Pesticides: vers un conseil stratégique «facultatif» et élargi à «l'agroécologie»
À l'occasion d'une audition à l'Assemblée nationale le 29 mai, la ministre déléguée à l'Agriculture Agnès Pannier-Runacher a indiqué que le «nouveau conseil stratégique» devra être «facultatif» et basé «sur une approche plus globale de la transition agroécologique», élargie à d'autres intrants («fertilisation», «usage de l'eau») ou encore à la «décarbonation» et «l'adaptation au changement climatique». Suite aux manifestations hivernales, le Premier ministre avait annoncé le 1er février l’abandon du conseil stratégique sur les phytos (CSP) «sous sa forme actuelle». Mi-avril, une mission de deux mois avait été confiée au CGAAER (ministère de l'Agriculture) par Agnès Pannier-Runacher pour réformer le CSP et la séparation entre la vente et le conseil pour les produits phytosanitaires, en vue d'un texte de loi. La ministre a d'ailleurs indiqué que le véhicule législatif serait «intuitivement un projet de loi», à moins d'une initiative parlementaire. En avril, son cabinet avait indiqué qu'il ne s'agirait pas de revenir sur la séparation de la vente et du conseil, au grand dam de la coopération agricole, mais «de clarifier ou adapter» certains points. Lors de sa visite au dernier Salon de l’agriculture, fin février, le président de la République avait déclaré que «ce n’est pas celui qui vend les produits phytosanitaires qui peut faire le conseil».
Pesticides: le Nodu agricole continuera d'être publié, mais pas pour Ecophyto
«On continuera à publier le Nodu agricole, mais pas dans le cadre du suivi des résultat Ecophyto, car ce n'est plus l'indicateur de référence», a précisé le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher interrogé par Agra presse le 29 mai. Le support de publication n'a pas été précisé. Notre question est apparue après que la ministre déléguée à l'Agriculture a été interrogée ce jour sur le plan Ecophyto 2030 par la commission des Affaires économiques ; face aux députés, elle a déclaré: «on continuera à calculer le Nodu pour avoir une cohérence intertemporelle». Après avoir indiqué le changement d'indicateur de référence au profit du HRI1, le gouvernement avait précisé, début mai, qu'il publierait «régulièrement» une «série d’indicateurs complémentaires de suivi» sur les risques et usages de produits phytopharmaceutiques ; «chaque ministère, dans son domaine de compétence, alimentera le suivi de ces indicateurs de pilotage de la Stratégie», expliquait le dossier de presse. Interrogée sur ces indicateurs, l’équipe d’Agnès Pannier-Runacher avait alors précisé que le Nodu CMR1, le Nodu CMR2, le Nodu glyphosate et la QSA continueraient d’être fournis pour «ne pas casser la série statistique». La question du Nodu agricole (tous produits) n'avait pas été éclaircie.
Grandes cultures : peu d'évolution des IFT entre 2017 et 2021 (Agreste)
Le ministère de l'Agriculture a fait paraître le volet pesticides de la dernière édition de son enquête Pratiques culturales en grandes cultures pour 2021, quatre ans après la précédente version de 2017. Il en ressort peu d'évolution dans les indices de fréquence de traitement des principales cultures. Hors biocontrôle, l'IFT total du blé tendre stagne à 5,1 (contre 5,1 en 2017 ; 4,9 en 2014 ; 3,8 en 2011), tout comme pour le colza à 6,3 en 2021 (contre 6,4 en 2017 ; 6,5 en 2014 ; 5,5 en 2011), le maïs fourrage à 2,4 (contre 2,4 en 2017 ; 2,4 en 2014 ; 1,5 en 2011) et la betterave à sucre à 6,7 (6,7 en 2017, 5,3 en 2014 , 4,2 en 2011). La pomme de terre a connu une augmentation de l'IFT en 2021, à 19,1, (contre 16,5 en 2017, 18.9 en 2014, 15,6 en 2011). Plus forte consommatrice de pesticides, la pomme de terre est aussi la culture qui a intégré la plus grosse part de biocontrôle (0,6). L’IFT total mesure la quantité de pesticides administrée sur une parcelle, ou lors du stockage, exprimée en nombre de doses de référence des produits utilisés. Les IFT à la parcelle peuvent varier significativement selon la pression parasitaire de l'année ; dans le cadre de certains Maec, c'est une moyenne pluriannuelle qui est utilisée pour évaluer la baisse des usages.
