », selon l’élu. Il s’agira de construire des « contrats de progrès », dont les objectifs et les indicateurs seront fixés par les éleveurs. Ces « programmes d’amélioration sur cinq ans », menés avec un technicien référent, porteront notamment sur « trois piliers » : sol/agronomie, bâtiments et main-d’œuvre. Ils seront par ailleurs « couplés » aux besoins de la filière afin de produire « les catégories d’animaux dont la filière a besoin au moment où elle en a besoin ». Le but : optimiser la valorisation des ovins, espère M. Soury.

Lait infantile : Foodwatch porte plainte contre X aux côtés de huit familles

L'association Foodwatch a annoncé le 29 janvier avoir porté plainte auprès du parquet de Paris aux côtés de huit familles accusant les fabricants de laits infantiles d'avoir tardé à rappeler leurs lots suspects. « Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable », souligne l'association. La plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l'intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité. « Les fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons », a déclaré l'avocat des familles et de l'Association européenne de défense des consommateurs, Me François Lafforgue. Depuis décembre, Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia), Lactalis (Picot), Vitagermine (Babybio Optima), Sodiaal (Nutribio) et Hochdorf (Bimbosan) ont procédé à des rappels de laits infantiles dans plus d'une soixantaine de pays au total, dont la France, en raison d'un risque de contamination à la céréulide.

Fertilisation : Avril travaille sur un amendement à base de paille de colza torréfiée

Financés par un appel à projets de l'Ademe, des chercheurs d'UniLaSalle Beauvais et de Sorbonne université ont développé, en collaboration avec le groupe Avril, un nouvel amendement issu de la torréfaction (entre 200 et 300°C) de paille de colza, aujourd'hui laissée en champs. Le produit est appelé Biotorr en référence au biochar, qui est produit par pyrolyse (entre 300 et 700°C), explique le chercheur David Huben. D'après leurs premières études, le biotorr aurait un effet d'amendement à diffusion lente du phosphore et du potassium, mais il n'aurait pas d'effet significatif sur les rendements à court terme. Il stocke du carbone, mais moins que le biochar, et stimule davantage l'activité biologique des sols. À ce stade, l'analyse du cycle de vie (ACV) n'a pas encore été réalisée, ni de celle de la rentabilité économique (le coût est attendu moindre que celui du biochar) ou des effets agronomiques à long terme. Les résultats de l'ACV sont espérés d'ici la fin du projet de recherche, à l'automne. Alors que des filières importantes existent au Brésil ou en Chine, le biochar s'est très peu développé en Europe, et encore moins en France. Les freins sont réglementaires, mais aussi économiques. En grandes cultures, le biochar a souvent peu d'intérêt en Europe (voir notre enquête).

Machinisme : John Deere se lance dans la production de batteries électriques dans le Loiret (presse)

Selon un article des Échos du 28 janvier (article payant), le constructeur de matériel agricole d’origine américaine John Deere a annoncé le démarrage de la production de batteries électriques sur son site de Saran, dans le Loiret. Ces batteries serviront à équiper le premier modèle de tracteur 100 % électrique de John Deere, produit aux États-Unis, indique le quotidien économique. L’objectif est de produire deux packs de batterie par jour, et de passer à dix à l’avenir. Le projet a représenté un investissement de 13 M€, et permettra la création de quinze emplois. Le bâtiment qui accueille la ligne d’assemblage automatisée est un ancien site de stockage de 2 700 m2 reconvertis. L’État a participé au développement du projet, apportant 4,5 M€ sous forme d’avances remboursables et de subventions dans le cadre du programme France 2030. Toutefois, John Deere précise que le cœur d’activité de l’installation restera, dans sa globalité, le moteur à combustion. Le constructeur américain travaille sur des moteurs plus efficaces, moins polluants et plus sobres en énergie.

