Restauration collective : Lecornu veut bannir les produits importés des pays tiers
« Il est impensable que, pour l’ensemble des marchés publics à venir, il y ait des matières premières agricoles alimentaires qui viennent d’en dehors de l’Union européenne », a lancé le Premier ministre le 30 janvier, lors d’un déplacement dans une exploitation agricole à Baigneaux (Eure-et-Loir). Sans toutefois aller jusqu’à la « préférence nationale », qualifiée d’« hérésie » en raison de la vocation exportatrice de la ferme France. Dans son discours, Sébastien Lecornu a dit vouloir « reprendre complètement en main la commande publique » de denrées alimentaires, via un système qui permettra de « récompenser ou punir les acheteurs en fonction de ces objectifs » de non-importation en provenance des pays tiers. « Nous l’inscrirons dans les lois à venir de décentralisation comme dans la loi d’urgence agricole », a-t-il précisé. Une « forme de radicalité » que le locataire de Matignon a justifiée par les tensions géopolitiques et le basculement dans « un monde beaucoup plus brutal ». En matière d’origine des denrées alimentaires, « l’État est largement mauvais élève », a souligné M. Lecornu. Les restaurants gérés par l’État (universités, armées, etc.) achètent chaque année entre 900 M€ et 1 Md€ de produits alimentaires. Sur cette somme, le Premier ministre a reconnu ne pas pouvoir préciser la part de l’origine France, ni même européenne.
Restauration collective : AgriParis Seine change de structuration pour les PSE et l'appro
Le collectif d’agglomérations AgriParis Seine – qui organise le 3 février ses Rendez-vous de la restauration collective durable du bassin de la Seine – a décidé de constituer un service centralisé de PSE (paiements pour services environnementaux) pour les agriculteurs, tout en regroupant l’offre alimentaire dans un GIE (groupement d’intérêt économique). Ces deux initiatives s’inscrivent dans le cadre de son projet Seine nourricière. Ce démonstrateur territorial des transitions agricoles et alimentaires aborde cette année sa phase opérationnelle pour cinq ans, « grâce à un levier financier de 22 millions d’euros », indique sa directrice Léa Barbier. Le GIE nommé « Terres en Seine » regroupe huit organisations de l’économie sociale et solidaire, couvrant l’ensemble des familles de produits terrestres, essentiellement bio. Lancé fin décembre et en cours de constitution avec le soutien de la Banque des Territoires, le GIE encouragera la transition agricole par le truchement des achats des collectivités et des PSE, selon son coprésident Zoltan Kahn (Terres du Pays d’Othe). AgriParis Seine lance par ailleurs l’outil de « pré-sourcing » Ressource Seine. Le collectif attend à ses Rendez-vous les visiteurs et exposants de 200 structures territoriales et agricoles.
Conférences souveraineté : l’exécutif reprend l’idée de « contrats d’avenir » des JA
« La déclinaison territoriale [des] Conférences de la souveraineté alimentaire, ce seront les contrats d’avenir » proposés par le syndicat Jeunes agriculteurs (JA), a annoncé Annie Genevard lors d’un déplacement à Baigneaux (Eure-et-Loir) avec le Premier ministre le 30 janvier. Pour rappel, la première phase des Conférences de la souveraineté, qui ont été lancées en décembre, doit aboutir au Salon de l’agriculture à des orientations nationales sur dix ans. Suivra une phase de déclinaisons territoriales. « C’est là que vont se créer des stratégies territorialisées autour de la diversification », a indiqué la ministre de l’Agriculture, après avoir visité une exploitation céréalière de la Beauce qui s’est lancée dans la culture d’amandiers il y a quelques années. Dans son propre discours, Sébastien Lecornu a souligné que ce dispositif doit aider à « produire de manière régulière, prévisible dans les quantités agréées et contractualisées » et d’être « capable d'avoir les outils de transformation ». Depuis quelques mois, les JA plaident pour des « plans d’avenir » au niveau territorial, complétés par des « contrats d’avenir signés entre les agriculteurs, les pouvoirs publics et les acteurs économiques », d’après un communiqué. « Ces contrats aideront les jeunes agriculteurs à financer la transition », espère le syndicat, saluant « une reconnaissance majeure du travail de notre réseau ».