Victimes des pesticides: vers une clarification de l'exonération fiscale de la rente AT-MP
L’association Phyto-victimes annonce le 29 mai avoir reçu des assurances concernant la fiscalisation des rentes AT-MP: tous les non-salariés agricoles souffrant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (en lien ou non avec les pesticides) devraient voir leurs rentes exonérées d’impôts. Son président, Antoine Lambert, avait appelé le 15 mai à ne pas déclarer la rente en 2024. «La MSA nous a annoncé avoir demandé au ministère de l’Économie une évolution de l’instruction fiscale toujours en vigueur pour autoriser les caisses à mettre fin au prélèvement à la source de l’impôt sur les rentes AT-MP versées aux non-salariés agricoles afin que les victimes bénéficient de ce droit», se félicite l’association dans un communiqué. Contactée par Agra Presse, la MSA a confirmé ces dispositions, soulignant «avoir pris la mesure de cette demande d’équité de traitement fiscal». L’association demandait des réponses et des règles claires depuis septembre 2020. «Notre engagement et notre travail payent : avec cette belle victoire, Phyto-victimes démontre une nouvelle fois qu’elle travaille dans l’intérêt du monde agricole et non pas en opposition à ce dernier», explique Antoine Lambert.
Eau: un arrêté pour faciliter les retenues d’un hectare ou moins en zones humides
Le ministère de la Transition écologique a soumis à consultation publique jusqu’au 19 juin un projet d'arrêté visant à modifier l’article 4 de l’arrêté du 9 juin 2021, qui fixe les prescriptions techniques générales applicables aux plans d’eau. Cette modification vise, dans le cas des zones humides, à restreindre l’application de cet article aux seuls projets d’implantation de plans d’eau dont la surface implantée est supérieure ou égale à 1 hectare. Cette réforme s’inscrit «dans un contexte de tension sur les ressources en eau et dans une logique de simplification des démarches administratives des porteurs de projets», précise une note de présentation de l’arrêté. Les obligations de respecter la démarche «éviter, réduire, compenser» continueront de s’appliquer, de même que celles visant à assurer la compatibilité des projets au Sdage et au Sage, lorsqu’ils existent. Pour rappel, le Sdage est un outil de planification permettant notamment une gestion équilibrée de la ressource en eau à l’échelle des grands bassins, et le Sage en est la déclinaison locale. Les projets d’implantation de plans d’eau dépassant le seuil d'un hectare continueront d'être encadrés par les dispositions actuelles de l'article 4. Fin mars, le président de la FNSEA s’était dit favorable à une modification de l’arrêté du 9 juin 2021, afin que les agriculteurs puissent construire des ouvrages de stockage d’eau dans les zones humides «probables».
Eau: 21 réserves finalement validées en appel en Charente-Maritime
La cour administrative d’appel de Bordeaux a validé l’autorisation délivrée par le préfet de la Charente-Maritime, en septembre 2018, pour la construction de 21 réserves de substitution réparties sur le territoire de dix-sept communes du bassin de la Boutonne (Deux-Sèvres et Charente-Maritime). Cette décision annule le jugement du tribunal administratif de Poitiers en date du 4 février 2021. Contrairement au tribunal administratif de Poitiers, la cour de Bordeaux considère que l’étude d’impact et l’évaluation des incidences du projet sur l’environnement «sont suffisantes». Après avoir relevé les mesures prévues pour éviter et réduire les atteintes portées aux espèces animales protégées, la cour estime également que la réalisation du projet ne présente pas «un risque suffisamment caractérisé de destruction d’animaux protégés ou de leurs habitats». Pour rappel, le tribunal administratif de Poitiers avait annulé l’arrêté préfectoral du 26 septembre 2018 par un jugement du 4 février 2021, après avoir été saisi par les associations Nature Environnement 17, SOS Rivières et Environnement et par la Ligue pour la protection des oiseaux. Face à cette annonce, l’agence de l’eau Adour-Garonne et son comité de bassin ont annoncé qu’ils se montreraient «vigilants» quant aux modalités de mise en œuvre de ces ouvrages, en particulier sur la trajectoire de transition agroécologique des agriculteurs en bénéficiant.