Biogaz : France gaz réclame des objectifs après 2028 pour les certificats

Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 29 janvier, le syndicat France gaz (filière française du gaz) réclame auprès des autorités, par la voix de son président Frédéric Martin, « une trajectoire claire après 2028 » quant aux CPB (certificats de production de biogaz). Pour rappel, ces certificats, entrés en vigueur au 1er janvier 2026, doivent être achetés par les fournisseurs d’énergie (comme Engie) aux producteurs (p.ex. les agriculteurs méthaniseurs), pour être ensuite restitués à l’État lors de la vente d’énergie aux clients finaux, afin de démontrer leurs efforts en matière de décarbonation. Pour rappel, ces CPB doivent représenter 0,41 % des ventes des fournisseurs d’énergie en 2026, 1,82 % en 2027 et 4,1 % en 2028. Le président de France gaz a expliqué avoir discuté avec le gouvernement afin de le convaincre de publier un texte avec des objectifs post 2028 avant la prochaine PPE. Ce texte pourrait survenir avant le Salon de l’agriculture, sans certitude néanmoins, d’après le syndicat. Autre demande : si France gaz est en accord avec les objectifs globaux de décarbonation définis dans la stratégie nationale bas carbone (SNBC), elle l’estime toutefois trop déséquilibrée en faveur de l’électricité, et au détriment du gaz et du potentiel de la biomasse.

Éducation à l’alimentation : les députés adoptent une PPL macroniste en commission

La proposition de loi (PPL) d’expérimentation visant à rendre obligatoire l’éducation à l’alimentation dans les établissements scolaires a été adoptée, à l’unanimité, en commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale le 28 janvier. Le texte, déposé par la députée Olivia Grégoire (macroniste), prévoit une expérimentation de trois ans sur la base du volontariat, de la primaire au lycée. La PPL entend répondre à la progression du surpoids et de l’obésité infantile en France : 17 % des enfants et des adolescents sont en surpoids et 4 % en situation d’obésité, selon la Haute Autorité de santé (HAS). Si le constat est partagé par l’ensemble des députés, plusieurs réserves ont été exprimées lors de l’examen du texte. Maxime Michelet (ciottiste), Lionel Duparay (DR) et Roger Chudeau (RN) ont notamment évoqué le risque de « déresponsabilisation » des parents. D’autres critiques ont porté sur le financement du dispositif. Marie Mesmeur (LFI), Pierrick Courbon (PS), Boris Tavernier (écologiste) et Soumya Bourouaha (communiste) ont exprimé leur inquiétude quant à l’ouverture du fonds d’action aux entreprises et aux particuliers, redoutant « un cheval de Troie » pour des intérêts privés. En réponse, Mme Grégoire a assuré que le fonds sera « piloté intégralement par l’État », précisant que les donateurs ne pourront pas revendiquer de financements ».

Aliments ultra-transformés : controverse après une tribune d’anciens ministres

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard et le président de l’Ania (industries agroalimentaires) Jean-François Loiseau ont manifesté leur vive opposition à la prise de position de trois députés sur les aliments ultra-transformés. Dans un texte publié par La Tribune le 24 janvier, Agnès Pannier-Runacher (ex-ministre de la Transition écologique), Guillaume Garot (ex-ministre de l’Agroalimentaire) et Yannick Neuder (ex-ministre de la Santé) appellent à « combattre le poison lent et violent de l’alimentation ultra-transformée », réclamant une publication rapide de la Snanc. À l’occasion des vœux de l’Ania le 28 janvier, Jean-François Laoiseau a dénoncé une « tribune à charge », indiquant que ces parlementaires « ne savent pas ce que nous faisons ». Il a répondu par écrit à Agnès Pannier-Runacher pour marquer sa désapprobation envers « cette communication totalement destructrice ». Invitée à la cérémonie, Annie Genevard ne s’est pas privée d’abonder dans le même sens, demandant à « approfondir le sujet des aliments ultra-transformés » et récusant l’idée de « bâtir des politiques publiques sur des supposition et des ressentis ». Selon elle, les taxes comportementales n’ont aucun effet sur le consommateur, « personne ne pouvant croire qu’elles sont efficaces. »

Élections chambres : la Confédération paysanne conserve la chambre de Mayotte (presse)