Macron en Haute-Saône mardi pour dire son «soutien» aux agriculteurs
Emmanuel Macron a prévu de se rendre le 3 février à Vesoul en Haute-Saône pour échanger avec des syndicats agricoles et dire son «soutien» à la profession en amont du Salon de l’agriculture, a annoncé le 1er février l’Elysée. Il déjeunera aussi avec des lycéens pour parler des réseaux sociaux que le gouvernement veut interdire aux moins de 15 ans. Le chef de l’Etat visitera dans la matinée une exploitation agricole avant d’échanger avec les représentants des organisations professionnelles agricoles locales «pour aborder les préoccupations des agriculteurs français». Le chef de l’Etat exprimera à l’occasion de cette visite «son soutien aux éleveurs touchés par les crises sanitaires et qui ne pourront pas emmener leurs bovins au Salon» qui ouvre le 21 février. Les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas présenter de bovins au concours général agricole à ce Salon et refusé la présence, même symbolique, de quelques vaches, dont Biguine, l’égérie brahman venue de Martinique, en raison de cette épizootie. En conférence de presse le 2 septembre, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau avait interpelé le président de la République en lui demandant de présenter « sa vision pour l’agriculture ». Et de rappeler qu’Emmanuel Macron a promis aux professionels un « discours sur les souverainetés » en mai 2024. « On a besoin que le président de la République donne la ligne », car « le dernier grand discours est celui de Rungis en 2017 », avait exposé le responsable syndical. « Or, ce discours centré sur la montée en gamme a vécu depuis longtemps. »
Installation/LOA : un arrêté encadre l’essai d’association via une convention type
Un arrêté, publié le 30 janvier au Journal officiel, établit le modèle de convention d'essai d'association prévu dans la loi d’orientation agricole (LOA) du 24 mars 2025. Pour rappel, la LOA vise notamment à « encourager les formes d'installation collective et les formes d'installation progressive ». Gaec & sociétés, qui œuvre depuis des années pour la généralisation du droit à l’essai, salue la parution de l’arrêté. « Reprenant les grandes lignes des conventions déjà utilisées dans nos expérimentations, ce modèle officiel permet à tous de disposer des éléments nécessaires à la mise en œuvre concrète du droit à l'essai sur le terrain », réagit l'organisme sur son compte LinkedIn. Il s’agit de « faciliter la formation de sociétés agricoles ou l'inclusion de nouveaux entrants dans les collectifs existants, en incluant pour un an renouvelable une fois, le ou les futurs associés dans la vie du groupe ». Les Gaec sont parfois le théâtre de mésententes aux conséquences tragiques, selon notre enquête publiée le 13 mars 2025. L’arrêté prévoit la réalisation d’un « accompagnement relationnel », pour lequel les parties doivent désigner nommément une « personne qualifiée disposant d’une compétence professionnelle reconnue ». Gaec & sociétés met à disposition, sur son site internet, un annuaire d’accompagnateurs.
Artificialisation des sols: baisse record en Île-de-France
L’espace urbanisé a moins augmenté que jamais entre 2021 et 2025 en Île-de-France, en ligne avec la mise en œuvre du «zéro artificialisation nette», selon l’agence d’urbanisme de la région. Ces quatre dernières années, la «consommation» d’espaces naturels, agricoles et forestiers en région parisienne s’est élevée à 554 hectares par an en moyenne, son niveau le plus faible jamais observé depuis 1982 et la création du mode d’occupation des sols, qui désigne la manière dont chaque portion du territoire est aménagée. Cela représente une baisse de 28% par rapport à la période 2012-2021, et même -39% en excluant les grands projets comme le Grand Paris Express et la ligne ferroviaire Roissy-Picardie, précise la note de janvier de l’Institut Paris région. La consommation d’espaces est définie, dans la loi Climat et résilience de 2021, comme "la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné", c’est-à-dire le changement d’usage de parcelles naturelles en espaces urbanisés. Avec cette baisse, la région s’inscrit dans la trajectoire de son schéma directeur environnemental pour 2040, qui prévoit une consommation maximale de 598 ha/an sur la période 2021-2031. En 2025, le sol francilien est principalement occupé par des espaces agricoles (49%), des bois et des forêts (23%), l’habitat ne représentant que 9% de la surface.