Evénementiel : un salon du machinisme couplé au Sia se tiendra au Bourget en 2025
Forts du « grand succès » du Sia’Pro lancé en 2024, les organisateurs ont annoncé le 29 mai sa transformation, dès l’an prochain, en « Salon international des équipements et des solutions agricoles », réservé aux professionnels de l’ensemble de la filière. L’évènement, délocalisé au parc des expositions de Paris Le Bourget Bourget (Seine-Saint-Denis) du 23 au 25 février 2025, comprendra « une offre complète allant du machinisme, aux équipements, composants, services, nouvelles technologies et énergies », selon le communiqué du Ceneca et de Comexposium. Cette annonce intervient après l’annulation du Sima 2024. Axema, co-organisateur avec Comexposium, l’avait justifiée le 2 février par « le contexte actuel de baisse de marché et de crise agricole ». Le grand rendez-vous du secteur est aussi victime du « désistement d’acteurs majeurs du machinisme agricole », d’après le syndicat des industriels de l’agroéquipement. De son côté, Sia’Pro se veut une « vitrine de solutions efficientes et méthodes innovantes pour améliorer l'efficacité, la durabilité et la rentabilité des exploitations agricoles ». Le salon organisera un concours récompensant « les meilleures évolutions technologiques ».
Agroéquipements: FranceAgriMer dévoile un calendrier pour onze guichets d'aide
FranceAgriMer a présenté, dans un communiqué le 28 mai, un calendrier de déploiement pour onze dispositifs d'aide l'investissement en agroéquipements, pour un total de 291 millions d'euros. Le 30 mai, FranceAgriMer ouvrira d'avoir un guichet d’aide à l’investissement dans du «matériel d’irrigation», et un appel à projet «rénovation des vergers». Le 3 juin, s'ouvre un guichet «phyto» (baisse des usages). Le lendemain, l'établissement ouvre un guichet «maturation» d’aide à «l’ingénierie des projets territoriaux», dans le cadre des «fonds en faveur de la souveraineté et des transitions», du Fonds Avenir Bio», ou d'aides «faveur des légumineuses». Le 10 juin, autour du guichet «élevage» d’aide à l’achat d’agroéquipements (fuite d'azote dans l'air, engrais organiques). Le 12 juin, c'est un appel à projets territoriaux qui va être ouvert en faveur des filières légumineuses, puis le 17 juin, un guichet «décarbonation des serres». Le 19 juin, FranceAgriMer ouvre un appel à projets territoriaux de développement des filières des produits agricoles, aquacoles, agroalimentaires (hors légumineuses et bio). Le 24 juin, il s'agira d'un guichet «protéines» végétales. Enfin le 1er juillet, FranceAgriMer ouvrira le guichet «agro-équipement pour les fruits et légumes», et le 8 juillet le guichet «agro-équipement pour les vergers» d’aide à l’achat d’agroéquipements pour les vergers. Un guichet dédié à l'outre-mer sera annoncé ultérieurement.
Installation : la coopérative Eureden double ses aides aux jeunes agriculteurs
Souhaitant attirer plus de jeunes agriculteurs, la coopérative bretonne Eureden lance un «Passeport JA», dispositif qui renforce son accompagnement de l’installation avec un budget d’aides multiplié par deux, a-t-elle annoncé le 29 mai. L’offre est en quatre volets. Un «Pass Finance» vise à «faire face aux difficultés d’investissement et de trésorerie des premières années (aides directes, prêts, remises)», selon un communiqué. Eureden y consacre 2 M€/an, doublant les aides jusque-là attribuées. Un «Pass Compétence» donne accès à davantage de formations et groupes de progrès «pour mieux appréhender le pilotage stratégique, technique et environnemental d’une exploitation agricole». Avec le «Pass Performance», Eureden complète son suivi technique lors des trois premières années, via notamment les outils d’aide à la décision. Enfin, le «Pass Environnement» sert à «sécuriser les projets d’exploitations sur toutes les actions et déclarations agro-environnementales (plan de fumure, Pac…)». Eureden s’appuie sur un pôle Stratégie des exploitations constitué de neuf salariés pour l’accompagnement des agriculteurs (avant-projet, diagnostic, business plan, suivi technique, économique et humain, etc.). La coopérative accompagne quelque 200 jeunes agriculteurs par an. Son objectif est d’atteindre les 300.