Lors de l’élection de la chambre d’agriculture de Mayotte le 28 janvier, la Confédération paysanne est arrivée en tête avec 38,5 % des suffrages et garde donc la présidence de l’organisation, apprend-on sur France info - la 1re. La liste « Paysans d’ici » est arrivée deuxième, avec 18,5 %, devant le Modef (15,2 %). Dans un communiqué du 28 janvier, la Conf’ nationale a salué « une très bonne nouvelle pour le développement de l’agriculture paysanne sur l’île ». Et d’ajouter que l’équipe sortante, présidée par Saïd Anthoumani, « a réussi, en quatre ans, à sortir la chambre d’agriculture de la tutelle renforcée de l’État ». Les quelque 1 400 électeurs mahorais ont voté près d’un an après leurs collègues de métropole, l’élection ayant été reportée en raison du cyclone Chido, qui a frappé l’île en décembre 2024. « Faute de moyens alloués par l’État, la relance nécessaire de l'activité agricole et de la pêche artisanale n'est clairement pas à la hauteur des dégâts subis et des besoins remontés du terrain », déplore la Conf’. Particularité de Mayotte : l’agriculture et la pêche sont réunies au sein de la chambre, dénommée Capam (chambre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Aquaculture de Mayotte). Une structure qui devrait être scindée en deux « d'ici fin 2027 », indique rappelle France info.

Pesticides/fruits : les pommes conventionnelles « contaminées », s’alarme PAN Europe

L’association PAN Europe dénonce, dans une étude publiée le 29 janvier, la « contamination quasi systématique des pommes conventionnelles européennes par des pesticides ». L’ONG a fait analyser 59 échantillons de pommes, achetées de façon aléatoire dans 13 pays européens, dont la France, l’Espagne, l’Italie ou la Pologne. Elle montre que seulement 7 % des pommes conventionnelles testées étaient exemptes de résidus. Et quelque 85 % des échantillons contenaient plusieurs résidus de pesticides, certains échantillons contenant jusqu’à sept résidus de pesticides différents. Dans 71 % des cas, PAN Europe indique avoir trouvé des molécules classées dans la catégorie des « candidats à la substitution », c’est-à-dire les plus dangereuses, et un tiers (36 %) contenait des pesticides neurotoxiques. PAN Europe prend l’exemple du fludioxonil, présent dans près de 40 % des échantillons : ce produit « de la famille des perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) a été classé comme perturbateur endocrinien dans l’UE en 2024 ». Au total, 64 % des échantillons testés par l’ONG contenaient au moins un polluant éternel (PFAS). En 2023, 98 % des échantillons contrôlés par les États membres de l’UE étaient conformes à la législation sur les limites maximales de résidus de pesticides (LMR), et 58 % ne contenaient pas de résidus quantifiables, selon le rapport annuel de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publié en mai 2025.

Carottes : une récolte attendue en légère hausse sur un an (Agreste)

La production française de carottes pour le marché du frais atteindrait 378 200 t pour la campagne 2025-2026, selon les dernières prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste), publiées le 29 janvier. Elle serait en hausse de 4 % par rapport à la campagne précédente, et supérieure de 12 % à la moyenne 2020-2024. « Les fortes températures de l’été ont conduit à des resemis repoussant temporairement la production de l’automne. La belle arrière-saison a permis d'avoir une récolte correcte qui se retrouve sur les carottes de conservation en début d’année 2026, dont une partie de gros calibres non commercialisables en frais redirigée vers la transformation », souligne Agreste. Cette tendance positive est surtout à mettre au crédit du principal bassin de production français, le Sud-Ouest, qui voit ses volumes progresser de 11 %, pour atteindre 143 400 t, avec « un rebond de la production en primeur ». Car l’autre bassin, l’Ouest enregistre une baisse de 3 % ,à 91 500 t. Les surfaces implantées en carottes pour le marché du frais pour la campagne 2025-2026 seraient quasi stables sur un an, à 10 719 ha (+1 % par rapport à la moyenne quinquennale).

Poireaux : la récolte stable pour 2026 cache des disparités régionales (Agreste)

Selon une note de conjoncture publiée le 29 janvier par Agreste (ministère de l’Agriculture), la production française de poireaux atteindrait 161 800 t pour l’ensemble de la campagne 2025-2026, un niveau proche de celui de la campagne précédente (+1 %). « Cette relative stabilité nationale sur un an résulterait des évolutions divergentes selon les bassins de production », note Agreste. Selon les prévisions arrêtées au 1er janvier, la baisse de production serait ainsi forte dans le bassin Nord (-21 % sur un an, avec 22 000 t attendues) ; une baisse des surfaces (-7 % par rapport à la moyenne quinquennale, à 788 ha) et des rendements expliqueraient cette tendance. Autre bassin orienté à la baisse, l’Ouest enregistrerait un recul des volumes de 3 % (51 600 t). À l’inverse, une hausse conséquente est à attendre dans le bassin Centre-Ouest : les volumes y bondiraient de 21 % pour frôler les 50 000 t sur la campagne. De même, le Sud enregistre une hausse plus modeste de 3 %, à 22 800 t. Globalement, les surfaces nationales implantées pour la campagne 2025-2026 s’établiraient à 5 433 ha, un niveau proche de la campagne précédente et de la moyenne quinquennale.