Redevances eau de l'agroalimentaire : le gouvernement prêt à rouvrir les discussions
Le gouvernement s’est dit prêt à rouvrir les discussions sur un décret relatif aux redevances des Agences de l’eau, a annoncé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, aux côtés du ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, à l’occasion de vœux de l’Ania (entreprises alimentaires), le 28 janvier. Pour rappel, ce décret avait été annoncé par la ministre des Comptes, Amélie de Montchalin, lors des débats budgétaires. Cette réouverture, qui ne devrait pas avoir d’incidence budgétaire, a été confirmée par le ministère de l’Agriculture à Agra presse le 30 janvier. Ce changement intervient après l’envoi, le 27 janvier, d’un courrier de l’Ania au Premier ministre, Sébastien Lecornu, alertant à propos de l’effet « considérable » de la hausse des redevances prévue dans le projet de loi de finances (PLF) 2026, rapportent nos confrères de Contexte. Un amendement y supprimait le dispositif permettant aux entreprises de lisser sur trois ans la hausse des redevances des agences de l’eau, dans le cadre la réforme adoptée en loi de finances pour 2024 et entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025. « Les membres de l’Ania sont furieux de la décision du gouvernement », avaient indiqué le syndicat à Agra presse le 21 janvier, estimant que le bouclier tarifaire promis par l’exécutif était « inopérant ».
Pesticides : «recentrage» de Santé publique France, son créateur dénonce un «démantellement»
Après l’annonce d’un «recentrage» de Santé publique France (SpF), avec notamment le transfert des campagnes de santé publique au ministère de la Santé, le Dr François Bourdillon s’inquiète auprès de l’AFP d’un «démantèlement» de cette agence qu’il a créée puis dirigée (2014 à 2019), y voyant un revers pour une «démocratie sanitaire». «On était le seul pays sans agence nationale de santé publique: on en a une depuis une dizaine d’années, qui a fait ses preuves, et le gouvernement veut la restructurer, dénonce l'ancien directeur général de l'agence. Avec ce qui est proposé, SpF redevient un institut de veille sanitaire: c’est désespérant... Dix ans de travail rayés d’un coup de plume, c’est un revers pour la démocratie sanitaire.» Interrogé par l'AFP sur une possible influence de lobbies, M. Bourdillon répond «clairement oui. En 2018, nous avions fait les repères de consommation d’alcool, extrêmement importants, qui ont servi à définir le risque de consommation d’alcool acceptable pour la population et à construire une politique de réduction des risques. C’est cela, je pense, qui déplaît terriblement. Et SpF s’est intéressée à l’imprégnation de la population par les pesticides: son expertise va forcément déboucher sur de la régulation dont certains agriculteurs, les industries chimiques, agroalimentaires, ne veulent pas entendre parler.»
Pac : la Confédération paysanne présente ses amendements pour la réforme
La Confédération paysanne a présenté, le 28 janvier, à Bruxelles à des eurodéputés (des groupes Renew, S&D, Verts, et de la Gauche) et à la Commission européenne un «cahier d’amendements» à la proposition de réforme de la Pac. Comme la plupart des organisations agricoles, elle s’oppose à la suppression de la structure en deux piliers et au « processus de renationalisation sans précédent » soumis par la Commission. La Confédération paysanne propose notamment l’instauration d’un taux de cofinancement national unique et harmonisé de 10% pour l’ensemble des aides de la Pac «afin d’éviter toute optimisation budgétaire». Elle plaide également pour que sanctuariser au moins 35% du budget pour les actions agro-environnementales et de continuer à en réserver une part minimale au renouvellement des générations. Le syndicat soutient « la fin des Droits à Paiement de Base » mais assortie d’un paiement redistributif fort ou de la mise en place d’une aide forfaitaire à l’agriculteur actif. Et il salue la volonté de Bruxelles « d’exclure les agriculteurs retraités » des aides de la Pac. Enfin, pour ce qui est du règlement OCM, la Confédération paysanne veut la réintroduction d’outils de régulation des marchés: gestion des volumes, quotas, prix minimums garantis, stocks régulateurs et tunnels de prix.
Coordination rurale : deux directeurs débarqués, remplacés par une directrice
Contacté par Agra Presse, le service communication de la Coordination rurale (CR) a confirmé le 30 janvier le départ de ses deux directeurs généraux, à savoir Yves Rodriguez et Matthieu Danen, tous deux recrutés durant le précédent mandat de Véronique Le Floc’h. Ils sont remplacés par une seule personne : Aurélie Armand, directrice de la CR du Lot-et-Garonne. Le premier avait été recruté en 2023, et le second en 2025, peu avant l’élection de Bertrand Venteau à la tête du syndicat en novembre dernier. Pour rappel, Yves Rodriguez occupait davantage un poste de support administratif, alors que Matthieu Danen se chargeait des tâches exécutives (communication et animation, entre autres). Ce dernier avait occupé des fonctions politiques au sein du RN. La décision de s’en séparer était une promesse du nouveau président de la CR Bertrand Venteau, qui rappelait le caractère apolitique du syndicat. Une source anonyme explique par ailleurs que le fait de remplacer deux postes par un seul émane d’une volonté d’assurer une bonne gestion des fonds de l'organisation. Enfin, le service communication de la CR a confirmé le projet de son président de déménager le siège du syndicat à Agen (Lot-et-Garonne), alors qu’il est actuellement basé à Gimont (Gers).