Volaille/traiteur: LDC prêt à racheter Pierre Martinet, sur fond de bénéfices en hausse
Le résultat annuel du leader français de la volaille LDC (Le Gaulois, Maître Coq, Loué) a progressé de 35,5% en 2023-24 sur fond d'inflation, a annoncé le 29 mai le groupe en pleine conquête du rayon des produits traiteur. De mars 2023 à février 2024, le bénéfice net de LDC a atteint 304,4 millions d'euros. Dans le même temps, sa marge opérationnelle courante - un indicateur de performance et de rentabilité - a grimpé de 5,1% à 6%, selon un communiqué. La veille, le volailler a annoncé être entré en négociation «en vue de l'acquisition potentielle de 100% du capital du groupe Pierre Martinet», l'un des leaders du marché des salades traiteurs et le numéro un du taboulé. «L'objectif fixé entre les parties est de finaliser cette opération au cours du dernier trimestre 2024 sous réserve de l'accord sur les termes de la cession et de la levée des conditions suspensives usuelles», a indiqué dans un communiqué le groupe LDC, connu pour ses marques de volailles, d'œufs (Mâtines) et de traiteur (Marie).
Elevage/JO: Interbev regrette une communication orientée vers l'offre végétarienne
Dans un courrier adressé au président du Comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo), Tony Estanguet, l'interprofession bétail et viande (Interbev) regrette son choix d'une offre exclusivement végétarienne sur le site de la Concorde. «Une véritable offense» pour «la filière élevage et viande française», réagit l'interprofession, qui regrette plus largement que les organisateurs aient choisi de «communiquer massivement dans les médias sur cette seule offre». Et d'insister: «L’approvisionnement en viande bovine française et locale que vous avez exigé de vos fournisseurs pour l’ensemble de la restauration des JOP 2024 est pourtant un engagement fort de votre ambition vertueuse et responsable : faites-le savoir !» Globalement, le Cojo veut atteindre une empreinte carbone moyenne de 1 kg d’équivalent Co2 par repas (voir notre enquête). À cette fin, l’approvisionnement des JO sera pour moitié végétarien, il devra inclure 80% de produits français (100% pour les viandes et les produits laitiers), un quart de denrées produites à moins de 250 kilomètres, 30% de bio ou en conversion, et 100% des viandes issues de filières «durables».
Miel/origine: l'UFC-Que Choisir porte plainte contre Famille Michaud Apiculteurs
L'UFC-Que Choisir a annoncé le 29 mai avoir déposé plainte auprès du tribunal judiciaire de Paris contre le groupe français Famille Michaud Apiculteurs, propriétaire notamment de la marque Lune de miel, qu'elle accuse de «pratique commerciale trompeuse» sur l'origine de ses produits, ce que le groupe conteste. L'association de consommateurs dénonce le «frenchwashing» du plus gros acteur du miel en France «par l'apposition des mentions laissant penser aux consommateurs que le produit a été récolté en France, alors que tel n'est pas le cas», selon la plainte déposée le 21 mai et consultée par l'AFP. «L'origine exacte des produits est en outre souvent reléguée en petits caractères à l'arrière des pots voire même sur le capuchon et via des abréviations parfois peu intelligibles», reproche également l'UFC-Que Choisir. Une présentation qui «nuit clairement à une information claire, loyale et transparente» et qui «peut dès lors s'apparenter à une pratique commerciale
trompeuse», estime l'association. Contactée par l'AFP, Marie Michaud, directrice générale de Famille Michaud Apiculteurs «conteste fermement ces allégations» et précise que le groupe prépare une action contre l'UFC-Que choisir pour «dénonciation calomnieuse».
Bio: l'enseigne Biocoop va accorder une aide de 3M€ à 3000 agriculteurs
Dans un communiqué paru le 29 mai, le distributeur spécialisé Biocoop annonce qu'il versera une «aide de près de 3 millions d’euros à 3 000 paysans». «La décision prise est historique et montre notre niveau d’engagement, explique Henri Godron, Président de Biocoop, cité dans le communiqué. Ce n’est pas une goutte d’eau eu égard à notre taille ! Biocoop démontre ainsi son lien avec le monde amont en faveur d’une agriculture biologique plus équitable et coopérative.» La gouvernance de Biocoop inclut un collège de producteurs - 19 groupements de producteurs bio y sont représentés. Malgré la crise du secteur bio, Biocoop avait indiqué, le 7 mars en conférence de presse, avoir réalisé 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023, en légère hausse de 2,3%. Le premier réseau de magasins spécialisés dans la vente de produits bio assure être rentable, «que ce soit au niveau de la coopérative ou sur l’ensemble des magasins», sans souhaiter préciser à quel niveau. selon Les Echos, Biocoop a gagné deux points de part de marché chez les spécialistes (à 45 %). Les magasins indépendants ont «souffert», Biocoop aussi. En 2023, 39 magasins de l’enseigne ont fermé leurs portes, pour 13 ouvertures.