Fraises : le camion détériore un peu moins le fruit que le train (étude)

Dans une étude publiée début 2026, le centre technique de la filière fruits et légumes (CTIFL) s’est penché sur l’impact du transport, routier ou ferroviaire, sur la qualité des fraises. « Une différence significative est observée pour les fraises ayant subi un transport simulé par camion ou par train. Les chocs et vibrations reçus par camion, souvent aujourd’hui équipé d'amortisseurs pneumatiques, dégradent moins les fraises que ceux du train », conclut l’étude. Au troisième jour, la perte moyenne se situe entre 3,8 et 4,6 %, avec moins d’un point d'écart entre les différentes modalités. En revanche, la perte de poids n'est pas affectée par les différents évènements mécaniques subis, observe le CTIFL. Par ailleurs, l'étude n'a pas montré de différence significative de qualité selon que le fond du colis soit en plastique ou en en carton. Enfin, la propagation des vibrations à l'intérieur de la palette ou des coins vers le centre du colis occasionne une évolution des fraises légèrement plus marquée en moyenne. Ces premières données serviront de référence pour comparer les futures conditions de transport : nouveaux emballages, transports multimodaux ou autres innovations logistiques.

Vin : le domaine Tariquet sort de procédure de sauvegarde

Le domaine Tariquet, important producteur de vin blanc et d'armagnac dans le Gers, est sorti de la procédure de sauvegarde engagée il y a un an, après notamment une succession de mauvaises récoltes, a-t-il annoncé le 29 janvier. Le tribunal de commerce d'Auch a homologué le plan de sortie de cette procédure dans son délibéré le 14 janvier, indique le domaine qui, avec 1 125 ha, est l'un des plus importants en taille en France. Cette procédure, qui avait notamment conduit à « geler le remboursement des créances passées », selon une source proche du dossier, a permis au domaine « de réorganiser son activité sur des bases saines, tout en poursuivant son exploitation », salue le communiqué. Tariquet a opté pour une « réduction ciblée des surfaces les moins rentables » et « les gammes de vins et d'Armagnacs ont largement évolué ». Les vendanges 2025 ont également été « meilleures ». Le plan de sortie de la procédure de sauvegarde prévoit notamment, toujours selon le domaine, « un redimensionnement et un étalement de la dette adapté aux changements de paradigme de la filière et au temps long de l'agriculture ». Dirigé par les frères Armin et Rémy Grassa, « cinquième génération » de cette famille à l'exploiter, il produit en moyenne huit millions de bouteilles de vin blanc et 120 000 bouteilles de bas-armagnac, précise le communiqué.

Meunerie : 27 % des moulins déficitaires en 2024, selon une étude de la Banque de France

Dans une note destinée à la presse diffusée le 29 janvier, l’ANMF (meuniers) relaie une étude élaborée par la Banque de France indiquant que, en 2024, 27 % des moulins français sont déficitaires, contre 21 % en 2018. La situation économique de la filière reste donc précaire, malgré le repli des charges (énergie, blé) et la hausse des volumes produits de farine en 2024. Si la situation s’améliore par rapport à 2022 et 2023 (années durant lesquelles respectivement 41 % et 34 % des moulins étaient déficitaires), l’industrie n’est pas parvenue à retrouver son niveau de rentabilité d’avant le Covid, alors que les besoins d’investissement s’avèrent urgents, pour faire face à la flambée des importations de farine survenue lors des deux dernières années, relate l’étude. L’Allemagne représente la plus grosse part de ces imports. Un problème d’ancienneté est également rapporté : la Banque de France estime que plus de 50 % des installations de base des moulins ont plus de 25 ans. Par ailleurs, la meunerie française reste un des secteurs les moins rentables à l’échelle des industries agroalimentaires (IAA). L’étude indique que le taux moyen de rentabilité rapportée au chiffre d’affaires de la meunerie s’élève à seulement 2,3 % en 2024, contre 3,9 % concernant les autres secteurs de l’IAA.