Miel : onze Etats membres dont la France rappelés à l'ordre sur l'étiquetage
La Commission européenne a décidé, le 30 janvier, d'engager une procédure d'infraction contre 11 Etats membres dont la France qui n’ont pas correctement transposé dans leur législation nationale la récente révision des directives Petit-déjeuner, dont fait partie l’étiquetage du miel. Une lettre de mise en demeure (première des trois étapes de la procédure européenne) leur a été adressée. Si la République tchèque, l'Irlande et la Pologne ont indiqué que leur législation ne transposait que partiellement la directive, les autres États membres concerné (France, Belgique, Chypre, Luxembourg, Malte, Autriche, Slovénie et Slovaquie) n'ont notifié aucune mesure de transposition. Ils disposent tous de deux mois pour finaliser cette transposition et en informer la Commission. La révision des directives Petit déjeuner a été adoptée en 2024. Pour le miel, elle rend obligatoire l’étiquetage du pays d’origine. En cas de mélange, les pays d’origine doivent être indiqués sur l’étiquette, dans le même champ de vision que le nom du produit, par ordre décroissant en fonction de la proportion qu’ils représentent. Précédemment, il était seulement obligatoire d’indiquer l’origine UE ou non UE du produit.
Laits infantiles: la France abaisse le seuil pour la toxine incriminée
Le ministère de l’Agriculture va imposer à l’ensemble des fabricants français de laits infantiles un seuil limite plus strict pour la toxine céréulide responsable de rappels de boîtes dans plus de 60 pays, a-t-on appris le 30 janvier dans un communiqué. «La France a choisi d’anticiper de nouvelles recommandations scientifiques en retenant, dès à présent, un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, soit un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil jusqu’ici appliqué (0,03 μg par kilogramme de masse corporelle)», a annoncé le ministère. «La protection de la santé des nourrissons constitue la priorité absolue des autorités sanitaires», a fait valoir le ministère. Plusieurs industriels mettent en cause un fournisseur d’ingrédient chinois, Cabio Biotech, qui produit une huile riche en oméga-6. Cette huile aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, susceptibles de produire une toxine, la céréulide, qui peut provoquer vomissements et diarrhées. La Commission européenne a missionné cette semaine son agence sanitaire (Efsa) pour rendre un avis, le 2 février, sur cette toxine et les seuils à imposer. «L’Efsa (...) s’est d’ores et déjà prononcée en faveur de la prise en compte de ce seuil plus bas, fondé sur les normes méthodologiques les plus récentes et intégrant un facteur de sécurité supplémentaire pour les nourrissons», a précisé le 30 janvier le ministère de l’Agriculture.
Lait infantile : Nestlé admet le délai de rappel et pointe l'absence de réglementation
Nestlé, accusé d'avoir tardé à rappeler du lait infantile après avoir identifié la présence de toxine dans ses produits, a reconnu avoir attendu une analyse des risques pour la santé avant d'alerter les autorités néerlandaises, puis européennes. Vendredi 30 janvier, le quotidien Le Monde a indiqué que la présence d'une toxine dans des produits de Nestlé avait été identifiée dix jours avant les premiers rappels, dès la fin de novembre (article payant). Selon le journal, l'industriel a attendu une « analyse de risque de santé » avant d'informer les autorités néerlandaises, puis européennes, de la présence de céréulide dans ses laits infantiles produits aux Pays-Bas. Cette chronologie est reconnue par Nestlé qui évoque, dans un communiqué publié sur son site internet, de « très faibles niveaux » de toxine détectés fin novembre et rappelle l'absence « de réglementation fixant une limite maximale pour la céréulide ». « Nous avons néanmoins agi rapidement en retirant les produits ne répondant pas à nos exigences de qualité », ajoute le groupe. Nestlé assure avoir à ce moment-là « immédiatement bloqué la production » et lancé « des analyses plus approfondies en laboratoire ».