Fruits et légumes: en Espagne, l’Andalousie consacre plus de 400 M€ à la filière
Le Conseil de gouvernement de la Junta d’Andalousie a approuvé le premier «Plan stratégique pour les fruits et légumes de serre d'Andalousie Horizon 2030» d’un montant de 441,27 millions d'euros, rapporte la revue espagnole Mercados le 29 mai. Le document est le résultat d'un processus participatif entre les organisations professionnelles agricoles, les distributeurs, les organismes de recherche et le gouvernement andalou. Il comprend plus de 40 actions articulées autour de neuf objectifs stratégiques parmi lesquels la simplification administrative, l’efficacité de l’utilisation de l’eau ou encore la compétitivité et durabilité des serres. Il s’agira aussi de développer la recherche, l'innovation et le transfert de connaissances et améliorer le niveau de formation et les compétences commerciales des personnels. Enfin, promotion de la consommation et de l’économie circulaire et transformation numérique font également partie des objectifs. Une commission spécifique sera chargée de coordonner ces actions. Le ministère andalou de l'Agriculture assurera le suivi et l’évaluation du plan stratégique à travers des rapports annuels, une évaluation fin 2027 et un rapport final fin 2030.
Bananes : le Cirad annonce cinq nouvelles variétés résistantes à la Fusariose
Le Cirad annonce la création de cinq nouvelles variétés de bananes, résistantes à la Fusariose TR4, maladie incurable provoquant des dégâts sur la production mondiale et mettant en péril la variété reine, la Cavendish, indique l'organisme sur son compte LinkedIn le 28 mai. Le Cirad travaille sur ce sujet depuis une décennie. Après des centaines de croisements, cinq variétés de bananes ont été développées, qui résistent efficacement à la fusariose mais aussi aux cercosporioses. Jean Carlier, phytopathologiste au Cirad, explique: «Pour créer une telle variété, nous avons choisi une voie classique d’amélioration, à base de croisements. Une de ces variétés se nomme Cirad 965. Le goût est même meilleur pour certaines que la Cavendish. Donc on a beaucoup d’espoir pour ces variétés». Avant le lancement officiel de ces nouvelles variétés résistantes, il reste néanmoins une étape cruciale à passer, celle de leur adaptation à la chaîne de commercialisation telle qu’elle existe aujourd’hui. Le Cirad entend par ailleurs élargir son travail en élargissant la création classique par croisement à celle de l’édition du génome permettant de repérer les croisements les plus prometteurs.
Fleurs coupées : bientôt une étude sur l’effet des pesticides chez les opérateurs aval
Deux sociologues, Giovanni Prete (Sorbonne Paris Nord) et Jean-Noël Jouzel (CNRS), déjà co-auteurs du livre La France empoisonnée (édition Science Po), entendent lancer une thèse sur les maladies professionnelles liées aux pesticides pour les activités extra agricoles de la filière fleurs coupées, a appris Agra Presse. «Les études sur les personnes manipulant les fleurs coupées dans les marchés de gros, les unités de préparation de bottes ou chez les fleuristes de quartier sont plus rares que celles concernant les espaces de production, comme les champs et les serres», explique Giovanni Prete. De plus, dans le processus de déclaration et de reconnaissance de maladies professionnelles liées aux pesticides, le questionnaire que doit remplir le requérant n’indique que les métiers agricoles, pas celui de fleuriste. «On peut aussi s’interroger sur l’absence apparente de prise de conscience forte dans les organismes de prévention et les entreprises concernées par le problème. L’enjeu de l’exposition aux pesticides n’est pas bien – voire pas du tout – pris en compte», regrette Giovanni Prete. Le projet en est à ses débuts. Cependant, Giovanni Prete espère pouvoir lancer les travaux pour la fin 2024.