Salariés agricoles : la CFTC-Agri réclame une concertation renforcée pour la loi d'urgence

Dans un communiqué de presse le 29 janvier, la CFTC-Agri demande au Premier ministre un dialogue social renforcé dans le cadre de la future loi d'urgence agricole, attendue au Conseil des ministres pour le mois de mars. « Les syndicats d’exploitants sont reçus, mais les représentants des salariés sont ignorés. Cette absence de concertation conduit à des décisions prises dans l’urgence, sans aucune étude d’impact sur l’emploi. Pourtant, les salariés et saisonniers agricoles représentent plus d’un million d’emplois », explique le syndicat. Il pointe par ailleurs certaines dispositions du PLF 2026 qui, « sous couvert de soutien à la production, risquent de détruire des emplois » : soutien à la mécanisation collective via les Cuma, mais pas aux entreprises de travaux agricoles (ETA) ; coupes budgétaires dans la transition écologique ; et surtout pérennisation du TO-DE. « Pérenniser ce dispositif pour les travailleurs occasionnels, alors que les salaires sont compressés autour du Smic, va maintenir les trappes à bas salaires et nuire à l’attractivité des emplois alors que l’agriculture peine à recruter et que ses métiers sont dorénavant inclus dans la liste des métiers en tension ».

Exportation : l’Inde a assoupli son accueil des volontaires internationaux en entreprise (VIE)

À l’intention des entreprises souhaitant affecter un volontaire international en Inde, Business France fait savoir que les autorités indiennes instruisent désormais les demandes de visa pour des candidats ayant obtenu leurs diplômes depuis moins de 24 mois (contre moins de 12 auparavant), peut-on lire dans la lettre d’information de l’établissement public diffusée le 29 janvier. Il y est aussi précisé que cette destination est de nouveau ouverte aux VIE alors qu’elle avait été suspendue fin 2025. L’Inde, qui vient de conclure un accord de libre-échange avec l’UE, va abaisser ses droits de douane sur les boissons alcoolisées comme les vins (de 150 % à 20 % pour le haut de gamme et à 30 % pour la moyenne gamme), ainsi que sur des fruits (kiwis et poires), des huiles, de la viande ovine, des préparations à partir de viande ou des produits transformés (bières avec et sans alcool, pain, pâtes, etc.), énumère un article de Réussir. D’après le Livre blanc « Où exporter en 2025 » de Business France, l’Inde est aussi demandeuse d’équipements de transformation des produits agricoles. En 2024, le pays a importé de France pour 2,9 M€ de produits agricoles.

Jardins familiaux : une demande toujours forte, trouver de l’espace est un enjeu

Selon l’Observatoire de l’agriculture urbaine 2025, 81 % des 4 549 lieux recensés dans plus de 1 200 communes françaises sont des jardins collectifs, espaces cultivés par des habitants où la production sert surtout à l’autoconsommation ou au don (surtout des fruits, légumes et fleurs). Des politiques publiques, telles que les PAT et les contrats locaux de santé, ont encouragé l’installation de jardins à partir de 2016. Le pic de création en 2021 (50) est lié à un budget de 17 M€ débloqué dans le cadre du plan de relance encourageant leur développement. Et la tendance est toujours là. « Il y a une file d’attente pour disposer d’une parcelle. La place autour des villes est très disputée. Trouver de l’espace est un sujet très concret », concède Jean Wohrer, président de la Fédération nationale des jardins collectifs à Agra Presse. Les jardins collectifs ne représentent qu’une part très faible de la consommation globale de fruits et légumes en France. Il n’existe pas de statistiques nationales, mais une étude de l’Insa Lyon en 2024 indiquait que la récolte des jardins partagés représente environ 10 kg de légumes par habitant et par an, ce qui reste très faible par rapport aux besoins nutritionnels recommandés (150 kg par adulte/an).