Viande blanche/conférences souveraineté : chiffrages terminés en porc, en cours en volaille
Dans le cadre des Conférences de la souveraineté lancées en décembre par Annie Genevard, la filière porcine table sur « une quasi-stabilité de la consommation dans les années qui viennent », a dit à Agra Presse la directrice d’Inaporc, Anne Richard. La problématique exposée est celle des 8 millions de porcs devant changer de mains dans les dix ans. « Il conviendrait d’installer ou d’assurer la reprise de 100 élevages par an avec en moyenne 300 truies », établit Anne Richard . La filière des volailles de chair, sûre d’un besoin croissant, « doit encore affiner son chiffrage (évolution de la consommation, nombre de bâtiments d’élevage, évolution de la production et des capacités d’abattage, etc.) », a déclaré le 29 janvier le directeur d’Anvol, Yann Nédelec, à l’issue du troisième et dernier groupe de travail sur les viandes blanches, réuni le 27 janvier. Quant aux œufs, « nous essayons d’avancer sur la priorisation des demandes tout en essayant de chiffrer le nombre d’élevages et d’entreprises supplémentaires nécessaires pour retrouver un taux d’auto-approvisionnement en œufs de 100% en 2030. », indiquait le 26 janvier la directrice du CNPO, Alice Richard.
Agriculture bio de conservation: la chambre des Pays de la Loire s'engage et demande du soutien
Pour la 8ᵉ édition des journées de l’Agriculture biologique de conservation des sols (ABC - lire notre dossier) qui se tenaient du 27 au 29 janvier à Chantonnay en Vendée, les organisateurs ont enregistré une affluence record de 300 participants lors de la journée plénière. Les journées d’échange et de terrain affichaient également complet. « On sent un effet boule de neige qui grossit à chaque édition », analysait Julien Gueneau, coprésident de l’association des Décompactés de l’ABC qui organise l’événement chaque année. Parmi les nouveautés de cette édition 2026, la présence de la chambre d'agriculture des Pays de la Loire parmi les coorganisateurs aux côtés des Décomptactés de l’ABC et de l’association bio locale, en l’occurrence le GAB 85. « Habituellement, nous venions témoigner, mais c’est la première fois que la chambre d’agriculture est coorganisatrice », retraçait Stéphane Hanquez, conseiller bio en Vendée. Durant l’événement, le manque de moyens accordés au développement de l’ABC est revenu plusieurs fois sur le devant de la scène. « Tout le travail de recherche est réalisé par les agriculteurs. Je lance un appel pour qu’il y ait un accompagnement financier pour nous soutenir et pouvoir aller plus vite », a interpellé Christian Francheteau, élu en charge de la bio au sein de la chambre d’agriculture. (Tanguy Dhelin)
Pomme de terre : l’UNPT prône un rapprochement entre le GIPT et le CNIPT
Dans un discours prononcé le 29 janvier lors du 20e Congrès de l’UNPT (pomme de terre, FNSEA) à Arras, qui accueillait en même temps la deuxième édition du salon Pro Pom’ (2 500 participants), le président du syndicat Geoffroy d’Evry a prôné le rapprochement entre les deux interprofessions de la filière : le CNIPT (pomme de terre fraîche) et le GIPT (pomme de terre transformée). « Nous appelons (…) au choc de simplification à longueur d’année. Mais comment ne pas nous interroger nous-même, sur nos structures, avec un minimum de lucidité, sur la cohérence d’une filière organisée autour de ces deux interprofessions alors que les équilibres de filière –frais, industrie - se mélangent et se confondent de plus en plus ? », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que « sans nier la spécificité de chacune de nos productions, je suis profondément convaincu qu’une grande maison interprofessionnelle commune de la pomme de terre serait un facteur de lisibilité, de cohérence et de force collective ».
Pomme de terre : en congrès, l’UNPT veut réouvrir le dossier de la réception normalisée
Dans son discours prononcé le 29 janvier lors du 20e Congrès de l’UNPT (pomme de terre, FNSEA) à Arras, son président Geoffroy d’Evry a fait part de sa volonté « de réouvrir cette année le dossier de la réception normalisée au CNIPT (interprofession de la pomme de terre fraîche, NDLR) ». Pour rappel, il s’agit d’harmoniser une grille de référence utilisée pour l’agréage, soit le contrôle qualité des pommes de terre fraîche lors de leur réception par les opérateurs/négoces. Dans la pratique, tous les opérateurs français n’appliquent pas forcément les mêmes règles, et certains se montrent plus sévères, refusant davantage de marchandises. « Nous attendons de certains opérateurs français qu’il se mettent très rapidement dans les clous de la réglementation interprofessionnelle pour leurs contrats 2026 », a renchéri le président de l’UNPT. Cette déclaration intervient dans un environnement de marché de la pomme de terre déprimé, en raison, entre autres, d’une offre dépassant la demande, comme l’a rappelé plusieurs fois le syndicat ces derniers mois. Les relations se sont d’ailleurs tendues avec certains industriels français et belges en 2025. « Des engagements précontractuels ont été revus au printemps, et dans certains cas, des contrats pourtant signés ont été remis en cause, au motif que certains acteurs de l’aval devaient s’adapter à « l’évolution du marché » », a rappelé Geoffroy d’Evry.
Légumes : Fruidor Terroirs fait l’acquisition de la Maison Ferrier dans le sud Est
Dans un message LinkedIn le 29 janvier, Fruidor Terroirs (groupe Solveig) annonce l’acquisition de la Maison Ferrier, implantée à Sénas, dans les Bouches-du-Rhône. Créée en 1958, cette entreprise familiale est spécialisée dans la production et la commercialisation de melons (6000 tonnes), de courgettes (5300 tonnes) et de courges (5000 tonnes). Fruidor Terroirs, déjà présent sur six bassins de production, poursuit ainsi son développement et s’implante dans le Sud-Est de la France tout en élargissant ses calendriers de commercialisation et intégrant de nouvelles espèces comme les melons ou les raisins. « Cette acquisition repose avant tout sur des valeurs partagées : proximité avec les producteurs, relations durables, respect des savoir-faire et ancrage territorial » explique le groupe .La Maison Ferrier conservera son identité, son équipe dirigeante et ses relations historiques avec ses partenaires producteurs. Fruidor Terroirs est la branche légumes du groupe Solveig spécialisé dans la banane avec l’Ugpban (production française ultramarine) ou encore les murisseries Vandame. Le groupe commercialise 450 000 tonnes de fruits et légumes français chaque année et 300 000 tonnes de bananes .
Salades : surfaces et volumes reconduits pour la campagne 2025-2026 (Agreste)
Selon une note de conjoncture d’Agreste (ministère de l’Agriculture) parue le 30 janvier, la production nationale de laitues s’établirait à 425,6 millions de têtes pour la campagne 2025-2026 (mai 2025 à avril 2026), un niveau proche de la production de la campagne précédente (+1 %). « La production en laitues romaines connaitrait toutefois un développement important en Île-de-France, dû à son introduction dans l’assolement d’un des principaux producteurs de laitues de la région », est-il précisé. De même, les surfaces seraient, pour l’ensemble des variétés, quasi identiques à celles de la campagne précédente, à 6 978 ha. « Sur un an, les surfaces en laitues à couper seraient en baisse en Île-de-France (-22 %) et Pays de la Loire (-18 %), dans le même temps les surfaces en autres pommées doubleraient dans les Pays de la Loire », indique Agreste. La campagne débute dans un contexte délicat pour les producteurs après une fin d’année 2025 difficile en termes de commercialisation. Face à une demande atone, les prix se sont effondrés en novembre, provoquant des ventes à perte, d’importants volumes non récoltés et des destructions. Certains producteurs auraient fait le choix de réduire, voire d’arrêter la production, selon Agreste.
Vin : en Bourgogne, Michel Barraud élu coprésident de l’interprofession
Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) a annoncé l’élection le 29 janvier de Michel Barraud en tant que coprésident pour la viticulture. Un « nouveau binôme » est donc formé, Laurent Delaunay étant pour sa part reconduit au même poste pour le négoce, selon le communiqué. « Élus pour quatre ans, ils mèneront conjointement les travaux visant à concevoir le plan stratégique de la filière pour 2035, qui doit être voté début juillet. » Le BIVB précise que « l’objectif de neutralité carbone, socle de la stratégie 2035, constituera à la fois le moteur et la trame de fond du nouveau plan décennal ». Viticulteur à Sologny (Saône-et-Loire), Michel Barraud (58 ans) est depuis 2007 président de sa coopérative, la Cave des vignerons des Terres secrètes. Il est également vice-président de l’Union des producteurs de vins Mâcon (UPVM) et membre du comité régional de l’Inao.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 2 février 2026
Mardi 3 février
Rencontres du houblon, à Lille, jusqu’au 4