Plantes d’intérieur : en Allemagne, forte baisse de la production en 2025

En Allemagne, dans son enquête 2025, l’association horticole centrale (ZVG) indique que la production de plantes d’intérieur a connu l’année dernière sa plus forte diminution depuis 2021, avec un recul de 21 % des volumes. Le poinsettia figure en tête des plantes cultivées, mais le nombre de plants produits depuis 2021 a diminué de 14 %. Les exploitations agricoles sont confrontées depuis des années à la hausse des coûts de l’énergie et à un contexte de marché de plus en plus difficile. Cela entraîne une érosion du tissu économique et le déclin continu du nombre d’exploitations et des surfaces cultivées : -10 % d'exploitations et -8 % de surfaces cultivées par rapport à 2021. Les plantes à massif et de balcon et les vivaces demeurent le segment le plus important de la production allemande de plantes ornementales, avec plus de 866 millions d’unités en 2025. Les pensées et les callunes restent les produits les plus importants. L’Allemagne est le quatrième exportateur mondial pour les végétaux d’ornement et le premier pays importateur mondial, selon FranceAgriMer. L’Allemagne présente un déficit commercial pour ce secteur de 1,9 Md€, soit le double du déficit commercial français. Le ZVG indique par ailleurs que la surface cultivée en fleurs coupées a également diminué de manière significative (-14 %).

Betteraves : Franck Sander réélu à la tête de la CGB

Dans un communiqué du 29 janvier, la CGB (producteurs de betteraves, FNSEA) a annoncé la réélection à sa tête de Franck Sander. Agriculteur en Alsace, il entamera donc son huitième mandat. Sa réélection intervient dans un contexte d’actualité chargée : instabilité gouvernementale, baisse des surfaces françaises, faiblesse des prix du sucre, Mercosur, etc. « Plus que jamais, la CGB doit être un syndicat de combat, uni et offensif. Notre rôle est clair : faire entendre la voix des planteurs, défendre notre revenu et nos moyens de production, gérer les marchés et lutter contre toute forme de concurrence déloyale », déclare Franck Sander dans le communiqué.

Coopératives : Philippe Parmentier prend la direction générale de Terre Comtoise

La coopérative Terre Comtoise, implantée dans le Doubs, annonce, dans sa lettre d’information du 26 janvier, avoir confié la direction générale à Philippe Parmentier. Une décision actée par le conseil d’administration lors de sa séance du 23 janvier. Il remplace Aude Bertout, qui avait endossé cette mission en septembre 2024 avant de prendre, en octobre 2025, la direction de la CAC 68. Philippe Parmentier occupait, depuis septembre 2016, le poste de directeur de l’activité machinisme du groupe Terre Comtoise avec en plus, depuis un an et demi, celui de directeur général délégué des métiers agricoles. Dans ses nouvelles fonctions, il sera assisté de David Scrive en qualité de directeur délégué : ce dernier pilotait le pôle distribution grand public. (Anne Gilet)

Agenda de la semaine agricole du 2 février 2026

Vendredi 30 février
Sébastien Lecornu lance les « contrats d’avenir » en agriculture (déplacement en Eure-et-Loir)

Lundi 2 février
Les députés examinent en séance publique la PPL sur l'éducation à l'alimentation
Premières Assises de la lutte contre le déclin agricole, parrainées par Laurent Duplomb
Visioconférence de l'IFV et l'Itab sur la biodiversité au vignoble

Mardi 3 février
Conférence de presse annuelle de la Collective du bioéthanol
Conférence de presse du groupe Ecotone (bio)
Visioconférence sur les prairies et la qualité de l'eau, par le Centre de ressources captages
Rendez-vous de la restauration collective durable du bassin de la Seine
Conférence de presse de l’AOP nationale Carottes et Radis de France
Procès dans l’affaire du faux champagne du vigneron Didier Chopin, à Reims

Mercredi 4 février
Congrès de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), dans le Puy-de-Dôme, jusqu’au 5
La mission d’information du Sénat sur la DNC rend ses conclusions
Les députés examinent une PPL sur les captages en commission du Développement durable
Rencontre filière semences (interprofession)
34e édition du Prix national de la dynamique agricole
Colloque de la fondation Gabriel Péri sur « l'exploitation agricole familiale française »
Salon Fruit Logistica à Berlin (Allemagne), jusqu’au 6

Jeudi 5 février
Conférence de presse de la Fnil (laiteries)
Concours des miels de France, de l’Unaf (apiculteurs)
Conférence de presse du Gofar Tour 2026 (robotique agricole)
Rencontre annuelle Ecojardin (espaces verts) à Paris-La Défense
Assemblée générale de l'Association des sélectionneurs français à Versailles
Colloque « Géopolitique du numérique en agriculture », à l’Esa d'Angers

Vendredi 6 février
Journée Blé dur organisée par Arvalis
Conférence LCA sur la santé des coopératives au Cese